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ISBN : 2207261301
Éditeur : Denoël (20/08/2009)

Note moyenne : 2.85/5 (sur 13 notes)
Résumé :
«C'était à n'en plus douter un accomplissement personnel fort, une sorte de transe extatique : la magistrature m'ouvrait ses bras. Des bras bruns, puissants, poilus, tentaculaires...» Ainsi commence ce voyage où, tel un naufragé échoué en milieu hostile, Étienne Lanos, nommé substitut du procureur dans un tribunal de province, organise sa survie : approche pour le moins singulière des dossiers judiciaires, comportement déroutant pendant les audiences, érotomanie act... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
keisha
  25 octobre 2009
Samuel Corto a d'abord été avocat puis magistrat du parquet jusqu'en 2007 et là c'est son premier roman. Il se consacre maintenant à l'écriture (sous un pseudo), et après lecture de son livre je pense que cela s'imposait!
Que raconte donc ce que je pourrais qualifier de docu-roman??? Etienne Lanos, après avoir été avocat, vient d'être nommé substitut du procureur dans un tribunal de province. Jusque là c'est le double de Samuel Corto.
Il raconte donc ses expériences de magistrat, présente ses collègues et supérieurs, propose différents cas où des citoyens finalement bien ordinaires se sont retrouvés face à la justice et évoque les dysfonctionnements de la dite justice. Lorsque cela se révèle utile, il expose aussi brièvement mais de façon claire les nouvelles orientations de la loi.
Tout cela n'a rien de bien attirant a priori, n'est ce pas?
Mais Etienne Lanos n'est vraiment pas un substitut comme les autres... Il déstabilise ses collègues par ses remarques absurdes, s'oppose souvent à l'accusation et fait provision de cannabis dans les stocks de scellés du tribunal. Uniquement pour son usage personnel? A voir!
Beaucoup d'épisodes ahurissants et hilarants, d'autres absurdes, écoeurants ou inquiétants. Je suis sortie de cette lecture amusée par cette peinture au vitriol du milieu judiciaire et certains épisodes ou descriptions déjantés et, je l'espère, purement imaginaires, mais également un peu inquiète à la pensée qu'en tant que citoyenne lambda je pourrais me retrouver un jour happée par ce système.
Un passage (oh, parmi bien d'autres, pour vous faire saisir le ton général ).
Il a trouvé une collègue un peu "excessive dans ses poursuites" :
"Dans n'importe quel milieu adapté, les fous sont repérés et éliminés des champs de décision. Dans certains milieux professionnels, à syndicalité plus sensible, ils sont reconditionnés vers des emplois plus ou moins fictifs. Dans la justice, ils en prennent à leur aise. Au parquet en particulier : si la folie singulière d'un de ses membres présente l'avantage qualitatif de s'entrelacer habilement avec l'esprit demandé - une bêtise sans pitié et une méchanceté de structure - , son oeuvre est quasiment indétectable. Au contraire même, ce type de déraison vacante provoque, dans la bienveillance maternelle de l'institution tout entière, une élevation commune du goût pour la répression jusqu'à son point sublime d'ontologie, d'enchantement, d'encouragement : les chauffards ont les clés du rouleau compresseur.
Dans la naïveté de mes débuts, je décidai rapidement de m'ouvrir de cette difficulté au substitut d'un des bureaux du milieu; c'était un garçon à la courtoisie observable, doté d'une tête d'imprimante : une figure anormalement rectangulaire, surmontée d'une houppe rousse et avec une langue sortant en permanence comme une recharge à papier."
Un livre tout à la fois drôle, instructif et dérangeant.
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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chocobogirl
  12 novembre 2009
Etienne Lanos vient d'être nommé substitut du procureur d'un tribunal de province. Ancien avocat, il va découvrir le monde merveilleux de la magistrature. Entre justice à deux vitesses, réglements innapliquables, déléguation des responsabilités à de simples subalternes, Etienne nous confie son regard ironique sur la justice française. Il nous fait partager également sa vie personnnelle, ses fantasmes en pleine cour, son gout pour les pétards... Ses collègues n'échappent pas à son regard assassin et sont jugés sévèrement.
