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Laure Bataillon (Traducteur)
ISBN : 2070770273
Éditeur : Gallimard (29/04/2004)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 63 notes)
Résumé :
Qui de nous ne s'est jamais trouvé pris dans un embouteillage? Qui n'a pas tenté de tuer le temps en observant les passagers des voitures voisines, en essayant de gagner quelques mètres sur eux et en échangeant des pronostics, bons ou mauvais, sur le développement de la situation? Mais que se passe-t-il si l'embouteillage dure des jours, des semaines, des mois? C'est ce que Cortazar imagine dans 'L'autoroute du Sud', la premières des huit nouvelles de ce recueil.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Cacha
  09 novembre 2018
Je viens de terminer cette série de nouvelles toutes plus insolites les unes que les autres, depuis l'histoire d'un embouteillage de plusieurs mois (sic !) sur l'autoroute du sud le jour des grands retours des vacanciers jusqu'à celle qui a donné son titre au livre et qui est sublimée par la voix d'André Dussollier sur le CD qui accompagne le livre.
Ma préférée, la plus émouvante à mon avis et celle qui m'a marquée : "Mademoiselle Cora" (une jeune infirmière qui soigne et apporte du réconfort à un adolescent malade).
Mais toutes sont empreintes de nostalgie et, antinomiquement, d'"horreur douce" sur la condition humaine.
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clairejeanne
  24 mai 2018
La première des huit nouvelles présentées ici est peut-être la plus marquante ; encore que... il y en a plusieurs autres qu'on ne risque pas d'oublier non plus ! de véritables coups de poing ces histoires : il y a le sujet traité bien sûr, mais on a l'impression que Julio Cortazar pourrait s'emparer de n'importe quel thème avec autant de réussite, et l'écriture vive, précise, intense.
Le genre de livre dont le lecteur s'aperçoit tout à coup qu'il a lu plusieurs pages en apnée.
La première nouvelle donc, raconte un embouteillage, mais pas n'importe quel embouteillage : un gigantesque amas de voitures sur l'autoroute du Sud, coincées les unes contre les autres, et ce, pendant longtemps puisque plusieurs saisons vont passer. Tout commence de façon tout à fait normale mais soudain on se dit que ce n'est pas possible, que c'est exagéré ; mais comme l'auteur continue à raconter son histoire, le lecteur, lui, est bien obligé de continuer d'y croire, d'autant que le décalage avec une réalité possible est vraiment mince.
Ce petit récit "L'autoroute du Sud" écrit en 1964 cite des noms de voitures qui n'existent plus bien sûr mais cela apporte une intemporalité qui va de pair avec l'étonnant et l'extraordinaire...
Dans "La santé des malades" l'auteur raconte l'histoire d'une famille dont on ne peut rien dire à la mère du fait de sa santé trop fragile ; alors tous la trompent quand un malheur arrive, mais est-elle vraiment dupe ? Et les membres de cette famille ne finissent-ils par croire à leurs mensonges ?
Et puis il y a "Réunion" où il semble bien au lecteur que Che Guevara a pris la parole pour raconter un épisode de sa courte vie, "Mademoiselle Cora" sur les rapports entre un jeune patient et son infirmière dont la fin est tout à fait glaçante, et les autres courts récits tout aussi extraordinaires, objets littéraires plutôt originaux, à la psychologie fouillée et souvent constitués de longues phrases qui coupent le souffle.
