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Laure Bataillon (Traducteur)Françoise Rosset (Traducteur)
EAN : 9782070773374
210 pages
Éditeur : Gallimard (13/01/2005)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Des dieux sanglants et féroces surgis d'un passé lointain, l'impossible métamorphose d'un homme en bestiole aquatique, le public survolté d'un concert qui finit par dévorer le chef d'orchestre et les musiciens... et tant d'autres nouvelles où la réalité se craquelle et tend vers le fantastique, où Cortázar est, comme l'écrit Mario Vargas Llosa, " voyant qui détecte l'insolite dans l'habitude, l'absurde dans la logique, l'exception dans la règle et le prodigieux dans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Dez54
  02 mai 2019
Un recueil génial recelant des textes forts et marquants empreints de fantastique.
Les textes de Julio Cortázar rassemblés dans cet ouvrage s'inscrivent pleinement dans le courant du réalisme magique où des événements ou sensations irrationnelles jaillissent et perturbent la réalité familière et banale. Tout au long du recueil, le trépas et la maladie sont des thèmes récurrents. La mort n'est jamais loin et on l'imagine toujours prête à surgir y compris (et c'est pour le moins paradoxal) des textes où elle est absente.
Julio Cortázar est décidément une plume exceptionnelle et joue continuellement à l'aide d'un style remarquable sur l'implicite, le non-dit au point que ce qu'il ne dit pas devient parfois aussi important que ce qu'il nous livre. Dans plusieurs de ces textes le choix d'un narrateur a priori peu objectif (des enfants, un blessé ou encore des personnes à l'esprit visiblement dérangé) permettent d'instiller le doute dans l'esprit du lecteur sur ce qui se passe réellement dans chacune des nouvelles. À cela s'ajoute des fins parfois ouvertes ou volontairement ambiguës qui encouragent alors le lecteur à prendre quelque temps après la lecture pour rechercher ou confirmer le sens la nouvelle en question.
De ce fait, le recueil paraitra peut être un peu exigeant mais le jeu en vaut vraiment la chandelle !
J'ai particulièrement apprécié Les poisons (texte touchant sur le quotidien d'un enfant et sa première déception amoureuse), le fleuve (où l'auteur joue sur l'opposition entre le rêve et la réalité, le sommeil et la mort) ainsi qu' Axolotl (une histoire de métamorphose magistralement écrite).
Je recommande vivement !
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batlamb
  24 février 2020
Quand on veut humaniser les axolotls, il faut prendre garde de ne pas devenir axolotl soi-même. Si tu regardes longtemps dans l'axolotl, l'axolotl regarde aussi en toi.
J'aurais bien adressé cet avertissement à Cortazar si j'avais pu le connaître avant qu'il ne commette l'irréparable. Mais trop tard : rendu fou par les yeux dorés des amphibiens aux « visages aztèques », voilà qu'il leur sacrifie ses personnages, dont l'identité, et même l'humanité, se consument au contact de l'inquiétante étrangeté de ces idoles aquatiques ! A travers toute la géographie de ce recueil, de l'Argentine aux Cyclades, on observe le déchaînement de maléfices dionysiaques digne des Ménades, dans une orchestration frénétique et jubilatoire. Les dieux ont soif. Ils traquent leurs victimes à travers les rêves (qui deviennent indistincts de l'éveil)... et même le temps.
En effet, dans "Fin d'un jeu", le temps devient espace. Un banal accident de moto peut ouvrir une faille vers le passé et les sacrifices aztèques. Le réel est écartelé à force de jeux de miroir, mises en abyme et autres métalepses, dont la nouvelle inaugurale "Continuité des parcs" est un exemple classique. S'il faut chercher un point de repère, c'est du côté des héros qui incarnent encore et toujours les innombrables possibilités de l'existence de Cortazar, à l'image de celles qu'il avait exploré avec son alter ego « Un certain Lucas » dans le recueil du même nom. Lucas devient ici Luc, dans « Une fleur jaune », belle nouvelle mélancolique sur l'enfance malade.
