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ISBN : 2072720192
Éditeur : Gallimard (24/08/2017)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Il existe à travers le monde une légende presque universelle, selon laquelle on ne peut pas construire un monument si un être humain n'est pas sacrifié. Sinon, le bâtiment s'écroule, et s'écroule toutes les fois qu'on essaye de le remonter. Pour conjurer cette malédiction, il faut emmurer quelqu'un de vivant dans les fondations. On recense plus de sept cents versions de cette histoire. Celle de la Grande Arche de la Défense est la plus récente.
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Critiques, Analyses & Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  13 octobre 2017
Absolument passionnant, ce livre sur la Grande Arche de la Défense nous raconte une tragédie, celle de son architecte danois qui a démissionné et est mort avant de voir la fin de la construction de son projet. Un rêve devenu cauchemar.
Quand en 1983, Johan Otto von Spreckelsen gagne le concours international anonyme pour le projet Tête Défense devant marquer l'axe historique de Paris, son projet, un cube évidé qui forme une arche, emporte l'enthousiasme de beaucoup et surtout celui du président Mitterrand. Mais l'architecte professeur n'a que cinq réalisations à son actif : sa maison et quatre petites églises, et pas de cabinet d'études.
Ce qui fait que le temps passant, les difficultés à s'accorder sur la réalisation entre le maître d'ouvrage et le maître d'oeuvre ne font que s'accroître — Spreckelsen est un perfectionniste, il accepte difficilement les modifications indispensables à la viabilité de son projet. A cela il faut ajouter les différences de culture, et surtout le changement de majorité : en 1986 le nouveau gouvernement Chirac souhaite privatiser l'édifice. Beaucoup trop de divergences et d'aléas qui conduisent Spreckelsen à la démission. Il renonce à signer le bâtiment :  « Il n'avait en tête que sa superbe épure et la certitude qu'on allait l'abîmer », et meurt un an plus tard, deux ans avant l'inauguration de L'Arche.
Pour rapporter cette histoire édifiante à de nombreux points de vue : notamment les agissements de la classe politique, de droite comme de gauche, et ceux de ses amis, l'auteure, sans jamais se départir de son sens de l'humour, a fait un remarquable travail d'enquête. Elle a rencontré les nombreux protagonistes de ce presque fiasco qu'a été la construction de la Grande Arche de la Défense. Vaste gâchis, sauf si l'on considère ce monument comme un très bel ouvrage, le chef-d'oeuvre architectural d'un grand et beau danois.
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nadejda
  12 février 2016
Roman-enquête passionnant qui montre toutes les implications de la construction de la Grande Arche et permet de mesurer la complexité d'un projet architectural tel que celui-là sur le plan technique, la mise en oeuvre du chantier, et toutes les luttes d'influence qui viennent s'agglutiner autour des enjeux qu'entraîne son envergure.
Si la mise en oeuvre du projet et les contraintes de la construction de ce monument vont être une suite de défis, l'écriture de Laurence Cossé en relève un autre car, nous dit-elle, avec l'humour qui se retrouve tout au long de ce roman-enquête :
"La littérature fait courir des risques dont l'auteur n'avait pas idée avant de s'y lancer, sans quoi il aurait préféré l'ethnographie ou le saut à la perche.(...)
Je savais que l'approximation et la précarité gouvernent les amours humaines, les relations sociales, les pouvoirs quels qu'ils soient, les entreprises artistiques, la préparation des entremets, les illuminations religieuses, mais je croyais qu'il existait dans l'univers un ordre de réalité frère, immuable , en un mot sûr, qui précisément était la technique. Tout ce qui est béton, marbre ou acier me semblait être du solide. Et je découvre en travaillant la différence entre précontrainte (du béton) et postmodernité que l'incertain règne là comme ailleurs." p 191
Ce pourrait n'être qu'une comédie grinçante, illustrant le cynique affrontement des pouvoirs politiques et les luttes d'intérêt, dans le choix des décisions concernant les projets qui se sont succédés au cours des trente années écoulées entre les premières interrogations des années soixante, pour combler le trou de la Défense, et l'inauguration de la Grande Arche lors des commémorations du bicentenaire de la révolution française.
