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ISBN : 2226402144
Éditeur : Albin Michel (03/01/2018)

Note moyenne : 2.99/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Le 22 juin 1963, en compagnie de 200 000 autres spectateurs, quatre adolescents assistent, place de la Nation, au concert donné à l'occasion du premier anniversaire du magazine Salut les copains. Il y a là François, blouson noir au grand coeur, tenté par les substances hallucinogènes, grand amateur de Protest Song ; Antoine, fils d'ouvrier qui ne jure que par Jean Ferrat ; Lorenzo, l'intellectuel, fou de cinéma et champion de 800m. Michèle enfin, dont tous trois son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Jolap
  09 janvier 2018
J'ai tardé à écrire une critique car ma lecture a été laborieuse, hésitante et sans beaucoup de relief.
Je me suis retrouvé en conférence de rédaction à balayer les sujets divers avec la ferme recommandation de ne pas dépasser cinquante caractères pour tel ou tel sujet. J'ai ressenti une certaine frustration. Pas d'angle d'attaque. Peu de profondeur. Un projecteur sans éclat!
Pourtant ce sujet m'interpellait car l'actualité des années 60/70 a éveillé mes tous premiers questionnements d'enfant, a accompagné mon adolescence et ma prime jeunesse. Des changements forts, mêmes radicaux ont bousculé le ton poudré des échanges entre les jeunes et leurs parents, faits de non-dits, de sujets tabous et de codes imposés, quels que soient les milieux auxquels ils appartenaient me semble- t-il. Au moment où j'écris je pense au Petit Nicolas de Goscinny qui reflète si bien l'ambiance, la place de la femme et ses préoccupations, le sens de la famille, la hiérarchie dans l'entreprise, les priorités, l'école, la morale dans les années 60. .
Evolution, révolution, mutation, rupture, des événements en chaîne, des coups de pieds magistraux, ont fait voler en éclat les règles établies. Dans la vie d'un jeune il y a : avant 68 et après 68. de cela je reste convaincue.
Tout est consigné dans cet ouvrage. Une véritable encyclopédie où chaque soubresaut sociétal ou politique, qu'il se manifeste en France ou à l'étranger alterne avec l'histoire de quatre jeunes gens représentant des milieux différents, Lorenzo, Antoine , François et Michèle. Les trois garçons sont amoureux de Michèle…. évidemment et représentent ce qu'il était de bon ton dans ces années là, le changement. Ils incarnent presque mot à mot, fait pour fait, ce que la jeunesse de cette époque comptait dans ses rangs : le blouson noir « prêt à arpenter la terre à pied par amour de l'humanité » est incarné par François. Antoine lui « voudrait changer par l'action la société ». Quant à Lorenzo, « confiant, réfléchi » il fait du théâtre et rejoins plutôt, sans prendre de risques inutiles, le camp des intellectuels. Michèle est préoccupée par la place de la femme dans la société, la régulation des naissances.. le compte est bon ! le tour est joué…
Alors tout est parfait semble-t-il. L'Histoire se mêle généreusement aux personnages, seulement voilà ! il m'a manqué ce petit supplément d'âme qui fait qu'un ouvrage ne ressemble à aucun autre surtout pas au magazine « 24 heures d'actualité »diffusant à l'époque les têtes de chapitres que l'on devait absolument savoir pour avoir l'air de tout savoir sans donner l'impression de se tromper.
Il m'a manqué cette fougue des étudiants au quartier latin lors des manifestations les plus cinglantes. Je n'ai pas pu lire le caractère dramatique de la guerre du Vietnam. Je n'ai pas ressenti cette insouciance mêlée d'enthousiasme et d'insolence lorsque Françoise Sagan, Brigitte Bardot, Vadim et tant d'autre portaient en étendard les couleurs de St Tropez. Je n'ai pas eu de creux à l'estomac ni de fourmis dans les jambes lorsque l'auteur nous parle du rock and roll, de twist ou de madison ! La vague des hippies et leur philosophie complètement inédite, colorée, inattendue quelque peu utopique m'a laissée de marbre. Je n'ai pas imaginé une seule seconde les français scotchés devant leur petit écran en noir et blanc pour voir ébahis, Amstrong marcher sur la lune. Pour résumer je suis restée collée à terre !
