AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Laure Bataillon (Traducteur)
EAN : 9782070770274
196 pages
Gallimard (29/04/2004)
3.97/5   79 notes
Résumé :
Qui de nous ne s'est jamais trouvé pris dans un embouteillage? Qui n'a pas tenté de tuer le temps en observant les passagers des voitures voisines, en essayant de gagner quelques mètres sur eux et en échangeant des pronostics, bons ou mauvais, sur le développement de la situation? Mais que se passe-t-il si l'embouteillage dure des jours, des semaines, des mois? C'est ce que Cortazar imagine dans 'L'autoroute du Sud', la premières des huit nouvelles de ce recueil.>Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
3,97

sur 79 notes
5
7 avis
4
6 avis
3
2 avis
2
1 avis
1
0 avis

Bookycooky
  07 octobre 2021
Eh bien par pur hasard, après "Feu" de Maria Pourchet, j'enchaîne avec "Tous les Feux le Feu " de l'écrivain argentin Julio Cortazar, dont c'est ma première rencontre grâce au billet d'un ami babeliote c128057 ( agent secret babeliote 😁, aah ces pseudos !), que je remercie en passant. J'espère que ce Feu qui me poursuit est de bonne augure 😊!
Ceux sont des nouvelles, genre que j'adore ( je sais, peu apprécié sur Babelio 😊), et débute avec une histoire très forte avec une chute irrésistible, celle d'un embouteillage sur l'Autoroute du Sud ( le titre) , qui a d'ailleurs inspiré une comédie au cinéaste italien Luigi Comencini, "L'ingorgo". Un embouteillage surréaliste qui bloque la route pour une éternité va créer une micro société, où les personnages sont désignés par leurs voitures et où La Ford Mercury et une Porsche en profiteront pour faire du traffic de victuailles 😁.....
Par la suite on assiste à une pieuse comédie joué en famille, on rencontre Che Guevara asthmatique, sans ventoline qui débarque à Cuba avec 81 guérillas pour renverser Battista, un steward italien qui s'amourache d'une île grecque, un ado à l'hosto qui veut jouer les grands avec l'infirmière, un clin d'oeil au théâtre de Peter Brook,metteur en scène britannique qui jette les conventions du théâtre, le bon goût et le savoir-vivre, et propose des formes différentes, des récits improvisés,.....et dans la nouvelle qui donne son nom au titre, la tromperie, le jeu de dupes, la mesquinerie des hommes et la violence des sentiments qui finiront par tout embraser.
On n'est pas loin du fantastique, l'auteur change de genre d'une nouvelle à l'autre, brouille nos repères spatio-temporels et narratifs , joue sur des effets de style pour corser des anecdotes banales, bref c'est surprise à chaque coût et réjouissant !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9411
Cacha
  09 novembre 2018
Je viens de terminer cette série de nouvelles toutes plus insolites les unes que les autres, depuis l'histoire d'un embouteillage de plusieurs mois (sic !) sur l'autoroute du sud le jour des grands retours des vacanciers jusqu'à celle qui a donné son titre au livre et qui est sublimée par la voix d'André Dussollier sur le CD qui accompagne le livre.
Ma préférée, la plus émouvante à mon avis et celle qui m'a marquée : "Mademoiselle Cora" (une jeune infirmière qui soigne et apporte du réconfort à un adolescent malade).
Mais toutes sont empreintes de nostalgie et, antinomiquement, d'"horreur douce" sur la condition humaine.
Commenter  J’apprécie          230
clairejeanne
  24 mai 2018
La première des huit nouvelles présentées ici est peut-être la plus marquante ; encore que... il y en a plusieurs autres qu'on ne risque pas d'oublier non plus ! de véritables coups de poing ces histoires : il y a le sujet traité bien sûr, mais on a l'impression que Julio Cortazar pourrait s'emparer de n'importe quel thème avec autant de réussite, et l'écriture vive, précise, intense.
Le genre de livre dont le lecteur s'aperçoit tout à coup qu'il a lu plusieurs pages en apnée.
La première nouvelle donc, raconte un embouteillage, mais pas n'importe quel embouteillage : un gigantesque amas de voitures sur l'autoroute du Sud, coincées les unes contre les autres, et ce, pendant longtemps puisque plusieurs saisons vont passer. Tout commence de façon tout à fait normale mais soudain on se dit que ce n'est pas possible, que c'est exagéré ; mais comme l'auteur continue à raconter son histoire, le lecteur, lui, est bien obligé de continuer d'y croire, d'autant que le décalage avec une réalité possible est vraiment mince.
