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EAN : 9782070134236
224 pages
Éditeur : Gallimard (01/09/2011)
3.29/5   93 notes
Résumé :
Découvrant que Fadila ne sait ni lire ni écrire, Édith entrevoit à quel point la vie est compliquée pour un analphabète et combien c'est humiliant. Elle lui propose de lui apprendre à lire le français. Fadila n'est pas jeune. Édith n'est pas entraînée. L'apprentissage s'avère difficile. Ce qui semblait acquis un jour est oublié la semaine suivante. Si Fadila a tant de mal à progresser, c'est que sa vie entière est difficile. Ce n'est pas une marginale. Elle a une fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
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NCJ
  27 mai 2016
Aidez les autres n'est pas toujours chose aisée, d'autant plus quand l'origine sociale est éloignée de la notre et que l'on prétend apprendre à sa femme de ménage à lire et à écrire sans en avoir les qualifications. Parfois juste l'envie paraît suffire.
Ne pas blesser, ne pas s'imposer, savoir poser des limites, mais aussi savoir être souple, imaginatif, persévérant...
C'est avec beaucoup de respect, de sensibilité et d'authenticité que Laurence Cossé aborde ce sujet délicat.
On est bien loin d'une romance avec "une super héroïne" qui par sa générosité et son talent sauverait la "pauvre femme de ménage marocaine".
Nous sommes à la limite du docu-fiction tellement ce roman sonne juste.
Il s'agit simplement d'une histoire qui s'écoule avec vérité et altruisme, qui dénonce les difficultés rencontrées par les étrangers qui ne maîtrisent pas la langue du pays qui les accueille.
S'il reste comme un goût amer après cette lecture, ce n'est pas le livre qui est en cause, mais bien le système imparfait qui étiole ou brise les élans de solidarité.
J'ai beaucoup aimé la personnalité d'Edith pour sa patience et sa générosité à toute épreuve. Très bon livre !
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caro64
  22 janvier 2012
Dans ce roman, Laurence Cossé s'empare d'un problème qui ne peut laisser quiconque indifférent : l'illettrisme, et plus particulièrement l'analphabétisme. Dès les premières pages, l'un des personnages définit la distinction qu'il convient d'établir entre ces deux notions : "L'illettré est français de souche et l'analphabète immigré". C'est en tout cas ce à quoi est confrontée Fadila, Marocaine immigrée de 65 ans, femme de ménage chez Edith et Gilles. Edith découvre son secret en même temps qu'elle prend conscience de ce que cela peut avoir de conséquences sur son quotidien, comme des problèmes de changement dans les transports en commun et le risque de se perdre, les achats forcément limités à ce que l'on connaît, le fait, aussi, d'être une proie plus facile pour les escroqueries de toutes espèces…
Les amandes amères décrit avec beaucoup de justesse les petites victoires, les grands découragements, les avancées timides qui ponctuent le lent et difficile apprentissage de la lecture et de l'écriture. Laurence Cossé décortique aussi les mécanismes souvent mystérieux de la lecture tout en composant un roman très émouvant qui parle d'un monde contemporain dans lequel l'illettrisme semble une aberration appartenant à un passé lointain, un monde invisible dans lequel évoluent des gens rongés par la honte.
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ManouB
  28 juin 2019
Dans "les amandes amères", l'auteur retrace la rencontre fictive de deux femmes. Edith et Fadila.
Fadila fait quelques heures de repassage chez Edith. Edith est traductrice et travaille souvent à la maison. Elle ne voulait pas être dérangée, mais elle a accepté de prendre Fadila chez elle, par pure solidarité féminine.
Un jour Edith comprend que Fadila ne sait ni lire ni écrire, ne connaît donc ni les lettres, ni les chiffres et est donc bien incapable de reproduire même un numéro de téléphone, pour la prévenir de ses absences.
A près de 65 ans, elle n'est jamais allée à l'école et est "analphabète" ce qui l'handicape quotidiennement dans sa vie et explique qu'elle n'ose même pas prendre le métro.
Spontanément, Edith lui propose de lui apprendre. Très vite, malgré l'enthousiasme mutuel, l'apprentissage s'avère beaucoup plus compliqué que prévu.
Edith n'a jamais eu de formation particulière. Elle teste au jour le jour les différentes méthodes qu'elle trouve sur internet. Fadila a ses propres soucis, et ce qui semble acquis un jour, est oublié le lendemain...
