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EAN : 9782878586015
237 pages
Viviane Hamy (15/01/2015)
3.42/5   299 notes
Résumé :
Anthime, un adolescent inséparable de sa sœur Helena, vient d’emménager dans une banlieue de province avec toute sa famille. Il craint de ne pas s’intégrer dans cette nouvelle communauté où personne ne l’attend.

Pourtant, il va vite trouver le moyen de se distinguer et de se faire connaître. Lors d’une kermesse, il s’illustre par sa rapidité au jeu de quilles. Il n’en faut pas plus à Brice, un entraîneur obèse et bonhomme, pour l’enrôler dans la cours... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (82) Voir plus Ajouter une critique
3,42

sur 299 notes
Ladybirdy
  23 septembre 2019
Anthime a un don, il court vite même très vite. Depuis son jeune âge. Il est vite repéré par un entraîneur qui souhaite faire de lui le pélican, le plus grand athlète de tous les temps. Pour Anthime, la course est bien plus que quelques pas rapides devant l'autre. C'est rejoindre des rêves de grandeur, c'est la médaille du gagnant, c'est aussi vider sa tête de tout son superflu, c'est gagner en force, en confiance. Quand surgit un accident lors d'une course, Anthime s'effondre et perdra tout, la femme et la soeur qu'il aime jusqu'à ses rêves, jusqu'à sa propre vie. Pour hériter d'une seconde place et la seconde place pour un gagnant c'est toujours la pire.
Ce roman m'a laissé terriblement perplexe. Il est, ou semble, très bien écrit mais il est aussi truffé d'images, de métaphores, de détails alambiqués que le fond se noie littéralement dans cette bourrasque de détails. le cadre spatio-temporel est aussi absent, ce qui m'a gênée au même titre qu'on rentre peu en harmonie et empathie avec Anthime et les autres, faute à ces montagnes de détails secondaires qui font certes jolis mais à mon sens desservent totalement l'histoire. J'avais l'impression de lire un exercice de style, sortez-moi un maximum de phrases tordues et stylées. Par contre, les déceptions d'Anthime, sa personnalité, son évolution, tout cela n'est pas abouti. Des émotions, de la psychologie, j'en voulais plus.
J'avais l'intention de lire le dernier roman de Cécile Coulon, Une bête au paradis, du coup, j'hésite fortement. Tant j'ai été déstabilisée et déçue ici. Une histoire avec du potentiel mais tellement surjouée qu'elle en devient transparente et insipide.
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ordinary_reader
  26 mai 2017
Voilà un roman intrigant et saisissant, d'une jeune auteure que je ne connaissais pas.
Anthime, 15 ans, est un adolescent prometteur qui devient très vite la coqueluche locale, comme jeune espoir régional du 800 mètres.
Grisé par la gloire et l'envie de gagner, il sacrifie tout pour atteindre son objectif. Mais un drame va transformer le rêve en terrible désillusion...
La plume est percutante et ciselée (affutée, comme dirait justement une amie babeliote). Cela donne un rythme assez soutenu à la narration, une densité au verbe.
Ce roman raconte une jeunesse et un amour sacrifiés sur l'autel de la célébrité puis comment, arrivé à l'âge adulte, la frustration, l'orgueil et la colère mènent à l'impasse, voire l'irréparable... Au gâchis d'une vie !
Un portrait qui m'a touchée, mais pas bouleversée.
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Eve-Yeshe
  22 mai 2017
Cette fois encore, les personnages sont très fouillés, dans tous les détails, avec leurs qualités et leurs défauts qui les rendent attachants ou repoussoir.
Deux mondes s'opposent, s'entremêlent : la vie monotone monochrome dans un lotissement ordinaire, avec ses barbecues, ses apéros de bienvenue pour tenter d'intégrer les derniers arrivés, mais deux mondes s'opposent en fait : ceux qui sont natifs du village, ont pignon sur rue, connaissent tout le monde et les nouveaux arrivants que l'on observe à la loupe.
