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Estelle Provost (Autre)
EAN : 9782210779488
224 pages
Magnard (24/04/2024)
3.47/5   68 notes
Résumé :
Etudiant de province fraîchement débarqué à Paris, Dorante ne rêve que de conquêtes. Mais la réalité n'égale pas toujours l'immensité de ses désirs et le voilà qui s'invente des vies parallèles, jouant la comédie, avec l'insouciance de la jeunesse, à tous ceux et celles qu'il croise sur son chemin. Entre Dom Juan et Cyrano de Bergerac, notre menteur navigue de mensonges en quiproquos dans une curieuse aventure d'où l'art de l'illusion ne sort pas tout à fait vaincu.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Voici une pièce qui, pour être assez facile d'accès et légère, dans le registre comédie de caractère, m'a donné du fil à retordre. J'ai dû la parcourir plusieurs fois pour arriver à m'en faire une idée exacte, et je l'aurais volontiers vue sur les planches.

Il s'agit d'une comédie de facture classique, pièce en cinq actes, de 6 à 9 scènes chacun, respectant globalement l'unité de temps et de lieu. Les personnages sont peu nombreux et assez typés, avec le jeune premier, le père, le serviteur blasé, les deux jeunes filles rivales involontaires, les servantes, les prétendants... L'action repose sur un quiproquo principal, qui donne lieu à une suite de situations exploitant le malentendu originel : Dorante est tombé amoureux de Clarisse, qu'il croit être Lucrèce, et ment d'abord pour l'impressionner, puis pour se tirer de situations délicates. Mais bien sûr, ses mensonges font tache d'huile, il finit par se retrouver prisonnier de ses propres pièges.

Est-ce que j'ai eu de la sympathie pour les personnages principaux ? Pas vraiment, ils m'ont paru assez convenus : le jeune chien fou qui veut tout avaler à Paris et se faire passer pour ce qu'il n'est pas, c'est assez banal, comme le souligne d'ailleurs la servante Isabelle à l'acte III, scène 3. Les deux jeunes filles adeptes de situations autant codifiées que romanesques font figures de jeunes Précieuses dont se moquera plus tard Molière. J'ai eu un faible pour Cliton, un serviteur pas si cliché, car il est plus âgé que la moyenne, et s'il est matérialiste et ne dédaigne pas l'argent, il a les pieds sur terre, une solide logique et une sainte horreur du mensonge ; ainsi, il offre un contrepoint comique à la démesure de son maître, contrepoint qui est le bienvenu. J'ai eu pitié également du père de Dorante, Géronte, pourtant compréhensif et bienveillant, prêt à tolérer un mariage auquel il n'a pas donné son accord pour que son fils soit heureux, et si mal traité en retour par ce dernier. Dans l'ensemble, la pièce se laisse lire agréablement, mais ne recèle pas de morceaux de bravoure ni d'échanges brillants et rythmés, mis à part certaines tirades de mensonge et d'invention poétique.

Il reste que c'est Corneille, et le vers classique : j'ai connu l'auteur plus inspiré dans le Cid, mais tout de même, si ces vers sont moins connus, ils offrent de beaux passages, avec des accents de poésie baroque. La pièce, empruntée à l'auteur espagnol Alarcón (en le prenant du reste pour Lope de Vega au départ), fut un grand succès et confirma la réputation de Corneille comme auteur de théâtre. On dit que cette pièce précisément déclencha la vocation de Molière à écrire des comédies. Quoi qu'il en soit, j'ai toujours apprécié la sobriété du vers classique, et la capacité des auteurs de l'époque à faire beaucoup avec peu, à laisser mijoter les aliments dans leur jus pour en dégager les arômes.
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Eh ben, il s'est pas trop foulé sur ce coup-là, le Père Corneille... On est en 1644, il commence à avoir du métier (déjà douze pièces dans sa musette), il sait ce qui plaît, donc il pond sans trop se fatiguer une comédie qui va contenter un large public. Je ne lui en veux pas d'avoir recherché un succès facile, mais bon, presque quatre siècles plus tard, la chose a perdu de son intérêt. Certes, c'est drôle par moments, mais c'est aussi ennuyeux en bien d'autres endroits. Et la mise en scène pourrait en partie pallier les défauts, mais il se trouve que j'ai vu cette comédie jouée par une troupe qui, à mon sens, manquait pas mal d'inventivité. Pas de chance pour moi !

