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ISBN : B003E1NSC4
Éditeur : editions Hallier (30/11/-1)

Note moyenne : 1.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Couverture illustrée. Edition Hallier 1976.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
AmandineMM
  29 janvier 2013
[...] Avec un tel début, je ne pouvais qu'être intéressée par ce petit pamphlet au titre provocateur, publié en 1976. Si j'insiste exceptionnellement sur cette année de publication, c'est pour prévenir que le texte est assez daté et présente quelques informations qui ne sont plus d'actualité, comme la présentation des groupes éditoriaux, qui ont bien évolué en plus de trente ans. En revanche, la présentation du circuit du livre reste encore très juste et peut être intéressante pour ceux qui ne la connaissent pas ou mal. Elle est expliquée de façon très claire et accessible, parfois virulente en raison du genre littéraire. C'est l'un des premiers points qui m'a personnellement dérangée : François Coupry se montre à plusieurs reprises agressif envers certains métiers ou certains grands groupes et fait montre d'une certaine tendance à l'exagération. Il en a conscience et le reconnaît, à l'intérieur du texte même comme dans la « postface » où il prend du recul par rapport à son travail : à trop nuancer, on noie le poisson selon lui ; à trop caricaturer, on dénature d'après moi. Sachant que ce reproche tient davantage à la forme choisie – le pamphlet –, je me suis efforcée d'en faire abstraction et de me concentrer sur les idées véhiculées.
La première thèse avancée par l'auteur est que les écrivains doivent sortir de leur tour d'ivoire romantique et s'intéresser davantage à l'édition de leur texte. Avec des exemples pertinents (mais poussés un peu loin d'après moi), François Coupry prouve que toute personne écrivant est influencée par le contexte éditorial dans lequel elle s'insère (de même qu'un écrivain est toujours situé dans un groupe social, historique, etc. qui influence sa création). Pour remédier à ce manque de connaissances, François Coupry va donc expliquer aux « gens de lettres », à qui est destiné ce petit texte, le fonctionnement du circuit du livre, en accordant une attention plus particulière à l'éditeur et au distributeur. Tout en expliquant leur rôle, il mettra en évidence plusieurs problèmes et dérives, qui se font au détriment de l'auteur et pour le profit de ces deux intervenants. Est notamment évoquée la surproduction, source de nombreux autres « maux », dont le « sur-personnel » dans les grandes maisons d'édition et l'impossibilité de pousser tous les livres vers le public, entre autres. Tous les problèmes que dénonce François Coupry sont encore très actuels et n'ont toujours pas été résolus. de ce point de vue, ce pamphlet est une excellente petite synthèse, à condition de prendre le recul nécessaire quant aux données plus précises et chiffrées. Là où le bât blesse et où je suis en (total) désaccord avec l'auteur, c'est lorsqu'il propose des solutions à cette situation. « Car, en dernière instance, le véritable projet de ce petit texte est de définir comment la mentalité, la fonction de l'écrivain et sa façon d'écrire peuvent être changées. » [p. 62]
À un premier niveau, celui de l'édition, François Coupry souhaite instaurer de petites structures de trois ou quatre personnes, dans lesquelles l'auteur s'impliquerait davantage et dans lesquelles le nombre d'intermédiaires serait fortement réduit. Cela limiterait donc les coûts liés au personnel, fournirait à l'écrivain un emploi en rapport direct avec sa vocation et ferait baisser le nombre d'ouvrages parus, enrayant ainsi le phénomène de surproduction. L'idéal serait donc que ces petites structures soient généralisées et qu'il n'en existe plus d'aussi grandes et monopolistiques. L'idée me paraît intéressante, mais aussi très utopique. Il est possible que je me trompe, mais je me pose la question de la viabilité d'un tel système.
François Coupry poursuit son projet en s'attaquant ensuite à la distribution, autre gros « mangeur » des bénéfices du livre, que l'auteur préférerait voir entre les mains des écrivains. Selon lui, les services proposés par les entreprises de distribution ne sont nécessaires que dans le cadre d'une croyance en la « culture pour tous ». C'est en voulant envoyer les livres à tous et partout qu'il est nécessaire d'employer des entreprises externes. En ciblant un public particulier – puisque cette « culture pour tous » est illusoire selon lui –, cela devient en revanche inutile, et la petite structure éditoriale évoquée plus haut peut s'en charger elle-même. Cela implique un profond changement de mentalité de la part de l'écrivain : il faut qu'il cesse de feindre de n'écrire que pour lui ou pour un lecteur si universel qu'il ne correspond plus à personne ; il faut au contraire qu'il écrive pour un public bien spécifique, qu'il saura comment toucher. C'est à ce moment-là que la culture (adaptée à chacun en quelque sorte) touchera vraiment toutes les classes sociales, et non plus seulement une élite. Je reconnais que cette idée part d'un bon sentiment social, mais elle me met extrêmement mal à l'aise.
Ce malaise que j'ai ressenti de façon croissante provient, comme je l'ai compris lors de l'exposé de cette dernière idée, de la conception du livre très différente que l'auteur et moi en avons. J'ai le sentiment que François Coupry a évacué la valeur symbolique du livre en même temps que la conception romantique de la création littéraire. Peut-être suis-je encore naïve, parce que je ne me suis pas assez frottée à ce milieu, mais je crois encore que le livre est un produit culturel, et donc particulier, composé à la fois d'une valeur marchande et d'une valeur symbolique. Je refuse de les dissocier, même au profit d'une valeur sociale que je dédaigne, contrairement à François Coupry. de cette divergence première entre lui et moi, découlent toutes les autres, ainsi que mon refus d'un marché du livre construit uniquement sur la demande. Je ne nie pas qu'il soit intéressant, y compris pour les lecteurs, de disposer d'ouvrages spécifiques à leur région, par exemple, dans lesquels ils se retrouveraient de façon plus exclusive ; mais cela ne doit pas être la seule production littéraire. Je continue à croire en cette littérature faussement universelle actuelle. Enfin, j'aurais dû garder à l'esprit qu'au-delà de sa volonté sociale généreuse, le premier objectif de François Coupry dans ce pamphlet est de changer la mentalité des auteurs pour leur permettre de gagner plus et de cesser de se faire voler par leur éditeur, d'où cette insistance sur la valeur économique du livre.
En conclusion, cette lecture fut pour moi intéressante dans l'exposition du circuit du livre et des problèmes qui s'y posent, mais fut un véritable désastre d'un point de vue idéologique.
Lien : http://minoualu.blogspot.be/..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
AmandineMMAmandineMM   29 janvier 2013
Non, un livre n’est pas cette chose morte, déracinée, immobile et stupide qu’un coup d’œil rapide laisse supposer. Il n’est pas cet objet, terriblement seul, oublié sur le catafalque d’une table de librairie, composé d’une suite de mots, de papier et de carton. En fait, il fourmille d’aventures, mais ce ne sont pas uniquement celles produites par le texte.
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