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ISBN : 237047047X
Éditeur : Editions Lajouanie (09/03/2018)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d'éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S'arrête, descend, tend l'oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer... Courte échauffourée, il éjecte l'intruse de son véhicule, la tête de la mal... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
LilyRavioly
  16 mars 2019
Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d'éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S'arrête, descend, tend l'oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer... Courte échauffourée, il éjecte l'intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi-dénudé d'une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre, pourquoi le garde-t-il tentant tant bien que mal de masquer les odeurs putrides qui s'en dégagent ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?
« On ne connaît jamais vraiment les gens qu'on aime. Ils se dévoilent, puis se referment dès qu'émerge la partie la plus sombre de leur être. Comme des plantes vénéneuses. Belles, odorantes, nous nous ouvrons, puis nous dévorons. »
Ce roman est une bombe. Il m'a à la fois emballée, et malmenée. Je n'ai rien lu depuis plusieurs jours à cause de lui. Je lui en veux. de m'avoir autant plu. de m'avoir baladée. de m'avoir rendue accro. Et surtout, surtout, je lui en veux d'avoir eu une fin. Parce que c'est le genre de roman que j'aurai aimé ne jamais refermer.
Tout est bon dans ce roman. Tout.
La plume de l'auteur est très particulière. Un mélange de phrases brèves & concises, & de poésie. Ce qui donne une dimension étrange au récit ; à la fois beau & pur, mais aussi cru & inquiétant. le fait que ça soit raconté à la 1ère personne nous immerge instantanément dans l'histoire. Tellement, que certaines scènes sont particulièrement difficile à lire, tant elles sont macabres & emplies de souffrances. L'ambiance, en plus d'être glauque, dérive au fil des pages vers la folie, la frénésie et l'urgence. Un mélange parfait pour moi !
L'intrigue est originale & bien menée. Il y a beaucoup de suspens, et beaucoup d'action. Ca ne s'arrête jamais, si bien que j'ai retenu mon souffle tout au long de cette lecture. Et après avoir ouvert ce bouquin, je n'ai pu le refermer qu'après le dernier mot avalé. Impossible de le lâcher. le rythme était trop insoutenable pour avoir envie de faire des pauses !
Le personnage principal est vraiment bien travaillé. Même si ces choix sont contestables, sa psychologie est très crédible et c'est quelque chose que j'aime énormément dans les romans : avoir un personnage aussi réaliste et humain. Alors sombrer avec lui dans ses névroses, je ne pouvais qu'approuver !
Malgré tout, ce roman reste difficile à lire. Son style est vraiment beau, mais il est également dérangeant. A la limite du malsain, je dirais, mais c'était ce n'est en rien négatif pour moi. Il est percutant, presque hallucinant. Fou.
J'ai adoré la fin, tout en la détestant. Je n'ai pas été déçue une seule fois par son contenu, seulement, je n'avais pas envie que le roman se finisse. Je voulais rester avec cet homme, continuer à suivre ses mésaventures. Je voulais le réconforter, le prendre dans mes bras, & lui dire que tout allait s'arranger (ce roman aurait-il laissé des séquelles et entaché ma santé mentale ?). Mais paradoxalement, j'ai trouvé qu'absolument tout était à sa place. L'histoire se termine exactement quand il faut, tous les éléments sont là où ils devraient être. Je ne sais pas si vous avez déjà eu cette impression, avec un roman, que tout est orchestré à la perfection. Comme un sentiment d'homogénéité, d'unité, d'achèvement absolu.
Ce roman est PAR-FAIT. Ne passez surtout pas à côté !
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Anaislectrice
  20 mars 2018
Je dégaine, pour la deuxième fois de l'année, la catégorie « Livre qui décoiffe ta tête de lectrice sans te faire bouger de ton canapé » ! Non mais c'est quoi ce bouquin !
Alors là mes amis, vous voulez du noir, du sombre, avec un style que je n'arrive même pas à qualifier tant il change de ce qu'on lit habituellement, vous allez être servis !
Non mais t'es pas bien David Coulon !
Ce livre, il a fait sortir mon coeur de lectrice ma cage thoracique tellement j'ai eu un putain de coup de coeur pour lui !
