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ISBN : 2824705930
Éditeur : Bibebook (07/06/2013)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Comédie : Alcidon, amoureux de Clarice, veuve d'Alcandre et maîtresse de Philiste, son particulier ami, de peur qu'il ne s'en aperçût, feint d'aimer sa soeur Doris, qui, ne s'abusant point par ses caresses, consent au mariage de Florange, que sa mère lui propose. Ce faux ami, sous un prétexte de se venger de l'affront que lui faisait ce mariage, fait consentir Célidan à enlever Clarice en sa faveur...
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
PiertyM
  28 décembre 2017
Ce fut un moment de réel plaisir de retrouver l'écriture vieille et suave de Corneille. La veuve nous dépeint. comme la plupart des textes du Xviiie s, les moeurs de l'époque. Une critique sur une amitié tissée sur une base hypocrite. On retrouve les folies du romantisme avec l'enlèvement de la veuve, puis cet acharnement des mères de l'époque de voir leur fille vite se marier même si c'est avec le diable pourvu que la honte de la famille soit ôtée. Les personnages ont du caractère, de nature très calculatrice, si bien que ça fait mouvoir la pièce...
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5Arabella
  18 juillet 2017
Après Clitandre, un essai de tragi-comédie qui ne semble pas avoir eu de succès, Corneille revient pour sa troisième pièce à la comédie, qui lui a permis des débuts prometteurs avec Mélite.
Sans doute jouée pendant la saison 1631-1632, "La veuve" est publiée en 1634. Corneille fait précéder sa pièce d'un « Avis au lecteur » où il exprime quelques unes de ses idées sur le théâtre. Il est définitivement un « moderne » et considère que suivre de façon absolu les règles que certains semblent avoir trouvées chez les Anciens n'est pas forcément la chose à faire. Dans La veuve, il ne suit pas la règle des 24 heures (l'unité de temps), la pièce se passe sur cinq jours, chaque acte correspondant à une journée. Il insiste aussi beaucoup sur la langue, importante pour la vraisemblance de la pièce, il faut que ce soit la langue telle que des personnages comme ceux de sa pièces utiliseraient dans la vraie vie (« la langue des honnêtes gens » dit-il), la comédie n'est ni la tragédie ni un poème épique et doit éviter un style trop noble.
La pièce est une comédie de moeurs, sentimentale bien sûr, à l'époque il n'était pas vraiment envisageable de faire une comédie sans amour et sans mariage final.
Clarice, une jeune, riche et jolie veuve, est aimée par Philiste, qui est assidu auprès d'elle mais qui ne se déclare pas, car il est bien moins fortuné que sa bien-aimée. Qui finit par se déclarer elle-même à son amoureux si réservé. Mais Alcidon, que Philiste considère comme son meilleur ami et à qui il a promis sa soeur, est en réalité son rival auprès de Clarice, Doris (la soeur de Philiste) ne servant en quelque sorte que de couverture. Apprenant que le mariage entre Clarice et Philiste est proche, il se décide sur les conseils et avec l'aide de la Nourrice de la jeune femme, à l'enlever. Il utilise pour cela l'aide de Célidan, dont il abuse la bonne foi en lui confiant que Doris sera finalement mariée à un autre homme par sa mère, plus riche, alors que cela lui indiffère (et que ce mariage est rendu impossible par Philiste). Mais Célidan finit par comprendre la supercherie et libère Clarice, ce qui lui permettra de briguer la main de Doris dont il était secrètement amoureux.
L'intrigue est plus complexe et spectaculaire que celle de Mélite, il y a un méchant, un enlèvement, des rebondissements. L'étude des moeurs matrimoniales est aussi plus poussée et plus réaliste. Doris, que son frère et sa mère, veulent marier sans tenir compte de ses sentiments, exprime avec une vraie force la souffrance que cette situation d'objet mis aux enchères sur le marché du mariage provoque chez elle. La sujétion des femmes est très bien suggérée par Corneille, l'importance des accords financiers au moment du mariage aussi. Il n'y a que les veuves comme Clarice, si elles sont riches comme elle, qui peuvent se permettre le luxe de se marier selon leur sentiment. On sent qu'à une autre époque, dans laquelle les conventions pesantes sur les comédies auraient été moins lourdes, Corneille aurait pu donner des satires cruelles et justes des moeurs de son temps.