Et pourtant j'ai tant éprouvé de bien-être lorsque Jean-Michel Guenassia évoquait cette période (Le club des incorrigibles optimistes) avec la précision d'un métronome, mais avec des petits nuages qui calaient les événements et les rendaient souples, mobiles, digestes, bien dessinés et terriblement évocateurs. Je sais bien qu'un écrivain peut nous parler de la grande Histoire avec le plus grand sérieux et l'édulcorer avec une romance (au choix) sympathique, prenante, oppressante, surprenante, violente mais toujours imaginative. Tout cela est possible ! je l'ai lu. J'en suis certaine.
Alors je referme ce bouquin que m'ont si aimablement offert Babelio et les éditions Albin Michel que je remercie avec une légère amertume. Celle de ne pas honorer un cadeau. Celle d'être passée à côté d'une mine de documents, une mine de connaissances, une mine d'informations. D'avoir fermé les yeux sur un travail colossal de documentation, d'avoir mis de côté la chronologie, l'exactitude des faits relatés.
Cependant, je les remercie bien chaleureusement.
Je terminais « Laisse tomber les filles » lorsque j'ai appris le décès de France Gall. Alors le titre m'a titillée. Une voix tour à tour cristalline et acidulée est venue rôder près de moi et m'a rappelé les passages en boucle de certains morceaux. Il m'a rappelé que j'ai vécu ces années 60 avec une « pêche » incroyable ! j'ai beaucoup chanté, beaucoup dansé, beaucoup espéré, beaucoup aimé la vie et pour cela, au fond, je remercie vivement Gérard de Cortanze d'avoir écrit ce texte.

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nadiouchka
  20 décembre 2017
Petite devinette : Si je vous fredonne quelques mots de la chanson suivante, écrite par Serge Gainsbourg et chantée par France Gall :
« Laisse tomber les filles 
Laisse tomber les filles 
Un jour c'est toi qu'on laissera.
Laisse tomber les filles
Laisse tomber les filles
Un jour c'est toi qui pleureras. »
Si je vous donne une petite liste de quelques chanteurs comme : Jérôme, Claude François, Dalida, Dani, Danny Boy et ses Pénitents, Danyel Gérard, Dick Rivers, Mike Shannon, Les Chats Sauvages, Eddy Mitchell, Les Chaussettes Noires, Frank Alamo, Françoise Hardy, Frankie Jordan, Gillian Hills, Claude François, Sylvie Vartan, Johnny Hallyday, Richard Anthony, Nino Ferrer, Salvatore Adamo, Jacques Dutronc, Christophe, Sheila, Elvis Presley, Antoine … j'arrête là car, d'abord la liste serait beaucoup trop longue et ensuite, cela vous lasserait et vous allez crier : « Au secours. » . Tous les chanteurs de l'époque sont évoqués et ils sont nombreux.
Ce fut un éclatement total pour la jeunesse de ce temps-là. On a même dit d'eux que : « Les enfants du siècle sont tous un peu fous, vilaines filles, mauvais garçons ».
Mais vous avez compris où je voulais en venir : Nous voici en pleine période « yéyé » avec un style de musique pop, arrivé en France, au début des années 1960 avec le twist et se terminant aux alentours du printemps 1966.
En effet, le livre de Gérard de Cortanze, « Laisse tomber les filles » nous plonge entièrement dans cette période « yéyé » qui signifiait : « nous sommes jeunes ».
C'est un livre qui m'a entièrement époustouflée. Il nous décrit avec une foule de détails, les sixties, le temps du twist, du mashed potatoes, du rock'n roll, du madison…
Cette période a fortement marqué les esprits comme elle a marqué le mien. Je me souviens avoir entendu chez moi, à longueur de journée, toutes ces chansons, je vivais avec leurs sons aussi bien à la radio que sur des disques vinyle. Je me souviens avoir été prise par ce phénomène où la musique permettait de découvrir une foule de chanteurs.