Malade, oui, et pas forcément pour des causes exogènes et inhumaines. Car dans "Fin du jeu", on observe aussi le basculement des jeux (pas si) innocents de l'enfance vers le monde des adultes. L'insouciance se dissout dans des jalousies plus ou moins marquées, pouvant donner naissance à une cruauté comparable à celles des dieux (aztèques ou autres) envers la fourmilière humaine : la boucle est bouclée !
Célébrée sans complaisance, l'enfance se pare néanmoins de beaux atours, de même que l'aube et les livres. A travers les nouvelles, la plume de paon se dépose tour à tour sur ces trois motifs, afin que la beauté continue de flotter au-dessus des abîmes.
« Le fleur était belle, il y aurait toujours une fleur pour les hommes futurs ».
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LeCercle
  09 juillet 2018
Magnifique recueil de nouvelles très personnelles. On oscille constamment, entre la fiction, la réalité, le fantastique et une remise en question des sens. On en revient à relire certains passages en se disant qu'on est passé à côté d'un mot… L'auteur nous emmène dans son monde magique. La plume est légère, moderne et le sens profond. On est souvent perdu entre le vrai et le faux. le vide appréciable laissé par certaines histoires, fait place libre à l'imaginaire dans un monde intemporel qui frôle parfois l'étrange. A lire et relire.
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nbocklandt
  01 juin 2018
Tout est dans la nuance. Un langage qui vous fait glisser d'un point de vue à un autre. le spectateur devient l'objet. Un peu comme les peintures d'Escher, où on ne voit plus où est la main et où est le dessin, les lignes qui vous confondent. Excellent livre à lire en espagnol, pour ceux qui veulent apprendre cette langue.
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Athouni
  06 juin 2012
"Réalisme magique", voilà l'appellation à laquelle est inévitablement associé Julio Cortázar comme nombre d'auteurs sud-américains. Ceux qui, devant la géographie déjà complexe des littératures de l'imaginaire, refusent une catégorisation tatillonne au profit de la simplicité et la généralité, ceux-là peuvent considérer Fin d'un jeu comme un recueil de nouvelles fantastiques - c'est mon cas. Les autres, sensibles aux nuances qui se dérobent au commun des mortels, peuvent toujours se demander quelle appellation, de "réalisme magique" ou de "transfiction", sied le mieux à ce recueil.
...
Lien : http://mauvais--genre.blogsp..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
AthouniAthouni   06 juin 2012
Plus doucement alors, et utiliser la main engagée dans la manche gauche, si c'est bien la manche et non le col, et, pour se faire aider de la main droite la main gauche pour qu'elle puisse avancer dans la manche ou au contraire reculer et s'enfuir, mais c'est presque impossible de coordonner le mouvement des deux mains, comme si la gauche était un rat pris dans une cage et que, du dehors, un autre rat veuille l'aider à s'échapper, mais au lieu de l'aider, peut-être le mord-il car soudain sa main prisonnière a mal, l'autre main s'est agrippée de toutes ses forces sur ce qui doit-être sa main cachée et elle lui a fait mal, tellement mal qu'il renonce à enlever son pull-over, il préfère faire un dernier effort pour sortir la tête hors du col et le rat gauche hors de sa cage, il tente une sortie en luttant de tout son corps, en se lançant d'arrière en avant, pirouettant au milieu de la chambre ou peut-être pas au milieu, il vient de penser que la fenêtre est restée grande ouverte et qu'il est dangereux de tourner comme ça à l'aveuglette, il préfère s'arrêter, bien que sa main droite s'affaire toujours s'en s'occuper du pull-over, bien que sa main gauche lui fasse de plus en plus mal, comme si on lui avait brûlé ou mordu les doigts, et cependant cette main lui obéit et, refermant peu à peu