En fait, peu à peu, Edith découvre que la vie de Fadila a été marquée par la violence d'un mariage trop précoce, que sa vie solitaire en France est pour elle une source d'angoisse permanente, et que les conflits avec ses proches la rendent très malheureuse. Or sans disponibilité affective, l'apprentissage à l'âge de Fadila est quasiment impossible...surtout quand il faut travailler toute la journée pour vivre.
D'ailleurs n'est-ce pas pour cette raison-là, que même les centres d'alphabétisation ne prennent plus les "personnes âgées" ?
Edith se prend d'affection pour Fadila, une amitié particulière naît, tout en sachant qu'elle ne peut l'aider davantage...elle a beaucoup à apprendre d'elle et de sa sagesse populaire. Elle a aussi beaucoup à apprendre pour mieux connaître son douloureux passé...
Ce roman est un tissu de douceur et d'attente...mais aussi de révolte.
L'écriture est fluide, les propos emplis d'humanité, les personnages attachants et c'est ce qui nous donne envie de poursuivre ce parcours singulier vers un objectif qui, le lecteur le comprend très vite, sera impossible à atteindre.
C'est un roman qui sonne juste. Il est parfois touchant, toujours très réaliste et souvent drôle. Il montre bien qu'aider les autres, si ça part d'un bon sentiment, n'est pas toujours chose aisée.
Edith est un personnage empli de générosité, d'une patience étonnante, d'une grande sincérité et d'une adaptabilité remarquable. On sent qu'elle a des qualités humaines indéniables et qu'elle voudrait vraiment sortir Fadila de son isolement. Elle cherche à la connaître et à la comprendre, mais ni arrive pas toujours.
Fadila est intelligente et le lecteur voit bien qu'elle n'y arrive pas uniquement parce qu'il y a des concepts qui ne font pas partie de son quotidien, ni de sa culture. Elle n'a jamais appris à écrire alors qu'elle parle couramment arabe et berbère et, comme elle le peut, le français.
L'auteur nous fait comprendre avec beaucoup de délicatesse que le problème de l'analphabétisme en France est un problème sociétal important qui ne peut être résolu, qu'au cas par cas, et en prenant le temps de bien connaître la culture d'origine des personnes et leur parcours de vie.
Et puis, avant d'apprendre à lire et à écrire le français il leur faudra d'abord se sentir en sécurité...
Combien de Fadila existe-t-il encore en France aujourd'hui ? Laurence Cossé s'est inspirée d'une histoire vraie. Elle nous fait réfléchir sur le problème pas si facile que ça de l'apprentissage d'une langue.
Je pense que ce livre devrait être lu par tous, pour mieux comprendre pourquoi ce n'est pas si facile à certaines personnes de s'intégrer.
Une belle découverte encore, pour moi...
Lien : http://www.bulledemanou.com/..
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mimipinson
  17 mai 2012
« Pour apprendre à lire à Jules, il faut commencer par connaître Jules. »
Lire et écrire, quoi de plus normal pour la plupart d'entre nous, puisque c'est le premier des apprentissages, et qu'il est une seconde colonne vertébrale sans laquelle la vie n'est pas tout à fait pareille. Et pour cause sans la maitrise de la lecture, pas d'autonomie possible, pas de vie normale permise ; rien que la débrouille, l'esquive, et le repli sur soi.
Edith est traductrice, et appartient à ce que les sociologues appellent la classe moyenne supérieure. Fadila qu'elle emploie comme femme de ménage, est marocaine, ne sait ni lire ni écrire, et sa vie n'est que galère. Edith, dans un élan humaniste, et profondément bienveillant se propose de le lui apprendre ; Fadila, avec une volonté de fer, et ce malgré ses soixante-cinq ans, se lance dans cette aventure ô combien périlleuse.
Laurence Cossé met beaucoup d'elle dans ce roman, qu'en réalité est en grand partie un récit. Avec beaucoup de délicatesse, elle montre combien être analphabète aujourd'hui est une humiliation dans une société comme la nôtre, où tout passe par l'écrit. Ne pas maîtriser la langue, c'est s'exclure, et se faire exclure, c'est s'offrir en pâture aux escrocs de tous poils. Laurence Cossé ne casse de le montrer tout au long de ces pages.
