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ISBN : 2882535295
Éditeur : Wilquin (01/01/1900)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Une famille est éclatée et enfermée dans le silence suite aux agissements du grand-père pendant l'Occupation, un Juif qui a travaillé pour la Gestapo. Des années plus tard, une longue enquête fait émerger la vérité et libère la parole de ce lourd héritage familial. Premier roman.
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
isabroot
  27 février 2017
Mon dernier coup de coeur. Une enquête minutieuse menée par Lucie sur le passé de sa mère Hélène et surtout de son grand-père Charles, un passé dont les fêlures et les zones interdites pèsent douloureusement sur les générations suivantes. Le récit épouse les méandres des recherches de la narratrice, et évolue au gré des relations difficiles qu'elle entretient avec sa mère. Du grand-père juif, Charles Morgenstern, on sait peu de chose, si ce n'est qu'il a été condamné à mort par contumace pour "avoir, à Bruxelles et hors du Royaume, notamment en Allemagne, entre le 1er juin 1940 et le 8 mai 1945, porté les armes contre la Belgique, soit contre les Alliés de la Belgique (...), en accomplissant sciemment pour l'ennemi des tâches de combat, travail, transport, de surveillance". Au fil des patientes recherches de Lucie se dessine le portrait d'un homme dénué de sentiments pour autrui, multipliant les aventures et les rejetons au gré de ses pérégrinations dans l'Europe dévastée de l'après-guerre. Le puzzle se construit petit à petit, de manière souvent anarchique, au gré des trouvailles de Lucie, de ses hésitations, de son cheminement dans sa propre vie, et de ses relations complexes avec sa mère. Lorsque celle-ci, enfin, consent à lui donner les clés de son passé, comme une délivrance, le récit peut s'achever et les noeuds les plus serrés se défaire. Magnifique roman qui traite des secrets de famille, des silences qui meurtrissent et de la complexité des rapports mère-fille. Très beau, écriture simple, fluide, tout en délicatesse...
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hcdahlem
  16 avril 2017
Une fois n'est pas coutume, je commence cette chronique par un souvenir personnel. Au décès de mon père, mon frère aîné a voulu creuser la généalogie familiale. Il a parcouru les bureaux d'État-civil, enregistré des dizaines d'actes, interrogé les plus vieux avant de se heurter aux branches de l'arbre généalogique qui s'achevaient brusquement, faute de documents, faute de certitude. Avec l'arrivée des sites de généalogie en ligne, j'ai pris le relais et pu ainsi étoffer considérablement la base de données et trouvé quelquefois des connexions amusantes avec quelques célébrités. Mais j'ai surtout découvert une formidable façon d'étudier l'Histoire et la géographie ou encore la sociologie. Claude Lévi-Strauss avait bien raison de dire que « chercher ses racines, c'est au fond se chercher soi-même : qui suis-je ? Quels sont les ancêtres qui m'ont fait tel que je suis ? Des noms d'abord, des dates, quelques photos jaunies ou, avec plus de chance, un testament, une lettre. »
Aussi c'est avec un plaisir non-dissimulé que je me suis identifié à l'auteur dans sa quête et dans sa volonté de témoigner : « Pendant des années, j'ai accumulé les questions, les traces, les signes et les preuves. J'ai fréquenté les administrations, les archives, les palais de justice. J'ai envoyé des requêtes, interrogé des fichiers, rencontré des témoins. Pendant des années, j'ai pris des notes. le temps est venu de rassembler les fragments de cette histoire et de les articuler en un récit éclairant. »
Mais l'exercice n'a rien de facile, bien au contraire. Car pour la narratrice, il va falloir passer Outre-mère, pour reprendre le titre éclairant de ce récit qui est autant chargé de silences que de bruit et de fureur. Quand la petite Lucie découvre une image pieuse dans le missel de sa mère avec cette inscription : «Hélène Morgenstern, en souvenir de la première visite de Jésus dans mon coeur, le 30 mai 1946» et qu'elle demande qui est cette personne portant le même prénom que sa mère, on lui répond qu'il s'agit d'une amie de classe.
