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EAN : 9782844120328
143 pages
Éditeur : Joëlle Losfeld (12/10/1999)
4.14/5   43 notes
Résumé :
Les habitants d'une bâtisse branlante attendent avec angoisse le moment où celle-ci rendra son dernier soupir et s'écroulera sur leur tête. Le suspens et le désespoir que peut susciter une telle attente, laissent peu à peu la place à une révolte sourde et légitime. Une révolte contre l'odieux propriétaire Si Khalil qui refuse de mettre une piastre dans des travaux de rénovation.

Une lutte des classes se dessine dans cet univers miséreux où l'on découv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
deslivresetdesfilms
  23 mars 2016
Albert Cossery est un écrivain égyptien d'expression française née au Caire en 1913 et mort à Paris en 2008. Malheureusement, me semble-t-il un peu tombé dans l'oubli, Albert Cossery était pourtant une figure de Saint-Germain-des-Prés. Personnellement, j'aime énormément cet auteur surnommé le « Voltaire du Nil » et lorsque je souhaite lire un livre marqué par l'ironie, je sais qu'avec Albert Cossery je ne serai pas déçu. Alors, de temps en temps, pour mon plus grand plaisir, je me plonge dans une histoire égyptienne. En effet, sachez que les récits d'Albert Cossery se déroulent tous en Égypte, mais dans l'Égypte des humbles, des pauvres gens, de tous ceux qui ne connaissent ni gloire ni fortune…
Dans « La maison de la mort certaine », l'action se déroule dans un quartier démuni du Caire et dans lequel des locataires trop pauvres pour pouvoir s'installer ailleurs se retrouvent piégés, à cause d'un propriétaire foncier malhonnête, dans des habitations en ruines. Parmi tous les habitants mal-logés, un homme se fera remarquer par un enfant espiègle et nu comme un ver que sa maison est sur le point de s'écrouler. Aussi, c'est à partir de cette entrée en matière que l'histoire du livre va progresser, avec des personnages pittoresques hauts en couleur. Les femmes du quartier seront les premières qui iront se révolter auprès du propriétaire indélicat, afin que la maison du vieil homme soit réparée… Ces dernières, à la langue bien pendue feront tout leur possible pour parvenir à leurs fins, tandis que les hommes iront trouver celui qui sait écrire pour les aider à contacter les autorités compétentes.
« De la part du gouvernement, il ne pouvait advenir que des malheurs. Les locataires étaient tranquilles de ce côté. Si le gouvernement les ignorait, c'est qu'il était occupé ailleurs. À quoi pouvait-il être occupé, le gouvernement ? Les locataires pouvaient mourir, mille fois mourir, le gouvernement, c'était certain, ne se dérangerait jamais pour leurs sales gueules. »
Toutefois, le premier concerné, le vieil homme qui habite la maison fissurée de toutes parts sera aussi celui qui prendra les choses avec le plus de philosophie. Ce locataire observera ce petit monde agité d'un regard détaché et il analysera les situations de manière simple, mais toujours avec justesse et pragmatisme. Dans ce roman, on retrouve l'Égypte comme si nous y étions, mais non pas l'Égypte du touriste occidental, mais celui du peuple égyptien. Les personnages de ce roman usent d'un langage grossier, ils profèrent des insultes que seuls les locaux connaissent. Effectivement, l'histoire ne se situe pas dans le milieu petit-bourgeois égyptien, mais dans les bas-fonds et l'auteur restitue avec maestria l'ambiance du lieu. Il s'agit d'un endroit poisseux dans lequel la pauvreté règne, mais où les gens n'en sont pas moins heureux. Albert Cossery, tourne en ridicule le propriétaire hors-la-loi, c'est jubilatoire. Cependant, le livre n'est pas seulement une fable orientale, il est aussi une critique du gouvernement égyptien qui a abandonné son peuple, celui-ci doit se débrouiller seul. Aide-toi et Dieu t'aidera ! Les personnages du roman se demandent même si les autorités locales existent… Il y a beaucoup de dérision dans ce texte, comme dans tous les livres d'Albert Cossery qui possède un style franc. Cependant, l'histoire n'est jamais triste même si les situations sont malheureuses.
Si vous souhaitez découvrir cet auteur égyptien, je vous conseille de commencer par « Mendiants et orgueilleux » qui reste mon roman préféré d'Albert Cossery. Qui connaît cet écrivain ? Quel autre écrivain égyptien me conseilleriez-vous ?
Lien : http://deslivresetdesfilms.c..
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JPB
  15 octobre 2010
L'histoire est simple, l'intrigue également, si tant est qu'on en ait une. le style est celui de ce grand écrivain, qui en partant d'une banale affaire de maison délabrée, nous amène peu à peu à considérer qu'il raconte en fait la révolte mesurée de quelques hommes, et que cette révolte n'est que le signe avant coureur du grand soir. le petit peuple opprimé, sans moyens, pauvre à pleurer, dispose d'un pouvoir indicible, celui de la révolution qui adviendra.
Un très beau livre, un grand écrivain.
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5Arabella
  29 juillet 2016
Au centre du livre une maison au bord de l'écroulement achetée par un bonhomme désirant faire un profit facile sur le dos de pauvres gens, parce malgré l'état de décrépitude du lieu, et du danger que courent les habitants, il louent les appartements en se refusant aux travaux indispensables. Et les habitants n'osent pas déménager de peur de se voir réclamer au départ les arriérés de loyer.
