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ISBN : 2363581768
Éditeur : Editions Vendémiaire (05/05/2015)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :

Le 6 août 1945, un bombardier américain largue sur Hiroshima la première bombe atomique de l'histoire, qui fait immédiatement plusieurs dizaines de milliers de morts, plusieurs centaines de milliers dans les semaines qui suivent.

Soixante-dix ans après, les polémiques n'ont pas cessé. Opération indispensable pour amener à la reddition un adversaire déterminé à se battre jusqu'au bout ? Ou crime de guerre sans précédent ?

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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
YvesParis
  07 septembre 2015
Coïncidant avec le soixante-dixième anniversaire du bombardement de Hiroshima, le livre de Barthélémy Courmont traite de deux sujets. L'abîme, c'est l'explosion nucléaire elle-même, ses motivations stratégiques, ses terribles conséquences humaines, ses implications géopolitiques. La résilience, c'est le regard que les Japonais portent sur ce drame qui constitue l'un des fondements de leur nouvelle identité nationale. Deux livres en un donc : une histoire de Hiroshima du 6 août 1945 et une histoire de Hiroshima après le 6 août.
La première partie est la plus classique. Elle n'est pas la moins intéressante. Car l'utilisation de la bombe atomique interpelle depuis 70 ans la conscience humaine. Barthélémy Courmont en avait fait le sujet de sa thèse, soutenue en 2005 à Paris VII sous la direction de Monique Chemillier-Gendreau dont on connaît les travaux sur le droit international et l'éthique.
Les Américains ont-ils eu tort d'utiliser la bombe ? Posée en termes moraux, la question est insoluble. En revanche, l'historien peut nous aider à comprendre les motifs de ce choix. le premier était bien sûr d'obtenir la capitulation rapide du Japon. le Pentagone avait prévu que l'invasion de l'archipel japonais serait longue et difficile. Il anticipait une résistance acharnée des troupes impériales. La perte de 500.000 soldats américains– qui fut peut-être grossie pour favoriser l'option atomique – fut même évoquée. Truman ne pouvait pas demander à l'opinion publique américaine de sacrifier ses fils alors qu'il détenait une arme magique lui permettant d'éviter cette saignée. Ce premier motif, à lui seul, suffisait. Mais il en est un second : impressionner l'Union soviétique. Staline ne s'y trompera pas qui déclare la guerre au Japon dès le 8 août – et conquiert en moins d'un mois la Mandchourie, le nord de la péninsule coréenne, Sakhaline et les Kouriles – et donne immédiatement à ses scientifiques l'ordre de rattraper le retard technologique révélé par l'explosion de Hiroshima.
La seconde partie du livre de Barthélémy Courmont est plus originale. Il s'y intéresse à la façon dont les Japonais ont vécu, écrit et filmé Hiroshima. Il évoque la « littérature de la bombe atomique » (Genbaku Bungaku) qui constitue un genre littéraire à part entière, constitué principalement des témoignages déchirants des hibakusha, les survivants du bombardement. Dans son évocation des livres et des films consacrés au bombardement, Courmont cite par exemple le chef d'oeuvre de Masuji Ibuse Pluie noire écrit en 1965 et porté à l'écran dans un noir et blanc élégant par Shohei Imamura en 1989.
Ces livres et ces films ont une double caractéristique. La première est de poser les Japonais en victimes. Nulle part soulèvent-ils la question de leur responsabilité dans le déclenchement du feu atomique. Ils véhiculent plutôt un pacifisme qui rompt avec la « samouraïsation » qu'avait connue, de gré ou de force, la société japonaise des années 30. du coup, Hiroshima et la mémoire qui s'en construit permettent au Japon à la fois de s'éviter un douloureux devoir de mémoire sur sa responsabilité dans la Guerre du Pacifique et de se revendiquer d'une nouvelle idéologie dominante – le pacifisme d'État constitutionnalisé à l'article 9. Seconde caractéristique de la « littérature de la bombe atomique » : Hiroshima y est décrit comme une catastrophe sans auteur. Un tsunami ou un tremblement de terre n'aurait pas été perçu différemment. Quasi aucune accusation n'est portée contre les États-Unis. Hiroshima a ses victimes ; mais pas son bourreau. L'accent mis sur la responsabilité américaine aurait gravement compromis la relation avec Washington. Est-ce le résultat de la censure imposée par le proconsulat de Mac Arthur ? En partie. Mais en partie seulement.
Consciemment ou pas, la société japonaise semble avoir tiré le meilleur de Hiroshima. D'un côté le bombardement lui a permis de s'ériger en victime afin de retrouver sa place dans les rangs d'une communauté internationale compatissante. de l'autre, son refus d'en blâmer les États-Unis lui a permis de nouer une relation privilégiée avec Washington et de consacrer son énergie à la reconstruction économique.
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Vidéo de Barthélémy Courmont
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Découvrez l?analyse de Barthélémy Courmont. Cette vidéo accompagne le dossier « Asie et Océanie » de L?Année stratégique 2019.
- Pour en savoir plus : https://goo.gl/7zgUXq
Retrouvez-nous sur : www.armand-colin.com facebook.com/editions.Armand.Colin twitter.com/ArmandColin
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