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ISBN : 2709642808
Éditeur : J.-C. Lattès (01/02/2013)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Les copains des maisons de campagne, un jeune homme confronté à la lâcheté, un père divorcé qui s'inscrit à un jeu télévisé pour conquérir ses enfants, une jeune femme qui sacrifie tout pour courir le marathon, un bobo parisien qui contemple le monde dans un restaurant japonais.
Au cours de ces nouvelles, du coeur de la ville au coeur de la campagne, Franck Courtès déroule le fil ténu de nos vies. Il dit avec maestria ces tremblements de terre intimes et sil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
vibrelivre
  19 octobre 2016
Autorisation de pratiquer la course à pied
et autres échappées
Franck Courtès, JC Lattès

C'est le titre qui m'avait arrêtée, et finalement ce sont les autres échappées qui m'ont retenue.
Autorisation de pratiquer la course à pied est un recueil de 19 nouvelles, et le premier livre, de Franck Courtès, photographe de son état. le personnage du photographe est récurrent dans ce recueil, ainsi qu'un personnage nommé Romain, qu'on voit deux fois en couple, ou trois en face de Bastien, en ami bourgeois, en amant dont la maîtresse est lasse, en adolescent qui connaît le premier amour. le personnage de Pauline est là deux fois, personnage rédempteur, et gardien de l'enfance, ou de l'être véritable. Ce qui revient aussi, c'est le drame de l'adolescent/e de 16 ans dont le père meurt brutalement, ce qui fut le drame de Franck Courtès.
La première nouvelle donne son titre au recueil, sans mentionner la précision importante, "en compétition". Il s'agit d'une dame mal dans sa peau, qui trouve dans l'alcool comme une euphorie, et qui s'est mis en tête à 46 ans de faire un marathon. Sa préparation à l'épreuve la coupe des gens, bien qu'elle découvre en courant sur un chemin de halage une partie de la misère humaine, et des siens qui ne s'y intéressent pas. Elle cache au médecin qu'elle a consulté pour obtenir l'autorisation, la douleur, l'ennui, qu'elle éprouve pendant ses séances de course, et aussi la diarrhée qui l'afflige. Elle veut connaître le "mur" des 32 kilomètres, l'effet qu'il produit.
A la fin de la nouvelle, des marathoniens témoignent de l'importance de l'accompagnement.
Les personnages des nouvelles semblent vouloir être à la hauteur. A la hauteur de ce qu'il leur paraît qu'on attend d'eux. Ils se sentent ou se montrent impuissants, lâches, différents, faussement supérieurs. Il est question de sexe, de jeune âge, d'amour -et d'amour qui dure, " celui dont on entend parler depuis tout petit et qui se met en travers de votre route un jour", de bonheur. Il montre la fragilité des êtres. Et c'est sans doute cette fragilité qui fait leur humanité, ou leur trop d'humanité. Une nouvelle est bouleversante qui donne à lire le journal d'un enfant qui se suicide, et qui écrit au tout début: "Pour mon anniversaire, mes douze ans (douze ans, ça fait bizarre, j'ai l'impression d'avoir toujours onze)"; ces lignes prennent une résonnance particulière.
le style de Franck Courtès est pur de toute affectation. L'auteur est dans la mesure, le re-tenu. Il est juste, il a de l'humour, il pratique l'ironie, ses mots font touche, comme le brochet qui mord dans la perche goujonnière; c'est un poète. Il a le sens de la formule, j'en offre quelques exemples: "A peine au maquis, et déjà collabo; Sa beauté lui avait ouvert tous les cercles, son sérieux les lui avait aussitôt refermés; Il n'avait pas fait médecine pour autoriser les gens bien portants à aller se faire du mal."
Il a également le sens de la construction. Toutes ses nouvelles entretiennent la tension, tiennent en haleine. Il est astucieux dans la disposition de ses trois "Chroniques de mon restaurant japonais favori", dans lesquelles on savoure toute l'autodérision du narrateur, et on reprend souffle. La dernière nouvelle fait office de "concetto" ou de coda. Il n'a pas non plus négligé les titres: j'aime bien "Une dent contre lui" qui ne laisse pas du tout deviner de quoi il s'agit, et "Elle est partie et je l'ai quittée", phrase qui a dû plaire à Franck Courtès qui l'utilise comme un leit-motiv.
