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EAN : 9782381340395
350 pages
Marchialy (22/02/2023)
4.32/5   142 notes
Résumé :
Tous les chroniqueurs judiciaires se sont déjà vu poser cette question : « Comment fais-tu pour dormir la nuit ? » Ce livre est une réponse. Quand la journaliste Élise Costa décide d’écrire sur le crime, son quotidien en est bouleversé. Sillonnant les palais de justice à travers la France, elle suit les affaires criminelles les plus médiatiques – la joggeuse de Bouloc, Troadec, Nordahl Lelandais – et celles qui font couler moins d’encre. Pour s’approcher à son t... >Voir plus
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Journaliste, Elise Costa est devenue chroniqueuse judiciaire un peu par hasard, mais dès son premier procès d'assises, elle s'est passionnée pour les affaires criminelles, des plus médiatisées aux plus « anonymes ».
Parcourant la France des palais de justice, elle assiste aux audiences, bloc-notes sur les genoux, à l'affût des détails anodins ou à peine perceptibles, mais tellement révélateurs, à ses yeux, de la personnalité des accusés ou des témoins, des juges ou des avocats, des enquêteurs ou des autres journalistes.
Ses chroniques ne sont pas de simples comptes-rendus d'audience, Elise Costa cherche, dans les déclarations, les silences, les attitudes des uns et des autres, les nuances, les failles, les doutes qui les habitent. Parfois, elle entre en contact avec l'entourage des accusés ou des victimes, faisant toujours preuve de beaucoup de respect et d'empathie à leur égard, loin de tout voyeurisme. Elle rend compte de tout cela en s'interrogeant sur la société, le monde de la justice, l'humanité ou la monstruosité des accusés, sur le bien et le mal, sur le métier de journaliste, sur elle-même et sa propre façon de travailler.
Si les passages sur les questionnements personnels de l'auteure m'ont assez peu intéressée, les chroniques judiciaires sont, pour leur part, fascinantes quant à ce qu'elles révèlent de l'être humain lorsqu'il est confronté à la violence et à la mort.

En partenariat avec les Editions Marchialy via Netgalley.
#LesNuitsquelonchoisit #NetGalleyFrance
Lien : https://voyagesaufildespages..
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La nuit porte conseil mais parfois celle-ci peut paraître longue lorsque nous sommes pris d'insomnie et que nous commençons à nous remémorer la journée de la veille ou à penser à celle à venir… C'est le constat qui peut être fait par Elise Costa, chroniqueuse judiciaire qui, depuis 2015, arpente les couloirs et les salles d'audiences des tribunaux pour assister aux réquisitoires d'affaires criminelles.

Dans « Les nuits que l'on choisit », la jeune femme et mère de famille nous confie ses réflexions, sa perception des choses et ces doutes qu'elle a pu avoir en assistant à différents procès qu'elle va suivre dans la France entière. Cette chroniqueuse judiciaire dont on peut lire les articles sur le magazine Slate.fr ne retranscrit pas seulement des faits divers comme la plupart des autres journalistes. En effet, Elise Costa essaye de comprendre ce qu'il a pu se passer pour en arriver à de telles issues en allant à la rencontre des proches où en menant ses propres investigations…
Au cours d'un des chapitres, la journaliste nous confie les difficultés qu'elle rencontre à trouver les bons mots lors de la rédaction de ses chroniques. Et pour cause, il ressort de ses écrits une grande part d'humanité.

Si vous vous intéressez à l'actualité judiciaire, je ne peux que vous conseiller de découvrir cet essai autobiographique car la plume d'Elise Costa nous offre un récit aux chapitres passionnants où elle relate ses souvenirs et ses impressions.

