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EAN : 9782072801273
144 pages
Gallimard (16/08/2018)
3.5/5   103 notes
Résumé :
Septembre 1935. Robin sort de l'adolescence. Il est né après la mort de son père, comme de nombreux enfants de sa génération, venus au monde pendant la Grande Guerre. La vie politique est alors particulièrement violente en France, tant sur le plan intérieur que dans l'ordre international. Mais, à dix-huit ans, qui n'accorde pas plus d'importance à ses tourments intimes qu'à l'actualité collective ? En la personne d'un de ses camarades de classe préparatoire, Robin d... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
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Annette55
  18 novembre 2018
Nous sommes en 1935.
Robin le narrateur, parisien, âgé de 17ans est né aprés la mort de son pére , fauché durant le conflit ...
Adulé , couvé par sa mére, veuve de guerre, entouré d'une flopée de cousins et cousines , il intégre une prépa réputée chez les jésuites, : internat obligatoire , discipline stricte..
La vie politique en France s'accélère ainsi que la politique internationale: pays en pleine crise, à l'aube de l'agression de Léon Blum, ligne Maginot, procès Stavisky, violences, tensions et montée de l'extrême droite , Europe sur les nerfs, où la gauche abandonnait son pacifisme et la droite son grand rêve de réconciliation entre les peuples, allongement du service militaire ....
L'auteur décrit aussi l'ambiance particuliére des prépas à cette époque ....le point de vue étudiant ...
L'accent est mis sur l'amitié entre Robin l'orphelin et Conrad, son ami, Suisse, issu d'une famille trés aisée, énigmatique et séduisant , mystérieux, beaucoup plus mature que Robin et une certaine jeune fille Clarie, dont le narrateur tombera en amour .....ébloui ....N'en disons pas plus...
Nous sommes transportés non seulement au coeur des tourments politiques mais dans les
stations de sports d'hiver en Suisse et en France , les paysages des Alpes...
Nous ressentons les émotions , les affres de l'adolescence, la naïveté, les aspirations et les efforts de Robin, sa quête absolue d'amour, ses tourments et ses rêves , sa découverte de la neige, ses états d'âme durant les six jours passés dans un vieux et pauvre village de Haute Tarentaise nommé Val- d'Isère......
Le final abrupt ouvre les yeux du lecteur et le prend de court ....
La plume est classique , agréable, un peu froide, peut- être , le vocabulaire châtié et choisi avec soin.
J'ai apprécié ce récit intiatique trop court, intense et romanesque à la fin inattendue .....
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Fandol
  12 février 2019
L'entre-deux guerres, l'union des forces de gauche aboutissant au succès du Front Populaire emmené par Léon Blum : pendant cette période cruciale qui va déterminer ce qui suivra, un jeune homme raconte une double histoire d'amitié et d'amour et profite de l'occasion pour nous faire vivre les débuts des sports d'hiver en France.
Dans Nuit sur la neige, Laurence Cossé donne la parole à Robert que tout le monde appelle Robin, jeune homme élève de classe prépa dans une boîte tenue par les Jésuites (BJ) à Verbiest, lieu semble-t-il imaginaire, proche de Paris. Son père a été tué au front pendant la première guerre mondiale et son fils, comme beaucoup d'autres enfants, à l'époque, ne l'a jamais connu.
