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ISBN : 2370551879
Éditeur : Le Tripode (14/02/2019)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Elisabeth a 20 ans quand elle rencontre à Paris Werner, lieutenant-poète et peintre allemand. Mais la Première Guerre Mondiale éclate...
Des décennies après, Elisabeth adresse une lettre à Werner, en réponse à celle, pleine d’idéal, qu’il lui avait envoyée du front juste avant de mourir. Elle y décrit ce que sa vie est devenue après leur rencontre et comment les épreuves ont fait d’elle une femme plusieurs fois aimante et aimée, traversée par le désir, le mi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  19 juin 2019
Le geste créateur à l'origine de ce court roman est superbe ! Bérangère Cournut a choisi de répondre à son confrère Pierre Cendors qui a fait de son Minuit en mon silence la lettre posthume d'un soldat allemand en septembre 1914 à Elisabeth, une jeune Française mariée rencontrée à Paris quelques mois auparavant. Par-delà nos corps est donc la réponse d'Elisabeth vingt-cinq plus tard, elle a 45 ans, elle a été veuve, s'est remariée, a enfanté par deux fois, a beaucoup aimé.
Durant toute ma lecture, j'ai été en totale osmose avec les mots qui s'offraient à moi, comme un cadeau. L'écriture de l'auteure est magnifiquement ciselée, souvent poétique, convoquant tous les sens pour dire le transport amoureux. Car tout tourne autour de cela, l'amour ou comment une expérience amoureuse, même très courte, même non consommée, énigmatique n'importe comment, peut se muer en aventure fondamentale qui habite l'intimité d'un être à vie, et même après, par-delà les corps. le texte devient un écrin qui célèbre l'amour comme une puissance créatrice donnant l'énergie de vivre, comme une puissance consolatrice gardienne de l'âme de l'aimé.e. La narratrice en devient lumineuse et sereine lorsqu'elle avance dans la vie.
«  Vous me l'avez dit à votre façon : l'amour est un récif planté en mer. Aussi inaccessible qu'inattaquable. D'une certaine manière, même si ce n'est pas la plus éclatante, nous avons réussi, vous et moi, à nous rencontrer, à nous aimer par-delà nos corps, la guerre et la mort. Vous êtes une goutte d'eau dans ma vie, et c'est cette goutte-là qui, au fil du temps, a étanché ma soif, ma fièvre et mon tourment. J'ai trouvé en vous une ombre bienfaisante, où le fracas et le silence coexistent en une même région retirée. »
Je pense que cette lecture a été d'autant plus forte que je n'avais pas lu la lettre de 1914 présentée dans le roman de Pierre Cendors, mon esprit bercé par la beauté des mots a pu vagabonder et combler toutes les allusions à sa guise. Il n'empêche que je viens de le commander chez mon libraire.
Une auteure délicate et sensible à découvrir, d'autant plus que la maison d'édition le Tripode l'a choisie comme unique étendard pour sa rentrée de septembre : ce sera avec de Pierre et d'Os qui conte les aventures d'une extraordinaire femme inuite.
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Litteraflure
  04 avril 2019
Ce livre est une ode printanière, un hymne à la vie, une déclaration d'amour au temps des déclarations de guerre. Nous avions tous vibré sur la « Route de Madison », au souvenir de cet homme perdu qui aime éperdument, de cette femme qui raconte avec pudeur le plus légitime des adultères. Légitime parce que commis au nom d'un amour absolu, fulgurant, éphémère. le livre de Bérengère Cornut s'en approche. le roman « Par-delà nos corps » exhale un parfum de nostalgie, d'une époque où la prose transcendait le trouble des sens, où l'écriture était la douce messagère des passions. On ressent l'urgence des mots, l'émerveillement du premier émoi, l'étonnement du sentiment partagé. Sans remord ni culpabilité, parce que la mort est imminente et que nous sommes destinés, au mépris de la morale, à désirer souvent et donc, à rester vivants. En cela, ce récit est d'une réjouissante modernité. le récit de la « presque transgression » contraste avec le style, tout en douceur, tout en retenue. Parfois, il suffit de quelques mots, tout juste murmurés, pour parler de volupté. Installez-vous dans un jardin, sous un cerisier en fleur, écoutez la Pavane de Gabriel Fauré, sirotez un thé au jasmin et puis, lisez ! Voilà, vous accédez à la connaissance, au péché sublime que l'auteure de cette lettre, la mystérieuse Else, appellera bonheur. Je lui donne le dernier mot : « D'une certaine manière, même si cela n'est pas la plus éclatante, nous avons réussi, vous et moi, à nous rencontrer, à nous aimer par-delà nos corps, la guerre et la mort. Vous êtes une goutte d'eau dans ma vie, et c'est cette goutte-là qui, au fil du temps, a étanché ma soif, ma fièvre et mon tourment. J'ai trouvé en vous une ombre bienfaisante, où le fracas et le silence coexistent en une même région retirée ».
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Pasoa
  02 avril 2019
"Saint-Malo, le 25 août 1939.