Lucie comprend très vite qu'on essaie de lui cacher quelque chose. Que poser des questions crée un malaise. « Ma mère use avec nous de ce procédé qui a muselé toute une génération après la guerre, celle des rescapés, celle des revenus de l'enfer, celle des enfants cachés, celle des survivants. de tous ceux qui tentaient de raconter leur épouvantable histoire et qu'on a fait taire d'un "Tu n'as pas à te plaindre; au moins, toi, tu es vivant". Ils avaient survécu, leur souffrance était inaudible: on les priva de parole. Ou ils se résignèrent d'eux-mêmes au silence. »
Sauf qu'ici, ce n'est pas la douleur qui empêche de parler, mais la noirceur des actions commises. Car il apparaît très vite que Charles Morgenstern, le grand-père, s'est enfui en Allemagne, condamné à la peine de mort par contumace l'année même où sa fille fait sa communion.
Bribe par bribe, les lourds secrets apparaissent. Les fils se tissent entre les différents membres de la famille. Très vite aussi les recherches vont scinder le clan entre ceux qui préfèrent ne rien savoir et ceux qui veulent comprendre. Il y a l'histoire de l'adoption de sa mère après la fuite de son père. Il y a ensuite la question de la religion et l'éventualité d'origines juives. Il y a les alliances et les origines des branches paternelles et maternelles. Il y a enfin les oncles et tantes et tous les descendants. Patiemment, l'auteur nous détaille son enquête : « Dans les caves de cette histoire dont personne ne m'a donné les clés, j'ai trouvé des cadavres et des monstres ; quelques trésors, aussi. J'ai trié, rangé, empaqueté, nettoyé les toiles d'araignée et chassé la poussière. »
On la suit tout au long d'un passionnant parcours, car elle ne nous cache rien de ses doutes, des éclats de voix qui émaillent certaines interrogations ou indignations, de la documentation qu'elle amasse, de sa volonté de comprendre combien « la frontière est parfois mince entre ce qui fait qu'un homme devient un héros ou un traître. Combien se sont retrouvés du côté des bons ou des méchants juste parce qu'ils avaient l'opportunité qui, en fin de compte, leur a ouvert le destin. »
Tout au long du livre, on admire ce cheminement toujours sur le fil du rasoir et on découvre derrière cette famille bruxelloise le destin de millions de personnes.
Lisez Dominique Costermans et vous comprendrez – pour peu que vous ne jugiez pas – le formidable paradoxe qui les unit toutes et sur lequel elles se sont construites : « oublie, n'oublie jamais. »
Mieux que des dizaines d'essais ou de documents historiques, ce roman nous apporte une preuve cinglante, parce qu'assumée jusque dans sa noirceur la plus extrême, du devoir de mémoire.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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motspourmots
  21 février 2017
Combien de familles souffrent de ces zones blanches, ces non-dits qui entourent certains de leurs membres au moment de la seconde guerre mondiale ? Suffisamment pour faire le sel de nombreux romanciers qui puisent là matière à récit poignant. Encore faut-il parvenir à faire d'une quête personnelle un témoignage universel.
Dominique Costermans y parvient avec brio et permet au lecteur une empathie presque immédiate avec Lucie face au silence de sa mère, Hélène sur tout ce qui touche à sa famille paternelle. Une mère qui refuse farouchement d'expliquer ce silence et c'est malgré elle que Lucie effectuera cette quête pour reconstituer tout un pan de ses racines, de ses origines sans lequel elle ne peut pas elle-même transmettre son histoire. D'où ce superbe titre, "Outre-mère".
Aux côtés de Lucie nous découvrons donc le passé et la vie de Charles Morgenstern, le père d'Hélène qui avait choisi le mauvais côté pendant la guerre, ça, nous le savons très vite. Mais ce n'est que le point de départ car il y a de nombreuses questions à élucider de nombreux morceaux à rassembler pour que le puzzle prenne forme et que l'histoire puisse enfin être racontée.
