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ISBN : 2709661004
Éditeur : J.-C. Lattès (11/04/2018)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 15 notes)
Résumé :
"La photographie était ma raison d'être. J'étais photographe. J'ai été extrêmement photographe, passionnément photographe, hanté par la photographie.Mon amour immodéré s'est mué en une haine qui n'a d'égale que celle d'un amant trahi." 
Franck Courtès fut photographe pendant vingt-six ans. Vingt-six années de passion, de voyages autour du monde et de rencontres, qui ont permis à celui qui fut un élève timide et rétif à l'autorité de tutoyer les plus grands. A... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  12 avril 2018
Comment une passion peut-elle se détériorer en dégoût ? La dite passion étant la photographie, l'ex-métier de Franck Courtés, auteur de ce livre. Un amour immodéré qui s'est mué en une haine “qui n'a d'égale que celle d'un amant trahi, blessé.”
Pourtant, l'amant peine à se délaisser de ce passé, qui le hante. D'où cette introspection sincère, pleine d'humour et d'humilité sur ce dit passé, afin de l'exorciser.
Ce garçon renfermé, sans confiance en lui-même,qui déteste l'école, -“Je haïssais vivre au rythme d'une sonnerie, sous le regard d'une autorité.”-, va s'ouvrir, et reprendre confiance au contacte de la photo, -“Je m'étonnais de la facilité que j'avais à vaincre ma timidité avec mon appareil photo accroché à l'épaule, comme un talisman.”-, et abandonnant à jamais ses études universitaires va en faire son métier, sa passion. Mais tout évolue, pour le meilleur ou le pire. Quelque vingt-cinq ans plus tard, l'avènement du numérique, l'image controlée et l'exagération du « politiquement correcte », qui débouche paradoxalement sur un monde sans éthique, va tout chambouler. “Le deuil allait être atroce.”......
Je viens de lire le quatrième livre de Courtés, quatre livres beaucoup appréciés. Mais étrangement, bien que je m'intéresse à la photo, je ne le connais toujours pas comme photographe. En tout cas s'il photographiait jadis comme il écrit maintenant, je n'ai pas l'ombre d'un doute de son talent dans ce domaine-là aussi. Avec l'écriture, Courtés met une légende à ses photos,ces photos au travers desquelles il chercha à atteindre, parfois vainement parfois avec succès, l'âme des personnes et des choses, leur vérités profondes. Des personnages célèbres du monde politique, sportif, artistique...ou simplement de son intimité.
Un livre intéressant, très bien écrit, truffé d'anecdotes croustillantes, émouvantes et pour moi l'occasion de retrouvailles avec un ami, un ami intelligent, humble avec beaucoup d'humour. Eh oui, tout ses livres étant autobiographiques, on finit par faire connaissance et établir un lien affectif, même si c'est virtuel 😊.
“Difficile de faire l'impasse sur l'état de grâce....Tout à coup s'opère en moi une sorte d'alignement physique et mental de tout ce qui fait ma vie : émotions,connaissances, ressentis, mémoire, tout mon être sollicité en un même élan, c'est ça ce moment que j'appelle grâce.”
“Une vie d'homme ne se fait pas d'instants décisifs. le seul véritable instant décisif, c'est la mort.”
Un grand merci aux éditions JCLattés et NetGalley pour l'envoie de cet excellent livre !
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fanfanouche24
  16 avril 2018
Un très fort moment de lecture ...et comme une belle rencontre avec un camarade partageant des complicités communes...intenses ...
"Certes, on demandait à la photographie de raconter le monde, mais elle devait aussi à mon avis assumer sans compromis son extraordinaire pouvoir poétique. "(p. 149)

Une découverte impromptue...guidée principalement par mon goût de longue date pour la photographie. Alors un photographe professionnel comme Franck Courtès formulant avec une certaine rage son rejet pour ce métier choisi très jeune, sa passion...pendant plus de vingt-ans...Il y avait de quoi m'intriguer !!
Je serai très curieuse de découvrir ses clichés, ses portraits d'écrivains, d'artistes, de personnages publics...mais je ronge mon frein, jusqu'à la fin de ma lecture.
Sa manière d'évoquer son travail, ses face-à-face, avec les célébrités dont ils devaient faire le portrait sont étonnants, est très vivante, remplie d'anecdotes et de chaleureuse sensibilité...
