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ISBN : 2226400214
Éditeur : Albin Michel (02/01/2019)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 18 notes)
Résumé :
En 1910, Violette, âgée de 17 ans, est élève au couvent de l’Assomption. Encadrées par des professeures d’éducation physique anglaises, les jeunes pensionnaires y découvrent le sport. Les années passant, devenue une sportive exceptionnelle, elle enchaîne les championnats d’athlétisme, se passionne pour le cyclisme, le football, le water-polo, la boxe, la compétition automobile... Quand la guerre de 1914 survient, elle est ambulancière puis motocycliste de liaison.<... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  10 mai 2019
Femme qui court, de Gérard de Cortanze, retrace la vie ou plutôt l'épopée de Violette Morris et le titre est particulièrement représentatif du roman. Quelle sportive, quelle femme et quelle époque !
Violette est née en 1893. Elle découvre très jeune une passion pour le sport. Elle va devenir une sportive polyvalente de haut niveau, une athlète hors normes. Elle excelle dans tous les sports qu'elle explore : lancer de poids, du javelot, du disque, natation, cross-country, boxe, football, water-polo, cyclisme, course automobile, aviation. Elle a accumulé victoires et exploits et elle est l'une des sportives françaises les plus titrées de l'histoire. C'est une championne toutes catégories. Sa devise était « ce qu'un homme fait, Violette peut le faire ».
Cette extraordinaire carrière sportive, à une époque où le sport est le symbole de la virilité, de la force propre des hommes, l'auteur nous permet de la comprendre en nous faisant vivre sa vie de femme. En effet, quelle femme elle fut !
Violette, une allure de garçonne, anticonformiste, était avant tout éprise de liberté et affichait ouvertement sa bisexualité. Elle s'habillait en homme : complet, gilet, veston avec cravate et portait les cheveux courts à une époque où ceci n'était pas toléré par l'usage.
La bonne société était terrifiée par cette personne capable de donner de mauvaises idées d'émancipation à la gente féminine et les hommes, eux, ne supportaient pas qu'une femme leur tienne la dragée haute et les batte sur leur propre terrain.
Violette Morris pensait qu'elle avait droit à la liberté mais, malgré ses victoires prestigieuses, elle finira par être interdite de stade et exclue en 1930 de la Fédération française sportive féminine. Sa carrière sportive sera définitivement stoppée.
Elle va alors faire une brève carrière dans les cabarets des Années folles où elle tombera amoureuse de Joséphine Baker et Yvonne de Bray grâce à qui elle rencontre Cocteau et Marais. Mais la guerre est là et Violette, criblée de dettes, va tenter de se refaire dans la collaboration, en participant au marché noir, notamment pour répondre à sa passion pour l'automobile. Elle finira abattue dans une voiture, le 26 avril 1944, à l'âge de 51 ans, alors qu'elle conduisait une famille à Paris. Elle devait, au retour, partir avec Annette, son dernier amour, rejoindre Alain Gerbault, à Bilbao. Cet homme était pour elle le symbole de la liberté. Elle ne savait pas qu'il était décédé depuis déjà trois ans. Qu'importe, elle ne le saura jamais.
J'ai été véritablement passionnée par cette vie si riche, si héroïque, si extraordinaire que Gérard de Cortanze retranscrit d'une façon admirable. Je ne connaissais Violette Morris que de nom et, tout au long du roman, j'ai été constamment captivée, me demandant comment cette héroïne qui suscitait tant de crainte et rejet, avait pu aller de l'avant.
L'auteur a su redonner à cette femme remarquable qui s'est battue toute sa vie pour simplement se faire respecter et vivre libre, une place d'honneur qu'elle mérite amplement. Elle a su faire entrer dans les esprits que les femmes, elles aussi, avaient le droit de pratiquer la compétition sportive, n'en déplaise à Monsieur de Coubertin.
Un excellent roman !
Un siècle plus tard, il ne faut toutefois pas pavoiser et ne pas baisser les bras. En effet, le sport féminin, même si maintenant il est accepté, reste néanmoins beaucoup moins bien retransmis et commenté par les médias et je ne parle pas de la différence de salaire entre les professionnels.