Les personnages sont intéressants, pas forcément idéalisés, Philiste a visiblement mauvais caractère, il tyrannise sa soeur et sa mère, il n'est pas très clairvoyant, ni vis à vis d'Alcidon ni de Clarice, si les choses se terminent bien, il n'y est pas pour grand-chose. Alcidon est fourbe à souhait, et Doris fine mouche. Il y a vrai potentiel comique dans la pièce, même si cela est subtil, et demande de la finesse. Il manque peut être un peu une vraie analyse du sentiment amoureux, on reste dans quelque chose de conventionnel, alors que c'est censé être le centre de l'intrigue.
Mais la pièce est vraiment intéressante et complexe, dommage que les comédies de Corneille, à l'exception de L'illusion comique, très atypique dans la production de l'auteur, ne soient plus jouées actuellement.
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BookFan
  02 août 2014
Comédie particulièrement appréciée, notamment par de nombreux paires de son temps, La Veuve n'est pas l'une des pièce de Corneille les plus connues. Pourtant, toujours sur le même schéma (comme il l'explique si bien au début de la pièce), il réussit à faire rire son spectateur tout en gardant une écriture toute spécifique à Corneille que l'on connait si bien dans le Cid ou Horace.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   07 juillet 2014
PHILISTE : À croire ton babil, la ruse est merveilleuse ;
Mais l'épreuve, à mon goût, en est fort périlleuse.
LA NOURRICE : Jamais il ne s'est vu de tours plus assurés.
La raison et l'amour sont ennemis jurés ;
Et lorsque ce dernier dans un esprit commande,
Il ne peut endurer que l'autre le gourmande :
Plus la raison l'attaque, et plus il se roidit ;
Plus elle l'intimide, et plus il s'enhardit.

Acte II, Scène 3.
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5Arabella5Arabella   17 juillet 2017
C'est ce qui ne se peut, l'amour est tout de feu,
Il éclaire en brûlant et se trahit soi-même :
L'esprit d'un amoureux absent de ce qu'il aime
Par sa mauvaise humeur fait trop voir ce qu'il est,
Toujours morne, rêveur, triste, tout lui déplaît,
À tout autre propos qu'à celui de sa flamme
Le silence à la bouche, et le chagrin en l'âme ;
Son oeil semble à regret nous donner ses regards,
Et les jette à la fois souvent de toutes parts,
Qu'ainsi sa fonction confuse ou mal guidée
Se ramène en soi-même, et ne voit qu'une idée.
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Videos de Pierre Corneille (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Corneille
Parmi les écrivains les plus illustres du XVIIe siècle, Corneille, Racine, Molière, La Fontaine, Bossuet, Boileau, Mme de Sévigné, Mme de Lafayette, figure La Bruyère. Avec Les Caractères ou les Moeurs de ce siècle, il a tendu au public de son époque un miroir qui nous reflète toujours. Bien des comportements de la société de Louis XIV ressemblent aux nôtres. Les temps changent, pas le fond des hommes. Jean-Michel Delacomptée explore ce miroir et ce que ses reflets disent de nous. De La Bruyère lui-même, on sait fort peu de choses. Quels milieux fréquentait-il ? Était-il misanthrope, misogyne ? A-t-il aimé ? Était-ce un orgueil blessé ? Quelle était la morale de cet auteur si grave et pourtant si drôle ? Jean-Michel Delacomptée brosse le portrait captivant de ce classique de notre littérature. Il ouvre ainsi une porte dérobée dans les Caractères, dont il rappelle avec force l?intemporelle grandeur.
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