Un texte très personnel qui stimule gaiement notre imagination..Je serai sûrement surprise ou en décalé entre ce que je me suis représenté, et ses clichés, lorsque je vais en prendre connaissance !...Surtout intrigué par ses travaux en noir et blanc !
Un récit des plus intéressants, où notre écrivain-photographe nous raconte sa détestation de l'école, son inadaptation aux groupes, aux horaires, aux règlements, à toutes les contraintes, sa sauvagerie, son indécision quant au choix d'une profession...et puis la photographie va surgir, va embraser notre "futur artiste", lui offrir le monde, et comme un rattrapage à son "inculture" dans tous les domaines !
"Je photographiais la politique, la littérature, la peinture, la musique, le sport, les métiers rares, l'entreprise, les puissants, les anxieux, les méchants. (...)
Pièce après pièce, à la manière d'un gigantesque puzzle, le monde se révélait à moi. "(p. 152)
Le début de ce déclic sera provoqué par sa maman, qui faute de l'avoir convaincu pour les études, lui proposera chaque dimanche d'aller se promener, avec l'appareil- photographique du grand-père..pour capturer les "petits émerveillements" rencontrés, savourés lors de ses escapades dominicales ...
Ce parcours est celui d'un homme entier dans sa passion, qui à force de se plier aux concessions, aux diktats du monde de la presse, des médias, des modes, du surgissement du numérique [ transformant le métier de photographe, dont certaines tâches manuelles, faisant partie des charmes de la profession !] développe un humour corrosif, décapant... mettant en relief l'escalade de la superficialité , la fugacité et le mercantilisme de cet univers professionnel, où il a vécu tant de joies et de plaisirs.... Il se retrouve "saturé" d'un univers dévoré par la communication et l'information...devenues trop formatées !
Un hommage vibrant à la photographie et plus exclusivement, au noir et blanc... que je partage sans réserve ...
Franck Courtès se met à douter, à s'épuiser dans une passion professionnelle exclusive... mais qui évolue dans des directions qui ne le satisfont plus... où il perd progressivement le "feu sacré"...Dans ces lignes denses et percutantes, Franck Courtès nous offre aussi une "radiographie" de notre époque, "Société spectacle"...absolue, ainsi qu'une réflexion approfondie du (des) rôle(s) de la photographie, et des images, en général , dans notre quotidien!...
Après les années magiques où l'amour de la photographie ont éclairé Franck Courtès, la lassitude, une extrême fatigue l'ont incité à "déserter"sa première passion pour se lancer dans l'écriture !...
N.B : je viens de visualiser quelques clichés ,ceux en noir et blanc, de Franck Courtès... et j'apprécie infiniment la poésie, la fantaisie de ce regard original et chaleureux...Je suis sous le charme , vraiment !

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Bibalice
  31 mai 2018
Les romans naissent souvent d'une belle idée, d'une impulsion positive, d'une jolie histoire à raconter, d'un goût que l'on veut sinon transmettre, tout du moins partager. Rarement, on entend qu'un livre naît d'un dégoût. C'est pourtant bien d'un dégoût dont il est question ici, de bile noire, de rêves foudroyés par la connerie humaine ou quoi, juste par la vie.
Aucun rêve ne tient ce qu'il promet dit la chanson. Le rêve de Franck Courtes, c'était la photo. C'est né comme ça, en voyant une photo qui sublimait un paysage qui ne l'avait pourtant pas frappé quand il l'avait vu "en vrai". le photographe l'impressionnait aussi et lui aussi s'est dit qu'il aimerait impressionner son monde. Sur ses conseils, avisés ou un brin condescendants, il photographie ses pompes. Vous ou moi, si nous photographions nos pompes, à moins d'y ajouter un freakin' filtre Instagram, cela ne donnerait rien. Mais le rêve tient encore ses promesses pour ce jeune Franck Courtes qui vit alors encore dans un monde sans réseaux sociaux, et ses photos sont plutôt chouettes. Il est photographe. Il ya un déclic qui n'est pas seulement celui de son appareil. Franck devient très vite un artiste et ses portraits ont rapidement beaucoup de valeur. Il peut également compter sur un atout de taille, qui fait de lui une célébrité dans le milieu : il peut faire des portraits réussis en un temps record. Dans le monde de la promotion d'artistes où chaque minute compte, cela ressemble presque à un super-pouvoir.