Pour Anthime, il faut s'imposer dès le premier contact pour pouvoir passer une année scolaire tranquille et ne pas subir de harcèlement, alors il donne le maximum lors du combat, courant plus vite que les autres pour gagner, dans la scène du jeu de quilles.
« Son frère venait de remporter sa première victoire. Il échappait ainsi aux persécutions réservées aux nouveaux arrivés : son exploit ferait le tour du collège avant qu'il n'y mette les pieds. Anthime était sauvé. » P 30
Il court vite, toujours plus vite, et se fait remarquer lors du fameux cross opposant des collèges différents, par un entraîneur, dont les rêves de médailles ont sombré. Dès lors, son quotidien va changer, sport intensif, entraînement pour arriver aux championnats du huit cents mètres.
Ce qui compte pour lui, ce n'est pas le plaisir de courir, c'est gagner à tout prix, seule la victoire est belle. L'équipe de son collège arbore un maillot avec un pélican qui deviendra le surnom d'Anthime.
Mais, le jour J, il se blesse et tout s'écroule. le Pélican git en larmes sur le sol, son ego en prend un coup et il entre dans une deuxième vie qu'il subit : mariage, enfants, obésité, jusqu'au jour où une réflexion sur son poids le blesse et l'oblige à réagir…
On assiste alors à une reprise en mains : Anthime se remet au sport, s'acharne sur son vélo d'appartement, en cachette et se lance dans un nouveau défi que je vous laisse découvrir…
Bien-sûr, ce roman parle de la chute d'une idole, du passage de l'admiration des autres à l'anonymat, loin des projecteurs, mais il va beaucoup plus loin, posant des questions sur le sens de la vie…
Que désirait-il vraiment ? Pourquoi ses parents n'ont-ils pas exprimé de réserves, surtout quand l'entraîneur, qui ne court qu'après l'alcool et cherche une revanche, le fait participer aux sélections alors qu'il n'est pas assez prêt ? Peut-on réussir sa vie quand l'ambition dévorante l'emporte sur la passion, sur le plaisir à pratiquer un sport ?
Cécile Coulon décrit très bien cette période de l'adolescence, surtout quand on est différent par rapport aux autres, le rapport presque fusionnel entre Anthime et sa soeur Héléna, chacun protégeant l'autre à sa façon, et le fonctionnement de cette famille où la communication est très limitée, de même que les affects. Ils cohabitent.
Deux autres filles gravitent autour d'Anthime : Béatrice, son premier amour, à qui il s'était promis de déclarer sa flamme s'il gagnait ces sélections, et de Joanna, la voisine d'en face, qui l'espionne et tisse sa toile autour de lui.
J'aime beaucoup la façon dont l'auteure nous interpelle, s'adresse directement à nous, sous implique. Même si le thème m'a moins passionnée que « Trois saisons d'orage », j'ai ressenti la même avidité d'en découvrir plus dans l'évolution du héros, sa recherche d'identité, tant Cécile Coulon sait bien tenir le lecteur en haleine, et ici, c'est aussi bien au sens propre que figuré.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Spilett
  28 juin 2016
« Un livre absolument magnifique d'une cruauté sans nom sur le sport et ses valeurs ». Ce commentaire est d'Augustin Trapenard, un garçon que j'aime regarder et écouter sur Canal +. Toujours beaucoup de verve, d'enthousiasme, de passion pour défendre un livre. « le coeur du pélican » est le troisième livre que je lis sur ses recommandations mais peut-être le dernier.
Cécile Coulon, jeune écrivaine de 26 ans, nous conte le parcours brisé d'un athlète de demi-fond, Anthime. Ce jeune homme a un talent indéniable pour la course à pied. Il est obéissant, appliqué, évite de réfléchir, se laisse porter et accepte d'endosser ce rôle de champion en devenir.
Lors d'une compétition qui doit le mener vers les jeux olympiques, il se blesse, s'en est fini de ses rêves de gloire et de l'amour de sa vie. Il va tomber dans l'anonymat et s'enfermer dans une vie insipide : un mariage sans amour, travailleur social désabusé, prise de poids, petite maison dans un lotissement,...