Cher Werner,
Il m'aura fallu du temps pour répondre à votre lettre
- quasiment vingt-cinq ans jour pour jour - mais me
voici enfin. Aussi brute que le granit de la maison depuis
laquelle je vous écris, quand je suis à peu près sûre que
vous m'imaginiez de marbre lisse dans ma jeunesse.
Quelle idée vous faisiez vous alors de moi ? Nous nous
étions rencontrés à Paris, vous vous appliquiez à dessi-
ner mon visage dans votre atelier de la rue d'Orsel. Vous
posiez sur moi des yeux pleins de solitude et de mélancolie".

C'est par ces mots qu'Elisabeth débute une longue lettre à Werner Heller, un jeune lieutenant de l'armée prussienne qu'elle avait rencontré en septembre 1914. Elle avait vingt ans alors, jeune épouse elle traversait les jours l'insouciance au coeur. Cette brève rencontre Elisabeth ne l'a pourtant jamais oubliée, malgré toutes les années écoulées. Son seul souvenir, son évocation fait naître encore en elle un sentiment doux et étrange. Elle se souvient encore de la personnalité attachante et discrète de Werner, poète et peintre, de l'instant où lui avait demandé la permission de peindre son portrait, du trouble qui fut le leur à ce moment là. le tableau juste esquissé, n'avait cependant pas été réalisé. La guerre faisait déjà des ravages et Werner avait subitement dû regagner son corps d'armée pour rejoindre le front. Il n'en reviendra pas.
Sous sa plume, l'écriture fait apparaître de nombreuses réminiscences. de ce tableau jamais peint par Werner, les mots, les sentiments d'Elisabeth sont comme les traits, les couleurs et les nuances de sa personne, de son visage, de sa vie qu'elle tend des années plus tard à l'être absent, à l'être disparu pour qu'il compose et achève enfin son portrait. Récit des années passées depuis ce jour de septembre 1914, récit de ses joies, de ses souffrances, de ce que la vie lui a donné et lui à repris de son enfance jusqu'à sa vie d'épouse et de mère mais aussi sur la nature immense et hostile (les flots marins) et protectrice (la terre), sur l'exil la disparition, les rencontres et l'amour. Par delà les corps, par delà le temps, Elisabeth confie à Werner que sa présence, que son esprit ne l'ont jamais quitté, comme une présence protectrice, comme un point d'ancrage auprès de qui elle sait pouvoir revenir et se ressourcer, notant qu'il est dans la vie des absences plus belles, plus importantes que les nombreuses présences.
Ce petit roman a une origine très particulière: c'est en débutant la lecture de Minuit en mon silence de l'écrivain Pierre Cendors qu'est venue une intuition à Berengère Cournut. le roman de Pierre Cendors (publié en 2017 lui aussi aux très belles éditions le Tripode), narre une histoire singulière, celle d'un jeune officier prussien qui, le temps d'un séjour en permission à Paris en septembre 1914, a fait la connaissance d'une jeune française prénommée Else. Poète et peintre, il souhaitait réaliser le portrait de la ravissante jeune femme quand la guerre... Ce jeune homme, c'est Werner Heller et Minuit en mon silence est toute son histoire.
Mais qui était Else ? Qui était cette jeune et belle inconnue ? Qu'est-elle devenue ? C'est ici que Bérengère Cournut décide de lui donner une apparence, une voix, une réalité. Et comme Pierre Cendors pour Werner Heller, c'est au travers d'une longue lettre, d'une réponse à celle que lui avait envoyée en 1914, qu'elle va se révéler. le projet soumis à l'éditeur puis à Pierre Cendors lui-même est accepté. Else devenue Elisabeth, Par-delà nos corps est son histoire.
Elisabeth / Bérengère Cournut qui répond à Werner Heller / Pierre Cendors, deux personnages / auteurs qui (s')écrivent, même si l'idée n'était pas intentionnelle, ce projet d'écriture ne manque pas d'une certaine originalité.
Deux personnages, deux lettres magnifiques, une très belle histoire.
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PetiteBalabolka
  16 juin 2019
Quelle jolie idée de faire se répondre deux personnages à travers deux livres ! Cette idée, nous la devons à deux auteurs, Bérengère Cournut et Pierre Cendors, avec la complicité de leur maison d'édition, le Tripode (je suis fan de leurs couvertures mates au grain si doux).
Bérengère Cournut dont j'avais déjà apprécié la plume avec Née contente à Oraibi nous propose ici la réponse épistolaire à Minuit en mon silence de Pierre Cendors.
A l'aube d'une guerre nouvelle (1939...), Else répond avec 25 ans de retard à la longue lettre que lui a adressée Werner alors que celui-ci était mobilisé au sein des troupes allemandes sur le front d'une guerre qu'on pensait pourtant être la dernière. Werner et Else, c'est le trouble d'un amour impossible, d'une rencontre suspendue dans le temps, le temps de la paix avant le déluge de fer et d'acier.
