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ISBN : 2714310273
Éditeur : José Corti (06/05/2010)

Note moyenne : 5/5 (sur 5 notes)
Résumé :

Je ne sais pas ce qui rend un livre inoubliable mais je sais que, depuis que je découvris Salvo el crepúsculo, dans la première édition mexicaine, je n'ai jamais pu l'oublier. C'était en 1984, année de la mort de Cortázar. Une nouvelle édition est sortie récemment aux éditions Alfaguara, elle inclut de légères retouches faites par l'auteur sur des épreuves retrouvées. Mais il n'a rien s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Piatka
  24 mai 2014
" Une soupe d'étoiles et de lettres "
Poésie et prose entremêlées, assemblées à l'automne de sa vie par Cortazar lui-même pour en faire ce recueil, paru en 1984 pour la première édition mexicaine, l'année de sa mort.
C'est toute l'originalité de ce Crépuscule d'automne - Salvo el crepusculo - traduit en français en 2010.
Pourquoi attirer l'attention sur ces textes ? Comment des mots trouvent le chemin de l'attention, de l'émotion ? Difficile à exprimer. Je crois qu'il y a d'abord un ton, direct et libre, à la fois révolté et tendre, nostalgique et si présent ; puis des associations de mots, d'idées insolites, graves ou pleines d'humour, qui claquent au fil des pages et des textes d'une grande variété de thèmes, avec en fond, toujours, l'amour et la musique. Un petit air de tango...sans doute.
" Ne pas accepter un autre ordre que celui des affinités, une autre chronologie que celle du coeur, un autre horaire que celui des rencontres à contretemps, les véritables. (...) "
" ...Ce fut une parole de tango pour ton indifférente mélodie. "
" Il est certain dans son incertitude, il est nu de silence. "
Reflets miroitants du crépuscule : le recueil divisé en une quinzaine de parties est largement émaillé de citations d'auteurs de continents et d'époques variés, un peu comme des feux littéraires allumés par d'autres et dont Cortazar prolonge la flamme. Et franchement, ce florilège de citations est aussi un pur régal.
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lezardbavard
  20 mai 2014
Le poète est moins connu que le conteur, et c'est dommage. Formidable recueil, testamentaire. Dans une traduction lumineuse de Silvia Baron-Supervielle.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   21 avril 2014
LE RECELEUR

Celui qui s'en va de son pays parce qu'il a peur,
il ignore de quoi, peur du fromage avec souris,
de la corde entre les fous, de l'écume dans la soupe.
Alors il veut se transformer, comme un figurant,
les cheveux, pris dans les grilles de la gomina et du miroir,
il les relâche en houppe, il ouvre sa chemise, modifie
les habitudes, le vin et la langue.
Il se rend compte, le pauvre, qu'il se maintient mieux, et il dort
comme une marmotte. Il change même de style et il a des amis
qui ignorent son histoire provinciale, ridicule, casanière.

Par moments il se demande comment il a pu attendre si longtemps
pour s'en aller du fleuve sans rivages, des cols durs,
des dimanches, lundis, mardis, mercredis et jeudis.
Partir à zéro, oui, mais attention :
un même miroir signifie tous les miroirs,
et le passeport dit que tu es né et que tu existes,
et de peau blanche, le nez avec l'arête droite,
Buenos Aires, septembre.

De plus il ne l'oublie pas, cet art est limité à peu de gens,
ce qu'il a voulu, cette soupe d'étoiles et de lettres
qu'il mangera infatigablement
dans de nombreuses tables d'hôtels variés,
la même soupe, pauvre type,
jusqu'à ce que le petit poisson intercostal se plante et dise assez.
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PiatkaPiatka   14 avril 2014
HAPPY NEW YEAR

Écoute, je ne demande pas grand-chose,
seulement ta main, la tenir
comme une rainette qui dort contente ainsi.
J'ai besoin de cette porte que tu m'offrais
pour entrer dans ton monde, ce petit bout
de sucre vert, joyeux de sa rondeur.
Me prêtes-tu ta main cette nuit
de fin d'année et de chouettes enrouées ?
Tu ne le peux pas pour des raisons techniques. Alors
je la tisse avec l'air, ourdissant chaque doigt,
la pêche soyeuse de la paume
et le verso, ce pays d'arbres bleus.
Je la prends ainsi et je la soutiens, comme
si de cela dépendaient
beaucoup des biens du monde,
la suite des quatre saisons,
le chant des coqs, l'amour des hommes.