Dans ce livre, des explications, des images incompréhensibles, des trucs bizarres vous en trouvez plein les pages:
p. 197, « … il avait recouvert ses terreurs et ses rêves avec la peinture d'un pavillon de banlieue, à la manière d'un puits radioactif qu'on couvre de plaques de béton » Ça vous cause ça, des plaques de béton pour couvrir des puits radioactifs ?
p.217, « Anthime s'accroupit derrière la roche, glissa ses mains couvertes du sang de sa victime dans les profondeurs de la terre et sentit les asticots recouvrir ses doigts », n'importe quoi, à part si tu te vautres dans une charogne, difficile de trouver des asticots !
Je ne vais pas tourner autour du pot très longtemps, je n'ai pas aimé ce livre, vraiment pas. L'histoire, ma foi, pourquoi pas ? C'est surtout l'écriture qui m'a gêné, une écriture douloureuse pour son lecteur.
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diablotin0
  26 mars 2022
J'ai choisi de lire ce livre non pas pour son thème qui ne m'attire pas particulièrement, la performance athlétique d'un jeune garçon ne me fait pas, il est vrai, rêver, mais parce que j'affectionne la plume de Cécile Coulon.
J'ai peut-être trouvé un peu trop de métaphores "artificielles" dans ce roman mais je salue malgré tout une fois de plus cette jeune auteur qui sait toujours trouver un angle d'attaque intéressant pour garder son lecteur attentif.
Elle décrit avec beaucoup de psychologie l'évolution d'Anthime. La victoire avec toute l'aura qui va avec, la défaite, le drame, la fin des illusions, la résignation et le renouveau.
Il y a quelque chose d'antipathique chez Anthime et pourtant j'ai eu aussi de l'attachement pour lui. J'ai eu mal pour lui et ai souhaité une fin heureuse.
Se relever après un échec, se reconstruire et poursuivre ses rêves voilà ce que Cécile Coulon nous offre à travers Anthime.
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critiques presse (3)
Actualitte   24 février 2015
Un livre cruel, d'un discernement implacable lorsqu'il évoque le couple et ses frustrations notamment ; tellement proche finalement d'une vérité que chacun tente d'étouffer lâchement, qu'il indispose, rend les sourires amers et contrits, perturbe sensiblement.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Telerama   04 février 2015
Texte foisonnant, écrit comme à l'arraché, ce quatrième roman de Cécile Coulon décrit la souffrance et la puissance, le courage et la honte, la communion du corps et de l'esprit.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   02 février 2015
Cécile Coulon brosse le portrait saisissant d'une vie bâclée. Anthime, surnommé "le Pélican" parce que, semblable à l'oiseau, il s'arrache le coeur pour l'offrir à son public, est un héros de tragédie mais aussi notre semblable à tous. Son errance, servie par l'écriture survoltée d'une romancière désormais confirmée, est un pur morceau de bravoure.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (104) Voir plus Ajouter une citation
mamansand72
mamansand72  
Pendant que les autres fument leurs cigarettes derrière les containers, toi tu cours. Pendant que les autres embrassent des filles pleines d’acné, toi tu cours. Tu n’as pas le droit de fumer, pas le droit de boire ta première bière, pas le droit de te coucher tard, tu n’as pas le droit de regarder un film porno chez ton pote parce que tu dois te lever le lendemain. Pendant que les autres mangent des sandwiches à la mayonnaise en reluquant des gonzesses qui sortent du gymnase, le short collé à leurs cuisses, tu fais des pompes, des séries d’abdominaux, tu cours autour d’une piste qui te donne la gerbe à force de tourner, tourner, tu ressembles à un bousier poussant une chiure de chaton. Pendant que les autres regardent des séries américaines, visitent des zoos, des usines désaffectées, jouent aux cartes, au bowling, tu comptes les dixièmes de seconde sur le chronomètre géant, tu dors à côté de ton coach qui ronfle comme un tracteur. Pendant que les autres vivent, tu survis, pour être le champion, pour voir ton visage sur grand écran, au-dessus d’une table de restaurant où tous ces autres se marrent à te regarder suer tes protéines sur une piste. Je n’ai rien vu venir. Et je ne me plains pas. Mais putain, je voulais foutre le feu à la maison, au lycée, au stade. Je voulais incendier tous ces bus, ces bagnoles, ces cars, ces gradins, tous ces plannings qui m’empêchaient de faire la grasse matinée, qui m’empêchaient de prolonger mes rêves.