Je serai le dernier homme est une histoire de dingue, macabre au possible, du genre « noir c'est noir, y a plus d'espoir« . le style narratif renforce l'horreur de la situation, qui est pourtant déjà bien abominable, accrochez-vous car il y a certains passages qui décapent et vous colleront au choix : des frissons de dégoût, un certain ahurissant, la nausée, ou une certaine jouissance morbide de lecteur de polar qui en a marre des thrillers conventionnels parce qu'il aime les polars qui tabassent, mais ça on ne le dira pas car mine de rien on a quand même un peu honte de réagir comme ça – je vous laisse deviner ma réaction à moi tiens !
Le style d'écriture est absolument décapant, vif, nerveux, tu t'en prends plein la tronche pendant toute ta lecture : les phrases sont courtes, très courtes, parfois la phrase est découpée en mot, en un seul mot avec un retour à la ligne à chaque fois. Rythme nerveux, rythme effréné calqué sur les émotions de notre personnage qui vit une véritable descente aux enfers. Il prend des libertés avec son écriture David, à en déclencher un infarctus aux profs de lettres ou amateurs de belles lettres soucieux d'un style littéraire rigide et cadré, et pourtant ! Pourtant c'est hyper recherché ce qu'il écrit, c'est bourré de figures de styles, des anaphores, des répétitions, beaucoup, histoire que tu comprennes bien que là, ton personnage en bave sévère et que c'est un gros bordel dans tête. C'est écrit de manière juste, c'est son style à lui et vous accrochez ou pas, en tout cas moi, je suis totalement fan !
Le personnage principal est un mec anonyme, menant une vie simple et complètement banale. Il a une femme et une fille, il est au chômage depuis peu, propriétaire d'un petit pavillon dans un petit quartier à la Desperate Housewives, dans une région gangrenée par les fermetures d'usine, le chômage. le fait qu'il soit anonyme fait que forcément, tout le monde se sent concerné. ça pourrait être vous ou moi (enfin surtout vous vu que moi, je suis une femme ! ). Finalement à travers cet anonymat, et à l'utilisation d'une narration à la première personne, l'auteur nous démontre qu'il suffit de peu de choses pour que tout parte en live, que votre vie s'effondre, parce que vous êtes là au mauvais endroit au moment, parce que vous prenez à un moment une mauvaise décision qui entraînera une succession de catastrophes et d'autres mauvaises décisions derrière pour ne pas perdre la face… Imaginez un peu, vous êtes est en train de traverser une tempête dans votre vie personnelle et professionnelle, et en plus vous vous retrouvez avec le cadavre d'une femme que vous avez tuée sans le vouloir, et que vous ne connaissez même pas… Allez donc expliquer aux flics que vous avez accidentellement tué cette femme, sacrément arrangée physiquement d'ailleurs, et que vraiment, vous n'y êtes pour rien ! Forcément, personnes ne vous croirait et vous seriez accusé de son meurtre (et d'autres bricoles pas très sympas d'ailleurs).
Le mot de la fin
C'est quand je lis des bouquins comme ça que je me dis que j'apprécie la plupart du temps mes lectures parce que je les choisis bien, mais que pour me créer un vrai coup de coeur, il me faut vraiment quelque chose de différent.
J'aime ce que fait David Coulon depuis le premier livre que j'ai lu de lui il y a trois ans, je suis en quelque sorte une fidèle parmi les fidèles, mais là dans ce livre, y a du niveau et c'est un cran au-dessus de tout le reste !
J'ai toujours aimé le hors norme, les gens et les choses qui ne rentrent pas dans les cases. J'ai toujours aimé ce qui sort de l'ordinaire, les gens qui osent, qui sortent de leur zone de confort et qui te font sortir toi, de ta p'tite zone de confort de lecteur. Et c'est pour ça que j'ai absolument et totalement adhéré à ce livre !
Je viens de terminer consécutivement deux bouquins franchement décalés, pas de doute que le retour au thriller classique va être compliqué…
Un thriller édifiant, terrifiant, politiquement incorrect. Si vous n'avez qu'un seul livre à acheter cette année, c'est celui-là qu'il vous faut !
Lien : https://anaisseriallectrice...
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RomansNoirsEtPlus
  03 février 2019
Je m'attendais à pas mal de choses avec ce roman de David Coulon : quelque chose de dur , d'incisif , de mordant , de sanglant , de pire peut être …mais pas à ÇA !
Là c'est au-delà de l'abominable , de l'effroyable qu'un homme puisse supporter .