ses doigts endoloris, elle parvient à saisir à travers la manche le bord du pull-over enroulé aux épaules, elle le tire vers le bas mais sans aucune force, elle a trop mal et il faudrait que sa main droite l'aidât au lieu de grimper ou de descendre inutilement le long de ses jambes, au lieu de lui pincer la cuisse, comme elle est en train de le faire, le griffant et le pinçant à travers ses vêtements sans qu'il puisse l'en empêcher car toute sa volonté est concentrée sur sa main gauche, peut-être est-il tombé à genoux et se sent-il comme suspendu à la main gauche qui tire encore une fois sur son pull-over, et soudain c'est le froid sur les cils et le front, sur les paupières, absurdement il ne veut pas ouvrir les yeux mais il sait qu'il a émergé, cette matière froide, ce délice, c'est l'air libre, il ne veut pas ouvrir les yeux et il attend une seconde, deux secondes, il se laisse vivre en un temps froid et différent, le temps hors du pull-over, il est à genoux et il est beau d'être ainsi, jusqu'à ce que, peu à peu, avec reconnaissance, il entrouve les yeux, et il voit les cinq ongles noirs pointés contre ses yeux, vibrant dans l'air avant de lui sauter au visage, et il a le temps de refermer les yeux, et de se rejeter en arrière, se couvrant le visage de sa main gauche qui est sa main, qui est tout ce qui lui reste pour se défendre, pour lui permettre de tirer vers le haut mêle si elle est restée à l'intérieur de la manche, le col du pull-over, et la bave bleue couvre à nouveau son visage, tandis qu'il se redresse pour fuir ailleurs, pour arriver enfin en un lieu sans mains et sans pull-over, où il y ait seulement un air retentissant qui l'enveloppe et l'accompagne et le caresse et douze étages. ("N'accusez personne)
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batlambbatlamb   24 février 2020
Cela me désolait de me sentir en marge, de regarder tous ces gens du dehors, en entomologue. Mais qu’y faire, c’est toujours la même chose. J’ai même fini par utiliser cette aptitude pour ne pas me compromettre en quoi que ce soit.
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LaFaroLaFaro   04 juin 2018
Il était dix heures quand je suis sorti de ma chambre et Tante Encarnación m'a dit que je pouvais aller le chercher dans la pièce du fond, là où il se tient d'habitude l'après-midi. Tante Encarnación a dû voir que j'étais désespéré car elle a passé sa main sur ma tête puis s'est penchée et m'a embrassé sur le front. J'ai senti qu'elle glissait quelque chose dans ma poche.
— C'est pour t'acheter ce que tu voudras, me dit-elle à l'oreille. mais n'oublie pas de lui en donner aussi, il vaut mieux. (Après le déjeuner)
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LaFaroLaFaro   04 juin 2018
J'ai couru à la machine et profitant de l'absence d'oncle Carlos qui parlait aux petites Negri, j'ai ouvert la boîte de poison et j'en ai versé deux, trois pleines cuillérées dans la machine puis j'ai refermé la porte soigneusement, comme ça la fumée serait très vénéneuse, elle tuerait toutes les fourmis, il ne resterait plus une seule fourmi vivante dans aucun jardin. (Les poisons)
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LaFaroLaFaro   04 juin 2018
Il fut une époque où je pensais beaucoup aux axolotls. J'allais les voir à l'aquarium du Jardin des Plantes et je passais des heures à les regarder, à observer leur immobilité, leurs mouvements obscurs. Et maintenant je suis un axolotl. (Axolotl)
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Vidéo de Julio Cortázar
Julio CORTÁZAR – Un siècle d'écrivains : 1914–1984 (DOCUMENTAIRE, 1998) Émission « Un siècle d'écrivains », numéro 173, diffusée sur France 3, le 4 novembre 1998, et réalisée par Chantal Rémy et Gérard Poitou-Weber.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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