Pour ce qui est de l'homosexualité, rien n'est gagné. Bien sûr, les mentalités ont évolué mais nous devons toujours rester vigilants. Il faut sans arrêt prôner la tolérance.
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Fandol
  30 janvier 2019
L'historienne, Marie-Jo Bonnet, avait déjà rétabli la vérité en 2011 avec Violette Morris, histoire d'une scandaleuse, et son livre est maintenant adapté en bande dessinée. Cela permet de couper court aux jugements hâtifs, aux procès bouclés d'avance. Voici que Gérard de Cortanze (Laisse tomber les filles) s'invite dans la danse avec Femme qui court, un roman passionnant que j'ai pu apprécier grâce à Babelio et aux éditons Albin Michel.
En 1903, Violette Morris (10 ans) dont les parents - père indifférent, mère hostile - se sont débarrassés en la mettant en pension au couvent de l'Assomption, à Huy (Belgique), est encore sous le choc de l'abandon. L'amitié puis l'amour de Sarah lui seront un précieux réconfort.
Avec un talent de conteur indéniable, Gérard de Cortanze déroule une vie peu ordinaire avec d'infinis détails, ceux qui expliquent certains choix, et un sens du roman bien utile lorsque des sources ont disparu.
C'est dans ces années de pensionnat que Violette Morris trouve dans le sport, une façon de s'affirmer et de s'épanouir. Elle y apprend aussi à aimer les filles et se dégoûte de certains hommes lorsqu'elle est agressée et violée par le jardinier du couvent.
Aucun sport ne rebute Violette. Elle excelle partout : courses, lancers, sauts, avant d'essayer haltérophilie et boxe. C'est dans cette dernière activité qu'elle commence à se faire des relations douteuses mais qu'importe, Violette veut s'affirmer, prouver à tous qu'une femme peut pratiquer tous les sports malgré l'hostilité de la société.
À 20 ans, Violette va au bal et rencontre Cyprien Gouraud : « Violette, qui avait tant manqué d'amour dans son enfance, était en réalité ce que personne ne pouvait deviner : une géante aux pieds d'argile, que la plus petite attention, le moindre signe d'intérêt faisaient vaciller, éperdue d'amour et de reconnaissance. » Avant d'épouser cet homme, elle participe, seule femme, à des courses cyclistes et finit toujours avec les meilleurs, ce qui indispose beaucoup de monde.
Ambulancière, messagère motocycliste durant la Première guerre mondiale, elle bat ensuite tous les records en athlétisme, se lance à fond dans le football. Violette ajoute le sport automobile et la moto à sa palette mais elle est méprisée, trainée dans la boue dans les journaux de l'époque.
Le pire, c'est quand la Fédération du sport féminin lui retire sa licence. Elle fait un procès, le perd, se met au music-hall sous la houlette de Joséphine Baker, côtoie Jean Cocteau, l'actrice Yvonne de Bray puis c'est la seconde guerre mondiale, l'occupation et Greta, cette amie allemande, connue sur les stades, qui l'entraîne…
Pourquoi ne résiste-t-elle pas, elle qui aime profondément son pays ? La mécanique infernale est bien démontée. Violette Morris est le bouc-émissaire idéal pour endosser les plus vils traits de l'âme humaine.
Violette m'a rappelé, par certains traits, le destin tragique de Pauline Dubuisson, si bien raconté par Philippe Jaenada. C'était une femme courageuse, forte, trop en avance sur son temps. Elle s'est battue, a lutté, s'est laissée entraîner, n'a pas su vraiment choisir le bon camp mais elle reste une grande sportive et une femme héroïque.
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Pecosa
  25 janvier 2019
Femme qui court de Gérard de Cortanze est un ouvrage consacré à la sulfureuse Violette Morris, qualifiée généralement et pour faire bref , de sportive lesbienne collabo, et surnommée "affectueusement" par Auguste Le Breton la « Hyène de La Gestap' ». On l'a croisée dans Ronde de nuit de Modiano, dans Histoires de ma vie de Jean Marais, et plus récemment dans une bande dessinée signée Kris, Violette Morris. A abattre par tous les moyens.