Premières phrases : " Au début, la jeune fille de la Dauphine aurait bien voulu compter les heures, mais l'ingénieur de la 404 n'en voyait pas l'intérêt. Tout le monde pouvait regarder sa montre mais c'était comme si ce temps attaché au poignet ou le bip bip de la radio mesurait autre chose, par exemple le temps de ceux qui n'avaient pas fait la bêtise de vouloir rentrer à Paris par l'autoroute du Sud un dimanche après-midi et qui n'avaient pas dû, dès après Fontainebleau, se mettre au pas, s'arrêter, six files de chaque côté (on sait que les dimanches l'autoroute est réservée exclusivement à ceux qui rentrent à Paris), remettre le moteur en marche, avancer de trois mètres, s'arrêter, bavarder avec les deux religieuses dans la 2 CV à droite, avec la fille de la Dauphine à gauche, regarder dans le rétroviseur l'homme au teint pâle qui est au volant d'une caravelle, envier ironiquement le bonheur du couple de la 203 (derrière la Dauphine) qui joue avec leur petite fille, plaisantant et mangeant du fromage, ou être exaspéré par les deux petits jeunes gens de la Simca qui précède la 404 et même descendre aux arrêts et explorer un peu les alentours sans trop s'éloigner..."
A lire - ou à relire - c'est de la très bonne littérature !
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batlamb
  15 juillet 2019
Plus je lis Cortazar, et plus il m'impressionne par sa versatilité. Chez lui, chaque aspect du réel peut déchaîner une tempête d'idées. Au milieu de ces embruns, il érige sa petite île quasi-fantastique, située « à midi », comme le décrit la nouvelle centrale de ce recueil, qui est sans doute ma préférée.
Ses idées ne sont pas seulement des histoires, mais aussi des manières de les raconter : dans la nouvelle éponyme et dans « Mademoiselle Clara », Cortazar adopte un maillage de focalisations internes, qui se traduit par des va-et-viens incessants entre narrateurs, sans que le texte nous indique clairement qui parle. Je ne cache pas que c'est un peu épuisant à lire, mais l'intensité ainsi créée est assez fascinante, et confère à ces récits une dramaturgie digne du Colisée.
Cortazar rend aussi hommage à certaines figure tutélaires, comme celle du poète Lautréamont, qui hante le dernier texte. A qui d'autre pourrait se référer la figure de ce Sud-Américain dépourvu d'accent espagnol, tapis dans les passages nocturnes, en mal d'aurore ? Ses yeux de fantômes, tout à fait ailleurs, font dériver ce texte hors du temps (littéralement : pour vous en convaincre, restez attentifs aux repères chronologiques énoncés par le narrateur).
Et c'est vrai qu'il y a du Lautréamont chez Cortazar, dans ses phrases tortueuses, dont les virgules sont comme autant de volutes de la pensée, de l'imagination, qui se déploient à un rythme fiévreux, où le lecteur peut aisément se perdre ou se décourager, laissé sur le bas-côté de l'autoroute, comme le conducteur de la voiture "Floride" qui, excédé, quitte le recueil dès la moitié du premier récit, "L'autoroute du sud". Une impatience un peu regrettable mais compréhensible quand on n'adhère pas à ce nouveau rythme qui nous est imposé.
Et pourtant, ceux qui suivront Julio jusqu'au bout des embouteillages surréalistes de sa pensée pourront se surprendre à pousser des soupirs mélancoliques une fois chaque histoire achevée. Car dans ces machines à la route hasardeuse, il y a des humains pas si fantomatiques.
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Dez54
  14 septembre 2019
Julio Cortázar, auteur argentin majeur du XXème siècle nous offre un recueil de nouvelles brillant et habile au ton surréaliste et onirique.

Le recueil démarre sur une scène d'embouteillage qui s'étire à l'extrême dans le temps, passent les heures puis les jours… La vie s'organise peu à peu entre conducteurs et passagers coincés sur l'autoroute. Après ce début marquant, suivent d'autres nouvelles également réussies comme La santé des malades (où les membres d'une famille cachent la mauvaise santé de son entourage à leur mère) ou encore Directives pour John Howell (où un spectateur trainé de force pour jouer une pièce essaie désespérément d'en changer la fin).

Dans toutes ces nouvelles, Cortázar joue avec les mots comme un pianiste virtuose joue avec les touches. Il manipule l'espace et le temps, place opportunément des effets de miroirs, joue sur la subjectivité des narrateurs et slalome entre la vie et la mort, le rêve, la fiction et la réalité. Comme pour son autre recueil Fin d'un jeu, il est exigeant avec son lecteur, l'obligeant souvent à prendre quelques minutes après chaque nouvelle pour en trouver le sens.