Le livre commence en 1963 avec Lorenzo et des copains qui vont se rendre Place de la Nation, assister à un concert donné à l'occasion du premier anniversaire de « Salut les copains ». Au lieu de quelques milliers de personnes attendues, il y eut plusieurs centaines de milliers de jeunes. La police fut appelée en renfort pour canaliser cette foule et comme quelques dégâts furent causés, la Presse titrera le lendemain : « Salut les voyous ! ».
Chaque chapitre évoque les soucis, les joies, les peines, le mal de vivre de ces adolescents pour qui la majorité était fixée à 21 ans et qui connaît un conflit de générations dans une France dirigée par De Gaulle.
Si François est un rockeur inconditionnel mais a le coeur tendre (on pourrait le surnommer « le rock-coeur »), ses autres copains sont différents : Antoine a Jean Ferrat pour principale idole (et comme chanson « Nuit et Brouillard » ainsi que le film du même nom) – Lorenzo est un intellectuel et fou de cinéma – reste une fille, Michèle dont ils sont tous amoureux et qu'ils connaissent chacun sous un prénom différent selon le garçon qu'elle rencontre : Diana, Winnie ou Michèle, au choix.
Cet ouvrage m'a littéralement emportée dans un tourbillon de genres musicaux, d'artistes, de danses…. Il est étonnant de voir l'immense documentation de l'écrivain et dans ses « Remerciements », il cite une longue liste »d'auteurs qui ont nourri son travail ».
De plus, il ne s'agit pas seulement de musiques mais aussi de faits marquants, par exemple la sexualité, sujet tabou avec les adultes.
Un chanteur, Antoine, adopte des attitudes provocatrices avec « Élucubrations » dont les paroles choquent car il propose tout simplement de mettre, en vente libre, la pilule dans les Monoprix et d'enfermer Johnny Hallyday dans une cage au cirque Médrano. de là va naître un véritable clash entre ces deux artistes et Johnny répond avec la chanson « Cheveux longs, idées courtes ».
C'est en 1965, avec Hugues Auffray et sa chanson « Les temps changent » (reprise d'une chanson de Bob Dylan) que des bouleversements vont arriver.
Ce sont ces jeunes qui, quelques années plus tard, vont se retrouver sur les barricades du fameux mai 1968.
Mais on assiste également à des faits historiques comme l'assassinat de Kennedy, « I have a dream » de Martin Luther King, la chute du Mur de Berlin… à des événements politiques comme la perestroïka en URSS (mais là encore impossible de tout évoquer puisqu'il ne s'agit pas de raconter TOUT le livre mais seulement quelques faits difficiles à choisir), et on arrive au 11 janvier 2015 avec « la marche républicaine ».
On peut toutefois signaler qu'on y évoque l'attentat de Charlie Hebdo pour lequel je me souviens avoir manifesté en portant une pancarte «Je suis Charlie » alors que nous défilions dans une grande partie de la ville en tapant dans les mains et en criant « Merci Charlie » - « Bravo Charlie ». C'était tellement émouvant que je me souviens y avoir pleuré avec les autres milliers de manifestants et bien encadrés par la police qui craignait des débordements.
Mais je m'aperçois que si je m'écoutais, je n'arrêterais pas d'écrire. C'est fou ce que ce livre m'a inspirée. Je n'aurais pas imaginé qu'il me toucherait à ce point ; j'ai vraiment été secouée car il a fait remonter des souvenirs que je croyais enfouis et que les 440 pages (de ma version) ont fait resurgir.
Gérard de Cortanze que je n'avais pas encore lu malgré le succès de « Zazous » (qui a obtenu le Prix Renaudot en 2012) a vraiment su écrire un magnifique livre sur ces cinquante ans d'Histoire d'une France qui a ensuite, connu de grands changements.
Alors bravo aux « soixante-huitards » qui n'ont jamais voulu se résigner afin de tenter de rendre leur monde meilleur.
Je reste encore dans l'atmosphère de toutes ces chansons qui n'arrivent pas à quitter mon esprit. Pourtant, il va bien falloir que je redescende de ce petit nuage et revenir au monde présent….
Mais je n'oublie pas de remercie Babelio pour cette Masse Critique Privilégiée et les Éditions Albin Michel. C'est un joli cadeau de Noël.
Petit clin d'oeil : mon anniversaire est le 13 janvier….

