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EAN : 9782754825252
Éditeur : Futuropolis (07/10/2020)
3.83/5   20 notes
Résumé :
Hélène Jegado a tué des dizaines de ses contemporains sans aucune raison apparente avant de finir guillotinée le 26 février 1852, sur le Champ de mars de Rennes. L'histoire de cette empoisonneuse est racontée en images.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  18 avril 2021
Une fois encore, Teulé écrit sur un fait divers sordide puis voit sa mouture déclinée en un pendant à bulles du plus bel effet en sus d'être particulièrement instructif.
Je connaissais Charlotte Julian et sa fleur de province, je découvre celle de tonnerre et j'ai le trouillomètre à zéro.
Hé-lène, elle s'appelle Hé-lène.
Jégado, pour être précis.
Une légende dans le domaine si concurrentiel de l'empoisonnement définitif et ce n'est pas Marie Besnard qui me contredira.
À son actif, quelques dizaines de macchabées en à peine cinq décennies, c'est dire la constance dans l'effort.
Née en juin 1803 pour finir guillotinée en février 1852, dame Jégado usera de ses connaissances si particulières pour alimenter le compteur de la Grande Faucheuse qui l'en remerciera très sèchement.
Bonjour l'ingratitude.
Cette fleur de tonnerre fascine autant qu'elle effraie.
Son récit prend sa source en Bretagne, terre de légendes.
Hélène n'a jamais accepté aucun ami sur tronchebouc excepté l'Ankou, un mec mythique aux aspirations gémellaires.
Son parcours, c'est un peu le petit poucet.
Changez les petits cailloux en cadavres et vous y êtes.
Porté par un graphisme semi-réaliste où rouge et 50 nuances de gris se taillent artistement la part du lion, ce récit déroule (de façon un peu répétitive, peut-être) le destin hors norme de cette empêcheuse d'exister en rond.
Le mal à l'état pur qui fera fi de toute CSP, ne respectant rien ni personne, tout en se jouant d'éventuelles accointances familiales.
Une petite contrariété ?
Un plat à l'arsenic et c'est déjà oublié.
Édifiant et enrichissant, ce Fleur de Tonnerre devrait marquer le coup, si ce n'est déjà fait.
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Bdotaku
  18 janvier 2021
« Fleur de tonnerre » ce n'est pas l'un des jurons fleuris dont le Capitaine Haddock a le secret mais le titre d'un roman du non moins truculent Jean Teulé paru en 2013. Cette biographie romancée inspirée de l'histoire réelle d'Hélène Jegado, la plus grande tueuse en série de l'histoire de France, a bénéficié en octobre dernier d'une adaptation en bande dessinée par Jean-Luc Cornette et Jürg aux éditions Futuropolis. Ont-ils réussi à rendre le ton si caractéristique de l'artiste entre « true crime » et humour grinçant dans leur one shot de près de 120 p ?
Les oeuvres de Jean Teulé ont décidément la côte auprès des bédéistes. « Fleur de Tonnerre » est la septième adaptation de l'un de ses romans et deux autres sont en chantier. Sans doute parce qu'il a commencé lui -même dans le 9eme art et que ses livres sont séquencés et rythmés comme des albums et très visuels dans leur style. Il a fait du roman historique son fonds de commerce et, après le Moyen Age de « Je, François Villon » , la Renaissance de « Charly 9 » ou d' « Entrez dans la danse », le XVIIe siècle du « Montespan », il s'est intéressé à des faits divers du XIXe : le drame de Hautefaye dans « Mangez-le si vous voulez » et, ici, l'histoire d'une enfant bretonne fascinée par le personnage légendaire l'Ankou et le pouvoir des plantes et des poisons qui commence sa carrière à huit ans en assaisonnant la bouillie de blé noir de sa génitrice avec de la belladone et va durant près de quatre décennies tuer des dizaines de ses contemporains sans raison apparente.
Au départ, le duo Cornette et Jürg, qui avait déjà oeuvré sur « Ziyi » paru aux éditions Scutella en 2013, souhaitait adapter « Mangez-le si vous voulez » mais ils se heurtèrent au refus de nombreux éditeurs effrayés par la noirceur du propos. Ils reportèrent donc leur choix sur « Fleur de Tonnerre » rendu plus acceptable par la distanciation introduite par l'humour dont fait preuve le romancier au fil du texte.
