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ISBN : 2874022373
Éditeur : Parole Silence (09/11/2017)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 15 notes)
Résumé :
« Si Paulo avait été autre chose qu’un pauvre type, Maria-Fernanda n’aurait pas dû quitter le Brésil et jamais elle n’aurait posé les pieds dans une maison bruxelloise. Hélas pour elle, il était le champion du monde des abrutis. »

Mère de famille, devenue femme de ménage par nécessité, Maria-Fernanda sera engagée de façon rocambolesque pour s’occuper de la demeure d’une famille énigmatique dont les membres se laisseront peu à peu approcher au travers ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  05 février 2018
Automne 2016, Maria-Fernanda atterrit à Bruxelles, dans ce plat pays si différent du sien. Maria-Fernanda, 32 ans, deux enfants, lâchement abandonnée par son « champion du monde des abrutis » de mari et virée de son boulot, a décidé de quitter son Brésil natal en quête d'un Eldorado au coeur de l'Europe, à tout le moins d'un travail correct et d'argent à envoyer à sa mère et ses enfants restés à Salvador.
Déboussolée à son arrivée dans ce pays minuscule, dans cette ville grise et froide qui meurt dès 22h, dans ce climat triste et humide, elle se demande comment s'y prendre pour trouver du travail, sans papiers, sans formation et sans parler français. Selon Cristiana, vague connaissance qui l'héberge à Bruxelles, la seule possibilité pour elle dans ces conditions, c'est de faire des ménages. Et de fait, un jour que Cristiana épluche pour sa colocataire le tableau des petites annonces au supermarché, un carton bleu attire l'attention de Maria-Fernanda. « Famille nombreuse cherche femme de ménage du lundi au vendredi, de 9 à 17h. Bonne rémunération. Se présenter le jeudi matin », lui traduit Cristiana. Persuadée que cette annonce lui est destinée, Maria-Fernanda se rend à l'adresse indiquée le jeudi suivant. Bizarrement, personne ne répond à ses coups de sonnette, personne n'apparaît lorsqu'elle pousse la porte entrouverte et entre dans la maison... Maria-Fernanda attend, attend, hésite à s'en aller, attend encore puis... se met à faire le ménage, sans voir personne de la journée. le lendemain, elle y retourne et trouve l'argent de sa paie sur la table dans la maison toujours aussi déserte. S'estimant tacitement embauchée, elle s'acquitte consciencieusement de sa tâche les semaines et les mois suivants, sans rien savoir de ses employeurs. Elle ne peut que les imaginer, Madame, Monsieur, Grande Soeur, Petit Garçon et Bébé, à travers leurs vêtements, jouets, vaisselle, chambres, salle de bain,... Car toujours aussi bizarrement, elle ne trouve pas la moindre photo dans toute la maison. Se projetant dans le quotidien de la famille, Maria-Fernanda fait peu à peu sienne l'image d'une vie rêvée en leur compagnie, qu'elle voit chaleureuse et bienveillante. Mais la confusion guette et la maison, le personnage central, est peut-être moins accueillante qu'elle ne le croit...
L'atmosphère de ce court roman est inquiétante et étrange. Tout au long de l'histoire, on cherche, en même temps que Maria-Fernanda, à comprendre les événements qui se déroulent dans la maison et qui au final échappent à toute logique. Si le lecteur, après de multiples questions et autant d'hypothèses, entrevoit un début d'explication peu avant la fin, Maria-Fernanda, elle, reste dans l'obscurité jusqu'à l'électrochoc de la dernière ligne.
Solitude, dénuement, déracinement, perte et (re)construction sont au coeur de ce conte teinté de tristesse et de fantastique. Une belle écriture fluide et poétique au service d'une histoire captivante, découverte grâce à l'émission télévisée « Livrés à domicile » de la RTBF.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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jeunejane
  28 février 2018
Maria-Fernanda quitte le Brésil à cause de son mari, champion du monde des enfoirés. Ce n'est pas moi qui l'écris, c'est l'auteur.
Son mari la laisse seule avec ses deux enfants, sans revenus.
Elle s'envole vers un tout petit pays, la Belgique, vers Bruxelles et laisse ses deux enfants à sa mère à qui elle promet d'envoyer l'argent de son travail.