Ces nouvelles, qui sont de la belle ouvrage, content poétiquement les choses de la vie. La nôtre, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre .

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PetiteBalabolka
  29 décembre 2014
Directement inspiré par "Autoportrait de l'auteur en coureur de fond" de Haruki Murakami, le titre qu'a choisi Franck Courtès pour son premier ouvrage est un clin d'oeil à leur passion commune, vécue comme un exercice initiatique voire rédempteur.
C'est donc tout naturellement à la course à pied et aux motivations intimes qui permettent d'endurer un tel effort qu'est consacrée la première nouvelle de ce recueil qui en compte 19.
19 nuances autour des sentiments humains, servies par une écriture sobre mais juste. Les joies de l'enfance, l'amitié, la volonté d'être de bons parents, le couple, nouveau ou usé, les premières amours... Franck Courtès analyse les ressorts qui nous anime (pas tous grandioses mais touchants dans leur aspect ordinaire car sincères) sans oublier les loupés, les résignations voire les lâchetés dont certaines ont parfois des conséquences dramatiques.
Dans "Chroniques de mon restaurant japonais favori" déclinées de manière ternaire, il adopte la posture de l'observateur (le photographe en lui n'est jamais bien loin) et aborde avec pudeur mais pourtant sans détour, la question du regard posé sur le handicap.
Dans ce recueil de nouvelles, Franck Courtès esquisse aussi le personnage principal de son futur roman (Toute ressemblance avec le père) en accordant une place récurrente à un certain Romain, photographe de son état...
Le monde de la photographie peut se désoler, le monde de la littérature se réjouir, un auteur est né et il a des choses à nous dire !

Lien : http://leschroniquesdepetite..
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Chouchane
  21 juin 2013
Autant annoncer la couleur, à part les nouvelles de Dino Buzzati ou de Michel Tournier, j'ai beaucoup de mal avec ce genre. J'ai donc abordé ce livre (qu'on m'avait prêté), avec beaucoup circonspection. Mais dès la première nouvelle j'ai été saisie par la plume de l'auteur, la rapidité avec laquelle il nous fait entrer, sans détour, dans l'esprit de ses personnages. Tout sonne avec une telle justesse dans ces nouvelles qu'on est surpris d'apprendre que c'est un premier roman. Cette écriture tranquille mais néanmoins vive nous guide naturellement vers la psychologie de personnages naviguant dans les méandres d'une existence banale et néanmoins complexe. le titre du livre « Autorisation de pratiquer la course à pied… » est aussi celui de la première nouvelle qui sera suivie de 18 autres. Aucune n'est moins bonne que l'autre. Et chaque fois, en peu de pages, nous faisons la rencontre d'un être de fiction à l'identité si puissante qu'il nous semble être réel. Avec beaucoup d'acuité Franck Courtès en bon photographe (qu'il doit être ? !) nous livre un cadrage pointu et juste du monde qui nous entoure. Et si avant d'ouvrir le livre, vous ne comprenez pas l'énigmatique « comme quoi ça tient à pas grand chose » écrit en quatrième de couverture, rassurez-vous en le fermant vous vous direz : c'est vrai, bonheur ou malheur ça ne tient pas à grand chose ! Monsieur Courtès j'attends votre prochain roman !
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SophieLesBasBleus
  23 août 2015
Je lis peu de recueil de nouvelles. Non que je n'aime pas, mais, d'une part, je préfère la familiarité qui s'instaure progressivement avec les personnages de roman et, d'autre part, il en est peu de contemporains qui m'ont réellement transportée.
C'est dire si en découvrant "Autorisation de pratiquer la course à pied et autres échappées" de Franck Courtès, il m'a semblé ouvrir le coffre aux merveilles ! C'est un bijou qu'il faut lire absolument !
Les thématiques en sont celles de nos vies, de nos peurs et de nos renoncements, les pieds dans la glaise et la tête dans les nuages, souvent simplement en quête d'une quête qui nous grandisse.
A la cohérence des textes répond celle de l'écriture, toute en fines nuances, donnant matière et profondeur aux fragments du réel qu'elle découpe et nous laisse mettre en perspective. Ironie, mélancolie, humour et colère feutrée se déclinent au fil des histoires qui révèlent la fragilité de ce que nous avons tenté de construire, la vulnérabilité des êtres et le mystère insondable des existences que nous cotoyons en nous fiant, par paresse, égoïsme ou orgueil, au paraître.
