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EAN : 978B003UAPVGU
Éditeur : Flammarion (01/01/1918)
3.44/5   8 notes
Résumé :


Imaginez « une façon de colosse, mastoc et apoplectique » qui jadis, d'un coup de poing, a tué un quidam malotru. On lui dit que son Adèle le trompe. Il voit rouge, monte chez elle. C'est vrai : un homme se cache dans le buffet. Que fera le colosse ? Rien, car plutôt que de croire ses yeux il préfère croire Adèle : voilà Boubouroche.

Il y a sur terre beaucoup de braves gens à son image qui ne voient malice nulle part et en pâtissent, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Musardise
  06 janvier 2018
Dernière pièce de l'année et mauvaise pioche. Ça m'apprendra à vouloir jouer les feignasses en préférant une pièce courte et légère (quoique...) plutôt que de me plonger dans Maeterlinck ou Ibsen. le fait est que je ne n'avais jamais lu Courteline (à moins que je ne me souvienne pas l'avoir déjà lu, ce qui est tout à fait du domaine du possible ) et que je suis tombée récemment sur un volume de son théâtre pour 0.50€ : il me fallait donc absolument rentabiliser mon achat.
Le fait est que je me suis ennuyée dès la première scène, où les protagonistes jouent dans un café à la manille - jeu auquel je ne comprends rien. Suivre les levées (ou je ne sais comment l'on appelle cela) et autres choses du même genre m'a paru si fastidieux que j'ai failli laisser tomber ma lecture au bout de deux pages. Je n'avais pourtant jamais été gênée par la fameuse scène de manille chez Pagnol, mais ici, c'est d'un ennui... Suivent des discussions courtes et fort peu passionnantes, assorties de commandes de verres d'alcool auprès du cafetier. Alors enfin, on entre dans le vif du sujet : Boubouroche est un bourgeois fort naïf, que son meilleur ami traite de poire, et qui entretient une maîtresse, Adèle, qu'il est seul à croire indéfectiblement fidèle. Évidemment, elle ne l'est pas, ce que va lui apprendre un vieil homme voisin d'Adèle. Difficilement mais finalement convaincu de la forfaiture de celle-ci, il décide de la prendre en flagrant délit. de là la découverte d'une scène d'adultère plutôt cocasse, d'où se tire admirablement Adèle. Et Boubouroche continuera à jouer les cocus, malgré l'évidence.
Ça n'est pas drôlissime, ça manque de rythme, mais, pour tout dire, ça n'est pas non plus à proprement parler du vaudeville. C'est féroce, et si Courteline ne nous épargne pas quelques considérations misogynes, le personnage de Boubouroche est loin d'être épargné. Violent, il tente d'étrangler sa maîtresse pour finir par se défouler en frappant un vieillard, tout en manifestant une bêtise crasse. Victime de la sournoiserie de sa maîtresse, manifestant la détresse la plus vive, il en vient malgré tout à se faire détester par le lecteur ou le spectateur par sa sottise, sa lâcheté et sa méchanceté. Courteline nous livre là une vision très noire de la société, qui, c'est dommage, est gâchée par une construction un peu lâche de la pièce, des enchaînements qui traînent et des dialogues qui manquent de mordant. Une occasion un peu manquée.