Et pourtant comme lui , on y a cru , on a espéré que tout se terminerait bien …
Tout a commencé pour lui à trois heures du matin alors qu'il regagnait sa maison , retrouver sa femme Mathilde et sa petite fille , Emma .
Sortant du lit de sa maîtresse , Anna , éméché , il décide de prendre l'autoroute des alcooliques , cette route de Normandie où les flics ne sont jamais là avec un alcootest à la main .
Mauvais endroit , mauvais moment ? Décidant de s'arrêter quelques instants après avoir entendu des bruits sourds il va causer accidentellement la mort d'une jeune femme , sortie de nulle part , comme fuyant un danger extrême .
Impossible pour lui de laisser ce cadavre sur place il va donc décider de le mettre dans son coffre …Sa vie bascule alors définitivement dans l'horreur quand il prend conscience qu'il est devenu un meurtrier .
Se livrer ou continuer ? Choix cornélien surtout quand on n'a pas cessé de mentir à sa femme , à soi-même : un ouvrier chômeur qui a abandonné la lutte pour retrouver un travail et qui se morfond dans son existence où l'amour a disparu et l'espoir avec .
Il décide alors de cacher son secret mais , découvrant que la jeune femme semblait s'être enfuie d'un pavillon à proximité du sien et que d'autres individus ont disparu dans les environs , il décide de mener ses propres recherches . Rapidement cette quête se transforme en nécessité vitale , irraisonnée mais essentielle pour lui . Comme une rédemption indispensable alors que la raison lui dicte de fuir l'inévitable péril qui se rapproche de lui à grands pas .
Pas de besoin de vous dire que j'ai avalé ce roman en quelques heures , comme aimanté par ce récit qui conduit toujours plus loin dans le noir le plus total .
Comme ces banlieues décrépies entourées d'usines déshumanisées surmontées de cheminées crachant une fumée toxique et obscure de sombres destins .
Ne nous fions par pour autant à ces pavillons qui ont fleuri plus loin à proximité de la forêt dans les caves desquels règnent peut être l'horreur la plus absolue .
Le lecteur suit fiévreusement pendant quelques jours l'existence de cet homme , chamboulée par la cruauté du monde su travail , qui tombe peu à peu , comme dans un cauchemar éveillé , dans un engrenage infernal où la barbarie , l'indicible , le macabre , la folie ordinaire des hommes , n'a plus de limites .
Un récit implacable , déstabilisant , dont l'écriture est à fleur de peau , écorchée vive , comme pour mieux nous faire ressentir la douleur morale et physique
qu'éprouve le personnage principal . On vit intensément ce roman et on tourne la dernière page , presque avec un certain soulagement .
Un grand roman noir . Un auteur à suivre assurément .
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audelagandre
  09 janvier 2019
Trois heures du matin, autoroute des alcooliques (itinéraire bis pour éviter les contrôles de police en cas d'alcool avéré), un homme passablement éméché voit surgir d'un champ de blé, une jeune femme dans un piteux état. Elle tente de lui voler sa voiture. Brutalement, il l'extirpe du siège conducteur et lui fracasse accidentellement la tête contre une pierre. Démuni, totalement perdu, incapable de vraiment réfléchir à ce qu'il fait, le narrateur la jette, morte dans le coffre de sa voiture.
Il faut dire que cet homme, dont on ne connait pas le nom, a eu son lot d'emmerdes pour une vie entière : au chômage, après la fermeture de l'usine dans laquelle il travaillait, il a sombré progressivement dans l'alcool pour supporter son mal de vivre, trompe sa femme pour s'occuper. C'est l'antihéros par excellence, celui qu'on détesterait dans la vie réelle, si l'on était amené à le rencontrer. À ses côtés, Mathilde, sa femme, prof de son état, toujours très présente, encourageante, positive, n'a qu'une phrase à la bouche « Il faut qu'on se batte. », mais aussi une petite fille qui aime son papa éperdument.
Dans ces circonstances, en banlieue de Rouen, dans un climat sombre, face à une situation économique très préoccupante, le lecteur a des envies de coups de pied aux fesses et se fait la réflexion que décidément certaines personnes ne veulent pas être aidées et méritent au fond le désarroi dans lequel ils se trouvent.
On pourrait parler d'un roman social, fermeture d'usines, syndicats qui prennent la main, cellules de reclassement, salariés qui plongent lentement dans la misère et acceptent quelques milliers d'euros pour s'en sortir… Sauf que…. Nous sommes bien dans un roman noir axé sur la psychologie des personnages, notamment celle du narrateur.