Franck Courtès cerne ces troubles qui font trembler nos vies jusqu'au vacillement qu'une pirouette nous fait occulter. Un véritable bijou, vous dis-je !
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Vintage
  01 février 2014
Voici une lecture très agréable, souvent dure, d'un auteur « échappé » de la photographie le temps d'un roman sous forme de 19 nouvelles… de course à pied, il est très peu question, en réalité, c'est « d'échappées » dont il s'agit, c'est-à-dire des êtres, des couples, des enfants souvent fragiles ou mêmes lâches qui se questionnent sur le sens de leur vie et qui tentent sous différentes formes de fuir leur condition ou de revivre un instant passé…Ces nouvelles oscillent donc entre quêtes illusoires et mélancolies douces.
La 1ère nouvelle, titre de ce recueil, est la parfaite illustration de ces tentatives vaines de fuite. L'héroïne se met en tête de courir son 1er marathon et pense qu'en obtenant le fameux certificat d'aptitude à la course à pied…en compétition, elle a la garantie d'une bonne santé. En réalité celle-ci est très vite rattrapée par son addiction à l'alcool qui provoque d'atroces douleurs à l'estomac et l'empêche de pratiquer son sport comme elle voudrait.
Les situations décrites révèlent souvent des instants tragiques, comme la nouvelle intitulée « Au revoir » qui m'a littéralement bouleversé. Mais Il n'y a pas que des drames. Certaines histoires sont plus légères et drôles comme « le Fil » ou l'histoire du photographe qui se retrouve en séance avec le sosie acteur de son père. En tout cas, elles sont très réalistes et simples, et cela m'a beaucoup touché, car elles font souvent échos à des instants que nous avons vécus en tant qu'enfant, en tant que mari ou femme, fils ou fille, parents… Par ailleurs, l'auteur introduit toujours un élément de surprise sans pour autant être dans l'effet claquant. En cela, il se révèle très subtil et émouvant avec un côté très humain, mais qui n'empêche pas de dénoncer des tranches de vie fondées sur les apparences.
J'ai été enfin marqué par la douceur et la justesse de l'écriture en total accord avec le propos. L'humilité de cet écrivain donne clairement envie de le découvrir davantage.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
MarcoPolo85MarcoPolo85   23 février 2015
- Parce que çà y est, toi, tu n'es plus de gauche?
- Pas cette gauche là ! Par devant, c'est morale et droits de l'homme, mais par derrière, c'est les gosses dans le privé, loin des immigrés. Les quartiers bien protégés de la racaille et les vacances loin du peuple. Les immigrés sont les bienvenus en France, mais chez les pauvres, pas chez vous! Vous savez quoi? Vous vous êtes battus contre les frontières entre pays, çà faisait chic, mais vous vivez derrière de nouvelles frontières, invisibles celles-là, géographiques, sociales[...]
Et le mec qui vit vraiment avec ces Roms, ces immigrés, le seul truc que vous avez à lui dire, c'est : ne reste pas là ! Ne vis pas dans le même quartier qu'eux, voyons! Ah, vous me dégoûtez !
p190 (au livre de poche)
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raynald66raynald66   01 juin 2017
Christine découvrit que le plus difficile, dans un marathon, c'était la préparation. Si l'effort physique était considérable, l'aspect psychologique lui causa encore plus de soucis.
Que de ruses avec le quotidien, combien de privations
nécessaires pour parvenir au but !
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ValleerieValleerie   19 janvier 2018
J'ai fait quelques pas, mais la peur m'a empêché d’aller plus loin. A mon âge, ça m'a étonné d'avoir encore peur, d'être dominé par l'imagination. Ça m'a fait plaisir. La peur, l'amour, je n'avais rien perdu.
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ValleerieValleerie   15 janvier 2018
A la fête que c'était nos retrouvailles, toujours, des plusieurs fois la semaine, ça ne nous gênait pas...Une tendresse à tout recommencer depuis le début, tout reconstruire, à repartir de la préhistoire.
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ValleerieValleerie   08 janvier 2018
Quand on tient à quelque chose, il faut faire gaffe. Il faut être délicat, concentré, patient et souple.
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Videos de Franck Courtès (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Franck Courtès
31.05.18 - INTEGRALE - L. Slimani, L. Salvayre, D. Franck, P. Pécherot, M. Guven...
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