Violette, fille du baron Pierre Jacques Morris, vécut loin des siens dans un couvent, où elle prit goût à l'exercice physique. Elle s'illustra dans de nombreux sports, devint l'une des Françaises les plus titrées, battant des records nationaux et mondiaux. Athlète infatigable, aucune discipline ne lui résistait, l'athlétisme, la natation, la boxe, la course automobile… Sa maxime: « Ce qu'un homme fait, Violette peut le faire. » Elle se porta donc volontaire au cours de la première guerre comme estafette.
Dotée d'un caractère ombrageux, elle n'hésitait pas à se battre, refusa de porter des jupes à la demande de la fédération française, ce qui lui valut de ne pas être qualifiée aux Jeux Olympiques d'Amsterdam. Figure des années folles, icône féministe, elle fut la maitresse de Joséphine Baker, se fit faire une ablation de la poitrine (qui la gênait pour conduire), porta costume et cheveux courts, s'essaya à la chanson... Maîtresse de l'actrice Yvonne de Bray, elle fut aussi l'amie de Marais et surtout de Cocteau qu'elle et Yvonne hébergèrent sur sa péniche. ll s'inspira de leur relation conflictuelle pour écrire sa pièce Les monstres sacrés.
Violette Morris fut toujours considérée comme un monstre, une anomalie, une lesbienne rivalisant avec les hommes, une dangereuse harpie (elle avait abattu un cambrioleur), une aberration de la nature, une hommasse très moche.
Là où les choses se corsent, c'est à partir de 1936, lorsque Violette est une invitée d'honneur aux Jeux Olympiques de Berlin. Dès lors, la légende noire de la Morris prend forme, car elle va devenir pour la postérité une espionne au service du Reich ainsi q'une auxiliaire zélée de la Gestapo française pour laquelle elle torture rue Lauriston, raison pour laquelle elle est abattue avec d'autres personnes en 1944 par des membres du réseau Surcouf..Ses titres tombent dans les oubliettes, elle devient l'équivalent féminin de Jacques Cartonnet l'ancien champion de natation collaborateur notoire.
Ce n'est pas l'ouvrage de Gérard de Cortanze qui a éclairé ma lanterne dans cette affaire. L'auteur veut réhabiliter Violette Morris, et consacre la grande partie de son ouvrage aux années de formation de l'athlète, à la première guerre, aux années folles . La seconde guerre mondiale n'occupe que cent petites pages, où il n'entre pas dans la polémique, et dont quatre seulement sont consacrées au "dossier Morris ». Gérard de Cortanze focalise son livre sur la personnalité d'une femme sans doute née trop tôt, refusant toute compromission, vivant comme elle l'entend, et on comprend qu'elle exerce sur lui une certaine fascination. Dans Femme qui court, elle est le bouc émissaire d'une époque qui ne lui pardonne ni son ambivalence, ni son indépendance.
Violette Morris est en effet un personnage singulier, atypique, sur lequel d'ailleurs les historiens n'accordent pas leurs violons. La Gestapo et les Français de Dominique Lormier, Violette Morris, histoire d'une scandaleuse de Marie-Jo Bonnet, ou bien Violette Morris, la hyène de la Gestapo de Raymond Ruffin en dressent des portraits contradictoires. Je prends donc Femme qui court comme une l'incroyable itinéraire d'une garçonne et d'une grande championne puisque la partie biographique qui m'intéresse le plus n'est pas au coeur du récit.
Je remercie les Editions Albin Michel pour l'envoi de ce roman reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique.
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Stockard
  29 avril 2019
Sacrée frangine que cette Violette Morris. Avant la lecture du livre de Gérard de Cortanze, je connaissais deux ou trois trucs sur elle et ça n'allait pas chercher bien loin : Violette Morris, sportive française des années 20/30 puis, la seconde guerre mondiale venue, probable saloperie collabo. Voilà, rien de plus, un peu léger même, alors quand l'occasion m'a été donnée d'en apprendre un peu plus sur la Morris, la scandaleuse, la sale gouine, la hyène de la gestapo et 1000 autres petits surnoms plus affectueux les uns que les autres, je l'ai naturellement saisie, pensant que cette biographie répondrait à la grande question : Violette Morris a-t-elle oui ou non sadiquement torturé à gogo du soldat britannique rue Lauriston ?