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Eve-Yeshe
  24 décembre 2017
J'ai reçu ce livre dans le cadre d’une opération « masse critique spéciale» et je remercie vivement Babelio et les éditions Albin Michel qui m’ont permis de le découvrir
Dans ce roman, l'auteur nous propose de suivre le parcours de quatre jeunes gens : Antoine, François, Lorenzo et Michèle durant une période s'étalant de 1963 à 2015.
On va retrouver les années Yéyés et leur insouciance, avec tous les standards musicaux de l'époque, l'assassinat de JFK, la montée en puissance d'un nouveau média : la télévision, puis Mai 68, les grèves, les manifs, le conflit des générations, le bac et ensuite, chacun sa route. Les copains « qu'on n'oubliera jamais » s'éloigne, avec des vies différentes, des non-dits, même des secrets.
« Sa génération est celle de l'émergence quais-mécanique d'une nouvelle classe d'âge qui est aussi un nouveau groupe social : les adolescents – filles et fils de la prospérité. le mot existe depuis plusieurs siècles, « adolescent », mais n'a jamais été utilisé dans ce sens. » P 14
Gérard de Cortanze a choisi de s'étendre sur les années 60 (année par année, voire mois par mois au début), sur 290 pages, puis se livre à des sauts dans l'espace marqués par quelques évènements : les années Mitterrand, la Perestroïka de Gorbatchev, la chute du mur de Berlin… le seul lien étant les brèves rencontres entre les protagonistes.
Chacun a suivi une trajectoire, ou une fuite en avant qui lui est personnelle : François dans la drogue, Lorenzo, mon personnage préféré, qui écrit des pages et des pages, rêvant sa vie plutôt qu'il ne la vit, pour faire « son grand livre » …
Je n'ai pas accroché avec le personnage de Michèle, la petite bourgeoise par excellence, qui couche avec tout le monde, au nom de la liberté et du féminisme, et ne pense qu'à elle.
Je pense que ce livre sera vécu de manière différente selon l'âge des lecteurs : nostalgie ou non des yéyés, des années Mitterrand, des espoirs déçus, ou rétrospective amusante et gaie, où les tubes joyeux peuvent fasciner pour ceux qui n'ont pas vécu cette époque.
Je suis d'accord avec l'auteur sur le fait qu'on a vraiment cru que le monde allait changer, plus de liberté, d'égalité, de fraternité et surtout qu'on allait pouvoir le changer par nous-mêmes. Je garde aussi le même souvenir du retour sur terre après mai 68 : la vie a repris son cours, avec les études comme objectif et devoir de réussir pour réaliser par procuration les rêves des parents.
Je me pose quand-même une question : est-ce que tous les baby-boomers sont désabusés, plus ou moins dépressifs, nostalgiques ? C'est un peu l'impression que j'ai eue en fermant le livre…
La première partie m'a plu, car il a fait remonter un parfum d'enfance et une certaine nostalgie du temps qui passe mais j'ai trouvé les personnages trop caricaturaux, donc j'ai passé un bon moment, tout en gardant un avis mitigé, ce n'est donc pas un véritable emballement, alors que le thème m'intéressait.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Pancrace
  03 janvier 2018
3 janvier 2018, une dépêche vient de tomber sur nos téléscripteurs.
Sheila, en clin d'oeil de biche, annonce : « le jour de la sortie-ie, c'est le meilleur moment de l'année-ée »…
Le nouveau roman de Gérard de Cortanze – Laisse Tomber Les Filles paraît ce jour.
Et, Serge Gainsbourg de rétorquer : « Je ferai du ramdam, je me connais. Non, rien n'aura raison de moi, j'irai chercher ma Lolita chez les yé-yé. »
Vous l'aurez compris, si vous êtes nés entre 1945 et 1955, vous trouverez inévitablement dans ce livre un passage qui vous est consacré. Presque une petite partie de soi qui aura le goût des petites madeleines de Proust dans lesquelles vous aimiez tellement croquer.
Des yé-yé aux beatniks, de Malraux à Mao, Gérard de Cortanze nous étourdit de symboles musicaux, cinématographiques, politiques avec leur héros et leurs mythes.
