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François Livi (Traducteur)
EAN : 9782268065274
441 pages
Éditeur : Les Editions du Rocher (24/04/2008)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Mobilisé par l'armée italienne en 1942, Eugenio Coati, l'auteur du Cheval rouge, prend part, comme jeune officier d'artillerie, à l'épopée du Front de l'Est. Encerclées dans une poche aux côtés de la 298e division allemande, plusieurs divisions italiennes, désemparées, vont être anéanties par un ennemi féroce et un froid polaire. Seuls quelques-uns des 30 000 compagnons du jeune écrivain retrouveront leur patrie, l'Italie. De ce fourvoiement honteux que l'on s'effor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
belette2911
  06 mai 2012
Voilà un livre qui m'a pris au tripes pour ne plus me lâcher.
Histoire vraie que celle de l'auteur, Eugenio Corti, qui se retrouva, mobilisé par l'armée Italienne en 1942, officier d'artillerie sur le Front de l'Est.
Stalingrad résiste et c'est la débâcle, ensuite. Les Allemands qui se croyaient victorieux se retrouvent dans la situation du chasseur chassé par son gibier.
Encerclées dans une poche aux côtés de la 298e division allemande, plusieurs divisions italiennes, désemparées, vont être anéanties par un ennemi féroce et un froid polaire.
Seule une poignée des quelque 30 000 compagnons du jeune écrivain retrouveront leur patrie...
La campagne de Russie est un des épisodes douloureux. Une génération entière a été engloutie dans cette guerre, absorbée à jamais par l'immensité russe et les camps...
C'est toute cette histoire émouvante que Corti nous raconte, me faisant crisper la mâchoire, serrer les dents, tout au long du récit.
Cette débâcle, cette fuite en arrière, sur la route que les soldats de Napoléon connaissaient pour l'avoir prise, eux aussi, Corti va la vivre dans sa chair et voir de nombreux compatriotes tomber sur le sol, dans les talus, s'endormir et ne plus se réveiller.
Bien qu'ayant combattu aux côtés des Allemands, quand ces derniers fichent le camp, ils abandonnent les Italiens, ne les laissent pas monter sur les chars, les laissent crever comme des chiens sur le bord de la route.
Je ne m'excuserai pas pour mon écart de langage parce que c'est ce qui c'est passé.
D'un autre côté, les Allemands les moins robustes, ceux qui trainent un peu la jambe furent abandonnés aussi par ceux qui ont poursuivis leur route sans un regard en arrière pour leurs camarades.
Honteux ? Lâche ? Horrible ? Dégueulasse ? Oui, et bien plus encore.
Cela m'avait choqué, à l'époque, que l'on avance sur la route sans se préoccuper des autres qui tombent ou qui ont du mal.
Pourtant, à l'heure actuelle, combien de nous tracent leur route sans se préoccuper des autres, ceux qui marchent moins vite parce qu'ils sont âgés ou dans la pauvreté ? Cela me fait froid dans le dos de penser que rien n'a changé, que les plus robustes poursuivent leur route sans même jeter un regard, tendre une main, aux plus faibles, aux plus démunis.
Dans le récit de Corti, ceux qui avançaient voulaient sauver leur peau, juste leur peau... réflexe de survie ? Oui, sans aucun doute.
Pourtant, certains se sont arrêtés et ont prêté main-forte aux autres, par solidarité. Ouf, l'être humain a encore de quoi être sauvé.
Et vous, qu'auriez-vous fait ? Ne répondez pas, vous ne le savez pas, n'ayant pas fait la campagne de Russie (et moi non plus). Peut-être aurions-nous fait comme ceux qui ont marché droit devant eux, sauvant leur peau...
Voilà pourquoi le livre m'a pris les tripes et en y repensant, elles se serrent de nouveau.
Récit bouleversant, flamboyant, un récit minutieux, insoutenable de par sa précision, et pourtant porté par une inextinguible espérance...