Mais ce fut aussi le drame d'un homme, l'architecte danois Johan Otto von Spreckelsen, dont le projet est retenu le 25 mai 1983, suite au concours international lancé au début de la présidence de Mitterrand.
Laurence Cossé remarque à propos de la nuit de voyage en train de Spreckelsen qui rejoint Paris après avoir appris que son projet était retenu : "Peut-être la nuit qui suivit a-t-elle été la plus heureuse de la vie de Spreckelsen. Y a-t-il gloire plus pure que celle qui couronne un inconnu sans ambition autre qu'artistique, non pas au terme d'une intrigue, ou d'une lutte de pouvoir ou de quelque autre stratégie sociale, mais à l'issue d'un concours anonyme, en reconnaissance de la force et de la beauté d'une oeuvre d'art ? Y a-t-il joie plus claire ?"
La joie première va vite être obscurcie par une suite de malentendus et d'incompréhensions qui aboutiront à la démission de Spreckelsen.
Cet homme exigeant et intègre, cet artiste, ce poète, va devoir s'incliner après s'être épuisé à tenter de contourner les exigences budgétaires et les contraintes techniques pour préserver l'âme de son oeuvre. Il ne s'attendait pas à tous les obstacles qui allaient surgir, croyant naïvement que la faveur et le soutien amical d'un président de la République que ce projet passionnait, lui en garantissait l'aboutissement.
Même si le résultat n'est pas celui dont rêvait son initiateur l'Arche est là, elle existe et vit.
Les pages magnifiques du chapitre 25 du roman en témoignent :
"Faire à pied ces huit kilomètres entre le Louvre et La Défense , un jour de grand beau temps et tôt le matin, avant que n'enfle la circulation, est l'approche de l'Arche à la fois la plus simple et celle qui, loin de la dévoiler un peu plus chaque mètre, conformément à une loi de progression linéaire, en fait entrevoir par à-coups ce qui l'apparente au mirage, la légèreté, le mystère, la grâce, la vie. On la voit disparaître lentement à l'horizon, comme le soleil au couchant, à ceci près que la luminosité est constante, puis en émerger d'un coup, à l'Etoile, tableau de ciel sur fond de ciel, et croître formidablement en taille, en blancheur, en splendeur .
Ce mouvement superbe, cette lente plongée et cette soudaine émergence, Johan Otto von Spreckelsen ne l'a jamais observé. Parmi tous les marcheurs qui avancent vers l'Arche, parmi les passants qui s'arrêtent à sa vue, puisse l'un ou l'autre, un instant, avoir une pensée pour celui qui n'aura pas vu la Forme très pure dont il avait eu la vision."
Je remercie les éditions Gallimard et Babelio pour la lecture de ce livre qui m'a fait découvrir, entre autres, toutes les méandres que peut suivre un projet architectural jusqu'à son aboutissement. Une aventure passionnante !!!
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Kittiwake
  05 mars 2016
Sous le titre La grande arche, on lit « roman ». Si l'on s'en réfère à la définition du Larousse, on trouve ceci
«  Oeuvre d'imagination constituée par un récit en prose d'une certaine longueur, dont l'intérêt est dans la narration d'aventures, l'étude de moeurs ou de caractères, l'analyse de sentiments ou de passions, la représentation du réel ou de diverses données objectives et subjectives ; genre littéraire regroupant les oeuvres qui présentent ces caractéristiques ».
Certes, on retrouve dans La grande arche des études de moeurs ou de caractères, l'analyse de sentiment peut-être, et de données objectives, oui. Mais les deux premiers mots de la définition évoquent quand même une oeuvre imaginaire. Et là on ne répond pas au cahier des charges; ce récit tient plus de l'enquête journalistique que du roman. Les faits sont là et sont décrits, avec passion et et rigueur, mais sont loin d'être imaginaires.
Roman ou pas, l'histoire de ce monument de Paris, élevé par la volonté d'un président qui voulait « graver son histoire dans le verre ou dans la pierre «  comme le dit la chanson, mérite-t-elle qu'on s'y intéresse?