Il faut savoir que l'auteur est lui-même un ancien avocat et magistrat. Ce roman, tiré de son expérience, est très réaliste et démonte fortement la qualité et soi-disante égalité de la justice française. L'institution vue de l'intérieur a de quoi faire peur... Il pointe du doigt l'état des prisons, la part de subjectivité dans les jugements, les fausses statistiques, la perméabilité entre des fonctions qui doivent rester séparées, la prégnance de la rapidité devant la vérité,... et j'en passe.
Bref, il s'agit d'un témoignage très documenté et très vrai sur ce milieu, comme on en lit peu.
Pourtant, quelle déception au niveau du style et de l'histoire...
Le roman est une tranche de vie du héros, émaillé de divers personnages, aussi creux les uns que les autres et de passages où notre magistrat laisse libre cours à son penchant libidineux.
L'ironie et le cynisme du narrateur, très appréciables, ne suffisent pas à relancer une intrigue inexistante.
Les textos érotiques, échangés pendant une audience et les masturbations dans les toilettes du tribunal devant des photos de victimes sont complètement déplacés et m'ont plutôt choqués.
Etienne dénonce l'état de la justice mais finalement ne fait pas grand chose pour changer les choses.
Bref aucune empathie pour les personnages de ce roman.
je vous laisse juger de ces extraits :
« Je me disais en réalité, à l'avoir entendue soupirer à travers notre cloison mitoyenne, que, pour optimiser désormais l'efficacité de ma séduction, je devais impérativement m'efforcer de représenter dans son esprit (par mon image masculine d'une maturité intermédiaire) une aspiration déconstruite de l'homme-animal : une proximité professionnelle irréprochable, des intentions fortement paritaires et un pénis bienveillant. La tâche à accomplir était lourde, je le savais, mais le prix de ma transfiguration était celui à payer pour une vraie surprise sexuelle sans risque excessif de dépression »
« Quand le président annonça que le tribunal se retirait pour délibérer, je sentis comme la manifestation téléologique d'une érection ».
Un roman intéressant à lire pour l'état des lieux de la justice mais n'en attendez rien d'autre.
Je remercie malgré tout Keisha pour l'envoi de ce livre voyageur qui va poursuivre sa route.
Keisha qui, elle, a trouvé ce "livre tout à la fois drôle, instructif et dérangeant ".

Lien : http://legrenierdechoco.over..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MahpeeMahpee   29 mai 2015
Le troupeau quitta le centre avec l'émotion moite d'une fin de colonie de vacances.
J'observais tous ces individus à l'humanité molle et indifférenciée, qu'ils semblaient vivre par un effet d'extraction : leurs petits soucis personnels, familiaux, financiers, sexuels leur apportaient une forme d'illusion individuelle et singulière, mais au fond ils se ressemblaient, indéfectiblement.
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chocobogirlchocobogirl   12 novembre 2009
Je me disais en réalité, à l'avoir entendue soupirer à travers notre cloison mitoyenne, que, pour optimiser désormais l'efficacité de ma séduction, je devais impérativement m'efforcer de représenter dans son esprit (par mon image masculine d'une maturité intermédiaire) une aspiration déconstruite de l'homme-animal : une proximité professionnelle irréprochable, des intentions fortement paritaires et un pénis bienveillant. La tâche à accomplir était lourde, je le savais, mais le prix de ma transfiguration était celui à payer pour une vraie surprise sexuelle sans risque excessif de dépression .
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chocobogirlchocobogirl   12 novembre 2009
Quand le président annonça que le tribunal se retirait pour délibérer, je sentis comme la manifestation téléologique d'une érection.
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