Forte de son expérience d'alphabétisation d'un enfant, elle va faire preuve d'ingéniosité, mais surtout de beaucoup d'humilité pour tenter d'apprendre à lire à une femme adulte. C'est en apprenant à connaitre Fadila, qu'elle va adapter ses méthodes. Edith tâtonne, essaie, reformule, se fait pratique et pragmatique, sans jamis pénaliser, ni rabaisser Fadila. Parce qu'Edith ne tarde pas à se rendre compte, que contrairement à ce qui se passe chez l'enfant, l'apprentissage de la lecture chez les adultes n'est pas linéaire, elle va s'adapter sans cesse à Fadila. Les rapports humains qui s'établissent entre les deux femmes vont être bénéfiques autant à l'une qu'à l'autre. C'est en rentant à pas feutrés dans la vie de Fadila, que, petit à petit, Edith va comprendre ce qui a amené Fadila dans cette situation.
C'est avec beaucoup de naïveté que j'ai « touché du doigt » un problème sociétal dont on parle de plus en plus, mais pour lequel il me manquait ce petit quelque chose indispensable pour comprendre un peu mieux, et surtout ne plus être aussi tranchée sur la question.
L'écriture, et le style sont minutieusement adaptés aux personnages, avec le souci de coller à la réalité sans devenir caricatural, ni discriminant. Il y a beaucoup de sensibilité et de délicatesse dans cet ouvrage qui a le mérite de soulever une problématique, d'amorcer des réponses avec toute l'humilité que cela demande.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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Seraphita
  09 octobre 2011
Edith est traductrice. Un soir, Aïcha, « une figure du quartier », sonne à sa porte. A ses côtés, une femme plus âgée : c'est Fadila, sa mère, qui cherche du travail. Edith l'engage pour quelques heures de ménage. Très vite, Fadila lui confie, avec ses mots, qu'elle ne sait ni lire ni écrire : elle n'a jamais été à l'école au Maroc, d'où elle est originaire. Edith a alors l'idée de lui apprendre à lire et à écrire le français. Un tel apprentissage, si rude, exigeant, douloureux est-il possible à 65 ans ?
D'un côté, il y a Edith, française, dont le métier est de manier les mots, qui sait faire dialoguer des langues différentes. D'un autre, il y a Fadila, d'origine marocaine, qui n'a pas été scolarisée, dont le français oral semble hésitant et approximatif. Une altérité radicale. Malgré tout, une relation va s'instaurer entre ces deux femmes, autour d'un savoir - la lecture-écriture du français - que l'une essaie d'apprendre à l'autre.
Cette relation se décline majoritairement sous un angle didactique. L'auteure explore les méthodes qu'essaie de trouver Edith pour enseigner à son élève un contenu de savoir bien spécifique, relatif au français. Etant béotienne en la matière, elle progresse de manière empirique et réajuste ses méthodes en fonction des réactions de Fadila. Edith apprend beaucoup de son apprenante, de la manière dont elle réagit et s'approprie ce savoir. L'exposé des méthodes employées, très pertinent en soi et instructif pour le lecteur, m'a semblé particulièrement froid et abrupt : le ton paraît très objectif, laissant filtrer peu d'émotions, notamment au début. Edith semble malgré tout attachante dans la mesure où son humanité transparaît en creux dans ses doutes, ses questions, ses réajustements continus.
Malgré toute la bonne volonté d'Edith, Fadila résiste : l'apprentissage n'est pas si linéaire que la formatrice l'espérait. Elle est bien souvent déroutée par les comportements de son apprenante : un mot dont la reconnaissance visuelle ou encore l'écriture avaient pu s'opérer un jour ne peut plus être lu ou écrit le jour suivant. Et puis, Fadila n'est pas assidue et cela rend la tâche d'Edith encore plus difficile. Derrière cette résistance, ces comportements qui déroutent, quelques affects se font jour : Edith interroge Fadila sur sa vie au Maroc, son enfance, son histoire. Cette femme essaie de mettre en mots, avec ses mots si hésitants et heurtés, des fragilités, des failles qui ont tissé sa vie. Fadila est une femme à laquelle on s'attache beaucoup. Une réflexion d'Edith, à propos du manque de régularité de son apprenante, m'a beaucoup touchée :
« Une demi-heure serait le minimum, une demi-heure tous les jours. Comment demander cela à une femme lasse et révoltée qui se voit comme une vieille femme ? Une femme déracinée, seule le soir dans une chambre minuscule, qui ne peut pas éteindre la télévision sous peine d'être happée par l'angoisse. » (p. 166)
Edith interroge ici le sens de cet apprentissage, si coûteux, pour cette femme âgée, en souffrance. Par ailleurs, elle semble se poser la question suivante, face à Fadila : comment enseigner à un autre si radicalement éloigné de moi, à la fois sur le plan des savoirs et sur le plan culturel ?