Malheureusement, ce livre n'apporte pas vraiment de réponse, survolant cette période fatidique et préférant se concentrer sur la carrière sportive de Morris, ses nombreuses victoires remportées et surtout, bien entendu, sur cette manière de vivre, insolente, superbe et provocante malgré les retours de bâton systématiques et toujours douloureux (se voir interdite de compétitions sportives toutes pratiques confondues pour une athlète passionnée, c'est dur. Se voir sans cesse remise à sa place pour s'être targuée de pouvoir égaler les hommes, c'est encore pire) Mais ces sacrifices ne furent pas vains et ont clairement permis d'offrir une meilleure visibilité et donc une acceptation plus large de l'opinion publique concernant les femmes dans le sport (même si tristement presque un siècle plus tard, des Denis Balbir, comme la mauvaise herbe, s'accrochent encore et toujours).
Et elle les accumule Violette, les précédents. Outre toutes ses premières sportives, elle fut tour à tour ambulancière lors de la première guerre mondiale, puis motocycliste, puis amante de Joséphine Baker et d'Yvonne de Bray, puis chanteuse de music-hall, puis amie de Marais et de Cocteau... Un CV plus que respectable.
Alors, avec un tel parcours et une telle pugnacité à tenir tête à quiconque aurait souhaité la priver de sa liberté, on n'a du mal à imaginer que sous l'occupation allemande, elle n'ai pas naturellement choisi de rejoindre le maquis.
Pour Gérard de Cortanze, pas de doute, ses accointances avec la wehrmacht n'ont été qu'une suite de concours de circonstances malheureuses et de pièges tendus pas l'Allemagne : invitée d'honneur aux J.O de Berlin puisque dépossédée de ses titres et privée de tous les sports en France, responsable du fameux garage de la luftwaffe boulevard Pershing puisque, une fois encore, interdite de sa passion pour les courses automobiles, c'est ainsi sa seule façon de côtoyer encore les petits bolides qu'elle affectionne tant...
Pour l'auteur, on ne peut donc pas parler de collaboration délibérée et peut-être, oui peut-être est-il dans le vrai, peut-être que cette scandaleuse trop en avance sur son temps a été, comme elle le fut sans cesse de son vivant, accusée et salie un peu vite, sorte de vengeance à rebours pour s'être crue autorisée à rivaliser avec les hommes.
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red_inblue
  23 février 2019
Violette, une femme extraordinaire qui est née cinquante ans trop tôt.
Ceci est une biographie romancée de la vie tumultueuse de Violette Morris.
Je ne connaissais pas du tout cette dame. Il y a quelques temps, une BD éponyme est sortie nous racontant en images la vie de cette sportive de haut niveau.
L'auteur a fait revivre cette personne, ce bouc émissaire que les Français ont montée aux nues car elle a osé braver certains interdits.
L'histoire commence par son entrée au pensionnat pour finir par sa mort suspecte. Son amie Sarah a bien essayé de faire réhabiliter sa réputation mais elle a malheureusement dû renoncer car un livre est paru appelé "la sorcière de la Gestapo". C'est révoltant! Heureusement que l'auteur a restitué , par cette biographie, la place qui lui revient enfin.
Le titre "Femme qui court" joue sur plusieurs tableaux: le sport à profusion (énormément de disciplines, ça en donne même le tournis quand on voit toutes les médailles qu'elle a gagnées!) et également la course à l'amour. Un sentiment d'abandon de sa famille d'abord, puis de son amante et ensuite un mariage raté. Violette est en manque d'amour (de reconnaissance, filial, par ses pairs du sport....).
Elle assume totalement son homosexualité et pour cela elle a fait son coming out de manière remarquable. Elle fait fî des jugements malgré sa mise au ban des compétitions sportives. C'est une combattante, une "fighteuse" que j'admire. Une vraie courageuse qui n'a eu peur de rien.
Mais elle s'est perdue totalement vis à vis de son pays quand elle est passée à l'ennemi. Peut-on la comprendre? Elle a été traitée comme une "moins que rien" dans les journaux. C'est devenu un bouc émissaire et quand elle a trop gêné, elle a été "effacée de la carte" .
Les historiens ne sont pas d'accord entre eux sur les raisons de son "assassinat". Les portraits deviennent contradictoires sous la plume des différents biographes. Qui croire?