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Topper67
  14 février 2016
En décembre 1942, Eugenio Corti, l'auteur du Cheval Rouge a 21 ans. Officier d'artillerie dans l'armée italienne au sein de la division Pasubio il subit l'opération Saturne lancée par les Russes et visant à encercler les Allemands et leurs alliés. Eugenio va passer environ un mois dans une poche, encerclé par l'ennemi, aux prises avec le terrible hiver russe.
Nous ne sommes pas là face à un récit de bataille classique, nous sommes là face au témoignage d'un jeune catholique qui se demande ce qu'il fait au côté des Allemands. Nous sommes face à un gamin qui voit ses amis mourir de froid ou dans les combats et qui pourtant ne perd pas espoir et essaye vaille que vaille de s'en sortir.
L'auteur ne tente pas de se donner la part belle, il n'essaye pas de se dédouaner ou au contraire de s'héroïser, il livre simplement les faits à la manière dont il se souvient. Ce n'est pas à proprement parler un journal de guerre écrit au jour le jour, mais Eugenio Corti a commencé sa rédaction lors d'un séjour à l'hôpital suivant l'épisode relaté dans La plupart ne reviendront pas. Parfois poignant, parfois émouvant, toujours juste cet ouvrage nous livre foule de détails sur la perception des Allemands par les Italiens et sur le traitement infligé aux Italiens par leurs « amis » allemands. Il est intéressant de voir comment une alliance, conclue entre deux dictateurs, se passe dans les faits quand la seule chose qui compte est de sauver sa peau, celle des ses amis puis celle de ses compatriotes en priorité.
Si je ne devais retenir qu'une anecdote de ce livre ce serait celle-ci : encerclé par les Russes, affamé, frigorifié, un soldat jette ses armes et se tient debout à côté de ses camarades pour les encourager. Il ne s'agenouille pas sous les balles, il ne cherche ni à s'abriter ni à fuir. Quand on lui somme de se mettre à couvert et qu'on lui demande des explications il est étonné qu'on puisse le voir et lui parler. Devant tout ce qu'il a subi il est persuadé qu'il est déjà mort et que, devenu fantôme, il ne peut plus rien faire d'autre que d'encourager ses amis.
Prévoyez une couverture lors de votre lecture, au-delà de la mort, le froid est omniprésent tout au long des pages de ce témoignage de première main.
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Bunee
  29 novembre 2008
Témoignage très rude, très touchant, d'un officier italien pris dans la tourmente du front russe. 30 000 partis, 4000 revenus. 28 jours dans une poche du front russe, avec les allemands.
La faim, le froid, la mort partout autour. Ses Prières. Sa détresse.
Un parti pris littéraire très simple, bien écrit mais très simplement, aucune envolée patho-philo-littéraire sur la guerre.
Des faits. Réels et terribles.
J'ai beaucoup pensé à Kaputt et à l'ouest rien de nouveau en le lisant.
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SergeK
  10 novembre 2014
Du blanc, de la neige, le froid, la faim... Corti nous montre ce qu'est vraiment la guerre et l souffrance de ces hommes sur le front russe. La détermination de l'auteur lui a permis de survivre à cet enfer blanc. Corti est un héros de guerre et un héros de la littérature. Sobre et digne. Précis et vrai.
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EditionsSalvator
  07 septembre 2011
Toujours fan inconditionnelle d'Eugénio Corti, j'ai été passionnée par ce récit véridique de la débacle allemande et italienne sur le front de l'Est.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
PATissotPATissot   27 mars 2015
Enfin la colonne fit une halte dans un autre village.
Les soldats envahirent les maisons, livrés à une quête frénétique de chaleur et de nourriture.
D'abord, nous envoyâmes un garçon russe chercher de l'eau, car, en dépit de la quantité de neige que nous avions avalée, nous étions torturés par la soif.
Puis nous demandâmes de quoi manger. Les civils nous indiquèrent un tonneau à moitié rempli de choux au vinaigre. Pour moi, c'était écoeurant.