A la vision idéalisée et quelque peu évanescente que l'officier et poète avait faite d'elle, Else superpose un autre portrait, nourri des influences marines de son enfance bretonne et de sa sensibilité en tant que femme, mère mais aussi journaliste. Un portrait d'une grande finesse, un miroir intime et sincère, servi par une écriture sublime. C'est la même veine poétique qui coule dans les deux livres mais elle prend des modulations différentes. Là où Werner convoquait Orphée, Else puise ou sonde la force des éléments, l'Océan, la Terre, la Forêt. J'avais entrepris de les décrire plus longuement, notamment les magnifiques passages sur la maternité mais je pense qu'il appartient à chacun de les ressentir. En effet, il n'y a sans doute rien de plus personnel que la lecture d'un texte poétique, c'est un peu comme une lettre que l'auteur adresserait à son lecteur, créant de fait une intimité. Alors si vous avez envie d'être le destinataire de cette lettre, vous n'avez plus qu'à saisir dans votre librairie ce livre à la présentation soignée.

Lien : https://leschroniquesdepetit..
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palir_au_soleil
  11 juin 2019
Pour ceux qui ne lisent que l'intro des publications : retenez ce nom trop peu cité. Singularité, poésie, exploration des âmes et de territoires méconnus, une proposition de littérature universelle qui, je pense, pourrait fédérer des amateurs de genres littéraires différents.
Ceux qui me suivent depuis quelque temps se souviennent peut-être à quel point j'avais aimé son livre précédent « Née contente à Oraïbi » (cfr. plus bas). L'enchantement se renouvelle ici, de manière quasi indicible.
Je tente malgré tout.
Voici la réponse de Bérengère (Cournut) à Pierre (Cendors) tous deux abrités chez le Tripode.
En 2017, Pierre Cendors livre un texte “Minuit en mon silence”. C'est une longue lettre, celle de Werner Heller, poète et peintre allemand, adressée à Else, dont il s'éprend lors de son séjour à Paris. Nous sommes en 1914. La guerre s'en mêle et les sépare.
En 2018, Bérengère Cournut imagine la femme qu'est Else et propose sa réponse à Werner, 25 ans après leur rencontre. Histoire de donner chair et vie à cette femme, un corps-foyer où entretenir les braises de cet amour de jeunesse.
Et voici ma réponse à Bérengère Cournut,
Chère Bérengère,
Il y a un an, je vous écrivais pour vous dire à quel point j'avais aimé “Née contente à Oraïbi”. Vous m'aviez gentiment répondu, remerciée et évoqué ce livre sur lequel vous travailliez et qui prendra bientôt place au milieu des centaines d'autres livres de cette rentrée. Inutile de vous dire que cela fait un an que j'attends ce livre, dont je connais désormais le titre “De pierre et d'os”.
Inutile de vous dire aussi à quel point j'ai aimé cette lettre d'Elisabeth et la manière dont vous avez façonné cette femme qui hante vos deux textes, celui de Pierre (que je n'ai pas lu) et le vôtre, elle est entre vos oeuvres, entre deux guerres, entre deux hommes, ...Elle a cette prose qui vibre, comme un amplificateur d'échos de souvenirs lointains. Elle raconte sa vie comme un tableau qui serait composé d'absence, de liberté, de rêves, de cet amour encore vif mais qui n'altère pas sa lucidité ; on la voit femme, amante, mère, volontaire dans sa participation à l'effort de guerre et voyageuse.
Cela fait une semaine que j'ai lu votre livre, cela fait une semaine que je ne le lâche pas. Je le dépose là où je me pose, l'ouvre au hasard, y picore une ou deux phrases.
J'ai souhaité le garder un peu pour moi, l'entourer un peu de silence bienfaisant, vous m'offrez par vos livres des voyages en solitaire, qui me sont absolument nécessaires. Maintenant je me livre sur le réseau social, j'espère sincèrement que d'autres, beaucoup d'autres prendront le relais.
Amicalement
Oxyne
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
LitteraflureLitteraflure   04 avril 2019
D’une certaine manière, même si cela n’est pas la plus éclatante, nous avons réussi, vous et moi, à nous rencontrer, à nous aimer par-delà nos corps, la guerre et la mort. Vous êtes une goutte d’eau dans ma vie, et c’est cette goutte-là qui, au fil du temps, a étanché ma soif, ma fièvre et mon tourment. J’ai trouvé en vous une ombre bienfaisante, où le fracas et le silence coexistent en une même région retirée.
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LitteraflureLitteraflure   04 avril 2019
Mais je suis d’accord avec vous pour dire que l’intensité de nos regards et la main que, bien souvent, je vous ai laissé serrer, ont labouré les tréfonds de nos êtres, comme devaient le faire bientôt les bombes et les obus dans les tranchées creusées aux frontières de la France.
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Videos de Bérengère Cournut (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bérengère Cournut
A l'occasion du salon "Le livre sur la place" à Nancy, rencontre avec Bérengère Cournut autour de son ouvrage "De pierre et d'os" aux éditions le Tripode. Rentrée littéraire Septembre 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2341343/berengere-cournut-de-pierre-et-d-os
Notes de musique : Youtube Audio Library
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