Les férus d'architecture pourront y trouver leur compte. Les lecteurs passionnés d'intrigues politiciennes aussi. Les férus d'architectures passionnés d'intrigues politiciennes connaitront l'extase. Personnellement hélas ce n'est pas mon cas. La lecture a donc été assez fastidieuse, par incompréhension des descriptions de volumes, orientation, proportions….(un encart photographique aurait été très utile pour illustrer la construction, les personnages, mais aussi les dessins de chantier qui sont évoqués), par agacement de redécouvrir et de confirmer ce que l'on sait déjà, à savoir que les deniers publics n'ont pas toujours une utilisation optimale. le seul aspect qui m'a accroché est la personnalité de l'architecte Spreckelsen, ce danois tourmenté, qui n'aura pas vu le résultat final de sa création (ni la dégradation de la bâtisse dans les décennies qui vont suivre et c'est sans doute mieux ainsi).
L'auteur a accompli un énorme travail de documentation, avec une rigueur certaine. Et son intention est énoncée clairement d'en faire une oeuvre poétique. C'est un défi irrationnel : comment donner à des interviews, des dialogues de personnalités influentes un ton musical? Comment s'émouvoir sur la différence entre bâton armé et béton précontraint?
L'écriture est élégante (les nombreuses réserves que j'émets ne concernent pas le talent d'écrivain de l'auteur, certains paragraphes sont superbes, quand ils parlent de la difficulté de ce travail d'écriture), mais on trouve beaucoup de redites, sans utilité.
Par ailleurs certaines anecdotes semblent hors de propos : l'histoire de la poule rousse, le chapitre sur Karen Blixen.
Pourquoi ces deux paragraphes identiques en début de chapitre, l'un sans ponctuation, l'autre avec?
Enfin, pourquoi la grande arche? A cause de l'architecte un peu fou? de la vanité des ses commanditaires? de son inutilité hormis de constituer une perspective sur l'axe historique de la capitale? Pourquoi pas l'opéra Bastille ou la cité des sciences, sûrement concernés par de croustillantes anecdotes politico-architecturales aussi?
Que restera t-il de cette lecture? Lorsque je passerai à la Défense, je saurai que le nuage n'est pas une bâche provisoire, je remarquerai la structure métallique à l'intérieur qui sert de chassis pour les ascenseurs (que l'on ne peut pas utiliser si j'ai bien compris), et j'aurai une pensée pour le danois obstiné qui l' a conçu. C'est un résultat non négligeable.
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Lolokili
  11 mars 2016
Ce pourrait être une fable, l'Arche et l'Architecte… l'image de ces deux "protagonistes" illustrant la cruelle et captivante analyse d'un projet au destin aussi maudit que celui de son créateur, Johan Otto von Spreckelsen, danois quasi méconnu du grand public en dépit de son incontestable paternité.
C'est que Spreckelsen, à la fois rigoureux et profondément idéaliste, aura dû appréhender à ses dépens les ahurissants méandres de la tergiversation à la française (pas bien reluisante ici, il faut l'admettre) jusqu'à finir par s'auto-exclure définitivement du projet tant il lui semblait s'éloigner de sa vision créatrice initiale.
La Grande Arche de la Défense quant à elle semble familière à beaucoup d'entre nous, au point sans doute que de mon côté je n'ai jamais cherché à savoir ce que ce monument de simplicité et d'audace mêlées recelait de controverses ou de méprisables secrets.
Ces deux personnages, de chair pour l'un, de béton pour l'autre, Laurence Cossé les installe en miroir au coeur de cette édification hors normes qui conjugue à parts égales prodigieux défis techniques et sombres magouilles politiciennes.
Documentaire architectural, chronique politique et portrait psychologique oscillant souvent entre ironie et compassion, ce roman peut paraître parfois décousu, de temps à autre un peu confus, mais il n'en reste pas moins passionnant et incite bien sûr à ré-apprivoiser la Grande Arche sous cet autre éclairage, amplement documenté et surtout inédit.
Ҩ
Merci beaucoup à Babelio et aux éditions Gallimard (avec mes plus plates excuses pour le petit retard)

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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tynn
  20 mars 2016
Si l'urbanisation du quartier de la Défense vous intéresse, Laurence Cossé a effectué un travail de bénédictin pour tout nous apprendre sur la longue gestation du projet et sur l'édification de la Grande Arche.