Elle loge dans une chambre avec une colocataire, Cristiana qui lui trouve du travail comme femme de ménage dans une maison où étrangement, elle ne rencontre jamais personne.
C'est là que nous allons nous faire balader dans les pensées de Maria-Fernanda qui, livrée à elle-même, devine la vie des occupants de la maison et de leurs enfants, se livre à quelques fantaisies.
Vit-on dans les pensées de notre personnage, dans la vie réelle? On a l'impression d'entrer dans un roman fantastique jusqu'à la toute dernière page où on se doute bien qu'un évènement dramatique a fait basculer la raison de la jeune dame.
D'habitude, je ne suis pas portée vers ce genre de roman mais je reconnais qu'il est drôlement bien mené, bien écrit, bien structuré.
C'est un court roman d'une auteure que je découvre et qui valait vraiment le détour.
Challenge plumes féminines
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daniel_dz
  26 juin 2018
Le titre m'avait intrigué, je ne connaissais pas Valentine de le Court, je me suis laissé tenter.
C'est un livre qui a eu sur moi un effet étrange : je vous le recommande maintenant très chaudement, alors qu'en le refermant, j'étais d'un avis totalement opposé. Il fallait lui donner le temps de mûrir, sans doute...
Maria-Fernanda, se retrouvant sans ressources, décide de quitter son Brésil natal pour tenter de gagner de l'argent en Europe. Elle vient retrouver son amie Cristina à Bruxelles. Répondant à une petite annonce, elle se présente dans une belle maison bruxelloise pour y faire le ménage. La maison est ouverte, mais vide d'habitants. Maria-Fernanda attend un peu et puis prend l'initiative de faire le ménage. Elle revient le lendemain, ne trouve toujours personne, mais on lui a laissé de l'argent. Elle continue le ménage et les jours se suivent sur le même scénario. Elle apprend à connaître la famille au travers des objets de la maison. Je n'en dis pas plus, si ce n'est qu'on sent toute sa nostalgie d'avoir laissé au pays sa famille et ses deux enfants.
Le style est fluide, doux et attachant. Très féminin, dirais-je, offrant un paisible moment de lecture.
En refermant le livre, j'ai toutefois été assez irrité parce que la fin est ouverte. J'ai souvent apprécié des fins ouvertes, néanmoins, où l'auteur laisse le lecteur imaginer comment son personnage continuera sa vie, ou si oui ou non il était coupable de tel ou tel crime. Mais ici, la fin était trop ouverte à mon goût : l'auteur n'en disait vraiment pas assez.
Et puis maintenant, je vois les choses autrement. Tout est dans l'attente que l'on a en lisant. Si l'on s'attend à un simple récit, on risque en effet d'être déçu. Mais le sentiment sera différent si l'on considère ce texte comme relevant de la poésie et du symbolique. Cela devient un magnifique texte qui décrit des sentiments avec des images, comme si les mots explicites ne sortaient pas. Peut-être que la maison n'est pas vide d'habitants, en fait: peut-être qu'une vraie famille est là, que Maria-Fernanda la voit sans la voir, perdue dans la nostalgie de sa famille restée au loin, perdue dans une peine qui se révèle dans les dernières lignes. Et alors, l'histoire passe au second plan et peu importe que la fin soit ouverte. Au contraire.
Découvrez ce beau livre. Laissez-vous porter par les sentiments, hors de la réalité.
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beatriceferon
  29 janvier 2018
Maria-Fernanda est obligée de quitter son Brésil bien aimé. Après la trahison de son minable époux, elle est seule avec deux jeunes enfants et une mère au chômage. Elle s'envole vers notre capitale où une vague connaissance accepte de l'accueillir et de l'aider à trouver un travail. Les voici en train de scruter le tableau d'affichage au supermarché. le regard de Maria-Fernanda est immédiatement aimanté par ce bristol bleu : « Famille nombreuse cherche femme de ménage du lundi au vendredi, de 9 heures à 17 heures. Bonne rémunération. »
Même si elle n'en comprend pas un traître mot, le jeune femme sait que cette offre lui est destinée. C'est le premier pas vers une aventure mystérieuse et un peu inquiétante.