Ce petit récit "L'autoroute du Sud" écrit en 1964 cite des noms de voitures qui n'existent plus bien sûr mais cela apporte une intemporalité qui va de pair avec l'étonnant et l'extraordinaire...
Dans "La santé des malades" l'auteur raconte l'histoire d'une famille dont on ne peut rien dire à la mère du fait de sa santé trop fragile ; alors tous la trompent quand un malheur arrive, mais est-elle vraiment dupe ? Et les membres de cette famille ne finissent-ils par croire à leurs mensonges ?
Et puis il y a "Réunion" où il semble bien au lecteur que Che Guevara a pris la parole pour raconter un épisode de sa courte vie, "Mademoiselle Cora" sur les rapports entre un jeune patient et son infirmière dont la fin est tout à fait glaçante, et les autres courts récits tout aussi extraordinaires, objets littéraires plutôt originaux, à la psychologie fouillée et souvent constitués de longues phrases qui coupent le souffle.
Premières phrases : " Au début, la jeune fille de la Dauphine aurait bien voulu compter les heures, mais l'ingénieur de la 404 n'en voyait pas l'intérêt. Tout le monde pouvait regarder sa montre mais c'était comme si ce temps attaché au poignet ou le bip bip de la radio mesurait autre chose, par exemple le temps de ceux qui n'avaient pas fait la bêtise de vouloir rentrer à Paris par l'autoroute du Sud un dimanche après-midi et qui n'avaient pas dû, dès après Fontainebleau, se mettre au pas, s'arrêter, six files de chaque côté (on sait que les dimanches l'autoroute est réservée exclusivement à ceux qui rentrent à Paris), remettre le moteur en marche, avancer de trois mètres, s'arrêter, bavarder avec les deux religieuses dans la 2 CV à droite, avec la fille de la Dauphine à gauche, regarder dans le rétroviseur l'homme au teint pâle qui est au volant d'une caravelle, envier ironiquement le bonheur du couple de la 203 (derrière la Dauphine) qui joue avec leur petite fille, plaisantant et mangeant du fromage, ou être exaspéré par les deux petits jeunes gens de la Simca qui précède la 404 et même descendre aux arrêts et explorer un peu les alentours sans trop s'éloigner..."
A lire - ou à relire - c'est de la très bonne littérature !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
batlamb
  15 juillet 2019
Plus je lis Cortazar, et plus il m'impressionne par sa versatilité. Chez lui, chaque aspect du réel peut déchaîner une tempête d'idées. Au milieu de ces embruns, il érige sa petite île quasi-fantastique, située « à midi », comme le décrit la nouvelle centrale de ce recueil, qui est sans doute ma préférée.
Ses idées ne sont pas seulement des histoires, mais aussi des manières de les raconter : dans la nouvelle éponyme et dans « Mademoiselle Clara », Cortazar adopte un maillage de focalisations internes, qui se traduit par des va-et-viens incessants entre narrateurs, sans que le texte nous indique clairement qui parle. Je ne cache pas que c'est un peu épuisant à lire, mais l'intensité ainsi créée est assez fascinante, et confère à ces récits une dramaturgie digne du Colisée.
Cortazar rend aussi hommage à certaines figure tutélaires, comme celle du poète Lautréamont, qui hante le dernier texte. A qui d'autre pourrait se référer la figure de ce Sud-Américain dépourvu d'accent espagnol, tapis dans les passages nocturnes, en mal d'aurore ? Ses yeux de fantômes, tout à fait ailleurs, font dériver ce texte hors du temps et de l'espace (littéralement).
Et c'est vrai qu'il y a du Lautréamont chez Cortazar, dans ses phrases tortueuses, dont les virgules sont comme autant de volutes de la pensée, de l'imagination, qui se déploient à un rythme fiévreux, où le lecteur peut aisément se perdre ou se décourager, laissé sur le bas-côté de l'autoroute, comme le conducteur de la voiture "Floride" qui, excédé, quitte le recueil dès la moitié du premier récit, "L'autoroute du sud". Une impatience un peu regrettable mais compréhensible quand on n'adhère pas à ce nouveau rythme qui nous est imposé.