Scénario classique, tiré d'une pièce espagnole. Car oui, au XVIIème, en France, on adaptait beaucoup les pièces espagnoles ou italiennes, quand on ne reprenait pas en partie celles de compatriotes. Donc, rien d'exceptionnel ici. Scénario classique, donc, avec en vedette un jeune homme, Dorante, tout frais arrivé de Poitiers à Paris, qui pour se faire valoir auprès des dames, de ses amis, ou encore pour se tirer d'un mauvais pas, invente mensonge sur mensonge. Il s'éprend (plus ou moins) de Clarice, qui le lui rend bien (enfin, plus ou moins), bien qu'elle soit sur le point (plus ou moins) de se fiancer à Alcippe. de mensonge en mensonge, de quiproquo en quiproquo, la pièce nous mène, cahin-caha, vers un double mariage final.

Les mensonges de Dorante donnent lieu à quelques scènes plutôt drôles, mais la plupart des scènes ne sont pas passionnantes, tout ça n'est pas très enlevé, et la construction de l'histoire s'avère parfois bancale. On comprendra difficilement, et c'est un exemple parmi d'autres, qu'au tout dernier moment Dorante se révèle amoureux (plus ou moins) de Lucrèce, la cousine de Clarice, alors qu'il l'avait jusque-là à peine regardée. le fait est que les conventions du théâtre français interdisaient qu'on montre un mariage non consenti par les deux fiancés (le Dorante espagnol, en effet, se fait prendre à ses mensonges et coincer dans un mariage qui lui convient pas), et que Corneille a du s'y conformer, mais il aurait peut-être pu s'y prendre de façon plus fine. Voir Dorante retourner sa veste d'une seconde à l'autre sans motif laisse perplexe, tout de même... Et puis les quiproquos ne sont pas utilisés à plein, on pourrait imaginer des situations plus embarrassantes, plus complexes, en un mot : plus drôles.

Le Menteur, une pièce qui se voulait, disons-le, un pur divertissement, me rappelle certaines comédies sentimentales américaines des années cinquante, réalisées pour plaire à un grand public, qui fonctionnaient à l'époque mais qui, aujourd'hui, se regardent avec peine : ça manque de rythme, les acteurs ne sont pas bon, bref, c'est ennuyeux. Et la comparaison avec un Lubitsch ou un Capra n'arrange rien. Je ne comparerai cette comédie de Corneille à aucune autre, mais vous aurez saisi l'allusion !


Challenge Théâtre 2017-2018
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Après ses succès dans la tragédie, Corneille revient à la comédie, dans laquelle il avait commencé par faire ses premières armes. La date des premières représentations de cette pièce n'est pas connue avec précision, elle pourrait se situer pendant la saison 1643-1644. Saison difficile pour le théâtre du Marais où Corneille faisait représenter toutes ses pièces : un incendie ravage le théâtre en janvier 1644. La pièce est imprimée en octobre 1644.

La comédie, genre considéré comme moins noble que la tragédie, dans la classification des genres de l ‘époque, a mis plus de temps pour donner lieu à des pièces en cinq actes, susceptibles d'occuper le centre d'une matinée théâtrale. Les thématiques, d'abord empruntées à l'Italie, le seront dans un deuxième temps à l'Espagne. Un certain nombre de pièces espagnoles sont adaptées en français par divers auteurs : Antoine le Métel, Rotrou...Corneille va suivre le mouvement, et s'inspirer d'une pièce qu'il pense être de Lope de Vega, mais dont Juan de Alarcon réclame la paternité. Corneille a été enthousiasmé par cette pièce, au point d'écrire « Le sujet m'en semble si spirituel et si bien tourné, que j'ai dit souvent que je voudrais avoir donné les deux plus belles que j'ai faites, et qu'il fût de mon invention. »