Son travail de documentation est impressionnant. Il a en effet matière à creuser!
Les péripéties du chantier ont été nombreuses entre la "valse hésitation" des décisions politiques et la complexité de l'ouvrage. L'architecte danois Johan Otto von Spreckelsen, artiste sans concession, a fini par jeter l'éponge devant tant d'atermoiements. Un homme "arlésienne", peu présent sur le chantier et qui meurt rapidement après ce torpillage professionnel. Il est sans nul doute le personnage le plus incongru de cette histoire, le "sacrifié" sur l'autel de la gabegie, quasi inconnu et oublié quand sa vision architecturale enfin réalisée est si intégrée à notre univers parisien.
On peut s'étonner de trouver ce sujet documentaire dans cette collection de Flammarion. le récit est un enquête aux personnages réels, une épopée contemporaine d'hommes de pouvoir, de fonctionnaires de cabinets, de commissions, concours et d'incurie de maitrise d'ouvrage. On imagine fort bien Mitterand en Sphinx dans ses fonctions régaliennes et ses visions pharaoniques de Grands Travaux, les luttes d'influence et de jalousie des architectes et ingénieurs, Jack Lang et son entregent...un brouet à la française!
Avec le recul, navrant autant que tragique pour notre ego de franchouillard et nos finances d'Etat.
Nous reste la belle Arche, devenue bien discrète au milieu des géants de verre qui l'entourent. Je ne la regarderai plus de la même façon dorénavant...
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Les critiques presse (2)
LaLibreBelgique   04 août 2016
Une incroyable saga qui, du conte de fées révélant un inconnu, vira à l’enfer.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   22 janvier 2016
Un roman ébouriffant sur le temps, le pouvoir et la mémoire.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
sevm57sevm57   22 octobre 2017
À Paris, pour Paris il a imaginé un grand cube. Et maintenant, il se demande s'il n'aurait pas conçu un dé. Le dé avec lequel il est joué.
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sevm57sevm57   22 octobre 2017
La pluie tombe toujours plus fort sur un toit percé, proverbe japonais.
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sevm57sevm57   21 octobre 2017
Faire et faire faire s'opposent et se conjuguent, s'épuisent et s'épaulent.
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sevm57sevm57   22 octobre 2017
Même à l'approche de l'été, Juppe a toujours ses bottes à tiges qui le grandissent et le font se tenir très droit.
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sevm57sevm57   18 octobre 2017
Ses proches le rassurent, conscients qu'on garde la faveur d'un homme de pouvoir quand on sait apaiser son inquiétude.
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Videos de Laurence Cossé (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurence Cossé
Le jury du Prix Orange du Livre 2017 vous présente les 5 finalistes ! .Un mois après avoir sélectionné 30 romans, le jury du Prix Orange du Livre s?est réuni pour retenir cinq finalistes. On revient avec vous sur ces discussions passionnées. Mercredi 3 mai, au restaurant-café Les Editeurs à Paris, les membres du jury se sont retrouvés pour la deuxième fois sous la présidence d?Erik Orsenna. Leur mission ? Sélectionner cinq finalistes parmi la liste des 30 livres retenus le 28 mars dernier. Autour de Erik Orsenna, les auteurs Vincent Message, Laurence Cossé, Benoît Duteurtre, Alain Mabanckou, Carole Martinez, les libraires Bénédicte Deprez et Jean-Paul Shafran ainsi que les lecteurs Amandine Brion, Michel Carlier, Nathalie Germinal, Côme Grévy, Bénédicte Junger, Rémi Paolozzi et le club de lecture Des livres et vous ont sélectionnés les 5 livres suivants : Philippe Besson, Arrête avec tes mensonges, Julliard Cécile Coulon, Trois saisons d'orage, Viviane Hamy Louis-Philippe Dalembert , Avant que les ombres s'effacent, Sabine Wespieser Simon Johannin, L'été des charognes, Allia Pierre Jourde, Winter is Coming, Gallimard Vous avez jusqu'au 22 mai pour voter sur http://www.lecteurs.com/liste/217
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