31-12-1951
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PiatkaPiatka   13 avril 2014
POLYCHROMIES

Il est incroyable de penser qu'il y a douze ans
j'en ai eu cinquante ni plus ni moins.

Comment pouvais-je être si vieux
il y a douze ans ?

Bientôt il y en aura treize depuis le jour
où j'ai eu cinquante ans. Ça ne paraît pas
possible.
Le ciel est de plus en plus bleu
et toi de plus en plus belle.
Ces preuves ne disent-elles pas
que quelque chose s'est détraqué dans les montres ?
Le tabac et le whisky se promènent
dans ma chambre, ils se plaisent
avec moi. Pourtant
il est incroyable de penser qu'il y a douze ans
j'ai eu deux fois vingt-cinq.
Lorsque ta main voyage sur mes cheveux
je sais qu'elle cherche des fils blancs, un peu
étonnée. Il y en a dix ou douze,
tu auras un prix si tu les trouves.
Je vais me mettre à lire tous les classiques
que j'ai manqué étant vieux. Il faut se dépêcher,
ceci ne tombe pas du ciel, d'ici peu
cela fera treize ans à partir du jour
où j'en ai eu cinquante.
Quand il en fera quatorze, je pense
que j'aurai peur,
quatorze est un chiffre
que je n'aime pas du tout
pour te dire la vérité.

Nairobi, 1976
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PiatkaPiatka   17 avril 2014
ABATTAGE

Cherchez, cherchez, oiseaux...
Jules SUPERVIELLE

L'arbre se changea en main qui chasse des nuages
inutilement tendue vers la lumière au loin ;
sur ses doigts se promenaient de minuscules lézards
qui guettaient entre les feuilles un souvenir obscur.

Des haches l'abattirent, on lui ouvrit la poitrine
à l'aide de crochets, rengaines et paumes baveuses ;
le faîte reposait son oreille sur le sol
enrobé dans sa pluie de grenouilles violacées.

Tombèrent le pin, l'ombu, le mauve eucalyptus,
le peuplier de lait et le saule de douleur.
On les passait la nuit par la scie ou la hache
pour tromper les oiseaux et recenser le bois.

( Les papillons inlassables dans les creux de l'air
de tous côtés cherchaient l'emplacement des feuilles ;
le criquet égaré déambula longtemps
et les oiseaux nichèrent dans l'image disparue ).
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SeshetaSesheta   26 octobre 2012
Double invention


Lorsque la rose qui nous émeut
chiffre les termes du voyage
lorsque dans le temps du paysage
s'efface le mot qui dit neige,

un amour nous reconduira
jusqu'à la barque du passage,
et dans ces lèvres sans message,
ton signe ténu s'éveillera.

Je suis en vie car je t'invente,
alchimie d'aigle dans le vent
au ras du sable et la pénombre,

toi dans cette veillée tu animes
l'ombre avec laquelle tu m'éclaires
et le murmure qui m'imagine.


(Crépuscule d'automne, p.179)
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Videos de Julio Cortázar (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julio Cortázar
http://www.albin-michel.fr/Monarques-EAN=9782226318107
« Comme les Monarques, quitter le sanctuaire pour migrer sur des routes dont le souvenir n?est pas nôtre, quêter ces lieux qu?on n?imagine qu?en rêve, se sacrer soi-même souverain de monarchies nouvelles ou, en chemin, se brûler les ailes. » Ménilmontant, Mexico, un ring de catch, un studio hollywoodien, l?Ange français, Berlin 1936, un nain et un bocal d?escargots, un vol de papillons, une troublante espionne allemande? et une correspondance qui tisse le fil entre passé et présent, réalité et vie rêvée. Née au Mexique devant une bouteille de rhum et un soda pamplemousse, l?idée de ce roman de la mémoire, aussi baroque que virtuose, est celle d?un jeu de piste à la Cortázar entre deux écrivains : le Mexicain Juan Hernández Luna et le Français Sébastien Rutés.
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