Dorante, un jeune homme vient d'être autorisé par son père de quitter la carrière juridique pour celle des armes. Il arrive à Paris, et tombe presque de suite amoureux d'une belle inconnue. Son valet doit découvrir qui elle est, mais se trompe de personne. Clarice, la belle inconnue, a donné sa parole à Alcippe, l'ami de Dorante, mais le mariage peine à se conclure, et elle commence à envisager un autre soupirant. Géronte, le père de Dorante voudrait qu'elle épouse son fils. Elle voudrait le voir avant de décider. Dorante, n'identifiant pas Clarice avec sa belle inconnu, ne veut pas de ce mariage.

Mais Dorante, comme l'indique le titre de la pièce, a un défaut, voire un vice. Il ment sans arrêt, raconte des histoires. Il le fait pour se sortir de mauvais pas, mais aussi par plaisir, dès qu'une occasion s'offre à lui de se mettre en valeur. Nous suivons donc Dorante dans ses intrigues, ses mensonges. Qui risquent de l'amener à l'opposé de ce qu'il voulait.

Corneille a gardé la trame complexe du récit, les conversations nocturnes sous les balcons, les identités confuses, les belles inconnues. Mais ses personnages sont bien des Français de son temps, avec leurs moeurs, leur façon de s'exprimer. Comme dans ses premières pièces. Il y a une certaines doses de pragmatisme, voire de cynisme chez ces jeunes gens, dont les amours même les plus violents peuvent toujours s'accommoder d'un autre partenaire, et pour qui la désirabilité sociale est le premier critère. C'est moins personnel et original que certaines de ses comédies précédentes, mais c'est indéniablement très efficace, et ces histoires compliquées de mensonges en série, peuvent incontestablement donner lieu à des effets comiques plus forts sur une scène.

Cette pièce a connu un très grand succès à son époque, et elle continue à être relativement jouée encore maintenant.
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Le mensonge est un vilain défaut sauf dans la comédie de Pierre Corneille que je n'attendais pas dans ce registre.
En 1644, il met en scène "Le menteur" une pièce en vers basée sur un imbroglio.
Dorante vient d'arriver à Paris. Il est aux Tuileries avec son valet et confident Cliton. Il croise une jeune fille dont il s'éprend et comme tout menteur qui se respecte, il s'invente des exploits pour parader devant la belle ("Il aura cru sans doute, ou je suis fort trompée, que les filles de coeur aiment les gens d'épée ; et vous prenant pour telle, il a jugé soudain qu'une plume au chapeau vous plaît mieux qu'à la main.").
Quand il cherche à connaître son nom il y a méprise, il pense qu'elle s'appelle Lucrèce alors qu'il s'agit de Clarisse, son amie. Côté paternel, Géronte veut le marier à Clarisse alors Dorante de rebelle, le fourbe va raconter une histoire rocambolesque en prétendant qu'il s'est déjà marié en province pour une question d'honneur. Ce passage-là est vraiment drôle et doit être impressionnant à voir jouer sur scène.
Cela se complique encore lorsque Clarice a l'idée de demander à Lucrèce de donner un rendez-vous à Dorante en lui faisant croire qu'elle s'appelle Clarice.
Comme chez Molière se sont les maîtres qui mentent pas les domestiques qui tentent plutôt d'arranger les choses et de démêler les quiproquos.
Le fieffé menteur qu'est Dorante reste pourtant sympathique en s'emmêlant parfois dans ses mensonges car on pardonne toujours aux amoureux. Surtout, il faut des qualités pour être mythomane et comme dit le jeune homme : "Le ciel fait cette grâce à fort peu de personnes : il y faut promptitude, esprit, mémoire, soins, ne se brouiller jamais, et rougir encor moins."
J'ai donc apprécié les vers de Corneille qui sont jubilatoires. Il y a quand même un bémol quand Clarice dit "Mon père a sur mes voeux une entière puissance" et Lucrèce "Le devoir d'une fille est dans l'obéissance.", cette soumission des jeunes filles grince à mes oreilles même si l'époque y est pour quelques choses.
Cela reste une comédie fort plaisante.