Évidemment, on se pose la question de ce qu'on aurait fait à sa place… Aider cette jeune femme, ou non, aller se dénoncer pour cet accident dramatique, ou non, mais ces interrogations ne durent pas, car il se produit quelque chose d'assez rare dans un roman, que je trouve toujours intéressant à exploiter, à savoir, réussir à faire basculer le lecteur du côté du héros, salaud de préférence, dont les actions n'ont aucune logique.
Rapidement, le lecteur se retrouve dans un manège lancé à grande vitesse. de ceux où vous avez la tête en arrière et qui va si vite que vous ne distinguez plus les formes des choses qui vont entourent. le style narratif incomparable contribue à ce tourbillon, par l'utilisation de phrases courtes, parfois quelques mots seulement, et surtout de nombreuses répétitions, phrases psalmodiées comme des mantras par des retours à la ligne constants. « Nous sommes loin de la douleur du monde, Faut qu'on se batte, On ne connait jamais vraiment les gens qu'on aime ». Rajouté à cela, une litanie interminable de nouvelles déversée par les chaînes d'infos en continu à rendre cinglé l'être le plus mentalement stable. Évidemment que des horreurs, de mauvaises nouvelles sont balancées à la pelle, tout le temps. Un joli reflet de notre société qui pour ma part finit par me rendre cinglée. Faut-il avoir une case en moins pour avoir cette fichue télé allumée en permanence, et laisser son subconscient avaler toutes ces choses nauséabondes dont on s'abreuve par justification d'être au courant de tout, mais surtout à cause d'un odieux voyeurisme nauséabond. Voir et entendre à quel point le monde va mal nous fait nous sentir mieux : notre situation pourrait être tellement pire… regardez tous ces malheureux qui crèvent sur nos écrans. Belle lucidité de David Coulon sur cet aspect de notre société malsain qui finit par bouffer même les bien-portants, et rend la violence si ordinaire.
Il y a d'autres choses que j'ai beaucoup aimées dans ce roman et qui en font un livre à part, inclassable, à l'ambiance glauque omniprésente qui déteint sur le lecteur.
D'abord cette obsession du narrateur pour ce corps qu'il transporte dans sa voiture et cette forme de tendresse malsaine qu'il voue à la dépouille en tissant avec elle, un lien particulier qui s'apparente à ces trésors que l'on cache, mais dont on prend grand soin. Puis la volonté farouche de trouver absolument qui elle fuyait et pourquoi. Une manière d'exister, d'avoir un but, d'avoir l'esprit occupé par une mission imaginée de la plus haute importance, comme si toute sa vie en dépendait. C'est dire à quel point le narrateur est plongé dans une solitude abyssale. Autour de lui, le monde semble tourner à toute vitesse quand sa vie à lui semble figée.
Dans cette ambiance mortifère, l'auteur évoque le couple. Oh misère… c'est moche. Il y a les mots d'amour qu'on se dit sans les penser, et les yeux qui disent tout le contraire. Tout ce qui me terrorise au final. Plus le courage de se dire les choses, le mensonge comme mode de fonctionnement, l'enfant qui joue le rôle d'un trait d'union qui n'a plus lieu d'être, par obligation, par lâcheté. Mieux vaut respirer un grand coup parce que c'est assez déprimant.
Évidemment, David Coulon développe la culpabilité et le fait de devoir vivre avec sa conscience quand on sait qu'on a fait une chose répréhensible. Ça coupe la respiration, ça donne des envies de se foutre en l'air. La vie n'est qu'une question de choix qu'il faudra assumer quoi qu'il en coûte….
Outre le style que j'ai beaucoup aimé, les thèmes développés, les problématiques, le portrait très travaillé du narrateur, je n'oublie pas le scénario puisque nous sommes bien dans un thriller/roman noir. J'ai vu venir le twist par déduction, mais cela n'a en rien gâché ma lecture, car j'étais curieuse de savoir comment il allait conclure : brillamment !
Alors, je vous donne un conseil : allez faire un tour, de temps en temps, dans votre stock de livres au lieu de courir sans cesse vers la nouveauté, parce que vous n'êtes pas à l'abri d'y trouver de petites pépites qui prennent la poussière. Cela a été le cas pour « Je serai le dernier homme », pour l'auteur dont je n'avais jamais rien lu, pour le style que j'ai personnellement j'adoré, plus saisissant encore dans une lecture à haute voix, pour l'ambiance anxiogène, admirablement retransmise, pour son personnage principal qu'on finit par aimer, malgré tout, parce que son désarroi devient le nôtre.