Lors d'une rencontre consacrée à un précédent ouvrage, Valentine de le Court évoquait son roman en cours d'écriture et m'avait donné bien envie de le découvrir.
Après beaucoup de patience, il est là sur la table de la librairie. Il n'attend que moi.
Dans les premières pages, rien de très original : une jeune femme abandonnée par un « abruti » et obligée de se débrouiller pour nourrir sa famille. La voici donc loin du soleil brésilien, perdue dans une ville grise et froide, sans un sou en poche et ne connaissant que trois mots de français : « bonjour, merci, d'accord ». Comment pourrait-elle être engagée ? Mais la providence a l'air de s'en mêler sous la forme d'un banal bout de carton. Quelque chose de magique l'entoure, car, sans savoir ce qui est écrit, Maria-Fernanda est attirée par sa couleur, celle du ciel de son pays.En dépit des doutes formulés par Cristiana : pas de numéro de téléphone, pas d'adresse électronique, aucun moyen de prendre contact avec les rédacteurs de l'annonce, Maria-Fernanda est sûre que celle-ci lui est destinée. Pourtant, à son arrivée devant le bâtiment, personne ne répond à ses coups de sonnette. Personne pour l'accueillir. Une porte entrebâillée sur un hôtel de maître cossu, en plein Bruxelles, ça sent le piège. Comment croire que, dans cette ville connue pour ses vols, vandalisme, agressions en tout genre, personne ne profiterait de cette aubaine pour faire main basse sur les trésors que recèle la demeure silencieuse ? Maria-Fernanda entre, patiente, appelle sans succès. N'importe qui dans sa situation serait ressorti pour chercher un autre emploi. Pas Maria-Fernanda. L'annonce demande une femme de ménage ? Eh bien, elle retrousse ses manches et se met à l'ouvrage. le soir, à son retour, Cristiana la regarde comme une bonne poire qui a travaillé pour rien. Maria-Fernanda, elle, pense que « des gens qui habitaient dans une demeure aussi ravissante, qui avaient lu tant de livres, ne pouvaient être malhonnêtes. Ils allaient la dédommager. »
On se croit plongé en plein conte de fées. Cette demeure vide fait songer au château de la Belle au bois dormant. Toutes les pièces, toutes les armoires sont ouvertes. Seul un tiroir du bureau est protégé par un imposant cadenas flambant neuf, comme la petite pièce interdite dans le manoir de Barbe bleue.
En visitant les chambres, Maria-Fernanda imagine que les habitants sont raffinés : Madame possède d'innombrables toilettes de grand prix et deux armoires pleines de chaussures dont les semelles rouges trahissent les Louboutin. Les chemises de Monsieur sont bien coupées, ses bottines et richelieus du cuir le plus fin. La femme de ménage remarque , dans la salle de bain, parmi les parfums et lotions de luxe, un flacon dont la notice en portugais décrit un « baume anti-frisottis rebelles pour cheveux frisés » comme les siens. Et si, en dépit des différences de classe et de fortune, Madame et elle étaient semblables ? Peut-être pourraient-elles même devenir amies ? D'autant que, comme elle, sa patronne a un petit garçon et une grande fille, dont les jouets plairaient sûrement à Tiago et Lucrecia. Mais Madame possède un bonheur qui a été refusé à Maria-Fernanda. Tout en haut, une nursery abrite ce bébé qui manque tellement à la jeune femme. Au fil des jours, la domestique apprend à connaître cette famille à travers ses meubles, ses objets, ses habitudes alimentaires. Même si elle ne les voit jamais, même si elle ne découvre pas une seule photo, Maria-Fernanda se projette en eux, s'identifie à sa patronne, souffre de leur absence, guette les bruits, espère à tout moment voir surgir l'un d'entre eux. Pourquoi ne croise-t-elle jamais personne ?
Le titre du roman est « une maison bruxelloise », car c'est elle, la maison, qui est le personnage central. C'est un lieu magique qui joue un rôle bien précis. Parfois, une scène surréaliste nous surprend, telle celle du pigeon qui me rappelait le roman de Patrick Süskind ou un passage de « Tête dure » de Francesco Pittau. Un peu d'humour aussi, comme la lettre, soumise au traducteur automatique, qui en ressort absolument incompréhensible.