C'est la première partie du livre, dédiée à l'amour qu'il porte à son art, sa fulgurante ascension dans la presse et les formidables artistes, écrivains, philosophes ou célébrités que son métier lui permet de rencontrer : " Comme il me fallut le défendre, ce métier ! J'en parlais comme d'une fille dont je serais tombé fou amoureux. Lui seul pouvait me sortir du lit en pleine nuit dans le froid de janvier pour immortaliser un Paris vide et brillant. Il allait m'offrir les voyages, la musique, l'amour, et un peu d'amitié !"
Comme le dit une autre chanson, il n'y a cependant pas d'amour heureux et les belles rencontres (Arthur H, Murat, Frédéric Dard, Modiano) ne suffisent bientôt plus. Et puis les amitiés, réelles, sont rares. Il y a un magnifique moment de littérature dans la deuxième partie quand Courtes raconte a quel point Frédéric Dard est chaleureux avec lui, d'une gentillesse sans fin. Hélas, il n'arrive pas à le prendre en photo, ses portraits sont ratés : "J'avais envie de l'entendre dire que j'étais ici chez moi, que je n'avais qu'à rester ce soir même, que c'était fini, que j'avais bien travaillé, que je n'avais plus besoin de repartir. [...] le badinage photographique, ce flirt incessant qui rarement débouchait sur une amitié durable, créait un vide à l'intérieur de moi, une dépression de grand fond. "
Le récit, bientôt, devient cruel. La passion n'est plus là, son métier commence à le dégoûter, comme ces stars qui - tel ce salopard de Joey Starr, le traitent comme un moins-que-rien. C'est une rupture progressive : "J'étais devenu l'employé modèle d'un système qui me rongeait. [...] J'excellait à ne pas déranger, à me faire oublier. On me complimenta une fois : "Tu sais te rendre invisible. " Triste qualité que celle de ne pas exister.
La coupe, un jour est pleine. Franck Courtés écourte telle séance, enrage à la fin d'une autre, ne prend même plus plaisir ou fierté à voir son nom accolé à une photo publiée. Certains amants ne touchent plus leur conjoints, lui ne touche plus à son appareil. C'est une page qu'il déchire un jour brutalement, pour en ouvrir une autre, celle d'un bloc-notes.
Je ne dirais rien de plus de cet abandon ni de la renaissance d'un photographe qui devient écrivain. Il faut lire ce livre, admirable, sur ce qui peut lier un homme à sa passion, et sur la destruction qu'une telle passion peut provoquer.
Il y a également plein d'anecdotes sur ce métier, ses dérives et beaucoup de gens célèbres que l'on se met instantanément à aimer ou à détester. Franck Courtès était connu pour ses portraits photos, il se peut qu'il le reste encore pour ses portraits littéraires.
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AudreyT
  18 juin 2018
****
Quand on connaît et qu'on apprécie les livres de Franck Courtès, c'est un vrai plaisir de le retrouver.
Aucune nouvelle, aucune fiction dans le dernier livre qu'il nous offre, mais juste une petite part de sa sensibilité et de son talent.
Parce que du talent, il en a Franck Courtès !!! Comment expliquer sinon qu'il nous enchante avec cette biographie, qu'on découvre avec impatience chacune des anecdotes dont il nous fait cadeau...
Il est certainement bien dommage qu'il ait abandonné la photographie car il avait l'air de plutôt bien tirer le portrait de toutes ces personnalités, mais à notre grand bonheur il a décidé d'écrire... Et je ne peux que lui demander de le faire encore longtemps !!!!
Merci à NetGalley et aux éditions JC Lattès pour leur confiance...
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SophieLesBasBleus
  13 août 2018
Dans "La dernière photo", Franck Courtès creuse ses souvenirs pour faire émerger ce qui a transformé en dégoût sa passion pour la photographie. de la naissance de cet amour immodéré jusqu'à la nausée qui mène à l'abandon, il raconte cette forme de possession qui a hanté ses jours et ses nuits : saisir en une image cet instant d'intimité mystérieuse, de partage et de rencontre entre deux êtres, modèle et portraitiste.
Il y a quelque chose de foncièrement émouvant et d'intensément foisonnant dans cette démarche qui chaloupe entre l'introspection et l'anecdote romanesque. On y croise beaucoup de célébrités qui se travestissent ou se révèlent en présence du photographe. L'auteur remplace l'objectif de son appareil photo par des mots sans filtre et trace ainsi son propre portrait ainsi que celui d'une époque en pleine mutation technologique et sociétale.