Il y a plus de références d'objets du quotidien « sixties » que dans le catalogue du « chasseur français », plus de références musicales « yé-yé » que dans le « Wurlitzer » du café du coin.
La panoplie des événements est projetée tel un caillou en ricochet sur les nouvelles vagues de la mer des sixties sans jamais plonger dans la profondeur des sujets.
Vous évoluerez dans le sillage de trois garçons dans le vent : Lorenzo, Antoine et François.
Tous très amoureux d'une fille à la vanille, Michèle leur belle, leur rebelle.
Ils sont tous très mignons, engoncés dans les pesanteurs de la période pré soixante-huitarde.
Il faut se méfier de la France qui s'ennuie !
A cette époque où, frémissant aux jupes des filles, ils vivent « I can't get no, satisfaction », masturbation, révolution, place du Panthéon : Mai 68 et c'est l'éjaculation !
S'ensuit l'émancipation, le féminisme, la liberté pour les uns, et le mal de vivre, la « chienlit » pour les autres.
Après un voyage d'anthologie en Italie notre trio « explose » et découvre les émois, les effrois, les nouvelles lois qui régiront désormais leur avenir toujours rythmé par l'actualité, la politique, la musique, la littérature et le cinéma.
De la chute du mur de Berlin au massacre du Bataclan, nos mousquetaires et leur milady se croisent, se percutent, s'entremêlent, s'aiment, se perdent, se déchirent…
Le passé que l'on n'a pas vécu, c'est de l'histoire. Celui que l'on a vécu c'est de la nostalgie.
De « Salut les copains » à « Salut les p'tits clous », Gérard de Cortanze donne le relief mérité aux cinquante dernières contemporaines années et fait ressurgir une myriade de sentiments. Parfois magiques, parfois désuets mais toujours très documentés.
Et Pétula Clark de conclure : « Elle est finie la belle histoire, sans un regret il faut partir en gardant pour nous tous les bons souvenirs. Il faut garder pour bien finir le meilleur de nous dans un dernier sourire. »
Merci infiniment à Babelio « masse critique » et aux éditions Albin Michel de ce joli cadeau.
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SZRAMOWO
  25 janvier 2018
Je me faisais une joie de lire l'ouvrage de Gérard de Cortanze, pensant vibrer à l'évocation de cette période bénie des dieux, cette tranche des Trente Glorieuses au cours de laquelle la France médusée découvrait qu'elle devait désormais compter avec un nouveau groupe social : les Jeunes !
Je suis né en 1952 et j'ai deux frères nés en 1949 et 1944 qui m'ont entraîné avec eux dans cette époque fabuleuse.
Hélas, ma déception fut à la hauteur de mes attentes. Non pas que le travail de romain de Gérard de Cortanze soit en cause, mais simplement parce que je ne me suis pas reconnu dans les événements et les faits qu'il rapporte.
Du fait d'abord, de la construction de l'ouvrage que j'apparente à un OLNI, hésitant entre le roman-fiction, le roman-reportage et le roman-documentaire.
Au fil de leurs dialogues, les protagonistes du «roman» (?) se mettent soudain à échanger des données statistiques, sur l'évolution du nombre de lycéens, le taux d'équipements des foyers français en téléphones, ce qui donne des conversations pour le moins le moins surréalistes et difficilement crédibles.
Les préoccupations des héros semblent contradictoires et peu cohérentes.
Michèle, lit Paul Nizan et part en Italie en écoutant Rita Pavone sur la radio de la 4CV...
Certaines images ne m'ont pas sembler pas refléter la réalité, comme par exemple :
«Les Rolling Stones ça n'a rien à voir. Mick Jagger porte une veste de tweed informe, Brian Jones un pull qui lui tombe jusqu'aux genoux. Bill Wyman une longue veste à carreaux, Charlie Watts un jean et une chemise noire, Keith Richards un costume de velours. Aucune unité.»
Je me suis précipité sur ma discothèque pour regarder totutes les pochettes de mes vinyles, sur ma bibliothèque pour refeuilleter différents ouvrages sur les Stones. rien de tel…
L'ouvrage nous assène une compilation de paroles de chansons, mêlant allègrement Joan Baez, les Stones, les Who, les Mamas and Papas, Scott Mac Kenzie, et j'en passe.
