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ISBN : 2878586018
Éditeur : Viviane Hamy (15/01/2015)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 177 notes)
Résumé :
Anthime, un adolescent inséparable de sa sœur Helena, vient d’emménager dans une banlieue de province avec toute sa famille. Il craint de ne pas s’intégrer dans cette nouvelle communauté où personne ne l’attend.

Pourtant, il va vite trouver le moyen de se distinguer et de se faire connaître. Lors d’une kermesse, il s’illustre par sa rapidité au jeu de quilles. Il n’en faut pas plus à Brice, un entraîneur obèse et bonhomme, pour l’enrôler dans la cours... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  26 mai 2017
Voilà un roman intrigant et saisissant, d'une jeune auteure que je ne connaissais pas.
Anthime, 15 ans, est un adolescent prometteur qui devient très vite la coqueluche locale, comme jeune espoir régional du 800 mètres.
Grisé par la gloire et l'envie de gagner, il sacrifie tout pour atteindre son objectif. Mais un drame va transformer le rêve en terrible désillusion...
La plume est percutante et ciselée (affutée, comme dirait justement une amie babeliote). Cela donne un rythme assez soutenu à la narration, une densité au verbe.
Ce roman raconte une jeunesse et un amour sacrifiés sur l'autel de la célébrité puis comment, arrivé à l'âge adulte, la frustration, l'orgueil et la colère mènent à l'impasse, voire l'irréparable... Au gâchis d'une vie !
Un portrait qui m'a touchée, mais pas bouleversée.
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Eve-Yeshe
  22 mai 2017
Cette fois encore, les personnages sont très fouillés, dans tous les détails, avec leurs qualités et leurs défauts qui les rendent attachants ou repoussoir.
Deux mondes s'opposent, s'entremêlent : la vie monotone monochrome dans un lotissement ordinaire, avec ses barbecues, ses apéros de bienvenue pour tenter d'intégrer les derniers arrivés, mais deux mondes s'opposent en fait : ceux qui sont natifs du village, ont pignon sur rue, connaissent tout le monde et les nouveaux arrivants que l'on observe à la loupe.
Pour Anthime, il faut s'imposer dès le premier contact pour pouvoir passer une année scolaire tranquille et ne pas subir de harcèlement, alors il donne le maximum lors du combat, courant plus vite que les autres pour gagner, dans la scène du jeu de quilles.
« Son frère venait de remporter sa première victoire. Il échappait ainsi aux persécutions réservées aux nouveaux arrivés : son exploit ferait le tour du collège avant qu'il n'y mette les pieds. Anthime était sauvé. » P 30
Il court vite, toujours plus vite, et se fait remarquer lors du fameux cross opposant des collèges différents, par un entraîneur, dont les rêves de médailles ont sombré. Dès lors, son quotidien va changer, sport intensif, entraînement pour arriver aux championnats du huit cents mètres.
Ce qui compte pour lui, ce n'est pas le plaisir de courir, c'est gagner à tout prix, seule la victoire est belle. L'équipe de son collège arbore un maillot avec un pélican qui deviendra le surnom d'Anthime.
Mais, le jour J, il se blesse et tout s'écroule. le Pélican git en larmes sur le sol, son ego en prend un coup et il entre dans une deuxième vie qu'il subit : mariage, enfants, obésité, jusqu'au jour où une réflexion sur son poids le blesse et l'oblige à réagir…
On assiste alors à une reprise en mains : Anthime se remet au sport, s'acharne sur son vélo d'appartement, en cachette et se lance dans un nouveau défi que je vous laisse découvrir…
Bien-sûr, ce roman parle de la chute d'une idole, du passage de l'admiration des autres à l'anonymat, loin des projecteurs, mais il va beaucoup plus loin, posant des questions sur le sens de la vie…
Que désirait-il vraiment ? Pourquoi ses parents n'ont-ils pas exprimé de réserves, surtout quand l'entraîneur, qui ne court qu'après l'alcool et cherche une revanche, le fait participer aux sélections alors qu'il n'est pas assez prêt ? Peut-on réussir sa vie quand l'ambition dévorante l'emporte sur la passion, sur le plaisir à pratiquer un sport ?