On y retrouve ainsi les anachronismes langagiers à double sens chers à Teulé : Hélène conseille par exemple à ses clients de goûter son gâteau « trop mortel » et surtout le duo comique des perruquiers normands. Ces derniers croisent, au fil des décennies, le chemin de l'héroïne éponyme et ne cessent de faire sourire le lecteur grâce à leurs silhouettes de Laurel et Hardy, leurs avanies, leurs propos dignes de Bouvard et Pécuchet, et finalement grâce à leur « acculturation » car ils finissent plus bretonnants que les Bretons ! Cette dimension comique est l'une des forces de l'album car, contrairement au film homonyme de Stéphanie Pillonca, il conserve le mélange des genres. C'était d'ailleurs la seule exigence manifestée par Teulé auprès du tandem d'auteurs.
Mais comme le romancier et la réalisatrice, ils gardent également la profondeur du personnage principal. Contrairement à deux autres albums consacrés à l'empoisonneuse -« Hélène Jegado » de Berthelot et Moca paru chez L'Apart en 2013 et « La Jegado » de Keraval et Monnerais paru aux éditions Locus Solus en 2019 - qui la dépeignent come folle et laide telle qu'elle apparait à son procès, le « Fleur de Tonnerre » de Teulé, Jurg et Cornette s'attache à la fillette puis à la jeune femme. Ils arrivent à nous faire éprouver empathie et presque fascination d'abord parce que l'héroïne est dessinée comme une belle jeune femme, une « sirène » irrésistible, ensuite parce qu'elle est présentée comme une victime de son milieu socio-culturel : enfant d'une mère peu aimante qui la rabroue sans cesse et la terrorise à l'aide de légendes, elle est élevée dans la peur et dans un milieu rude. Les épisodes de Notre dame de la haine de St Yves de vérité ou des naufrageurs, si violents et invraisemblables qu'ils paraissent, sont pourtant véridiques et montrent bien comment le milieu étouffe et suscite la folie. Enfin, Hélène est également décrite comme capable de sentiments : elle tombe follement amoureuse, tente même de mettre fin à ses jours, et dans une superbe scène se montre même charitable en abrégeant les jours d'un vieil instituteur fatigué de la vie.
La couverture montre d'emblée la richesse du propos : une jeune fille blonde regarde dans notre direction avec un air sévère. Elle ne ressemble en rien à l'image traditionnelle qu'on a De La Bretonne : pas de coiffe blanche de dentelle empesée mais une épaisse jupe, un tablier de domestique et une cape noire à capuchon. Autour d'elle le paysage paraît menaçant : flots houleux, rochers abrupts, ciel rouge de tempête aux nuages noirs et menhir semblable à une pierre tombale. Quelques fleurs au premier plan pourraient donner un côté bucolique mais il s'agit de scabieuses, appelées également « fleurs des veuves » ou « fleurs de tonnerre » et réputées pour leurs vertus dangereuses. Ainsi un paysage bucolique et champêtre devient menaçant et une fillette, incarnation de l'innocence, apparaît finalement comme celle de la mort puisque son expression et sa cape évoquent la grande Faucheuse... Les pages intérieures sont tout aussi réussies on y trouve de superbes pleines pages telle la page inaugurale. le dessin peut se déployer car le gaufrier n'excède pas les six cases et on a souvent de grandes vignettes magnifiquement composées. L'oeuvre est divisée en chapitres introduits par des médaillons qui reprennent des détails bretons : calvaires, statues, village et soulignent encore une fois l'importance du milieu. Si l'héroïne est magnifiée, on y trouve également une belle galerie de tronches et de trognes qui redonnent bien le style enlevé de l'auteur. L'album est par ailleurs réalisé en tons d'ocres et de sépia ravivés de rouge par endroits. Cette bichromie évoque les gravures du XIXe et montre d'emblée la complexité de l'oeuvre et le mélange des genres : la palette est en effet à la fois sombre et lumineuse, chaleureuse et froide…
L'album est donc une vraie réussite tant sur le plan du découpage que du dessin. Il restitue parfaitement le côté tragi-comique du récit initial et l'on pourrait même dire qu'il excède parfois son modèle car il est finalement plus rythmé que l'oeuvre originale dans laquelle les crimes avaient un côté répétitif. « Fleur de Tonnerre » : un roman graphique garanti sans arsenic mais plein de saveurs !
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bdelhausse
  03 mai 2021
Adaptation en BD d'un roman de Jean Teulé, cette BD a exercé sur moi une sordide fascination... on s'en doute, vu le sujet, mais pour le choix du code couleur principalement. Les auteurs ont opté, vu le sujet, pour une sorte de quadrichromie où les rouges dominent bien souvent. Soit ils sont vifs, soit ils sont estompés, mais ils font baigner la BD dans une atmosphère glauque et pesante... comme il se doit.