Et pourtant, ceux qui suivront Julio jusqu'au bout des embouteillages surréalistes de sa pensée pourront se surprendre à pousser des soupirs mélancoliques une fois chaque histoire achevée. Car dans ces machines à la route hasardeuse, il y a des humains pas si fantomatiques.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
chroniqueslivresques
  26 octobre 2021
Je ne sais pas pourquoi, mais je me doutais que ça allait marcher entre monsieur Cortazàr et moi, et résultat, ça n'a pas manqué : j'ai eu un gros coup de coeur pour "Tous les feux le feu".
Avant de parler des 8 nouvelles présentes dans ce recueil, je dois dire que ce que j'ai adoré par dessus tout, c'est la plume de l'auteur : Julio Cortázar est un écrivain argentin, principalement "surréaliste" tout comme pouvait l'être Jorge Luis Borges, mais plus ludique dans l'écriture que celui-ci. La plume de Cortazàr m'a conquise car tout en étant abordable, elle reste très originale et reconnaissable entre mille, ceci par la présence de petits détails. On a souvent de très longues phrases sans ponctuations rapportant des dialogues indirectes, une plume tantôt comique tantôt tragique qui peut basculer très vite d'un ton à l'autre, et un réalisme magique à peine effleuré dans certaines histoires, qui rajoute une saveur toute particulière à l'ensemble de ses récits.
Mais ce n'est pas que cela qui a rendu ma rencontre avec cet auteur excellente, car parmi les 8 histoires présentes dans ce recueil, pas une seule ne m'a déçu. Si je dois vous parler de mes 3 préférées :
- "L'autoroute du Sud" est ma nouvelle préférée du recueil. le pitch : des automobilistes se retrouvent coincés dans un embouteillage de plusieurs jours et doivent s'organiser dans leur micro-société pour survivre. La situation est absurde, mais le récit est extrêmement puissant : en 30 pages, je me suis attaché à l'intégralité des personnages et j'ai eu beaucoup de peine à devoir les quitter. D'ailleurs, tous ces personnages nous sont présentés un peu abruptement au début et il faut s'accrocher (ce que l'auteur fait aussi dans d'autres nouvelles de ce recueil) ; cela peut paraître déstabilisant mais j'ai trouvé ça extrêmement original. Tout est absolument génial dans cette histoire, c'est une claque.
- "Directives pour John Howell" : ici c'est le côté absurde et comique de la plume de l'auteur qui est présenté : un homme se fait recruter dans le public au dernier moment pour jouer la pièce de théâtre qu'il est venu voir, à la base. Beaucoup de flou et d'humour dans cette histoire, c'est ce que j'ai adoré.
- "Tous les Feux le Feu" : La nouvelle qui donne le titre au recueil, basé sur une double temporalité entre un combat de gladiateurs et une histoire d'adultère contemporaine (!). Encore une fois très originale, qui commence de façon déstabilisante et finit tragiquement. Je pense que c'est d'ailleurs le fil rouge que l'on peut retrouver entre toutes les nouvelles de ce recueil, car à peu près toutes les histoires sont construites de cette manière.
Les 2 nouvelles abordant le thème de la guerre, "Réunion" et "L'autre ciel", ont une construction différente, où dans l'une l'auteur développe un peu plus le côté poétique de sa plume tandis que dans l'autre le lecteur est brouillé par le personnage principal qui arrive à voyager entre deux époques : la fin de la Seconde Guerre Mondiale à Paris et la fin de la guerre de 70 à Buenos Aires. Ce sont les deux nouvelles qui m'ont un peu moins marquées (même si ça reste excellent).
Avec cette découverte, je place Julio Cortázar dans la liste de mes auteurs préférés du moment (avec Dan Simmons et Ray Bradbury). Ça sera sûrement une de mes meilleures lectures de 2021, et je ne suis que joie d'avoir enfin pu découvrir ce recueil qui me faisait de l'oeil depuis pas mal de temps. Je vous le recommande absolument, c'est pour moi un petit bijou de la littérature espagnol.
Bon, sur ce je vous laisse, je pars dévorer l'intégralité des romans de l'auteur (en plus il paraît que "Tous les feux le feu" n'est pas le plus côté de ses livres, c'est génial non ?).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          21

Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
oliviersavignatoliviersavignat   03 juin 2020
Grimpé sur le toit de sa Simca, la joyeuse vigie eut soudain l'impression que l'horizon avait changé (c'était le soir, un soleil jaune coulait sa lumière rasante et pauvre) et que quelque chose d'inconcevable était en train de se passer à cinq cent mètres, à trois cent mètres, à deux cent cinquante.

L'autoroute du Sud
Commenter  J’apprécie          110
MelleBrightsideMelleBrightside   28 juin 2019
Ce n'était pas une hallucination cette fois, il me suffisait de penser à toutes ces années que nous avions vécues si proches l'un de l'autre, partageant la politique, les femmes et les livres, nous retrouvant tous les jours à l’hôpital ; chacun de ses gestes m'était si familier, et ses gestes n'étaient pas seulement les siens, ils s'étendaient à tout mon monde d'alors, à moi-même; à ma femme, à mon père, ils s'étendaient à mon journal et à ses articles ampoulés, à mon café de midi avec les médecins de garde, à mes lectures, à mes films et à mes idéaux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
JohannSuterJohannSuter   18 octobre 2017
...ces gens-là ne pouvaient accepter une mutation qui mettait à nu les motifs véritables de leur pitié, facile et sur commande, de leur charité bien ordonnée et orchestrée, de leur dévouement pour ceux de leur caste, de leur antiracisme de salon, de leur catholicisme avec dividende et fêtes carillonnées, de leur littérature molle, de leur folklore avec bol à maté cerclé d'argent, de leurs réunions de ministres à genoux, de leur stupide agonie, inévitable à plus ou moins longue échéance.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
lehibooklehibook   28 janvier 2022
Mais quelle tâche amère, désespérée ,celle d'être un musicien d'hommes et de composer par-delà la boue , la mitraille et le desespoir, ce chant que nous avions cru impossible ,le chant qui rejoindrait la cime des arbres et la terre rendue à ses enfants .
Commenter  J’apprécie          40
SnarkkSnarkk   03 mars 2015
Et sur l'antenne de sa radio flottait follement le petit drapeau à croix rouge et l'on roulait à quatre-vingts à l'heure vers les lumières qui se rapprochaient peu à peu, sans que l'on sache bien pourquoi tant de hâte, pourquoi cette course dans la nuit entre autos qui ne se connaissaient pas, où personne ne savait rien des autres, où tout le monde regardait fixement de l'avant, exclusivement de l'avant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Julio Cortázar (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julio Cortázar
Julio CORTÁZAR – Un siècle d'écrivains : 1914–1984 (DOCUMENTAIRE, 1998) Émission « Un siècle d'écrivains », numéro 173, diffusée sur France 3, le 4 novembre 1998, et réalisée par Chantal Rémy et Gérard Poitou-Weber.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
autres livres classés : littérature argentineVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Lycée de Bagatelle #Continuité des parcs de Cortazar

Dans quoi est assis le personnage?

un fauteuil en velours vermeil
un fauteuil en velours violet
un fauteuil en velours vert

6 questions
60 lecteurs ont répondu
Thème : Julio CortázarCréer un quiz sur ce livre