Il ressemble par moments à une copie du fameux Spécial Pop publié en 1967
https://www.babelio.com/livres/de-Noblet-SPECIAL-POP/827069
Un aspect gênant du récit, est l'intrusion, dans les différents contextes rapportés, de la voix de Gérard de Cortanze, celle de 2018, qui interfère avec les voix des différents personnages et met dans leur parole des analyse souvent postérieures à ce qu'ils sont en train de vivre.
Ainsi, écrire qu'au soir du 10 mai 1981, Michèle (l'héroïne) ne peut s'empêcher de penser aux relations de Mitterand avec le peu reluisant Roger-Patrice Pelat, ou à ses amitiés d'avant guerre avec les membres de la Cagoule, ne me parait pas refléter l'état d'esprit de le plupart des électeurs de François Mitterrand au soir de son élection.
J'arrête, au risque de me cortanziser…mais je ne peux m'empêcher de noter que Gérard de Cortanze se remercie lui-même dans les remerciements en fin de l'ouvrage. Diable !
Il manque à son récit, le souffle, la légèreté, l'impertinence, la foi dans l'avenir, l'espérance, l'outrance de ce que le témoin de cette époque a pu vivre ou imaginé de vivre.
J'en oublie de remercier Babelio et Albin Michel pour cet envoi !
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   26 février 2018
Après avoir merveilleusement décrit l’époque des zazous, l’écrivain français Gérard de Cortanze dépeint 50 années de l’histoire de France en mettant en évidence la génération yéyé — celle de Françoise Hardy, Sylvie Vartan, Johnny Hallyday et les Beatles — dans Laisse tomber les filles.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique   11 janvier 2018
Après les zazous, les yéyés. Dans "Laisse tomber les filles", Gérard de Cortanze survole plusieurs décennies.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   10 janvier 2018
Chanson Baby Pop interprétée par France Gall

Les quelques sous que tu vas gagner
Faudra pour ça durement travailler
Te lever aux aurores
Automne comme été
Tu auras beau économiser
Tu ne pourras rien mettre de côté
Et là-dessus encore
Heureuse si tu peux
Aller danser
Chante, danse Baby pop
Comme si demain Baby pop
Ne devais jamais Baby pop
Jamais revenir
Chante, danse Baby pop
Comme si demain Baby pop
Au petit matin Baby pop
Tu devais mourir
Sur l'amour tu te fais des idées
Un jour ou l'autre c'est obligé
Tu seras une pauvre gosse
Seule et abandonnée
Tu finiras par te marier
Peut-être même contre ton gré
À la nuit de tes noces
Il sera trop tard pour
Le regretter
Chante, danse Baby pop
Comme si demain Baby pop
Ne devais jamais Baby pop
Jamais revenir
Chante, danse Baby pop
Comme si demain Baby pop
Au petit matin Baby pop
Tu devais mourir
Tu ne peux ignorer les dangers
Que représentent les libertés
Les menaces de guerre
Semblent se préciser
À cet instant Baby tu le sais
Où tous les soleils vont se lever
Quelque part sur la terre
Les balles sifflent
Le sang est versé
Chante, danse Baby pop
Comme si demain Baby pop
Ne devais jamais Baby pop
Jamais revenir
Chante, danse Baby pop
Comme si demain Baby pop
Au petit matin Baby pop
Tu devais mourir

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nadiouchkanadiouchka   07 janvier 2018
En hommage à France Gall, cette chanson écrite par Serge Gainsbourg :

Laisse tomber les filles
Laisse tomber les filles
Un jour c'est toi qu'on laissera.
Laisse tomber les filles
Laisse tomber les filles
Un jour c'est toi qui pleureras.
Oui j'ai pleuré mais ce jour-là
Non je ne pleurerai pas
Non je ne pleurerai pas
Je dirai c'est bien fait pour toi
Je dirai ça t'apprendra
Je dirai ça t'apprendra.
Laisse tomber les filles
Laisse tomber les filles
Ça te jouera un mauvais tour
Laisse tomber les filles
Laisse tomber les filles
Tu le paieras un de ces jours
On ne joue pas impunément
Avec un cœur innocent
Avec un cœur innocent.