Le propre d'un bon livre est de faire vivre plusieurs vies, parce qu'on y plonge facilement et qu'on se laisse emporter en oubliant la notion du temps : je peux vous dire que c'est un sacré bon livre !!

Lien : https://aude-bouquine.com/20..
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UnKaPart
  11 juin 2018
Je serai le dernier homme n'est pas la préquelle de Je suis une légende. Pas de post-apo ou pré-apéro en vue mais un cocktail Coulonov. Mélange de polar, de thriller psychologique, de roman social, le tout n'étant qu'un prétexte pour te parler du monde et des gens. le village des ténèbres était déjà noir bien comme il faut, Dernière fenêtre sur l'aurore encore plus, Je serai le dernier homme repousse les limites. Plus noir qu'une caisse de campagne électorale (et je ne parle pas de voiture).

Ce dernier homme est un narrateur anonyme. Je l'appellerai David, moitié pour éviter de répéter “narrateur” trente-douze fois da,s la chronique, moitié parce que pendant la lecture je l'imaginais avec la tête de Coulon, moitié parce que son histoire démarre comme un autre David, Vincent celui-là, par un raccourci vers les emmerdements. (Là, tu vas me dire que le compte n'y est pas. A quoi je rétorquerai que je suis aussi doué en maths que toi en second degré.)
Or donc, l'ami Dave roule dans la cambrousse. Coups de pétoire. Il s'arrête, descend de sa caisse (là, par contre, je parle de voiture). Une damoiselle en détresse surgit, quiproquo, accrochage, boum. La voilà viandée par terre, aussi morte que l'ISF. Moi, je l'aurais enterrée pas loin, ni vu ni connu. le narrateur, lui, panique et la fourre dans son coffre (fourrer, dans le sens ranger, hein, ne va pas imaginer un trip nécrophile…).
S'ensuit une histoire pas piquée des vers (à l'inverse du cadavre). Comment planquer un corps qui a une fâcheuse tendance à se barrer en morceaux et à puer la mort ? Pourquoi ne pas le retourner à l'envoyeur, puisque d'après les actualités, la donzelle avait été kidnappée par un taré ? Mais qui ? Comment vivre avec ça et le reste ?

Et tout ça, quelque part, on s'en balance. Certes, Coulon bâtit autour de son macchabée encombrant une histoire policière qui tient debout, mais l'intérêt du roman est ailleurs. La preuve, on connaît le coupable à la moitié du bouquin (le colonel Moutarde avec la bouteille de vin dans la chambre de Beaune). L'important ici réside dans le “mais pas que…” de la couv'.
Commençons par l'évidence, Je serai le dernier homme parle de culpabilité. Logique pour une histoire qui démarre sur une autoroute perdue très lynchienne dans l'âme (enfin, un chemin de terre, parce qu'en France, on a moins de budget). Tout involontaire qu'il soit, un homicide, faut vivre avec. Pas facile, dirait un diplômé en litote. Avec en prime la question aussi primordiale que tarte à la crème : qu'est-ce que tu aurais fait, toi, dans cette situation ? Dans mon cas la réponse est simple : rien, je n'ai pas le permis (lol, comme on dit).
Ce roman est aussi celui de la boule de neige. Pas la gentille des batailles hivernales pour de rire. Non, celle qui dévale, grossit, emporte tout sur son passage. Un choix foireux en entraîne un autre, qui amène une décision prise dans la panique ou l'urgence, et ainsi de fuite (en avant).

Je serai le dernier homme brosse surtout le portrait d'une humanité perdue. Qui ne sait plus où elle en est, encore moins où elle va, mais elle y court quand même à fond. le monde part en vrille dans une ambiance très fin de siècle… sauf que l'histoire est contemporaine, autant dire qu'on l'attaque tôt la fin du siècle, un peu comme les fins de mois qui démarrent le 8.
Fermetures d'entreprises, luttes syndicales dont le résultat est écrit d'avance, chômage, politique de reclassement à la traîne quand elle existe, voilà une région où il fait bon vivre… comme n'importe quelle autre. Avec par-dessus disparitions, viols, meurtres, ici ou ailleurs dans le pays… ou d'autres, pas mieux lotis avec leurs attentats pires que chez nous, leurs guerres civiles, leurs populations jetées sur les routes ou dans la Méditerranée.