A travers Maria-Fernanda, le lecteur fait mille suppositions, passe par toute sorte de sentiments.
L'auteur nous réserve une surprise de taille pour la fin et, même si je l'avais pressentie depuis bien longtemps, j'en ai quand même été très frappée.
J'ai beaucoup aimé cette histoire.
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nathavh
  04 janvier 2018
J'avais rencontré Valentine de le Court il y a trois ans déjà au salon des auteurs belges à Uccle, son roman précédent ( Vacances Obligatoires en famille) est toujours dans ma PAL et devrait en sortir rapidement car quelle belle découverte.
"Une maison bruxelloise" est son troisième roman.
Maria-Fernanda a quitté son Brésil natal et ses deux enfants. Elle a traversé l'Atlantique pour venir en Belgique avec pour objectif de gagner de l'argent à envoyer là-bas pour donner à ses enfants une vie meilleure.
Elle ne parle que le portugais, elle est sans papier. Une connaissance l'accueille et c'est d'une façon surprenante qu'elle trouve une place de femme de ménage dans une maison bruxelloise.
Elle se rend au lieu de rendez-vous, la porte est ouverte, la maison est déserte... Elle attend seule.. et au bout d'un moment se met à faire le ménage... toujours personne...
Elle reviendra le lendemain et trouvera des billets sur la table, elle en déduit qu'elle est engagée, mais par qui? Elle l'ignore. Elle reviendra de jour en jour, toujours cette maison vide, une maison étrange, elle est si seule, elle fera tout pour séduire ses occupants.
Quelle jolie plume que celle de Valentine de le Court, elle nous permet de ressentir, de vivre l'angoisse de Maria-Fernanda.. Ce sentiment de solitude, de manque qui habite aussi bien le lecteur que l'héroïne du roman.
Une écriture poétique, belle qui nous permet de vivre les émotions de Maria-Fernanda. Au fil de la lecture l'angoisse nous gagne. Un roman qui parle de la solitude éprouvée par celles qui abandonnent tout, le plus cher, la chair de leur chair, pour leur donner une vie meilleure.
Une plume à suivre, une ambiance un peu fantastique, étrange, inquiétante parfois mais également poétique. J'ai beaucoup aimé et je vous le recommande chaleureusement.
Ma note : 9/10

Lien : https://nathavh49.blogspot.b..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   03 février 2018
Il est simple d'être un homme infidèle dans un monde où les femmes restent persuadées qu'elles seront plus heureuses en couple que seule. Au final, ils gagnent, quoi que les femmes tentent pour se déclarer indépendantes. Dans leur tête, la plupart des femmes se considèrent encore porteuses d'un corset, même à l'heure des jeans troués et du string panthère.
Pauvres épouses de tous pays, se lamenta Maria-Fernanda, à la merci des mâles et de leur pénis voyageur. Les hommes étaient bien tous pareils, des animaux dirigés par le petit morceau de chair qui leur servait de radar de vie. 
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jeunejanejeunejane   28 février 2018
Son bonheur augmenta encore le jour suivant quand elle découvrit que ses plats avaient été dévorés. Il ne restait qu'un fond de riz dans un bol jaune et bleu....Un grand succès. Pour une femme, nourrir sa famille est une déclaration d'amour. Et réussir à combler son homme par sa cuisine, c'est une sorte d'érotisme.
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viou1108viou1108   28 janvier 2018
C'était une fille gentille. Elle l'avait toujours été. Et les filles gentilles ne se battent pas pour récupérer ce qui leur revient de droit, elles pleurent.
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nathavhnathavh   04 janvier 2018
Aucun portrait nulle part et toujours absents. Existaient-ils seulement ? Ou faisaient-ils partie eux aussi du décor de leur maison ? Tout ceci n'était-il qu'un film dans lequel elle serait une actrice non consentante ?
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jeunejanejeunejane   28 février 2018
La première nuit en Belgique, dans la pièce nue à la peinture lépreuse, Maria-Fernanda crut que sa tête allait éclater de chagrin. Le sommeil refusait de l'emporter vers le lendemain.
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