Voir l'indicible, trouver l'état de grâce qui permet de révéler l'in-connu d'une personnalité, décomposer la lumière, le décor, les postures pour mieux les recomposer... l'écriture relève superbement ce défi de venir habiter, avec la même sensibilité, la même exigence, l'espace laissé vacant par la photographie. Comme un révélateur, elle fait apparaître des images, qui enclosent à leur tour d'autres images comme un miroir que l'on placerait devant un autre miroir, élargissant ainsi le cadre et variant la focalisation dans un mouvement vertigineux. Poignant, parfois cinglant, mais toujours juste, le récit traduit au plus près la trajectoire qui va de la fusion au désamour.
J'ai profondément aimé ce ton, ce dévoilement et les questions qu'il suscite sur la place de l'apparence, sur le rôle de l'image, celle que l'on veut transmettre, celle qui est perçue et sur le désenchantement qui conduit au silence.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   12 avril 2018
Je découvrirais au fil des années qu’il est impossible d’obtenir d’une femme ou d’un homme politique quelque chose de vrai, car leur vie entière est consacrée au rôle que leur charge leur impose. Une forme de comédie dicte leur conduite officielle. À leur image intime toujours se substitue leur image publique et, au-delà d’elle, celle d’incarnation d’idées politiques. Je devinais sur ces visages à l’expression contrôlée l’effroyable abnégation, la folle renonciation à leur véritable personnalité, et ce n’était pas sans une certaine pitié que je mettais fin à leur supplice face à mon objectif. Je sentais que mon travail participait de cette dommageable mascarade. Je savais, moi si soucieux de liberté, que je contribuais à les éloigner de la leur.
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BookycookyBookycooky   09 avril 2018
Ce talent dont on me disait doté, je me promettais d’en être à la hauteur, de le choyer, sans toutefois comprendre ce qu’il fallait faire pour qu’il se manifeste. Je décidai de ne pas trop y penser, et de le considérer comme une particularité avantageuse de la nature, comme être souple ou posséder de beaux cheveux, rien de plus tant que je n’aurais pas la preuve éclatante de son existence en moi. Le talent était une sorte de facilité, apparaissant sans mérite, sans effort, mais sans doute pas à la portée de tout le monde. Dans l’immédiat, il m’offrait la liberté de donner cours à ma fantaisie, à ma mélancolie. C’était la permission d’exprimer à peu près tout ce qui me passait devant les yeux et par la tête. Cela changeait considérablement la donne…
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fanfanouche24fanfanouche24   14 avril 2018
J'aimais beaucoup, grâce au temps nécessaire du développement, ne pas voir immédiatement le résultat de mes recréations. Je rentrais chez moi avec l'impression d'avoir fait l'école buissonnière, quelque bêtise de collégien. Après une prise de vue, je sentais mon appareil photo plus lourd, empli de transfert d'une puissance, ensemencé. Je me hâtais vers la maison, de crainte que les images prises à l'intérieur ne s'en échappent comme les génies des lanternes. (p. 139)
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BookycookyBookycooky   10 avril 2018
Ces comédiens qu’on ne connaît qu’en scène, pleins de vies et de drames, et à qui on prête maintes personnalités fallacieuses, il était toujours un peu déconcertant de les découvrir « dans la vraie vie », sans le relief attendu, comme si quelqu’un les avait éteints. Souvent, j’avais l’impression d’avoir en face de moi non pas l’actrice ou l’acteur, mais quelqu’un de tout juste ressemblant.
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BookycookyBookycooky   11 avril 2018
Mon fils nageait un jour vers le milieu d’un lac, il avait neuf ans. Ma femme et moi nous levâmes sur la plage, les mains en visière pour mieux le surveiller. Soudain je le vis s’arrêter et faire la planche. On l’aurait cru mort, flottant à la dérive comme une branche. C’est avec mon Hasselblad dans une main que je me mis à l’eau et nageai jusqu’à lui :
— Mais qu’est-ce que tu fais ?
— Rien, je regarde le ciel
— Tu es fou, c’est trop loin !
— Je suis bien, là, papa.
Essoufflé, faisant la mise au point avec le petit doigt tendu, et me démenant sous l’eau pour rester à la surface, je le cadrai du mieux que je pus.
Au son du déclencheur il avisa mon lourd appareil et éclata de rire :
— C’est toi qui es fou, papa !
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31.05.18 - INTEGRALE - L. Slimani, L. Salvayre, D. Franck, P. Pécherot, M. Guven...
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