Cécile Coulon décrit très bien cette période de l'adolescence, surtout quand on est différent par rapport aux autres, le rapport presque fusionnel entre Anthime et sa soeur Héléna, chacun protégeant l'autre à sa façon, et le fonctionnement de cette famille où la communication est très limitée, de même que les affects. Ils cohabitent.
Deux autres filles gravitent autour d'Anthime : Béatrice, son premier amour, à qui il s'était promis de déclarer sa flamme s'il gagnait ces sélections, et de Joanna, la voisine d'en face, qui l'espionne et tisse sa toile autour de lui.
J'aime beaucoup la façon dont l'auteure nous interpelle, s'adresse directement à nous, sous implique. Même si le thème m'a moins passionnée que « Trois saisons d'orage », j'ai ressenti la même avidité d'en découvrir plus dans l'évolution du héros, sa recherche d'identité, tant Cécile Coulon sait bien tenir le lecteur en haleine, et ici, c'est aussi bien au sens propre que figuré.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Spilett
  28 juin 2016
« Un livre absolument magnifique d'une cruauté sans nom sur le sport et ses valeurs ». Ce commentaire est d'Augustin Trapenard, un garçon que j'aime regarder et écouter sur Canal +. Toujours beaucoup de verve, d'enthousiasme, de passion pour défendre un livre. « le coeur du pélican » est le troisième livre que je lis sur ses recommandations mais peut-être le dernier.
Cécile Coulon, jeune écrivaine de 26 ans, nous conte le parcours brisé d'un athlète de demi-fond, Anthime. Ce jeune homme a un talent indéniable pour la course à pied. Il est obéissant, appliqué, évite de réfléchir, se laisse porter et accepte d'endosser ce rôle de champion en devenir.
Lors d'une compétition qui doit le mener vers les jeux olympiques, il se blesse, s'en est fini de ses rêves de gloire et de l'amour de sa vie. Il va tomber dans l'anonymat et s'enfermer dans une vie insipide : un mariage sans amour, travailleur social désabusé, prise de poids, petite maison dans un lotissement,...
Dans ce livre, des explications, des images incompréhensibles, des trucs bizarres vous en trouvez plein les pages:
p. 197, « … il avait recouvert ses terreurs et ses rêves avec la peinture d'un pavillon de banlieue, à la manière d'un puits radioactif qu'on couvre de plaques de béton » Ça vous cause ça, des plaques de béton pour couvrir des puits radioactifs ?
p.217, « Anthime s'accroupit derrière la roche, glissa ses mains couvertes du sang de sa victime dans les profondeurs de la terre et sentit les asticots recouvrir ses doigts », n'importe quoi, à part si tu te vautres dans une charogne, difficile de trouver des asticots !
Je ne vais pas tourner autour du pot très longtemps, je n'ai pas aimé ce livre, vraiment pas. L'histoire, ma foi, pourquoi pas ? C'est surtout l'écriture qui m'a gêné, une écriture douloureuse pour son lecteur.
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denisarnoud
  17 janvier 2015
Anthime et sa soeur Helena emménagent avec leur famille dans une petite ville de province. Loin de la grande ville et de ses fureurs dont leurs parents veulent les protéger. le rêve d'une vie meilleure plus confortable. Dans cette ville, il va falloir s'intégrer, prendre sa place. Lors d'une fête de quartier Anthime et Helena, sa soeur adorée, son inséparable, se sentent observés, disséqués, deviendront-ils les souffre-douleur de leurs camarades? Lors de cette kermesse une partie de jeu de quille est organisée, Anthime va devoir faire ses preuves.

"Nerveux, le coeur et les tempes affolés, il s'installa sur la bande de départ, tête baissée, le pied droit en avant, la jambe gauche légèrement fléchie, et attendit le coup de sifflet. Il devait ramasser cette foutue quille avant l'autre. S'il échouait, il signait pour sept ans de sacerdoce dans un collège où tout le monde le verrait comme l'abruti qui court lentement. Il ne pouvait pas se permettre de perdre. S'il loupait la quille, les idiots le lui feraient payer, jusqu'à ce qu'il quitte le lotissement."