Ce premier roman est à classer aux côtés de celui de Séverine Werba, le très beau "Appartenir", "Le Carré des Allemands" de Jacques Richard ou encore plus récemment "Nous, les passeurs" de Marie Barraud. Des histoires différentes mais une même quête, ce besoin de savoir d'où l'on vient pour pouvoir continuer. La génération précédente était peut-être encore trop proche des événements, celle-ci (les petits-enfants) prend donc l'initiative avec peut-être le recul nécessaire pour cette plongée en apnée dans un passé qu'il s'agit avant tout de connaître et d'accepter comme un élément qui les constitue.
L'auteure nous offre un texte fort et poignant et apporte avec talent sa pierre à l'édifice de la nécessaire compréhension d'une époque.
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adtraviata
  10 février 2017
Dominique Costermans signe ici son premier roman, après avoir publié plusieurs recueils de nouvelles chez Luce Wilquin et chez Quadrature. Je découvre sa plume avec ce texte et il me faut avouer que je suis sous le charme...
J'adore le thème des secrets de famille : celui dont il est question ici, c'est l'engagement pro-nazi d'un Juif bruxellois dont la femme et les deux jeunes enfants ont lourdement payé le prix de son arrogance, c'est la "collection" de demi-soeurs et de cousins dont Charles Morgenstern a parsemé son chemin après la guerre, comme autant de souffrances et de mystères infligés à ses "proches". Celle qui dévoile petit à petit ces secrets, c'est Lucie la bien nommée, la fille d'Hélène (fille aînée de Charles).C'est le décès de la mère biologique d'Hélène qui entrouvre la porte du secret à Lucie, cela commence à mettre des mots, des formes sur un ressenti confus et oppressant depuis son enfance. A force de recherches, de patience, de questions, de rencontres avec les différents protagonistes, Lucie reconstitue les pièces du puzzle et réussit à faire parler sa mère, levant un tant soit peu le lourd fardeau que "l'auteur de ses jours" lui fait porter depuis si longtemps.
L'auteure donne la parole tantôt à Lucie, tantôt à un narrateur externe qui s'attache principalement à la jeune femme. le récit est aussi émaillé de passages en "vous", dans un registre judiciaire, directement adressés à Charles Morgenstern. Si l'on est un peu perdu dans sa lecture, un tableau généalogique (signalé dès le début du livre) permet de se repérer entre les personnages. Ainsi ce n'est pas tant l'histoire complète de ce collabo qui importe mais la manière dont le secret se révèle progressivement, les implications qu'il porte sur plusieurs générations (principalement féminines), le questionnement de Lucie face à la "nécessité" de coucher son histoire familiale par écrit. J'ai trouvé le ton de Dominique Costermans particulièrement juste, à la fois lucide et sensible. L'écriture fluide accompagne bien cette forme de résilience vécue par ses personnages.
Ce premier roman est particulièrement réussi.
Merci à Babelio et à l'éditeur pour l'envoi de ce livre.
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Tlivrestarts
  09 mai 2017
Editions Luce Wilquin
Tout commence avec une citation de François EMMANUEL, "L'oeuvre, une ombre plus fidèle que la biographie." semant le doute entre la fiction et la réalité. Dominique COSTERMANS s'est effectivement inspirée de faits réels pour l'écrire...
Nous sommes en mai 1969, il y a tout juste 48 ans, une petite fille, Lucie, est convoquée par ses parents pour la préparation de sa première communion, cette "première visite de Jésus dans son coeur". Sa mère lui présente une image pieuse servant de modèle. Il s'agit de celle d'Hélène Morgenstern célébrée en mai 1946. Qui est Hélène Morgenstern ? Quels liens avec sa propre famille ? Quelle influence sur sa propre vie ? Lucie, interpellée, va partir en quête du passé de cette enfant dont les premières traces apparaissent il y a une bonne vingtaine d'années. Nous étions à la fin de la seconde guerre mondiale !
Je ne vous en dis pas plus car il s'agit du sujet même de ce roman.