Jean Teulé aime choquer et choisit souvent des faits divers ou des personnalités "borderline" comme sujet de ses romans. Ici, Hélène Jégado, petite bretonne surnommée très tôt Fleur de Tonnerre, se transforme en tueuse en série. Empoisonneuse engagée comme cuisinière, elle va multiplier les meurtres et passer à travers les enquêtes pendant de longues années, visiblement. Elle commence à s'exercer sur sa famille et va multiplier les empoisonnements, principalement à l'arsenic mais pas seulement. Je ne spoile pas la fin... mais bon! elle se devine, fatalement.
Je n'ai pas lu le roman à l'origine de l'adaptation. Mais on sent clairement et régulièrement Jean Teulé qui affleure à de multiples reprises. Des danses macabres, du sexe pervers, des jurons en pagaille, une gouaille révolutionnaire... C'est bien Jean Teulé.
Mon bémol se trouve dans l'absence d'éléments historiques, de pages qui expliquent, mettent en perspective, racontent L Histoire derrière l'histoire. Il y a des faits historiques que l'on aimerait lire, voir, ressentir afin de mieux encore s'imprégner de cette affaire hors norme.
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gyselinck_dominique
  17 janvier 2021
Toute petite, Hélène Jégado est élevée dans sa Bretagne natale au rythme des contes et légendes.
Entre superstitions ancestrales et mythes largement commentés en famille mais aussi entre les petites gens de la région, la pauvre Hélène ne sait plus trop à quel saint se vouer.
Déjà que la France a imposé le catholicisme à la région de Bretagne, il est compliqué pour les Bretons d'oublier leurs anciennes croyances, dont celle dédiée à ... la mort des autres. On pouvait en effet aller prier et souhaiter la mort de n'importe qui...., joli programme.
Très vite, Hélène va se passionner des effets de la belladone, pour ensuite être émerveillée par l'Ankou en personne.
Alors pour ne pas risquer d'en avoir peur, elle va devenir l'Ankou !!
On peux en effet la suivre à travers toute la Bretagne en comptant les cadavres qu'elle laisse derrière elle par dizaines.
Mais avant que la justice, et les docteurs n'arrivent à faire le lien entre ces morts "naturelles", ou inexpliquées, le tableau de chasse d'Hélène ne cessera de compter des lignes supplémentaires.
Très bonne cuisinière, c'est tout naturellement que ses plats seront l'instrument de mort pour toutes ces personnes.
Tantôt agrémentés de belladone, tantôt d'arsenic, une seule chose était certaine, une fois les plats consommés, les victimes venait sans le savoir de prendre leur dernier repas terrestre.
Voici l'Histoire d'Hélène Jégado, plus connue des Bretons sous "Fleur de Tonnerre", la première et pire tueuse en série de France.
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Shabanou
  11 novembre 2020
"Fleur de Tonnerre" de Jean-Luc Cornette et Jürg (120p)
Ed. Futuropolis
Bonjour les fous de lectures...
Cela faisait un petit temps que je ne vous avais plus présenté une BD
Voici une adaptation du roman de Jean Teulé
Bretagne, pays de croyances et de légendes.
Hélène Jégado y nait au débit des années 1800 et est bercé par les rites et contes étranges qui sillonnent le pays.
La légende la plus tenace est celle de la faucheuse qui sillonne la lande et qui est plus connue sous le nome de "L'Ankou.
Pour vaincre ses peurs, Hélène décide de faire comme l'Ankou et se transforme en tueuse.
Dès lors, elle n'aura de cesse d'empoisonner tous ceux qui croisent son passage, laissant derrière elle un nombre incroyable de victimes.
Cette histoire caustique, merveilleusement contée par Jean Teulé, est ici très bien mise en dessin par les deux compères Cornette et Jürg.
Très belle représentation graphique qui rend palpable l'atmosphère lourde de la lande entre superstition et bigoterie.
Un régal pour les amateurs de BD
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critiques presse (1)
Sceneario   30 décembre 2020
La lecture de cet ouvrage complet a l’avantage d’être des plus fluides et permet de bien saisir le parcours épurateur de la tueuse au travers des séquences qui confortent peu à peu le caractère maléfique et tourmenté de celle-ci. [...] Au travers d’un découpage assurément bien inspiré, Jean-Luc Cornette fait sensation, relatant avec brio les terribles forfaits de l’empoisonneuse jusqu’à son expiation sous le couperet de la guillotine.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
gyselinck_dominiquegyselinck_dominique   17 janvier 2021
Tu ignores donc qu'un bruit répété trois fois prédit un malheur ? C'est ainsi que fait l'Ankou.
Commenter  J’apprécie          40
BdotakuBdotaku   24 novembre 2020
- Mais Maman, pourquoi l’Ankou fait-il mourir les gens ?
- Pourquoi ? Il n’a pas besoin de raisons ! Il s’introduit chez les êtres, et les fauche, c’est tout. C’est son travail à l’ouvrier de la mort.
(dialogue entre Hélène et sa mère)
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