Cette partie de jeu de quille est une révélation pour Anthime. La révélation de sa vitesse, Une révélation pour lui-même et pour les autres, il gagne sa place dans la communauté. Il est repéré par Brice qui va devenir son entraîneur et va lui faire franchir les étapes vers la gloire locale, les championnats. Anthime devient la star de son école. Les maillots de l'équipe de son école étant floqués d'un pélican, il va à lui seul l'incarner.

Anthime n'est pas particulièrement passionné par la course à pied. Tout ce qui l'intéresse c'est gagner. Quand il court c'est un combat, un combat contre lui-même, contre la douleur et contre les autres concurrents. "les gens ne se battent pas pour qu'on soit fier d'eux , les gens ne se battent pas pas pour mourir dignement. Les gens se battent pour gagner." Cette phrase va l'accompagner comme un mantra dans toutes les compétitions auxquelles il va participer. Ce désir de victoire, va le pousser à tout donner, pour lui, mais aussi et surtout pour les autres qui attendent tant de lui. Surtout ne pas les décevoir. Tel le pélican du mythe biblique il va s'arracher le coeur avec le bec pour le donner à manger à ses petits et cela jusqu'au drame jusqu'à la blessure.
Ce roman nous présente l'ascension et la chute d'un héros. La désillusion après avoir fait naître tant d'espoir dans la communauté. Anthime à la course comme en amour ne voulait pas décevoir. Sa blessure le contraint à se rabattre sur une vie qui le dégoûte, une femme qu'il n'aime pas mais qui est présente, alors qu'il rêve de la belle Béatrice qu'il ne veut plus approcher suite à sa chute.Il voulait lui donner le meilleur de lui même, il n'en n'est plus capable. Vingt ans de compromissions vont passer, vingt ans de laisser-aller. Suite à une réflexion d'un de ses anciens camarades, il va reprendre l'entraînement. Il va vouloir prendre sa revanche. Il va traverser le pays en courant.

le coeur du Pélican est un roman riche, foisonnant. Ce n'est pas un roman sur la course à pied, c'est beaucoup plus que ça. Après quoi court Anthime à part la reconnaissance? Il court après lui-même, il se cherche, mais que va-t-il découvrir? Un roman passionnant où la psychologie des personnages est décortiqué, leurs relations entre eux disséquées, le tout porté par un style précis, vif, inventif, dynamique, on ressent presque physiquement les douleurs éprouvées par Anthime. le roman le plus abouti de Cécile Coulon qui m'avait déjà bluffé avec le roi n'a pas sommeil et le rire du grand blessé.
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spleen
  04 avril 2015
Intriguée par cette jeune femme si volontaire et brillante, vue dans l'émission La Grande Librairie, j'avoue ne pas avoir trouvé ce que j'imaginais dans son dernier roman, le Coeur du Pélican .
On reconnait dans son style incisif , l'impétuosité de la jeunesse, et ce qui m'a manqué, justement c'est une certaine rondeur et un détachement parfois salutaire qu'apportent les années et l'expérience de la vie sans pour autant relâcher son combat , sa faculté d'indignation et son esprit critique.
Pavillons de banlieue , vie médiocre par sa monotonie et abrutissement des hommes adultes dans l'alcool et la bêtise réapparaissent tout au long de l'histoire comme une antienne .
Le don d'Anthilme pour la course se révèle alors qu'il se retrouve "petit nouveau" dans un groupe d'ados et qu'il est alors persuadé qu'il ne peut et ne doit pas perdre ; cela le fait passer du statut d'inconnu à celui de héros : est-ce un bienfait pour ce jeune garçon: on en doute d'emblée .
Récupéré par un entraineur qui a raté sa carrière et qui compte sur les succès de son poulain pour vivre les victoires par procuration, Anthilme subit plus qu'il ne s'épanouit et on ne peut pas dire qu'il soit soutenu par ses parents à l'attitude totalement passive, ce qui est surprenant lorsque l'on fréquente un peu les terrains de sport ou les salles de gym avec sa progéniture !