Je m'efforçai d'en avaler un peu. Les Allemands qui étaient entrés avec nous en mangèrent avec voracité. Je vis aussi quelques-uns de nos soldats en remplir leurs calots et y plonger ensuite le visage avec avidité.
Cependant, qu'il faisait bon et chaud là-dedans !
Je m'étais assis paisiblement contre un mur, sur un amas de sacs vides ; je voulais me reposer le plus possible. A côté de moi se trouvait un sac rempli de farine de blé ; je commençai à en manger de petites poignées, qui collaient au palais.
Une lampe à huile répandait parmi nous sa lumière sereine.
Quelle douceur infinie ce serait que de pouvoir passer la nuit ici, délivrés de ces hantises qui nous harcelaient à chaque instant ! C'était trop beau pour pouvoir y songer, ne fût-ce qu'un instant.
Quelques femmes, fagotées comme d'habitude dans leur vêtements de coupe antique, nous regardaient immobiles et silencieuses, les mains sur le ventre. Plus que de la crainte, il y avait chez elles de la compassion à notre égard, car elles comprenaient nos souffrances.
Nous aussi les regardions sans animosité ; depuis longtemps, nous avions appris à distinguer le peuple russe des communistes, même si, harcelés par l'aveugle férocité allemande, tous les Russes, pour se défendre, avaient fait bloc autour de leur autorité constituée.
Nous connaissions surtout le caractère naturellement bon des habitants des petits villages de campagne que le communisme n'avait pas encore réellement atteints ; la bonté naturelle de ces pauvres femmes, résignées d'une résignation séculaire, qui se serraient dans le coin de la maison où étaient accrochées les icônes sacrées, leurs églises ayant étés affectées à des usages profanes.
Un caporal-chef allemand s'approcha de moi. Poliment, d'abord dans sa langue, puis dans un italien soigné et élégant, il me demanda de lui faire un peu de place pour qu'il pût s'assoir.
il était autrichien, me dit-il, et il avait passé quelques mois en Italie auprès de certains parents. Il m'offrit ce qu'il avait à manger : des croûtons de pain russe et des morceaux de biscuits italiens. Je refusai et nous échangeâmes quelques propos.
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PATissotPATissot   27 janvier 2018
… Avant de terminer, je devais introduire ici une autre composante dans ce tableau, une composante réellement fort importante, sans doute la plus importante de toutes, qui constituerait le Quatrièmement : la façon dont Dieu récupère la souffrance des hommes, surtout des innocents, crucifiés à l'instar du Christ innocent ; cette souffrance n'est donc aucunement gaspillée. (Donc ces morts ne sont pas morts inutilement : te rends-tu compte à quel point cela est important ?)
Mais cette lettre est déjà bien trop longue.
Je développerai ces idées dans le roman auquel, comme tu le sais, je travaille de toutes mes forces depuis un certain temps. Il aura probablement pour titre " Les Chevaux de l'Apocalypse ". (À ce propos : est-ce que je me trompe ou bien est-ce que saint Jean, alors qu'il connaissait ses visions apocalyptiques, a ressenti, lui aussi, des impressions analogues aux nôtres, à cette époque-là ? J'ai l'impression que dans ses paroles, il en reste une trace évidente… Ou bien tu n'es pas d'accord ?)
Bien amicalement.
Eugenio, (le 30 octobre 1973).
Note 2 du chapitre XXX, p. 439 : " Une lettre à mon ami Giorgio Bruno Baresi "
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Topper67Topper67   14 février 2016
Bellini et moi regardâmes en silence Zorzi qui s'éloignait : nous ne devions plus le revoir... Je voudrais que ces quelques mots, pauvres et insuffisants, soient un chant de mémoire : il était le meilleur de tous les hommes que j'ai rencontrés pendant ces dures années de guerre. Son âme était simple, ses pensées profondes; ses soldats l'aimaient beaucoup. Il était très courageux comme il sied à un homme vrai.
J'avais formé un vœu pour que tu reviennes.
Mais tu n'est jamais revenu
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Vidéo de Eugenio Corti
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