Je tiens remercier les Editions Marchialy et Netgalley France pour m'avoir offert la possibilité de lire cet ouvrage qui est assez différent de ce que l'on connait dans le genre et qui nous rappelle que derrière les titres d'articles journalistiques accrocheurs de quelques mots, il y a toujours des hommes et des femmes dont les vies peuvent-être brisées et dont le sommeil sera perturbé pendant un long moment...
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Quelques années déjà qu'Elise Costa parcourt les quatre coins de la France, de tribunal en tribunal, de salle d'audience en salle d'audience, et qu'elle poste sur slate.fr ses chroniques judiciaires.

Ecrivain avant tout, aimant depuis enfant raconter des histoires, elle dit n'avoir jamais voulu être journaliste et l'idée de devenir chroniqueuse judiciaire ne lui avait jamais traversé l'esprit. Elle dit encore qu'elle fonctionne par obsessions et que lorsqu'elle tient un sujet, elle le triture, le décortique jusqu'au bout.
Ainsi, son premier roman paru en 2011, Comment je n'ai pas rencontré Britney Spears, parlait à la fois de sa fascination pour les États-Unis et pour cette icône cheap, souvent vulgaire, moquée et alimentant elle-même ses malheurs. " Je me lamente devant ses cheveux et sa manie de sortir sans petite culotte mais je n'arrive pas à m'en détacher". Toutefois, elle expliquait :" Je veux passer à autre chose, je ne veux pas devenir la spécialiste de Britney Spears !".

Le meurtre à Toulouse, sa ville, d'Eva Bourseau, jeune étudiante, fut le déclic pour Élise Costa. Une affaire qui l'a marquée et qui a focalisé sa soif de se heurter au noir des choses pour mieux les comprendre. " En racontant une affaire criminelle, on raconte une histoire de la société, je pense que c'est un thème qui vous aide à comprendre beaucoup de choses", dit-elle. Et ce fut le début de multiples voyages en train, de nuits d'hôtel, de kilomètres de notes prises sur le vif avant de les peaufiner au calme le soir, et souvent la nuit.

Ses chroniques rencontrant beaucoup de succès, il lui avait ėté demandé de les regrouper pour en faire un livre, ce qu'elle a refusé, trouvant le procédé quasi malhonnête puisque celles-ci sont disponibles gratuitement sur le net, préférant écrire autour et sur sa vie de chroniqueuse judiciaire, sur les affaires qui l'ont marquée, et sur les rouages parfois grippés de la justice.

Et c'est sans sans manichéisme et avec humanité, qu'elle nous livre tout cela ... et à l'ancienne... avec du papier et un stylo, avec, encore là, un côté obsessionnel : pour le carnet, un Rhodia tissé, couverture souple, ligné 80 g, format A5 et pas un autre et pour le stylo, le Muji à encre gel noir, bille 0,5 mm, et rien d'autre... comme si ces maniaqueries pouvaient parfois occulter l'horreur, le sordide.

De ces longues heures passées en salle d'audience, Élise Costa se dit persuadée que tout à chacun peut vriller et se retrouver un jour dans le box des accusés, que ceux qui sont habités par le mal absolu sont heureusement rares (elle cite en exemple Michel Fourniret) , et enfin que les crimes, même s'il sont extraordinaires, sont souvent commis par des gens très ordinaires.

Élise Costa conclut son récit par une liste de livres qui l'ont aidée à ne pas avoir une vision binaire des choses, qu'elle nomme " bibliothèque subjective " et qui va de Truman Capote à Alice Dieudonné, de Raymond Carver à Emmanuel Carrère.


Merci à celle qui se reconnaîtra de m'avoir prêté cet intéressant essai, de m'en avoir si bien parlé, et du coup, de m'avoir beaucoup inspirée pour écrire ce billet.