Tu verras ce que je ressens
Avant qu'il ne soit longtemps
La chance abandonne
Celui qui ne sait
Que laisser les cœurs blessés.
Tu n'auras personne
Pour te consoler
Tu ne l'auras pas volé.
Laisse tomber les filles
Laisse tomber les filles
Un jour c'est toi qu'on laissera.
Laisse tomber les filles
Laisse tomber les filles
Un jour c'est toi qui pleureras.
Non pour te plaindre il n'y aura
Personne d'autre que toi
Personne d'autre que toi.
Alors tu te rappelleras
Tout ce que je te dis là
Tout ce que je te dis là.
+ Lire la suite
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JolapJolap   09 janvier 2018
La presse écrite ne vaut guère mieux. Minute, dans une prose rappelant les heures les plus sombres de l'histoire de France, assure que nombre de jeunes français, dans un geste de salubrité publique, seraient prêts à accompagner Cohn-Bendit à la frontière, pour ne pas abandonner la rue à la chienlit des enragés. L'aurore voit dans ces événements la "main de véritables commandos sur le mode "prochinois", conduits par "des meneurs étrangers". L'Humanité, jouant les Ponce Pilate, renvoie dos à dos les forces de répression avec leurs matraques et les aventuriers gauchistes .......Le Figaro fait de ces étudiants des "jeunes relevant de la correctionnelle plutôt que de l'université. Le Parisien titre " Paris en état de siège"
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hcdahlemhcdahlem   09 janvier 2018
Les enfants du siècle sont tous un peu fous, vilaines filles, mauvais garçons

Lorenzo est dans l’autobus 138. Il est monté à l’arrêt Moulin-de-Cage. À Gennevilliers. À l’angle du boulevard Camélinat et de l’avenue Gabriel-Péri. Dans douze arrêts, il descendra Porte-de-Clichy. Terminus de la ligne d’autobus 138. Voyageur en costume Regent Street prince-de-galles et chemise de couleur à col blanc, il est debout car, à cette heure – 18 heures environ –, sur cette ligne, il y a beaucoup de passagers, et qui parlent entre eux, évoquant les sujets du moment. L’affaire John Profumo, du nom du ministre britannique de la Guerre, qui aurait livré sur l’oreiller de la call-girl Christine Keeler des secrets d’État. L’ouverture de l’hypermarché Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois. L’envoi dans l’espace de la première femme cosmonaute, la Russe Valentina Terechkova. Et, bien évidemment, l’élection, dix-huit jours après la mort de Jean XXIII, de Giovanni Battista Montini, l’archevêque de Milan, qui a choisi de monter sur le trône de saint Pierre sous le nom de Paul VI.
Tout au long du trajet, durant lequel il traverse une banlieue ouvrière, où subsistent encore quelques vergers, où pointent vers le ciel de hautes cheminées de briques laissant échapper d’épaisses fumées jaunes, où se dressent les longues barres de béton des HLM, Lorenzo a le temps de penser à la jeunesse qui est la sienne et au monde qui l’entoure.
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nadiouchkanadiouchka   20 décembre 2017
Lorenzo semble pétrifié. Les filles ont toujours eu un train d’avance sur les garçons. Il pourrait répliquer : Et toi, tu as déjà flirté ? Tu as déjà embrassé un garçon ? Mais il ne dit rien. Lui qui a vu La Fureur de vivre, qui a vu et revu West Side Story ne connaît rien au discours amoureux qui est en train de s’installer. Si on apprend au cinéma ce que c’est qu’un baiser avant de l’apprendre dans la vie, on apprend aussi ce que peut être l’amour dans les chansons. Johnny Hallyday chante T’aimer follement. Mais c’est quoi t’aimer follement ? (…)
Françoise Hardy ne cesse de répéter une évidence qui n’en est vraiment pas une : Tous les garçons et les filles de mon âge se promènent dans la rue deux par deux, tous les garçons et les filles de mon âge savent bien ce que c’est qu’être heureux, et les yeux das les yeux, et la main dans la main, ils s’en vont amoureux sans peur du lendemain….
P.27
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