Ce que je sais, c'est que l'auteur s'est bien documenté. Il nous a dressé un personnage vivant, vibrant, lumineux et sulfureux. Cette biographie est bien construite, réaliste tout en "brodant" la partie de ses pensées intimes. Il nous l'a rendu humaine avec ses failles, ne la jugeant pas.
J'ai passé un bon moment avec Violette, l'indépendante!
Merci à Masse critique pour cette découverte haute en couleurs.
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   18 mars 2019
Après avoir étudié de près la vie de l’artiste-peintre Frida Kahlo, puis dépeint avec brio plusieurs héroïnes dans ses romans, l’écrivain français Gérard de Cortanze s’est inspiré du parcours inusité d’une athlète audacieuse et visionnaire, Violette Morris, pour écrire un roman qui fait écho à l’actualité contemporaine, Femme qui court.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeSoir   22 janvier 2019
Dans Femme qui court, Gérard de Cortanze présente une autre facette de la Morris. De son enfance à sa mort dans un piège tendu par un groupe de résistants, l’écrivain restaure le blason d’une femme au parcours hors du commun trop en avance sur son époque.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   10 mai 2019
Violette était hors d'elle. Le sport féminin était en pleine déconfiture. L'allocation gouvernementale venait d'être diminuée de près de vingt pour cent. La Fédération féminine de football avait si peu d'argent que les seuls déplacements à l'étranger de l'équipe de France se réduisaient à Bruxelles. Le cyclisme féminin sur route et sur piste venait d'être supprimé et l'athlétisme étouffait par manque de subventions. En réalité, derrière toutes ces mesures et tous ces lâchages se cachait un seul et même discours : toutes ces femmes libérées, autonomes, indépendantes, aux cheveux courts, dont beaucoup militaient pour l'obtention du droit de vote, ternissaient l'image de la femme telle que la souhaitait une société qui ne voulait voir en elles que d'humbles ouvrières travaillant pour la natalité nationale, toutes dévouées à la gloire de leur mari. Et de plus, constater qu'un certain nombre d'entre elles étaient lesbiennes ne faisait qu'ajouter à l'opprobre et au rejet.
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CancieCancie   10 mai 2019
On était en juin. La nuit était repartie depuis longtemps. Le ciel, lourd de nuages cuivrés, avait cédé la place à un bleu d'une pureté infernale . L'orage était passé. Violette éprouva un trouble étrange. Elle ne chercha pas à comprendre pourquoi. Elle avait une faim d'ogresse, une fringale d'être.
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CancieCancie   10 mai 2019
Mais au fil des jours les résultats escomptés tardaient à venir et les soldats avaient le moral au plus bas. Plus aucune nouvelle ne leur parvenait de l'arrière et Violette ne recevait plus de lettres de Cyprien. Personne ne savait comment tout cela allait finir. La seule certitude était celle de cet été de défaite, plus effroyable de jour en jour.
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CancieCancie   10 mai 2019
- C'est exact, mais vous devez le savoir, le football féminin rencontre de très vives oppositions dans les rangs des footballeurs eux-mêmes, comme dans ceux des journalistes, des médecins ou des éducateurs qui font tout pour freiner leur développement. La palme de la bêtise, comme vous savez, revenant à Pierre de Coubertin.
Violette acquiesça en levant les yeux au ciel :
- Je peux le citer dans le texte. J'ai appris sa phrase par coeur : "Techniquement les footballeuses ou les boxeuses qu'on a déjà tenter d'exhiber ça et là ne présentent aucun intérêt, ce ne seront toujours que d'imparfaites doublures !
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CancieCancie   10 mai 2019
Il fallait bien tout faire, tout entreprendre pour que ce fond de tristesse qui restait dans l'air, malgré la volonté affichée de faire la fête, d'oublier la guerre qui s'éloignait un peu plus chaque 11 Novembre, mais qui dans le même temps revenait sur le devant de la scène avec sa gueule cassée de culpabilité, disparaisse à jamais et soit remplacée, comme un feu qui couve, par un plaisir qui éclaterait enfin le plus naturellement du monde. Enfin, tout espoir n'était pas perdu puisque M. Poincaré, lors d'un meeting neigeux de décembre, venait de se déclarer favorable au suffrage des femmes !
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