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La fréquentation assidue des palais de justice de la France entière a enseigné à Elise Costa la difficile quête de la vérité. Chroniqueuse judiciaire depuis 2017 pour le magazine en ligne Slate.fr (sur lequel on peut lire gratuitement ses très argumentés articles) elle a suivi d'innombrables affaires criminelles et à chaque fois elle s'attache aux détails des dépositions, aux ambiguïtés des témoignages et aux accents de sincérité des présumés coupables.
L'empathie qui imprègne chacune de ses chroniques ne la conduit pas à nier la violence et la responsabilité des accusés ou à absoudre les incohérences de la machine judiciaire mais simplement à apporter un peu d'humanité et de doute dans un milieu qui cultive la certitude.
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La quatrième de couverture débute ainsi: "Tous les chroniqueurs judiciaires se sont déjà vu poser cette question: "Comment fais-tu pour dormir la nuit?"

Comme je comprends cette phrase. Sans rentrer dans le détail, j'exerce moi-même une profession où les gens m'ont souvent demandé comment j'arrivais à garder du recul, si je n'étais pas parfois écoeurée par ce que je pouvais voir ou entendre, qu'eux, en tout cas, ne seraient pas capables de faire mon métier. Mais comme Elise Costa a choisi ses nuits, moi j'ai choisi d'exercer mon boulot.

Ce récit est très intéressant, de bout en bout. Elise Costa raconte comment elle en est arrivée à devenir chroniqueuse judiciaire puis délivre quelques unes des affaires qu'elle a suivies de près, pour la plupart très médiatisées, tout en disséminant çà et là des anecdotes personnelles permettant d'éclairer ses propos. Et pourtant, jamais elle ne rentre dans le glauque, dans le sensationnel. Elle donne sa propre vision de l'affaire, livre ses émotions, reste très souvent du côté des victimes. En cela, elle leur redonne une dignité. Car souvent, l'opinion publique ne retiendra que le nom de l'accusé, du bourreau ("l'affaire Nordahl Lelandais", "l'affaire Fourniret"), au mieux le nom d'une ville ("l'affaire Outreau"). Mais jamais, jamais celui de la victime. Et c'est bien dommage.

Que vous aimez ou non suivre les faits divers, que vous soyez ou pas friands de ce genre d'actualité, ce livre pourrait vous permettre de comprendre certains rouages et mécaniques de la Justice. Et je vous invite également, si ce n'est déjà fait, à écouter un de ses podcasts ("Fenêtre sur cour").

En bref, un livre que j'ai lu d'une traite, instructif et passionnant.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Pour savoir par où prendre une histoire, imaginez un fil avant de le glisser dans le chas de l'aiguille, il faut observer le diamètre d'un trou et la tenue du fil à la lumière. Puis humidifiez le fil entre les lèvres. S'y reprendre à plusieurs fois selon l'épaisseur du fil, son nombre de brins et la taille du chas. Ensuite, seulement, vous pouvez commencer l'ouvrage. Construire une histoire ressemble à ça.
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Il ne faut pas regarder l'honnête homme de trop près si vous tenez à lui conserver votre estime, ni le scélérat si vous tenez à lui conserver votre mépris.

Jean Rostand
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Observer, archiver, trier les informations. Chaque reportage est une réponse à l'énigme: « Un arbre fait-il du bruit quand il tombe, si personne n'est là pour l'entendre ?»
Pour le savoir, il faut pénétrer dans les profondeurs de la forêt. Je suis là pour raconter le bruit des autres. Chaque fois, je menfonce un peu plus loin dans la forêt pour l'en-tendre. D'une certaine manière, côtoyer des gens prodi gieux, par leur destinée ou leurs infortunes, c'est souhaiter la contagion. Vous espérez emporter un morceau d'eux.
Mais écrire, c'est toujours écrire qui l'on est. Un mot est un choix. Une tournure de phrase, un adjectif ou une métaphore en disent plus long sur vous que sur le sujet du papier. A mon sens, l'écriture est toujours subjective.
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La morale dans les affaires criminelles, ça n’existe pas, pas plus que les saints ou les démons, les héros ou les monstres.
Comme à chaque fois, c’est une histoire de gens ordinaires
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Ma mère répète volontiers les mêmes choses, mais les phrases importantes, elle ne les dit qu’une fois.
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