Dans sa BJ, le bizutage dure dix jours mais Robin n'en parle pas. Il rentre chez lui chaque fin de semaine, fait du sport. Il se lie avec Conrad Wickaert et constate dans un journal que les lois antijuives sont appliquées en Allemagne : « La persécution des Juifs devenait légale. »
Les filles l'attirent mais, avec franchise, il reconnaît : « À vrai dire, je ne rêvais pas de sexe, encore moins d'un sexe. Je rêvais d'un visage – d'un regard sur moi, d'un sourire –, en un mot je rêvais d'aimer de passion, comme une midinette. »
Oncle Pol (35 ans), célibataire, parle de ski de piste car il a investi à Val d'Isère où, en 1935, un premier remonte-pente a été installé. En attendant, c'est à Saint-Moritz, en Suisse, que Conrad invite Robin qui apprend à skier avec Carl qui constate : « Les plus de cinquante ans de sa famille avaient été furieux de voir des pylônes apparaître dans les prés réservés jusque-là à leurs vaches, ils s'inquiétaient de ce que la montagne allait devenir. »
J'ai été très intéressé par ce roman qui m'a fait vivre les débuts du ski de piste dans ces villages difficiles d'accès où l'on vivait difficilement mais où l'or blanc commençait à attirer les investisseurs. Sur place, on s'organise et le constat est révélateur de ce qu'il va advenir : « L'école de ski tournait bien. On pouvait maintenant compter une dizaine de moniteurs du cru, de jeunes Avalins contents de gagner de l'argent au lieu de travailler avec leur père et leur grand-père à la ferme sans recevoir jamais un sou, selon l'économie autarcique immuable depuis des siècles. »
J'ai surtout été touché par Robin qui tente de s'intéresser à la vie des gens à la montagne mais tombe surtout amoureux de Clarie ce qui va amener quantité de révélations après un drame, dans les dernières pages du livre. L'amitié, l'amour et les combats menés contre l'ignominie sont au coeur de ce roman bien écrit, bien mené et bien documenté.
Lien : https://notre-jardin-des-liv..
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si-bemol
  19 décembre 2018
Nous sommes en 1935 lorsque s'ouvre ce roman. le fantôme de la Grande Guerre hante encore les mémoires. En Allemagne, où Hitler est au pouvoir depuis deux ans, les premières lois anti-juives sont promulguées. En France, les Camelots du Roi agressent Léon Blum, les ligues s'agitent avant d'être dissoutes…
Robin, un adolescent parisien de 18 ans assez quelconque, orphelin d'un père mort à la guerre et qu'il n'a pas connu, entre comme interne en classe préparatoire dans un lycée d'excellence tenu par les Jésuites. Il y fait la connaissance de Conrad, un condisciple plus âgé, mystérieux et atypique à qui il voue très vite une forme d'amitié admirative et amoureuse.
Au cours de cette année d'étude intense, ponctuée de deux séjours au ski en compagnie de Conrad, il va découvrir, dans la déception et la douleur, les affres de l'amitié – lui qui n'avait encore jamais eu d'ami – et les ambiguïtés des premiers émois amoureux.
Je retire de cette lecture une impression pour le moins mitigée, car je n'ai pas vraiment compris où l'auteur voulait en venir avec ce roman ni même quelle était l'histoire réellement racontée. Est-ce la vie harassante d'un étudiant en prépa ? Une amitié décevante ? Un premier amour tragique ? La « montée des périls » ? La création des premières stations de ski ?
Beaucoup de thématiques, dont aucune, à mon sens, n'est véritablement traitée, des personnages peu attachants, des passages trop nombreux, trop longs - et pour moi hors sujet – sur la naissance de la station de ski de Val d'Isère, la seconde guerre mondiale survolée en quelques pages, et au final une fin bâclée…
Un roman très bref et qui se lit très vite, mais qui n'a pas su, hélas, capter mon intérêt.