Challenge Riquiqui 2023
Challenge Coeur d'artichaut 2023
Challenge Multi-défis 2023
Challenge Temps modernes 2023
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La comédie où l'on se cause en vers a le charme des vieux meubles qui craquent. L'éloquence y est légère et le rire intérieur. le menteur sera-t-il puni, lui qui ne sait qu'inventer des sornettes pour se sortir de tous les guêpiers? Quand il tombe amoureux, sait-il bien de qui? Et sait-on si c'est vrai? Ses victimes tomberont-elles dans le panneau? Découvriront-elles le pot aux roses? Si oui, quel conte notre fabulateur va-t-il encore bricoler pour retomber sur ses pattes? Sera-t-il au final l'arroseur arrosé? Corneille ne répond pas tout à fait. Il ne blâme pas méchamment. Il laisse le menteur s'empêtrer dans ses contradictions. Peut-être même l'encourage-t-il. Il aurait pu tomber dans le moralisme sévère. Il lui préfère l'amusement subtil. le lecteur lui en sait gré.
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Mais pour le voir ainsi qu'en pourrais-je juger?
J'en verrais le dehors, la mine et l'apparence,
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GERONTE. Je vous cherchais, Dorante.
DORANTE. Je ne vous cherchais pas, moi. Que mal à propos
Son abord importun vient troubler mon repos,
Et qu'un père incommode un homme de mon âge!
GERONTE. Vu l'étroite union que fait le mariage,
J'estime qu'en effet c'est n'y consentir point
Que laisser désunis ceux que le Ciel a joint,
La raison le défend, et je sens dans mon âme
Un violent désir de voir ici ta femme,
J'écris donc à son père, écris-lui comme moi.
Je lui mande qu'après ce que j'ai su de toi
Je me tiens trop heureux qu'une si belle fille,
Si sage, et si bien née, entre dans ma famille.
J'ajoute à ce discours que je brûle de voir
Celle qui de mes ans devient l'unique espoir,
Que pour me l'amener tu t'en vas en personne,
Car enfin il le faut, et le devoir l'ordonne,
N'envoyer qu'un valet sentirait son mépris.
DORANTE. De vos civilités, il sera bien surpris,
Et pour moi je suis prêt; mais je perdrai ma peine,
Il ne souffrira pas encor qu'on vous l'amène,
Elle est grosse.
GERONTE. Elle est grosse!
DORANTE. Et de plus de six mois.
GERONTE. Que de ravissements je sens à cette fois!
DORANTE
Vous ne voudriez pas hasarder sa grossesse ?
GERONTE. Non, j'aurai patience autant que d'allégresse,
Pour hasarder ce gage il m'est trop précieux.
A ce coup ma prière a pénétré les Cieux,
Je pense en le voyant que je mourrai de joie.
Adieu, je vais changer la lettre que j'envoie,
En écrire à son père un nouveau compliment,
Le prier d'avoir soin de son accouchement,
Comme du seul espoir où mon bonheur se fonde.
DORANTE, à CLITON. Le bonhomme s'en va le plus content du monde.
GERONTE, se retournant. Écris-lui comme moi.
DORANTE. Je n'y manquerai pas.
Qu'il est bon!
CLITON. Taisez-vous, il revient sur ses pas.
GERONTE. Il ne me souvient plus du nom de ton beau-père.
Comment s'appelle-t-il ?
DORANTE. Il n'est pas nécessaire,
Sans que vous vous chargiez de ces noms superflus,
En fermant le paquet j'écrirai le dessus.
GERONTE. Étant tout d'une main il sera plus honnête.
DORANTE. Ne lui pourrai-je ôter ce souci de la tête ?
Votre main, ou la mienne, il n'importe des deux.
GERONTE. Ces nobles de province y sont un peu fâcheux.
DORANTE. Son père sait la cour.
GERONTE. Ne me fais plus attendre.
Dis-moi...
DORANTE. Que lui dirai-je ?
GERONTE. Il s'appelle ?
DORANTE. Pyrandre.
GERONTE. Pyrandre! tu m'as dit tantôt un autre nom;
C'était, je m'en souviens, oui, c'était Armédon.
DORANTE. Oui, c'est là son nom propre, et l'autre d'une terre,
Il portait ce dernier quand il fut à la guerre,
Et se sert si souvent de l'un et l'autre nom,
Que tantôt c'est Pyrandre, et tantôt Armédon.
GERONTE. C'est un abus commun qu'autorise l'usage,
Et j'en usais ainsi du temps de mon jeune âge.
Adieu, je vais écrire.

