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Citations sur Le cheval rouge (13)

krzysvanco
krzysvanco   25 janvier 2019
Ah ! Dans quelle terrible situation se trouvait-on, mon Dieu ! Quel renversement dément ! Et c’etait arrivé en l’espace d’un jour à peine... Stefano cessa de parler, et se levant avec décision, commença à taper dans ses mains, à se frapper le corps et à piétiner : il en éprouvait le besoin invincible parce qu’il continuait à avoir la sensation d’etre sur le point de geler.

Ainsi avait commencé l’attente terrible de quelque chose qui, en tout état de cause, ne pouvait être que la mort.
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krzysvanco
krzysvanco   25 janvier 2019
Les deux jeunes gens se scrutèrent mutuellement. Ils n’etaient en apparence que deux soldats mortellement opposés l’un à l’autre : mais c’etaient d’abord deux artistes, chacun avec son immense et différente tradition derrière lui. Le fait d’etre artiste ne différenciait pas l’Italien de son peuple qui, en un certain sens, est tout entier composé d’artistes (même trop, comme on sait). Il différentiait au contraire, et radicalement, le Russe du sien, faisant de lui une sorte d’etre à part. Alors que l’Italien n’eprouvait que de temps à autre le besoin de communiquer avec d’autres artistes, l’isolement du Russe le rendait au contraire toujours attentif à la présence de l’un d’entre eux avec qui communiquer. « Celui-ci, qui me sort Victor Hugo dans un moment pareil, doit forcément être sensible à la poésie... ».
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nadejda
nadejda   24 septembre 2011
-- Qu'est-ce que c'est que ces figures ? s'exclama tout à coup le capitaine Grandi. Allons plutôt, chantez avec moi. Et, avec le peu de voix qui lui restait et qui eût été ridicule dans un moment moins tragique, il entonna la terrible chanson alpine du capitaine moribond qui fait son testament. p 342
(...)
Adieu donc à toi aussi premier amour, adieu pour toujours, ce que nous avions rêvé ne sera jamais... Adieu montagne, patrie, régiment, adieu mère et premier amour, chantaient les chasseurs alpins. Ils chantaient et pleuraient, les chasseurs valeureux, et leur chant patient contenait toute la douleur de notre humaine impuissance. Ils chantèrent encore quand le capitaine ne chantait plus et ne les accompagnait que des yeux. Ils ne cessèrent de chanter que lorsqu'ils se rendirent compte que le capitaine Grandi était mort.
p 343
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nadejda
nadejda   24 septembre 2011
La colonne ralentit graduellement et se condensa de plus en plus jusqu'à déborder sur les côtés enneigés de la piste. Les haltes commencèrent, et les mouvements par à-coups. Le froid se faisait plus sauvagement sentir, chaque homme tâchait de s'enfermer en lui-même, il se pliait, baissait la tête comme pour retenir sa propre chaleur. p 281
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nadejda
nadejda   24 septembre 2011
Depuis sa tranchée, haute sur la rive du fleuve, Stefano pouvait voir, au-dessous, le bois changer de couleur, de jour en jour. Avant de tomber, les feuilles -- en une sorte de fête d’adieu à leur existence si brêve -- se paraient des teintes les plus belles : l’or et le rouge, ou le jaune délicat, ou le rouille et le brun, chacune selon son espèce. Venant du nord-est, c’est-à-dire de la direction même du vent apparurent et se succédèrent -- haut dans le ciel -- des bandes de canards migrateurs : ils volaient en formation en V ou en simples lignes obliques, avec des cris insistants. Le jeune homme les observait avec le dépit du chasseur contraint malgré lui à ne pas tirer sur la proie (on avait tout de suite diffusé des ordres péremptoires à ce sujet). Ces cris rauques, qui résonnaient à l’improviste de jour et de nuit, lui paraissaient aussi être comme un au revoir : les animaux s’en allaient, abandonnant ces lieux où l’hiver était si inclément... p 194
p196 C’est ainsi que le commencement des ennuis sérieux les prit au dépourvu.
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nadejda
nadejda   24 septembre 2011
Au fur et à mesure qu’on s’était rapproché de la côte, le ciel était devenu plus limpide, plus lumineux, comme si l’énorme miroir de l’eau s’y reflétait. Le paysage lui-même s’était fait sensiblement plus clair, et ces couleurs, ainsi que certaines autres particularités du lieu, avaient peu à peu réveillé dans l’âme du jeune homme des sensations oubliées depuis longtemps, sensations qu’il avait éprouvées dans les années lointaines de l’enfance, à l’occasion des premiers voyages à la mer. Mais il n’était pas du genre à s’attarder à de telles choses et il avait donc laissé ces impressions s’évanouir (du reste elles se seraient évanouies malgré lui) : nous ne pouvons retrouver du passé que de rares bribes parfois, et seulement le temps qu’elles se défassent à nouveau. p 55
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nadejda
nadejda   24 septembre 2011
Portant les armes sur leurs épaules, les hommes de la compagnie s’étaient avancés dans le bois en direction des avant-gardes, le long de la piste qu’ils avaient suivie jusque-là en camion. De temps en temps ils pouvaient apercevoir, à droite entre les arbres, une autre compagnie du bataillon qui avançait de la même manière. Dans les pauses de la fusillade, une tourterelle solitaire se mettait à chanter dans les bois.
.... Dans les pauses du tir recommençait à roucouler, solitaire, la tourterelle. «Il faut qu’elle soit bien en pleine période des amours, celle-là, pour ne pas s’arrêter de chanter, même dans des moments pareils», pensa Stefano.
p 126
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nadejda
nadejda   24 septembre 2011
Tant l’être humain est limité : il acquiert d’un côté, il perd ponctuellement de l’autre et, à cela, il semble qu’il n’y ait pas de remède. Qu’on pense, en dernier ressort, aux incroyables boîtes pour la nidification des étourneaux installées sur les baraquements d’Auschwitz, par les bourreaux qui avaient le coeur tendre pour les oiseaux. p78
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nadejda
nadejda   24 septembre 2011
Ils s’assirent dans les fauteuils près de la touffe de bambou, au pied duquel poussait une de minuscules muguets, modestes comme l’herbe. («C’est ma mère qui les a plantés», avait autrefois expliqué Tintori. Bien que personne ne s’en occupât, les petites plantes continuaient de reparaître, année après année, tenaces -- malgré leur fragilité -- comme certains souvenirs délicats qui, même si nous les négligeons, s’obstinent à nous revenir en mémoire.) p 71
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nadejda
nadejda   24 septembre 2011
Ainsi avait commencé l’attente terrible de quelque chose qui, en tout état de cause, ne pouvait être que la mort.
Aucun de ces hommes torturés qui avaient choisi de «bien mourir», n’acceptait en réalité de mourir : de même qu’on ne peut pas tenir la main sur un fer rouge, aucun d’entre eux, en effet, ne pouvaient arrêter sa pensée sur la perspective qu’il serait bientôt un cadavre. Certes, puisqu’ils n’étaient pas disposés à devenir des êtres misérables et pleurnicheurs qui, probablement, seraient tués de toute façon, il ne leur restaient qu’à mourir en combattant ; mais ce n’était pas pour autant qu’ils l’acceptaient. L’homme, même quand il se porte à la rencontre de la mort, n’accepte jamais de mourir. Les minutes passaient, insoutenables. p 248
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