Ne voulant pas décevoir sa soeur, Héléna, son double féminin , son amante interdite et espérant conquérir le coeur de la belle Béatrice, Anthilme donne tout comme le pélican, emblème de son club.
Avant même de gravir les échelons du succès , l'ascension du jeune prodige est stoppée net et il se pense alors indigne de Béatrice et voué à épouser une femme qu'il n'aime pas et vivre une vie sans piment, sorte d'autoflagellation jusqu'à la révolte quelques vingt ans plus tard .
L'histoire est rapidement peu plausible car chacun sait que la gloire arrive aussi vite que l'oubli ...
Le combat de ce jeune garçon devenu un adulte ordinaire semble bien dérisoire et égoïste et vire à la colère dans un flot de violence non contenue.
La fin de l'histoire m'a laissé assez perplexe !
Problème de génération peut-être?

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critiques presse (3)
Actualitte   24 février 2015
Un livre cruel, d'un discernement implacable lorsqu'il évoque le couple et ses frustrations notamment ; tellement proche finalement d'une vérité que chacun tente d'étouffer lâchement, qu'il indispose, rend les sourires amers et contrits, perturbe sensiblement.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Telerama   04 février 2015
Texte foisonnant, écrit comme à l'arraché, ce quatrième roman de Cécile Coulon décrit la souffrance et la puissance, le courage et la honte, la communion du corps et de l'esprit.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   02 février 2015
Cécile Coulon brosse le portrait saisissant d'une vie bâclée. Anthime, surnommé "le Pélican" parce que, semblable à l'oiseau, il s'arrache le coeur pour l'offrir à son public, est un héros de tragédie mais aussi notre semblable à tous. Son errance, servie par l'écriture survoltée d'une romancière désormais confirmée, est un pur morceau de bravoure.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
mamansand72mamansand72   22 octobre 2015
Pendant que les autres fument leurs cigarettes derrière les containers, toi tu cours. Pendant que les autres embrassent des filles pleines d’acné, toi tu cours. Tu n’as pas le droit de fumer, pas le droit de boire ta première bière, pas le droit de te coucher tard, tu n’as pas le droit de regarder un film porno chez ton pote parce que tu dois te lever le lendemain. Pendant que les autres mangent des sandwiches à la mayonnaise en reluquant des gonzesses qui sortent du gymnase, le short collé à leurs cuisses, tu fais des pompes, des séries d’abdominaux, tu cours autour d’une piste qui te donne la gerbe à force de tourner, tourner, tu ressembles à un bousier poussant une chiure de chaton. Pendant que les autres regardent des séries américaines, visitent des zoos, des usines désaffectées, jouent aux cartes, au bowling, tu comptes les dixièmes de seconde sur le chronomètre géant, tu dors à côté de ton coach qui ronfle comme un tracteur. Pendant que les autres vivent, tu survis, pour être le champion, pour voir ton visage sur grand écran, au-dessus d’une table de restaurant où tous ces autres se marrent à te regarder suer tes protéines sur une piste. Je n’ai rien vu venir. Et je ne me plains pas. Mais putain, je voulais foutre le feu à la maison, au lycée, au stade. Je voulais incendier tous ces bus, ces bagnoles, ces cars, ces gradins, tous ces plannings qui m’empêchaient de faire la grasse matinée, qui m’empêchaient de prolonger mes rêves.