Lucie est la narratrice. Elle explique sa démarche :
"Je l'écris pour Hélène. Je l'écrits contre son gré.
J'écris aussi cette histoire pour mes enfants. Je l'écris pour mettre à plat, comprendre, reconstituer, mettre de l'ordre. Pour transmettre." P. 19-20
Vous l'aurez compris, ce roman va alterner les passages dédiés aux recherches menées par Lucie et la vie d'Hélène découverte progressivement au gré des pièces qui vont lentement trouver leur place dans le grand puzzle familial. Il va y avoir une alternance aussi dans le temps, avec chaque fois une génération d'écart.
Et puis, il y a un mystère qui éveille tout de suite la curiosité de Lucie enfant, sa propre mère s'appelle Hélène. Y a-t-il un lien entre les deux femmes ? Un secret plutôt ? précieusement gardé ! Pourquoi cette intonation dans la voix de sa mère quand Lucie pose la question de qui est Hélène, ce ton employé comme voulant mettre un point final à l'échange, un ton qui ne semble pas laisser de discussion possible autour d'un passé de longue date resté caché. Il n'en faudra pas plus, bien sûr, pour susciter les convoitises de Lucie, les punitions dans la chambre de ses parents dont toute l'intimité semble servie sur un plateau doré ne feront que renforcer les velléités de l'enfant à découvrir l'histoire d'Hélène.
La grande Histoire va ponctuer l'itinéraire d'Hélène, voire de Lucie. Elle va laisser des traces plutôt inavouées vous l'aurez compris. Pendant la seconde guerre mondiale qui s'invite régulièrement maintenant dans la littérature contemporaine que l'action d'écrvain.e.s s'évertue à montrer, il y a eu des résistants à l'image de Jeanne Heon-Canone magnifiée sous la plume de Aude le Corff dans "L'importun", il ya eu des femmes dont l'amour supposé ou assumé pour des Allemands a été rappelé par Jacky DURAND avec "Marguerite", il y en a eu d'autres qui ont mené la vie d'ordinaires français percutée par les événements et le départ au front des maris comme Emélie et Muguette, les héroïnes du dernier roman de Valérie TONG CUONG "Par amour", il y a eu des structures pour emprisonner des êtres humains désignés comme les hommes et les femmes à exterminer comme le Camp de Gurs dénoncé par Diane DUCRET dans "Les indésirables", d'autres pour soigner comme le sanatorium d'Aincourt dont la mémoire est assurée par Valentine GOBY avec "Un paquebot dans les arbres", et puis, il y en a eu qui ont collaboré avec l'ennemi notamment dans le Nationalsozialistiche Kraftfahrkorps (NSKK), une organisation paramilitaire du parti nazi qui n'a pas recruté qu'en terres allemandes mais a aussi accueilli des volontaires étrangers.
Certains Belges y ont trouvé leur voie, c'est le cas de Charles Morgenstern. Comme d'autres juifs, il s'y est engagé pour servir l'occupant, celui dont les siens sont pourtant l'une de ses premières cibles. Mais pourquoi ?
Dominique COSTERMANS essaie d'en exposer les motifs :
"[...] par opportunisme, par naïveté, par jeunesse, pour sauver leur peau, pour manger." P. 66
Quel passé bien lourd à porter pour les générations suivantes, c'est ce que la famille de Lucie essaie de surmonter au quotidien.
"Ils savent cependant qu'ils avancent dans le passé comme des démineurs, les bras chargés de grenades dégoupillées." P. 100
La démarche de ce roman est à l'image de celle menée par Marie BARRAUD dans son 1er roman "Nous, les passeurs", publié également lors de cette rentrée littéraire de janvier 2017.
Il n'en a toutefois pas la même construction. J'avoue avoir été parfois désarçonnée par la multitude de personnages dont les destins individuels sont imbriqués les uns dans les autres. L'arbre généalogique des dernières pages est indispensable pour donner une vision globale de la famille. L'émotion y a été moins forte aussi mais il n'en reste pas moins un roman puissant.