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Cigale17
  13 février 2022
Le nom De Robert, il le déteste ! Sa mère, qui le couve et a du mal à le quitter des yeux, l'appelle Robin. Et tout le monde a suivi, même dans la BJ (la boîte jèze) où il se retrouve en classe prépa et où tous les élèves bachotent avec beaucoup de sérieux, jusqu'à l'épuisement. C'est là qu'il rencontre Conrad, son exact opposé, semble-t-il de prime abord. Robin passe inaperçu, le charisme de Conrad attire tout le monde. Robin vient d'une famille bourgeoise, mais le veuvage de sa mère la fragilise (« réduite à vie à la condition d'éplorée à chérir ») et ils vivent au milieu d'une bande de cousins et de cousines. Conrad est autonome, cosmopolite, déluré, et les moyens financiers de son père sont importants. Un amitié va naître entre les deux garçons, initiée par l'admiration, la fascination et l'attirance que Robin éprouve pour Conrad. Et Conrad devra ouvrir les yeux du naïf et crédule Robin…
***
Robin est le narrateur de cette histoire qui se déroule en 1935-36, l'année de ses 17 ans. La Première Guerre mondiale est présente en toile de fond puisque Robin naît en 1918, alors que son père est déjà mort au front. Si les prémices de la Deuxième Guerre mondiale sont présentes, c'est par ce qu'en dit Conrad qui se tient au courant dans les journaux de tous bords politiques. Il sera aussi question des événements qui amèneront au Front populaire. le roman se divise en trois parties de taille inégale. La première relate la BJ et la naissance de l'amitié entre les deux garçons. La deuxième, très courte, raconte leur semaine de ski à Saint-Moritz où Robin s'initie à ce sport encore balbutiant en France. Conrad est déjà un skieur confirmé. La dernière se situe à Val-D'Isère où vont skier les deux garçons et où on voit apparaître un nouveau personnage, Clarie. Ce roman d'apprentissage permet à Laurence Cossé de raconter le début de la vogue du ski et le développement de la première station d'hiver française.
***
Je n'avais jusqu'à maintenant rien lu de Laurence Cossé, et j'ai beaucoup aimé ce roman subtil et souvent déstabilisant. On ne sait pas exactement quand Robin raconte cette histoire, mais on peut supposer, grâce à différents indices semés ça-et-là vers la fin de Nuit sur la neige, que c'est après 1947. Il s'est donc écoulé plus de 10 ans et le regard que porte Robin sur le jeune homme qu'il était se révèle parfois très sévère, même s'il réussit souvent à faire la part des choses. Par la brutalité du final, Laurence Cossé nous fait comprendre, je crois, qu'il est impossible à Robin de s'étendre sur les événements, même 10 ans après, et on mesure alors toute l'étendue de son deuil et de sa déception, comme le poids de sa culpabilité, qu'elle soit réelle ou supposée… Un bien beau roman !
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Cancie
  13 décembre 2018
Ce roman, Nuit sur la neige, débute en septembre 1935. Robin, né après la mort de son père décédé pendant la Grande guerre, a 18 ans et vient d'être admis à Verbiest, boîte jésuite que tous appellent BJ, dans l'une des classes prépas aux écoles d'ingénieurs.
Bien que vivant dans une période où la vie politique est particulièrement violente en France, tant sur le plan intérieur que dans l'ordre international, Robin s'y intéressera peu car il va surtout être emporté par ses sentiments, sentiment d'amitié notamment pour un de ses camarades, Conrad, qui restera cependant pour lui une énigme.
Il va découvrir avec lui la joie du ski de piste, d'abord à Saint-Moritz, en Suisse, puis ils se rendront ensemble dans un vieux village, à Val d'Isère, que certains, comme Pol, l'oncle de Robin, en véritables visionnaires, imaginent déjà comme une grande station de ski alpin.
Et c'est à Val d'Isère où ils resteront six jours, que Robin va s'éprendre d'une jeune fille et cette rencontre le marquera à vie.
Ce roman décrit bien les sentiments troubles que peuvent ressentir les jeunes gens. il offre également une très belle restitution de la naissance du ski et de son développement. J'aurais aimé cependant qu'il développe davantage le côté politique de cette période si importante de notre histoire. de même, certains points du livre sont restés pour moi non élucidés.
Un très beau roman tout de même.
Lien : https://notre-jardin-des-liv..
