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Geneviève Winter (Éditeur scientifique)Alain Jaubert (Collaborateur)
ISBN : 2070320421
Éditeur : Gallimard (19/01/2006)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Etudiant de province fraîchement débarqué à Paris, Dorante ne rêve que de conquêtes. Mais la réalité n'égale pas toujours l'immensité de ses désirs et le voilà qui s'invente des vies parallèles, jouant la comédie, avec l'insouciance de la jeunesse, à tous ceux et celles qu'il croise sur son chemin. Entre Dom Juan et Cyrano de Bergerac, notre menteur navigue de mensonges en quiproquos dans une curieuse aventure d'où l'art de l'illusion ne sort pas tout à fait vaincu.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Musardise
  03 mars 2018
Eh ben, il s'est pas trop foulé sur ce coup-là, le Père Corneille... On est en 1644, il commence à avoir du métier (déjà douze pièces dans sa musette), il sait ce qui plaît, donc il pond sans trop se fatiguer une comédie qui va contenter un large public. Je ne lui en veux pas d'avoir recherché un succès facile, mais bon, presque quatre siècles plus tard, la chose a perdu de son intérêt. Certes, c'est drôle par moments, mais c'est aussi ennuyeux en bien d'autres endroits. Et la mise en scène pourrait en partie pallier les défauts, mais il se trouve que j'ai vu cette comédie jouée par une troupe qui, à mon sens, manquait pas mal d'inventivité. Pas de chance pour moi !
Scénario classique, tiré d'une pièce espagnole. Car oui, au XVIIème, en France, on adaptait beaucoup les pièces espagnoles ou italiennes, quand on ne reprenait pas en partie celles de compatriotes. Donc, rien d'exceptionnel ici. Scénario classique, donc, avec en vedette un jeune homme, Dorante, tout frais arrivé de Poitiers à Paris, qui pour se faire valoir auprès des dames, de ses amis, ou encore pour se tirer d'un mauvais pas, invente mensonge sur mensonge. Il s'éprend (plus ou moins) de Clarice, qui le lui rend bien (enfin, plus ou moins), bien qu'elle soit sur le point (plus ou moins) de se fiancer à Alcippe. de mensonge en mensonge, de quiproquo en quiproquo, la pièce nous mène, cahin-caha, vers un double mariage final.
Les mensonges de Dorante donnent lieu à quelques scènes plutôt drôles, mais la plupart des scènes ne sont pas passionnantes, tout ça n'est pas très enlevé, et la construction de l'histoire s'avère parfois bancale. On comprendra difficilement, et c'est un exemple parmi d'autres, qu'au tout dernier moment Dorante se révèle amoureux (plus ou moins) de Lucrèce, la cousine de Clarice, alors qu'il l'avait jusque-là à peine regardée. le fait est que les conventions du théâtre français interdisaient qu'on montre un mariage non consenti par les deux fiancés (le Dorante espagnol, en effet, se fait prendre à ses mensonges et coincer dans un mariage qui lui convient pas), et que Corneille a du s'y conformer, mais il aurait peut-être pu s'y prendre de façon plus fine. Voir Dorante retourner sa veste d'une seconde à l'autre sans motif laisse perplexe, tout de même... Et puis les quiproquos ne sont pas utilisés à plein, on pourrait imaginer des situations plus embarrassantes, plus complexes, en un mot : plus drôles.
Le Menteur, une pièce qui se voulait, disons-le, un pur divertissement, me rappelle certaines comédies sentimentales américaines des années cinquante, réalisées pour plaire à un grand public, qui fonctionnaient à l'époque mais qui, aujourd'hui, se regardent avec peine : ça manque de rythme, les acteurs ne sont pas bon, bref, c'est ennuyeux. Et la comparaison avec un Lubitsch ou un Capra n'arrange rien. Je ne comparerai cette comédie de Corneille à aucune autre, mais vous aurez saisi l'allusion !