Acte IV, scène IV
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Mais pour le voir ainsi qu'en pourrai-je juger ?
J'en verrai le dehors, la mine, l'apparence ;
Mais du reste, Isabelle, où prendre l'assurance ?
Le dedans paroît mal en ces miroirs flatteurs ;
Les visages souvent sont de doux imposteurs :
Que de défauts d'esprit se couvrent de leurs grâces,
Et que de beaux semblants cachent des âmes basses !
Les yeux en ce grand choix ont la première part ;
Mais leur déférer tout, c'est tout mettre au hasard :
Qui veut vivre en repos ne doit pas leur déplaire,
Mais sans leur obéir, il doit les satisfaire,
En croire leur refus, et non pas leur aveu,
Et sur d'autres conseils laisser naître son feu.
Cette chaîne, qui dure autant que notre vie,
Et qui devrait donner plus de peur que d'envie,
Si l'on n'y prend bien garde, attache assez souvent
Le contraire au contraire, et le mort au vivant ;
Et pour moi, puisqu'il faut qu'elle me donne un maître,
avant que l'accepter je voudrais le connaître,
Mais connaître dans l'âme.
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Clarice : Quoi ! Vous avez donc vu l'Allemagne, et la guerre ?

Dorante : Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre.

Cliton : Que va-t-il lui raconter ?

Dorante : Et durant ces quatre ans / Il ne s'est pas fait combats, ni sièges importants, / Nos armes n'ont jamais remporté de victoires, / Où cette main n'ait eu bonne part à la gloire, / Et même la Gazette a souvent divulgué....

Cliton, le tirant par la basque : Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ?

Dorante : Tais-toi.

Clinton : Vous rêvez, dis-je, ou....

Dorante : Tais-toi, misérable.

Clinton : Vous venez de Poitiers, ou je me donne au Diable, / Vous en revîntes hier.

Dorante, à Clinton : Te tairas-tu, maraud ?
à Clarice : Mon nom dans nos succès s'était mis assez haut / POur faire quelque bruit, sans beaucoup d'injustice, / Et je suivrais encore un si noble exercice, / N'était que l'autre hiver faisant ici ma Cour / Je vous vis, et je fus retenu par l'amour.
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CLITON
Certes, vous dites vrai, j'en juge par moi-même,
Ce n'est point mon humeur de refuser qui m'aime,
Et comme c'est m'aimer que me faire présent,
Je suis toujours alors d'un esprit complaisant.

DORANTE
Il est beaucoup d'humeurs pareilles à la tienne.

IV,1
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Lecture par l'auteur
Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos
« Ce livre est un ensemble de nouvelles autobiographiques, classées par âge de la vie, de la petite enfance à aujourd'hui. Ces nouvelles sont souvent, pas toujours, des mésaventures dans lesquelles j'éprouve peur et honte, qui me sont assez naturelles et me donnent paradoxalement l'énergie d'écrire. Scènes de gêne ou de honte, scènes de culpabilité, scènes chargées de remords et de ridicule, mais aussi scènes, plus rares forcément, de pur bonheur, comme celle qui donne son nom au livre, Célidan disparu : personnage à la fois pusillanime et enflammé d'une pièce de Corneille que j'ai jouée à mes débuts d'acteur, dont je découvris lors de l'audition pour l'obtenir, qu'il me révélait à moi-même, et faisait de moi un acteur heureux. »
Denis Podalydès
À lire – Denis Podalydès, Célidan disparu, Mercure de France, 2022.
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