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critiques presse (4)
LePoint   05 novembre 2018
Avec « Nuit sur la neige », Laurence Cossé nous offre un roman remarquablement épuré dans le décor des premiers « sports d'hiver » des années 1930.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaLibreBelgique   04 octobre 2018
A chacun de ses romans, Laurence Cossé a l’habileté de s’immiscer dans des univers complètement différents et, souvent, inattendus. Une fois de plus, avec Nuit sur la neige, elle crée la surprise à travers une histoire simple aux ramifications multiples.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   21 septembre 2018
Comme dans son époustouflant Grande Arche, feuilleton politico-architecturo-financier dantesque de la construction de l'Arche de la Défense, Laurence Cossé excelle à raconter l'essor d'un mouvement et la naissance d'un lieu.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   14 septembre 2018
Robin, à l'aube de sa vie d'adulte, découvre l'amitié et l'amour, dans le contexte politique particulièrement violent des années 1930. L'auteur dessine les courbes des destins brisés de jeunes qui avaient pourtant de grandes espérances.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   18 novembre 2018
" Quelle étrange substance, la mémoire , fluide et fuyante à la manière du mercure, avec des éléments plus solides que le silex.
La précision de certains souvenirs ....
Il y a des phrases entières que j'entends comme si c'était hier qu'elles m'avaient cloué sur place...
Je suis sûr d'elles au mot près....
Des expressions sur le visage, glaçantes , des gestes ,d'énormes trous , des cratères ......
+ Lire la suite
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Cigale17Cigale17   13 février 2022
Des histoires me revenaient. On disait que les jeunes malades de la tuberculose lisaient jour et nuit, dans les sanatoriums, et que, quand ils mouraient, leur parents y laissaient leurs livres "pour les autres", ceux qui n'étaient pas encore morts. (Mais peut-être était-ce en réalité par terreur de la contagion.) Si bien que les bibliothèques débordaient dans ces maisons de soins.
(p. 93)
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FandolFandol   12 février 2019
Les autorités (suisses) ont fermé les frontières aux Juifs, qu'elles ne considéraient pas comme des réfugiés, fussent-ils menacés de mort. Ceci dès l'été 1938, et encore plus rigoureusement à partir d'août 1942, quand le Reich allemand est passé d'une politique de persécutions antisémites à une pure et simple extermination.
Commenter  J’apprécie          150
Cigale17Cigale17   13 février 2022
Quelle étrange substance, la mémoire, fluide et fuyante à la manière du mercure, avec des éléments plus solides que le silex. La précision de certains souvenirs... Il y a des phrases entières que j'entends comme si c'était hier qu'elles m'avaient clouées sur place. Je suis sûr d'elles au mot près. Des expressions sur un visage, glaçantes, des gestes. Et il y a d'énormes trous, des cratères où ont disparus des mois entiers avec les lieux qui leur servaient de cadre, des quantités de gens — sans doute les moments heureux et les personnes inoffensives ; car les plages paisibles s'enfoncent dans l'oubli quand les heures atroces ne perdent rien de leur tranchant, quel que soit le nombre de décennies qui nous en séparent, ou sont supposées nous en séparer. Et dans les heures atroces, je compte pour ma part les quelques instants de joie folle dont j'ai eu conscience en les vivant qu'ils étaient fulgurants et qu'ils allaient s'éteindre aussi brutalement qu'ils m'avaient éblouis.
(p. 12)
+ Lire la suite
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rkhettaouirkhettaoui   21 août 2018
Quelle étrange substance, la mémoire, fluide et fuyante à la manière du mercure, avec des éléments plus solides que le silex. La précision de certains souvenirs… Il y a des phrases entières que j’entends comme si c’était hier qu’elles m’avaient cloué sur place. Je suis sûr d’elles au mot près. Des expressions sur un visage, glaçantes, des gestes. Et il y a d’énormes trous, des cratères où ont disparu des mois entiers avec les lieux qui leur servaient de cadre, des quantités de gens – sans doute les moments heureux et les personnes inoffensives ; car les plages paisibles s’enfoncent dans l’oubli quand les heures atroces ne perdent rien de leur tranchant, quel que soit le nombre des décennies qui nous en séparent, ou sont supposées nous en séparer. Et dans les heures atroces, je compte pour ma part les quelques instants de joie folle dont j’ai eu conscience en les vivant qu’ils étaient fulgurants et qu’ils allaient s’éteindre aussi brutalement qu’ils m’avaient ébloui.
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