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BookycookyBookycooky   22 janvier 2015
Je n'aurais pas dû le suivre,je n'aurais pas dû l'aider,mais il y a tant de choses dans la vie que je n'aurais pas dû faire qui m'ont apporté du plaisir que je ne vois pas pourquoi je ne continuerais pas à commettre des erreurs.Vivre est une erreur,attendre est une erreur.Autant s'amuser un peu,autant défoncer les portes fermées et les planchers pourris.Autant être quelqu'un de fort,au lieu de vouloir,à tout prix ,être quelqu'un de bien.p.70
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mamansand72mamansand72   22 octobre 2015
Les doutes d’Helena ne freinèrent en rien les entraînements secrets. Les deux mois qui suivirent s’écoulèrent presque paisiblement. Métronome de graisse et de sang. À mesure qu’il musclait son cœur, ses bras et ses jambes, il sentait la rage sortir par tous les pores de sa peau. Les séries d’abdominaux, d’abord douloureuses, lui procuraient un bien-être que Joanna n’avait jamais su lui donner. Quand l’organisme peinait, il se donnait des coups de fouet imaginaires, visualisait sa course triomphale. Sa sœur avait raison ; sa femme ne serait pas d’accord. Mais ses enfants l’adoreraient, les joueurs de football, jaloux de sa force, de son endurance, dérouleraient le tapis rouge chaque fois qu’ils partageraient un verre de fin d’enterrement. Le corps tantôt courbé, tantôt élancé, sanglier marmonnant ou épouvantail hurlant, Anthime pédalait aussi vite que la machine pouvait le supporter. La selle, les poignées, le tapis de yoga, trempés de sueur, empestaient. Pourtant, à chaque fois qu’il terminait sa séance, raide et fier de ses lignes physiques, Anthime oubliait la douleur, ou plutôt il la digérait. Les enfants voyaient leur père heureux, les devoirs étaient faits, Joanna ne pouvait rien dire, aucun reproche ne ricochait contre les murs de leurs chambres quand elle corrigeait les exercices.
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mamansand72mamansand72   22 octobre 2015
La brûlure quitta les pieds d’Anthime, remonta jusqu’à sa poitrine. Son esprit désertait la cuisine et retournait au bord de ce chemin de terre où l’adolescent n’avait rien fait d’autre que suivre son rêve, caresser un espoir. Il sentit ses entrailles exploser dans leur cage. Alors il fondit en sanglots. De ses paupières douloureuses s’échappaient le poids des coups, des os, des regards. Ses pleurs étaient pour Béatrice, pour le champion qu’il avait brisé à force de vouloir démontrer au monde qu’il n’en avait jamais été un. Et pourtant si. Ce jour-là, attablé aux côtés d’étrangers bienveillants, il sentait ses souvenirs d’athlète refluer telles des odeurs d’égouts. Il avait été champion dans l’imagination des autres, mais, sur le terrain, il ne valait pas plus que les jeunes recrues du centre. Les espoirs de ses proches, de ses camarades, de Béatrice, de Joanna l’avaient porté jusqu’à cette piste où son corps s’était coupé en deux. Il avait couru sur les sentiers vétustes à l’ombre de la gloire, à la manière des poissons emportés dans le sillon d’un navire qui s’éloigne.
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mamansand72mamansand72   22 octobre 2015
Regardez autour de vous ; aucun enfant n’est responsable du manque d’originalité, du manque de courage de ceux qui l’ont élevé. Si j’étais retourné dans le garage ce jour-là, sous les yeux de mon garçon, mon si beau garçon, avec ses grands airs, ses grands sourires, ses grands silences, j’aurais été ce mec dont je vous parle, ce mec qui en aurait voulu à son môme de l’obliger à rester chez lui, à manger à sa table en écoutant la radio pendant que sa femme se demande avec quelle fille de la ville il couche une fois par semaine. Si j’avais écouté Joanna, j’aurais été un moins que rien, un pauvre type. Je me serais contenté d’exister, au lieu de vivre. Et je ne pouvais pas. Je ne peux pas. Je ne veux pas que mes enfants pensent que leur père est une tache ; je préfère qu’ils pensent à moi comme au type qui a couru vite et longtemps plutôt que comme au type qui a regardé trop de séries américaines, le cul de la taille d’un continent rivé sur un fauteuil aux ressorts éclatés. Les enfants n’aiment pas se sentir supérieurs à leurs parents. Aucun homme ne mérite la pitié de son gosse. Plutôt crever. Plutôt courir. Même si c’est pour rien, ce sera toujours pour eux. Et c’est déjà beaucoup.
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Videos de Cécile Coulon (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cécile Coulon
Nouvelle tête : Cécile Coulon. C’est une autrice qui était connue jusqu’ici pour ses romans : Cécile Coulon a remporté le prix Apollinaire 2018, qui est à la poésie ce que le Goncourt est aux romans, avec son premier recueil « Les ronces ».
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