Albert Cossery nous dresse un portrait riche en couleurs des différents habitants. Il ne les idéalise pas, ce n'est pas parce qu'ils sont pauvres qu'ils sont généreux ou parés de toutes les vertus, au contraire, la misère a aussi pour effet d'émousser un certain nombre de qualités, de rendre mesquin et indifférent aux autres, dans une vie difficile, la moindre frustration peut vite devenir insupportable et produite des manifestation d'intolérance et de violence gratuite vis à vis des autres.
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enlivrezvous
  14 mai 2014
Au coeur de l'hiver, dans l'Égypte misérable, une maison menace de s'écrouler. Plusieurs familles vivent dans cet bâtisse fissurée, en proie au froid , et partagent une extrême pauvreté. Face à la malhonnêteté du propriétaire Si Khalil, les locataires n'ont d'autre choix que de s'en remettre à la dérision. Les femmes et les enfants ne ratent en effet pas une occasion de ridiculiser cet homme dégoûtant. Abdel al le charretier, tente de se révolter contre cette injustice et de rassembler les locataires autour d'une même voix...
Ce roman d'Albert Cossery tourne en dérision les riches propriétaires exploitant la misère de leurs semblables. Comme dans la plupart de ses livres, l'humour et le sens de l'insulte sont très présents. Les personnages sont riches, colorés, incroyables. La conscience politique de l'auteur est particulièrement présente dans ce titre, et l'on ressent aussi un certain fatalisme face à la situation de son pays d'origine, l'Égypte.
Un style toujours inimitable et une histoire inoubliable !
Céline
Lien : http://enlivrezvous.typepad...
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tristantristan
  04 décembre 2017
Ouvrir ce livre d' Albert Cossery, l'iconoclaste qui manie dérision et humour c'est avoir en mains un texte abrasif, toujours loin des sentiers battus, court ce qui ne gâte rien et qui offre un plaisir maximum.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   29 juillet 2016
Les enfants aiment beaucoup Ahmed Safa. Il les charme par des récits fantastiques. Comme eux, il vit en enfant. Il n'a pas les soucis des adultes ; ces soucis, lourds et puants. Le hachâche n'a pas honte de sa misère. Il n'a pas cette dignité idiote qu'ont les autres, lorsqu'il s'agit de mendier. Car le plus terrible ce n'est pas d'être pauvre, c'est d'avoir honte de l'être. Heureusement, les enfants ont une conscience pure, non encore pétrifiée par l'usage de la morale. Leur seule noblesse est dans la hardiesse de leur vie. Ahmed Safa les rassemble parfois chez lui, pour discuter certains coups qui demandent beaucoup d'initiative et d'audace.
Le plus clair de leur temps, les enfants le passent hors de la maison. Dans la venelle et les environs, ils organisent les jeux, les rapines et les bagarres. Leur journée est bien remplie. Quand le soir tombe, ils rentrent chez eux exténués, pour subir la vigueur des imprécations maternelles. Puis ils dorment tranquilles, ayant payé leur tribut à la vie. Ils ne se plaignent jamais. L'homme, lui, se plaint, parce qu'il a compris qu'il est un esclave.
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oliviersavignatoliviersavignat   09 juillet 2020
-- Salut sur toi! dit Souka. Que dis-tu de ça ?
Il désignait la maison au-dessus d'eux.
Bayoumi leva la tête, regarda et ne dit rien. Il semblait vivre dans un monde de sérénité morbide, situé au delà des frontières de la peur. Avec des gestes d'une solennité mystérieuse, il s'occupa à rassembler ses bêtes. Le singe taquinait la chèvre et voulait la chevaucher comme pour une séance publique.Bayoumi le tira par la laisse et le fit descendre par terre.
-- Il vous prend pour des clients, dit-il. Quelle tristesse! Les clients sont si rares à présent.
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rkhettaouirkhettaoui   13 décembre 2015
Dans la venelle des Sept Filles, les gens s’ingéniaient à prédire le jour et même l’heure où surviendra la catastrophe. Ces voisins venimeux, toujours à l’affût d’un malheur survenu à autrui, vivaient dans l’attente de cet effondrement spectaculaire et ne s’occupaient plus d’autre chose. Ils envoyaient les enfants sur les lieux se rendre compte, n’osant pas, ces invertis, se déranger eux-mêmes. Il y avait toujours, il est vrai, quelques commères hagardes et pleurnicheuses qui plaignaient les futures victimes et les enviaient presque pour ce malheur définitif et grandiose.
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rkhettaouirkhettaoui   13 décembre 2015
C’est la voix d’un peuple qui s’éveille et qui va bientôt l’étrangler. Chaque minute qui passe le sépare de son ancienne vie. L’avenir est plein de cris, l’avenir est plein de révoltes. Comment endiguer ce fleuve débordant qui va submerger les villes ? Si Khalil imagine la maison effondrée sous la poussière des décombres. Il voit les vivants apparaître parmi les morts. Car ils ne seront pas tous morts. Il faudra compter avec eux, lorsqu’ils se lèveront avec leurs visages sanglants et leurs yeux de vengeance.
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rkhettaouirkhettaoui   13 décembre 2015
Tout cela était bien beau, oui, du côté de la ville européenne ; et surtout de l’autre côté du fleuve, là où s’étalent les villas somptueuses et les jardins fleuris. Mais dans les quartiers populaires, ce soleil magnifique faisait figure d’assassin. Sous ses rayons obliques, les masures infâmes étaient comme éclaboussées de sang. On aurait voulu le voir disparaître pour retomber de nouveau dans le noir fortuné de la nuit. Il n’y avait que la nuit, pour les pauvres. Là seulement ils se sentaient eux-mêmes et pouvaient cacher la honte de leur longue agonie.
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