Je voudrais saluer le devoir de mémoire auquel l'écrivaine concourt et pour cette voix donnée à
"toute une génération après la guerre, celle des rescapés, celle des revenus-de-l'enfer, celle des enfants cachés, celle des survivants. [...] Ils avaient survécu, leur souffrance était inaudible : on les priva de parole. Ou ils se résignèrent d'eux-mêmes au silence." P. 26
Avec ce roman, elle contribue aussi à offrir une certaine émancipation du passé à des générations qui en étaient privées :
"Je sais que les secrets de famille se nourrissent dans l'ombre de nos inconscients, restreignant la part de liberté de ceux qui les subissent." P. 110
Quant à la plume, le nombre de citations révèle une grande qualité, des mots justes. Je voudrais maintenant accéder au registre des nouvelles de Dominique COSTERMANS.
Lien : http://tlivrestarts.over-blo..
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critiques presse (1)
Actualitte   15 février 2017
Dans son premier roman, Dominique Costermans envisage donc la reconstruction d’identités dispersées à travers le difficile et salutaire dévoilement des origines.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
adtraviataadtraviata   10 février 2017
C'est un rapport de forces chaque fois renégocié. D'un côté, Hélène et sa souffrance initiale, indicible, incommensurable. Hélène qui attire toute la lumière à elle. De l'autre, moi, et le refus systématique d'entrer dans l'orbite d'Hélène. Mais aussi mon obsessionnelle volonté de savoir.

Plus que mes lectures et mes recherches, c'est parfois une phrase sibylline, au détour d'une rencontre, qui débloque quelque chose. Cette semaine, quelqu'un m'a dit : "Le titre de père, ça se mérite." La petite phrase a fait son chemin en moi comme la goutte d'eau dans le calcaire. En début de soirée, j'ouvre mon ordinateur et je décide d'écrire à Hélène. Dans cette faille e ma propre conscience de sa souffrance, parce que ses larmes de ce matin m'ont touchée ; dans cette faille de l'histoire de cette Cléo de Mérode, qu'elle a bien voulu me livrer et qui, je le sais, a ouvert une porte et engage Hélène. Se glisser là-dedans avant que les portes se referment et que les ponts se relèvent. (p. 109)
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july57july57   01 mars 2017
Je lis beaucoup de choses sur les enfants de survivants. Leur destin s'est construit sur une injonction paradoxale tacite: oublie, n'oublie jamais. Oublie, car être Juif, c'est mortel. N'oublie jamais, sinon ils sont morts pour rien. Les survivants, nos parents, ont choisi la stratégie du silence, quand elle ne leur a pas été imposée par la société. Toi, tu es en vie, tu as bien de la chance! Ça vous culpabilise un enfant jusqu'au mutisme, d'entendre ça. Dans ces familles, il n'y a plus ni religion ni culture, il n'y a plus de rituels. On a caché les albums de photos. On ne peut pas parler des disparus. On s'est fondu dans la masse, on s'est adapté. On survit.
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isabrootisabroot   23 février 2017
"Je sais que les secrets de famille se nourrissent dans l'ombre de nos inconscients, restreignant la part de liberté de ceux qui les subissent"
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july57july57   01 mars 2017
Ma mère use avec nous de ce procédé qui a muselé toute une génération après la guerre, celle des rescapés, celle des revenus-de-l'enfer, celle des enfants cachés, celle des survivants. De tous ceux qui tentaient de raconter leur épouvantable histoire et qu'on a fait taire d'un "Tu n'as pas à te plaindre; au moins, toi, tu es vivant". Ils avaient survécu, leur souffrance était inaudible: on les priva de parole. Ou ils se résignèrent d'eux-mêmes au silence.
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nathavhnathavh   28 février 2017
La frontière est parfois mince entre ce qui fait qu'un homme devient un héros ou un traître. Combien se sont retrouvés du côté des bons ou des méchants juste parce qu'ils avaient l'opportunité qui, en fin de compte, leur a ouvert le destin.
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