Un livre parfois déroutant mais aussi savoureux que subtil, un bon cru.
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tentations
  25 septembre 2012
Au Panthéon de mes écrivains favoris, Julio Cortazar. Les surréalistes avaient inventé la locution quotidien merveilleux, Cortazar l'expérimente. Tout est toujours en subtil décalage dans le temps et l'espace, pour ne nous être pas complètement étrangers, mais pas totalement familier non plus, de manière à faire sourdre une légère angoisse. Comme cet embouteillage qui dure assez longtemps pour que des relations de pouvoir, de sexe, d'amour ou de haine naissent, et qui se disloque de manière aussi incompréhensible qu'il s'était formé... Rien n'est donc plus inquiétant que la trame du quotidien si elle est amenée à se disloquer, Cortazar sait la lire plus que tout autre. Toute l'oeuvre est à lire !
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
MelleBrightsideMelleBrightside   28 juin 2019
Ce n'était pas une hallucination cette fois, il me suffisait de penser à toutes ces années que nous avions vécues si proches l'un de l'autre, partageant la politique, les femmes et les livres, nous retrouvant tous les jours à l’hôpital ; chacun de ses gestes m'était si familier, et ses gestes n'étaient pas seulement les siens, ils s'étendaient à tout mon monde d'alors, à moi-même; à ma femme, à mon père, ils s'étendaient à mon journal et à ses articles ampoulés, à mon café de midi avec les médecins de garde, à mes lectures, à mes films et à mes idéaux.
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SnarkkSnarkk   03 mars 2015
Et sur l'antenne de sa radio flottait follement le petit drapeau à croix rouge et l'on roulait à quatre-vingts à l'heure vers les lumières qui se rapprochaient peu à peu, sans que l'on sache bien pourquoi tant de hâte, pourquoi cette course dans la nuit entre autos qui ne se connaissaient pas, où personne ne savait rien des autres, où tout le monde regardait fixement de l'avant, exclusivement de l'avant.
+ Lire la suite
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MaphilMaphil   09 octobre 2017
Et sur l'antenne de sa radio flottait follement le petit drapeau à croix rouge et l'on roulait à quatre-vingts à l'heure vers les lumières qui se rapprochaient peu à peu, sans que l'on sache bien pourquoi tant de hâte, pourquoi cette course dans la nuit entre autos qui ne se connaissaient pas, où personne ne savait rien des autres, où tout le monde regardait fixement de l'avant, exclusivement de l'avant
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JohannSuterJohannSuter   18 octobre 2017
...ces gens-là ne pouvaient accepter une mutation qui mettait à nu les motifs véritables de leur pitié, facile et sur commande, de leur charité bien ordonnée et orchestrée, de leur dévouement pour ceux de leur caste, de leur antiracisme de salon, de leur catholicisme avec dividende et fêtes carillonnées, de leur littérature molle, de leur folklore avec bol à maté cerclé d'argent, de leurs réunions de ministres à genoux, de leur stupide agonie, inévitable à plus ou moins longue échéance.
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MelleBrightsideMelleBrightside   28 juin 2019
Il avait déjà la peau brulée de soleil et de vent quand il se déshabilla pour plonger du haut d'un rocher ; l'eau était froide et cela lui fit du bien, il se laissa entrainer par des courants insidieux jusqu'à l'entrée d'une grotte, repartit vers la haute met, s'abandonna sur le dos, accepta tout en un seul acte de conciliation qui était aussi un nom pour le futur.
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Videos de Julio Cortázar (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julio Cortázar
Je touche tes lèvres
texte © Julio Cortázar, tous droits réservés musique, instruments, voix, montage vidéo © Franklin Hamon, tous droits réservés https://www.facebook.com/pg/poesie.dailleurs/
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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