Challenge Théâtre 2017-2018
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5Arabella
  22 septembre 2017
Après ses succès dans la tragédie, Corneille revient à la comédie, dans laquelle il avait commencé par faire ses premières armes. La date des premières représentations de cette pièce n'est pas connue avec précision, elle pourrait se situer pendant la saison 1643-1644. Saison difficile pour le théâtre du Marais où Corneille faisait représenter toutes ses pièces : un incendie ravage le théâtre en janvier 1644. La pièce est imprimée en octobre 1644.
La comédie, genre considéré comme moins noble que la tragédie, dans la classification des genres de l ‘époque, a mis plus de temps pour donner lieu à des pièces en cinq actes, susceptibles d'occuper le centre d'une matinée théâtrale. Les thématiques, d'abord empruntées à l'Italie, le seront dans un deuxième temps à l'Espagne. Un certain nombre de pièces espagnoles sont adaptées en français par divers auteurs : Antoine le Métel, Rotrou...Corneille va suivre le mouvement, et s'inspirer d'une pièce qu'il pense être de Lope de Vega, mais dont Juan de Alarcon réclame la paternité. Corneille a été enthousiasmé par cette pièce, au point d'écrire « Le sujet m'en semble si spirituel et si bien tourné, que j'ai dit souvent que je voudrais avoir donné les deux plus belles que j'ai faites, et qu'il fût de mon invention. »
Dorante, un jeune homme vient d'être autorisé par son père de quitter la carrière juridique pour celle des armes. Il arrive à Paris, et tombe presque de suite amoureux d'une belle inconnue. Son valet doit découvrir qui elle est, mais se trompe de personne. Clarice, la belle inconnue, a donné sa parole à Alcippe, l'ami de Dorante, mais le mariage peine à se conclure, et elle commence à envisager un autre soupirant. Géronte, le père de Dorante voudrait qu'elle épouse son fils. Elle voudrait le voir avant de décider. Dorante, n'identifiant pas Clarice avec sa belle inconnu, ne veut pas de ce mariage.
Mais Dorante, comme l'indique le titre de la pièce, a un défaut, voire un vice. Il ment sans arrêt, raconte des histoires. Il le fait pour se sortir de mauvais pas, mais aussi par plaisir, dès qu'une occasion s'offre à lui de se mettre en valeur. Nous suivons donc Dorante dans ses intrigues, ses mensonges. Qui risquent de l'amener à l'opposé de ce qu'il voulait.
Corneille a gardé la trame complexe du récit, les conversations nocturnes sous les balcons, les identités confuses, les belles inconnues. Mais ses personnages sont bien des Français de son temps, avec leurs moeurs, leur façon de s'exprimer. Comme dans ses premières pièces. Il y a une certaines doses de pragmatisme, voire de cynisme chez ces jeunes gens, dont les amours même les plus violents peuvent toujours s'accommoder d'un autre partenaire, et pour qui la désirabilité sociale est le premier critère. C'est moins personnel et original que certaines de ses comédies précédentes, mais c'est indéniablement très efficace, et ces histoires compliquées de mensonges en série, peuvent incontestablement donner lieu à des effets comiques plus forts sur une scène.
Cette pièce a connu un très grand succès à son époque, et elle continue à être relativement jouée encore maintenant.
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vincentf
  17 juillet 2014
La comédie où l'on se cause en vers a le charme des vieux meubles qui craquent. L'éloquence y est légère et le rire intérieur. le menteur sera-t-il puni, lui qui ne sait qu'inventer des sornettes pour se sortir de tous les guêpiers? Quand il tombe amoureux, sait-il bien de qui? Et sait-on si c'est vrai? Ses victimes tomberont-elles dans le panneau? Découvriront-elles le pot aux roses? Si oui, quel conte notre fabulateur va-t-il encore bricoler pour retomber sur ses pattes? Sera-t-il au final l'arroseur arrosé? Corneille ne répond pas tout à fait. Il ne blâme pas méchamment. Il laisse le menteur s'empêtrer dans ses contradictions. Peut-être même l'encourage-t-il. Il aurait pu tomber dans le moralisme sévère. Il lui préfère l'amusement subtil. le lecteur lui en sait gré.
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Laureneb
  25 octobre 2018
Le substantif n'existe pas encore, et pour cause, mais cette pièce repose sur un marivaudage galant précieux entre élégants du beau monde. Pour donner un semblant d'intrigue, les quiproquos s'enchaînent, sans que l'on s'attache vraiment aux personnages.
La pièce se situe donc entre la Place Royale pour le milieu dans lequel évolue les personnages, et l'Illusion Comique pour l'imagination fertile de Dorante qui, honteux de sa condition d'homme de loi provincial, s'invente des duels, des maîtresses, des dépenses fastueuses. Cet avocat se rêve matamore, mais sans l'épique et la gloire de Rodrigue. Son père, Géronte, se plaint de sa vieillesse, mais son fils n'est pas là pour le réhabiliter, mais pour le manipuler :
"Ô vieillesse facile ! ô jeunesse impudente !
Ô de mes cheveux gris honte trop évidente !".
Ce menteur incorrigible n'est même pas puni à la fin, puisque pour lui une jeune fille en vaut une autre, et qu'étant tombé amoureux à la première rencontre d'une première, il est séduit à la 2ème par une autre...
Ce n'est donc pas la comédie la plus indispensable de Corneille...
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chapochapi
  03 août 2012
Voici une petite comédie légère et plaisante.
Dorante est un jeune étudiant qui vient de quitter les études afin de vivre un peu sa vie. de retour à Paris, il cherche à en imposer un peu aux autres, et le voilà qui ment à tour de langue, à de jeunes femmes qu'il veut séduire, à ses meilleurs amis, à son père....
Sous le regard incrédule et accusateur de son valet, Dorante s'enlise et se sort in extremis de situations tordues.
Si cette petite comédie se termine bien, sa morale finale surprend un peu.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   06 mars 2018
GERONTE
Je vous cherchais, Dorante.
DORANTE
Je ne vous cherchais pas, moi. Que mal à propos
Son abord importun vient troubler mon repos,
Et qu'un père incommode un homme de mon âge!
GERONTE
Vu l'étroite union que fait le mariage,
J'estime qu'en effet c'est n'y consentir point
Que laisser désunis ceux que le Ciel a joint,
La raison le défend, et je sens dans mon âme
Un violent désir de voir ici ta femme,
J'écris donc à son père, écris-lui comme moi.
Je lui mande qu'après ce que j'ai su de toi
Je me tiens trop heureux qu'une si belle fille,
Si sage, et si bien née, entre dans ma famille.
J'ajoute à ce discours que je brûle de voir
Celle qui de mes ans devient l'unique espoir,
Que pour me l'amener tu t'en vas en personne,
Car enfin il le faut, et le devoir l'ordonne,
N'envoyer qu'un valet sentirait son mépris.
DORANTE
De vos civilités, il sera bien surpris,
Et pour moi je suis prêt; mais je perdrai ma peine,
Il ne souffrira pas encor qu'on vous l'amène,
Elle est grosse.
GERONTE
Elle est grosse!
DORANTE
Et de plus de six mois.
GERONTE
Que de ravissements je sens à cette fois!
DORANTE
Vous ne voudriez pas hasarder sa grossesse ?
GERONTE
Non, j'aurai patience autant que d'allégresse,
Pour hasarder ce gage il m'est trop précieux.
A ce coup ma prière a pénétré les Cieux,
Je pense en le voyant que je mourrai de joie.
Adieu, je vais changer la lettre que j'envoie,
En écrire à son père un nouveau compliment,
Le prier d'avoir soin de son accouchement,
Comme du seul espoir où mon bonheur se fonde.
DORANTE, à CLITON
Le bonhomme s'en va le plus content du monde.
GERONTE, se retournant
Écris-lui comme moi.
DORANTE
Je n'y manquerai pas.
Qu'il est bon!
CLITON
Taisez-vous, il revient sur ses pas.
GERONTE
Il ne me souvient plus du nom de ton beau-père.
Comment s'appelle-t-il ?
DORANTE
Il n'est pas nécessaire,
Sans que vous vous chargiez de ces noms superflus,
En fermant le paquet j'écrirai le dessus.
GERONTE
Étant tout d'une main il sera plus honnête.
DORANTE
Ne lui pourrai-je ôter ce souci de la tête ?
Votre main, ou la mienne, il n'importe des deux.
GERONTE
Ces nobles de province y sont un peu fâcheux.
DORANTE
Son père sait la cour.
GERONTE
Ne me fais plus attendre.
Dis-moi...
DORANTE
Que lui dirai-je ?
GERONTE
Il s'appelle ?
DORANTE
Pyrandre.
GERONTE
Pyrandre! tu m'as dit tantôt un autre nom;
C'était, je m'en souviens, oui, c'était Armédon.
DORANTE
Oui, c'est là son nom propre, et l'autre d'une terre,
Il portait ce dernier quand il fut à la guerre,
Et se sert si souvent de l'un et l'autre nom,
Que tantôt c'est Pyrandre, et tantôt Armédon.
GERONTE
C'est un abus commun qu'autorise l'usage,
Et j'en usais ainsi du temps de mon jeune âge.
Adieu, je vais écrire.