Et au milieu, un type comme tant d'autres, très entouré pour un dernier homme. Très seul aussi, entre une femme qu'il n'aime plus, une maîtresse qu'il n'aime pas, une fille qu'il se sent incapable de protéger de la misère du monde, des amis avec lesquels il n'a rien en commun, des collègues qui n'en sont plus, la faute au chômage… Et la planète tout autour qui pète de partout.
Un dernier homme relié à tout le monde et personne. En témoigne une omniprésence de la représentation, à travers la photo, la radio, la télé. Tout est lointain, creux, fugace. Interconnexion permanente et artificielle.
Pour son roman de la solitude au milieu des gens, Coulon n'aurait pu trouver meilleur titre.
Lien : https://unkapart.fr/je-serai..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   27 mars 2018
Je pense à des corps découverts dans des ronces, des fougères. Affaires criminelles. Images de chaînes d’informations en continu, de reportages télé, de lectures morbides. On trouve toujours le corps de quelqu’un dans les bois. Les journaux regorgent d’exemples.
Joggeuse agressée. Ennemi enterré. Brûlé. C’est comme ça que l’idée me vient. Larguer le corps. Ici. Dans la forêt. Il n’y paraîtra rien.
Toutes les polices penseront au cinglé qui a enlevé la femme. Oui, je n’ai qu’à faire cela. Sortir en direction de la forêt du Rouvray, y déposer le corps. Un promeneur le trouvera, et préviendra la police. Les flics se mettront en quête du taré qui l’a enlevée.
Et je ne suis pas ce taré.
Je n’ai pas enlevé la fille.
Je l’ai renversée et… tuée.
C’est tout.
Je ne suis personne.
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rkhettaouirkhettaoui   27 mars 2018
On se marrait bien en imaginant des péages, des sorties impromptues vers des patelins aux noms improbables. Des bandes d’arrêt d’urgence. Alors qu’il n’y avait rien. Rien du tout.
L’autoroute des alcooliques était un petit chemin serpentant à travers des champs de blé, maïs et colza. En parallèle, de l’autre côté, il y avait la nationale, reliant Rouen et Le Havre, qui traversait une multitude de petits villages. Mais sur cette route principale, il y avait souvent les flics. Et lorsque vous aviez bu deux, trois, quatre, ou cinq verres, il valait mieux la contourner et filer sur l’autoroute des alcooliques. Au moins, vous étiez sûrs de ne rencontrer personne.
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rkhettaouirkhettaoui   27 mars 2018
On ne connaît jamais vraiment les gens qu’on aime.
Je ne l’aime plus mais je pourrais lui expliquer ce qui s’est passé ce soir. Anna. Son mari. L’alcool. Le cadavre dans mon coffre. Je pourrais jouer quitte ou double. Tu me suis, tu m’aides, ou tu me quittes et tu balances tout aux flics.
Quand je me suis fait virer, elle était là, aimante. J’aimais tenir sa main, car sa main était le dernier élément qui me reliait au monde. Quand je me suis fait virer, j’ai commencé à boire, beaucoup. À fumer. À coucher avec Anna. Et je crois que je sais qu’elle sait.
Tout.
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rkhettaouirkhettaoui   27 mars 2018
Le mari d’Anna est en déplacement fréquent.
Et dans ces moments-là, je couche avec elle.
On ne connaît jamais vraiment ceux qu’on aime.
Et je crois que ma femme ne me connaît pas. Ne me connaît plus.
Pour elle, je suis parti à Lille depuis deux jours. Je loge dans un hôtel miteux du centre-ville dont j’ai trouvé le nom sur Booking.com. Mon entretien d’embauche fictif sera raté, bien entendu.
C’est l’excuse que j’ai trouvée pour pouvoir passer deux jours avec Anna. Deux jours de baise et d’alcool.
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rkhettaouirkhettaoui   27 mars 2018
J’ai couché avec Anna pendant que les autres se battaient. Elle ne se battait pas. Moi non plus. J’avais toujours regardé ça avec un peu de distance, sur les chaînes d’informations continues. Les plus motivés se battaient. Les plus motivés bloquaient. Les plus motivés hurlaient. Les plus motivés revendiquaient.
Les plus motivés perdaient.
Toujours.
Tout finissait toujours comme ça.
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