Challenge Théâtre 2017-2018
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gill
  20 novembre 2012
Avant de connaître son infortune, Boubouroche, était un bourgeois débonnaire, somme toute assez heureux.
Ce jour là, installé comme à l'habitude à une table de café, occupé à sa partie quotidienne de manille avec ses amis Potasse, Roth et Fouettard, il vit un vieux monsieur surgir et l'aborder pour lui révéler la trahison d'Adèle.
Adèle est une femme qu'il entretient depuis plusieurs années et autour de laquelle il a organisé une petite vie bien agréable.
Elle vit avec André, son amant, leur existence est rythmée par la sonnette de la porte d'entrée qui annonce les visites de Boubouroche.
L'amant est surpris dans un énorme bahut de chêne, l'explication est inévitable,.
Boubouroche, se met en colère, menace, tempête mais finit par pleurer dans le tablier d'Adèle et par reporter sa rancune sur le vieux monsieur qui lui révéla son infortune.
"Boubouroche" est tout d'abord un petit roman de Courteline, que celui-ci transforme bientôt en pièce de Théâtre. Il voulut en faire un drame mais ce fut inéluctablement une comédie à succès.
Car évidemment ce morceau contient tous les ingrédients du style de Courteline et les personnages sont caractéristiques de sa méthode, le mari n'oppose à la mauvaise foi de sa compagne que lâcheté et crédulité et la morale, du moins son faux-semblant, est toujours sauve. Courteline se révèle, donc, une fois de plus comme un auteur comique de talent.
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Augustin334
  09 juillet 2017
Boubouroche est trop gentil (il me fait penser au Naïf de Paul Guth). Il paie les consommations de ses partenaires de manille au café, se fait traiter de poire sans se rebeller, se fait cocufier par Adèle, qui parvient encore à l'amadouer en pleurant à chaudes larmes lorsque son amant est surpris dans l'armoire. du coup, il veut se venger sur le voisin qui l'a dénoncée. Voici mon avis personnel sur la pièce :
Le début commence comme la partie de cartes au Bar de la Marine entre Marius, Panisse, Mr Brun et Escartefigue ; on attend que Boubouroche dise à Potasse :"Tu me fends le coeur". La tension monte lorsque le voisin conte l'infidélité récurrente d'Adèle depuis huit ans. le comble du suspens intervient quand Boubouroche, qui a vu deux ombres dans l'appartement, fouille celui-ci méthodiquement malgré les dénégations d'Adèle. Hélas ! la conclusion est alambiquée. Boubouroche est une fois de plus trompé par Adèle qui nie l'évidence et par André qui donne des conseils de conduite à sa victime. Bien sûr nous sommes au théâtre, pas dans la vraie vie !!! La conclusion vaudevillesque ressemble à une mauvaise Arlequinade, ce qui m'a poussé à réduire ma note initiale. A propos de Courteline, j'ai trouvé meilleure " Hortense, couche-toi".
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EricB
  13 janvier 2016
Ce pauvre Boubouroche, qui, sur dénonciation d'un voisin bien intentionné, découvre chez sa maîtresse, caché dans une armoire, un concurrent plus jeune que lui, mais préfère croire les boniments de celle-ci et s'accuser devant elle de l'avoir soupçonnée à tort !
L'ironie féroce de Courteline est source de scènes d'un comique grinçant. Dans ce court roman, cette nouvelle plutôt, la plupart des personnages se drapent dans une dignité dont la fausseté et le grotesque n'échappent évidemment pas au lecteur.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
EricBEricB   15 janvier 2016
Il s'esclaffa :
- La pauvre enfant n'a pas plus de sens qu'un tuteur à ramer des pois !
Du coup, le monsieur devint lyrique. Les mains hautes, les yeux au ciel, il déclama avec une imposante lenteur :
- O homme ! enfant aveugle et quatorze fois sourd !
Là-dessus, apitoyé :
- Pas de sens ?... Mais, mon cher monsieur, c'est vous-même qui n'en avez pas !... Vous me faites l'effet de ces gens atteints de rhume de cerveau, qui refusent tranquillement aux roses un parfum qu'ils ne perçoivent plus. Pas de sens ?... Ecoutez, monsieur, je sais bien que nous sommes entre nous, mais il est de ces questions brûlantes qu'un galant homme ne saurait effleurer d'un main trop légère et trop souple. Je vous disais, il y a un instant, que nous ne vivions plus au temps où les murs étouffaient les cris : qu'il me suffise de vous le redire, et à bon entendeur, salut ! Au surplus, eussiez-vous raison et n'eût-elle pas plus de sens, ainsi que vous le prétendez, qu'un tuteur à ramer les pois, en eût-elle cent fois moins encore et fût-elle moins avide d'argent que ne l'est, de billets de concert, une sarigue, elle vous tromperait cependant !
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gillgill   29 octobre 2012
Dans le cadre familier d'un café, tout un acte a été employé à éveiller la sympathie pour Boubouroche, homme sincère, incapable de songer à mal, généreux, serviable, naïvement convaincu de la fidélité d'Adèle.
Hélas ! Surgi comme un démon du doute, un trop obligeant voisin vient révéler, avec preuves, que depuis sept ans Adèle reçoit une visite coupable à chacune des absences de Boubouroche.
Celui-ci a bondi vers sa demeure ; il a vu, de ses yeux vu, deux ombres derrière le rideau. A son furieux coup de sonnette, Adèle a dissimulé le visiteur dans un bahut où une bougie et de la lecture sont prévus en cas de retour inopiné. Il sera facile de reconnaître ici la tactique de Célimène devant Alceste jaloux. Mais alors que Boubouroche s'excuse déjà, voici qu'apparaît la lumière révélatrice : la scène tourne ainsi à la farce, ce qui eût été inconcevable dans "Le Misanthrope".
(extrait "Lagarde et Michard" -XX° siècle - "Le théâtre avant 1914)
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EricBEricB   15 janvier 2016
Oh ! vous pouvez mâcher de la gomme à claquer et rouler des yeux comme un veau qu'on aurait mené voir "Athalie", ce n'est pas cela qui changera quelque chose aux décrets de la Providence, et fera que ce qui est ne soit pas. Vous êtes cocu ; vous êtes cocu, vous dis-je ; cocu inexorablement !...
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EricBEricB   15 janvier 2016
C'était une façon de colosse, mastoc et apoplectique, de qui riaient les yeux ingénus de bébé dans une figure de gros mufle.
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