Acte IV, scène IV
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5Arabella5Arabella   17 septembre 2017
Mais pour le voir ainsi qu'en pourrai-je juger ?
J'en verrai le dehors, la mine, l'apparence ;
Mais du reste, Isabelle, où prendre l'assurance ?
Le dedans paroît mal en ces miroirs flatteurs ;
Les visages souvent sont de doux imposteurs :
Que de défauts d'esprit se couvrent de leurs grâces,
Et que de beaux semblants cachent des âmes basses !
Les yeux en ce grand choix ont la première part ;
Mais leur déférer tout, c'est tout mettre au hasard :
Qui veut vivre en repos ne doit pas leur déplaire,
Mais sans leur obéir, il doit les satisfaire,
En croire leur refus, et non pas leur aveu,
Et sur d'autres conseils laisser naître son feu.
Cette chaîne, qui dure autant que notre vie,
Et qui devrait donner plus de peur que d'envie,
Si l'on n'y prend bien garde, attache assez souvent
Le contraire au contraire, et le mort au vivant ;
Et pour moi, puisqu'il faut qu'elle me donne un maître,
avant que l'accepter je voudrais le connaître,
Mais connaître dans l'âme.
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chapochapichapochapi   03 août 2012
Clarice : Quoi ! Vous avez donc vu l'Allemagne, et la guerre ?