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Bookycooky
Bookycooky  
Je n'aurais pas dû le suivre,je n'aurais pas dû l'aider,mais il y a tant de choses dans la vie que je n'aurais pas dû faire qui m'ont apporté du plaisir que je ne vois pas pourquoi je ne continuerais pas à commettre des erreurs.Vivre est une erreur,attendre est une erreur.Autant s'amuser un peu,autant défoncer les portes fermées et les planchers pourris.Autant être quelqu'un de fort,au lieu de vouloir,à tout prix ,être quelqu'un de bien.p.70
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Bookycooky
Bookycooky  
Le monde ne comprendra jamais que les grands hommes ne sont pas ceux qui gagnent mais ceux qui n'abandonnent pas quand ils ont perdu.p.154
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mamansand72
mamansand72  
Sur la poitrine, à l’endroit où les fabricants ajoutaient une poche en synthétique, le capitaine de l’équipe avait préféré dessiner un écusson : un pélican, de trois quarts, ailes écartées, offrait aux regards sa puissance, son envergure et son mystère. Un des oiseaux les plus lourds, capable de voler, de nager, de pêcher, symbole de la piété depuis l’époque médiévale, période où le pélican était représenté s’arrachant le cœur pour l’offrir en nourriture à ses petits. Mettez-vous en pièces pour les autres, défoncez-vous, faites craquer les squelettes, vendez-leur du rêve. Voilà ce que ça voulait dire : arrachez-vous la peau pour nourrir les espoirs des autres. Oiseau de malheur. Pour s’arracher le cœur, encore faut-il en avoir un.Si la plupart des élèves riaient à la vue du volatile – certains refusaient de porter un maillot aussi ridicule –, le pélican plaisait à Anthime. Il aimait qu’un corps lourd puisse voler si haut, qu’un être vivant défie les lois de la terre. Le pélican renversait les codes, il sortait du lot. L’oiseau prit Anthime sous son aile dès les premiers instants qu’ils passèrent ensemble.
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mamansand72
mamansand72  
Les doutes d’Helena ne freinèrent en rien les entraînements secrets. Les deux mois qui suivirent s’écoulèrent presque paisiblement. Métronome de graisse et de sang. À mesure qu’il musclait son cœur, ses bras et ses jambes, il sentait la rage sortir par tous les pores de sa peau. Les séries d’abdominaux, d’abord douloureuses, lui procuraient un bien-être que Joanna n’avait jamais su lui donner. Quand l’organisme peinait, il se donnait des coups de fouet imaginaires, visualisait sa course triomphale. Sa sœur avait raison ; sa femme ne serait pas d’accord. Mais ses enfants l’adoreraient, les joueurs de football, jaloux de sa force, de son endurance, dérouleraient le tapis rouge chaque fois qu’ils partageraient un verre de fin d’enterrement. Le corps tantôt courbé, tantôt élancé, sanglier marmonnant ou épouvantail hurlant, Anthime pédalait aussi vite que la machine pouvait le supporter. La selle, les poignées, le tapis de yoga, trempés de sueur, empestaient. Pourtant, à chaque fois qu’il terminait sa séance, raide et fier de ses lignes physiques, Anthime oubliait la douleur, ou plutôt il la digérait. Les enfants voyaient leur père heureux, les devoirs étaient faits, Joanna ne pouvait rien dire, aucun reproche ne ricochait contre les murs de leurs chambres quand elle corrigeait les exercices.
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