Le final, sur le mode de « l'alpha et de l'oméga » d'un échec, m'a beaucoup déçue : il m'a semblé brutal, abrupt, ne laissant place qu'au pessimisme et à la résignation. Laurence Cossé a-t-elle voulu dire à ses lecteurs qu'une personne analphabète âgée ne peut apprendre à lire et à écrire ? Qu'en est-il de l'éducabilité de tout être humain ?
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   27 septembre 2011
Et si le livre semble parfois piétiner, c’est que la forme rejoint le fond puisque c’est précisément le sujet de ce roman au dénouement subit. A lire en mesurant la chance de le pouvoir faire. On n’en sort pas comme on y était entré.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   03 février 2012
En âge scolaire, c'est clair, Fadila n'a pas quatre ans mais deux. Elle ne sait pas ce que c'est qu'une ligne, ni aller de gauche à droite. Elle ne fait pas la différence entre une courbe et une droite. Elle n'a pas idée que les lettres doivent être identiques, séparées les unes des autres, et par des espaces semblables. Peut-être n'a-elle même jamais dessiné. Quand il apprend à lire à cinq ou six ans, le petit Français a derrière lui trois ou quatre ans de pré-apprentissage pendant lesquels il a passé des heures un crayon à la main, dessiné, relié des points, repéré des directions et tracé des bâtons, des ronds, des tirets, toujours de la même taille, toujours sur une ligne horizontale, toujours de gauche à droite et de haut en bas.
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mandarine43mandarine43   29 août 2011
"- Vous n'avez jamais eu envie d'apprendre à lire ? lui demande Édith.
– Si, j' commencé !", dit Fadila. Il y a quelques années elle a été inscrite à un cours, dans une paroisse, pas très loin de chez elle – elle ne sait plus le nom de l'église. "J'laissé tomber". La responsable du cours l'a rappelée plusieurs fois, insistant pour qu'elle reprenne. "Elle dit j'arrive presque". Les autres, au cours, ont toutes appris à lire. Fadila hausse les épaules. Est-ce que c'est la difficulté qui lui a fait lâcher prise ? Elle n'y arrivait pas ? Au contraire. "la dame elle dit j' tais celle il reconnaît le mieux les lettres". Elle montre en parlant, devant elle, du menton et de la main, comme un tableau noir. Mais le cours avait lieu le soir, et pas tout à côté de chez elle. Elle trouvait dur de ressortir après le dîner.
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NadaelNadael   03 février 2012
Fadila connaît le haut et le bas dans l'espace réel. Elle distingue très bien ce qui se trouve sur la table et ce qui est dessous. Elle doit aussi différencier ce qui est sur le papier (le stylo posé sur la feuille) et ce qui est dessous (le bois de la table). Sans doute, au tableau noir, elle comprendrait « le point sur le i ». De là à distinguer sur une feuille à l'horizontale ce qui est au-dessus d'une ligne, il y a un abîme qui sépare le réel de la représentation, l'habitude de l'espace où l'on évolue et l'ignorance de ces figurations abstraites.
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fanfanouche24fanfanouche24   29 décembre 2015
Pour elle, l'emploi crée des liens réciproques de personne à personne qui vont très au-delà du contrat de travail. On ne défait pas ces liens froidement, unilatéralement. Au contraire on fait tout pour ne jamais les rompre. (p. 153)
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ManouBManouB   28 juin 2019
La chambre habitée par Fadila est minuscule. Inhumaine- le mot saute à l'esprit. Elle doit faire deux mètres de large sur deux mètres cinquante de long, avec à peine deux mètres de hauteur sous plafond.
...
La fenêtre a beau donner sur le ciel, et quand on s'en approche, sur les toits à l'infini, l’exiguïté de la pièce suffit à expliquer que Fadila y ait des crises d'angoisse.
C'est le contraire qui serait anormal
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