Dorante : Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre.

Cliton : Que va-t-il lui raconter ?

Dorante : Et durant ces quatre ans / Il ne s'est pas fait combats, ni sièges importants, / Nos armes n'ont jamais remporté de victoires, / Où cette main n'ait eu bonne part à la gloire, / Et même la Gazette a souvent divulgué....

Cliton, le tirant par la basque : Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ?

Dorante : Tais-toi.

Clinton : Vous rêvez, dis-je, ou....

Dorante : Tais-toi, misérable.

Clinton : Vous venez de Poitiers, ou je me donne au Diable, / Vous en revîntes hier.

Dorante, à Clinton : Te tairas-tu, maraud ?
à Clarice : Mon nom dans nos succès s'était mis assez haut / POur faire quelque bruit, sans beaucoup d'injustice, / Et je suivrais encore un si noble exercice, / N'était que l'autre hiver faisant ici ma Cour / Je vous vis, et je fus retenu par l'amour.
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CielvariableCielvariable   12 janvier 2019
Clarice
Je ne sais plus moi-même à mon tour où j’en suis.
Lucrèce, écoute un mot.

Dorante, à Cliton.
Lucrèce ! Que dit-elle ?

Cliton, à Dorante.
Vous en tenez, monsieur : Lucrèce est la plus belle,
Mai laquelle des deux ? J’en ai le mieux jugé,
Et vous auriez perdu si vous aviez gagé.

Dorante, à Cliton.
Cette nuit, à la voix, j’ai cru la reconnaître.

Cliton
Clarice sous son nom parlait à sa fenêtre ;
Sabine m’en a fait un secret entretien.

Dorante, à Cliton.
Bonne bouche ! J’en tiens, mais l’autre la vaut bien ;
Et, comme dès tantôt je la trouvais bien faite,
Mon cœur déjà penchait où mon erreur le jette.
Ne me découvre point ; et dans ce nouveau feu
Tu me vas voir, Cliton, jouer un nouveau jeu.
Sans changer de discours, changeons de batterie.

Lucrèce, à Clarice.
Voyons le dernier point de son effronterie.
Quand tu lui diras tout, il sera bien surpris.
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Mangara57Mangara57   02 août 2018
« Et là, sous ce faux nom, vous pourrez lui parler,
Sans qu’Alcippe jamais en découvre l’adresse,
Ni que lui-même pense à d’autres qu’à Lucrèce. »
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Videos de Pierre Corneille (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Corneille
"Conseil et délibération dans le dernier acte d'Horace", conférence prononcée par Tony Gheeraert, le 17 mars 2015, enrigistrée à l'Université de Rouen, dans le cadre d'un colloque intitulé « Dramaturgies du conseil et de la délibération ».
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