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Critiques sur Sur une majeure partie de la France (16)
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Bookycooky
  21 février 2016
"...,,,demain, malgré quelques éclaircies, le temps sera pluvieux sur une majeure partie de la France...."

Dans ce livre ,une ode à la campagne, un parisien,le narrateur,alias l'auteur revient sur les lieux de son enfance,vécus le temps des vacances et des week-ends,un retour en mémoire mais aussi physique.Effectivement, il pleut sur cette campagne aussi bien au sens propre que figuré, et les éclaircies sont rares.

Un retour en mémoire,plein de nostalgie, de souvenirs d'enfance.....où du commun il imagine l'extraordinaire,dans cette campagne "aux chemins bordés de coquelicots et d'orties, aux prés cernés de bois sombres, aux barbelés sous lesquels on devine le passage de lapins, au duvet des chevreuils accrochés aux pointes et flottant dans le vent, au renard blotti au coin de la grange, que l'on déloge d'une pierre et qui en s'enfuyant ventre à terre semble fendre le vert de la prairie d'une flèche d'or...".
Un retour en mémoire,où il raconte l'histoire de son ami Quentin,un enfant hypersensible et handicapé et de Gary, un garçon violent ,dont les destins vont se croiser....sur fond d'une histoire de drogue.

Courtés est un auteur et photographe à la ville, dont j'avais adoré son premier livre,un recueil de nouvelles,et beaucoup aimé le second . Dans ce dernier roman j'ai retrouvé la douceur de son écriture soudée avec sa puissance visuelle de photographe ,mais j'ai moins accroché au romanesque qu'il alterne avec ses propres souvenirs et ses déscriptions d'une campagne à jamais perdu.
Bien qu'une lecture agréable , je suis restée un tout petit peu sur ma faim...

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AudreyT
  16 juillet 2016
Lors d'un pique nique dominical, Franck revient dans la campagne qu'il aimait tant et où il a passé son enfance dans la maison secondaire de ses parents. A la vente de celle-ci, il a abandonné le village, ses bois et ses amis. Quand il apprend le drame qui a touché Quentin, les souvenirs ressurgissent...
Roman sur l'amour qu'on porte à sa terre, sur la ville qui empiète sur la campagne, sur la difficulté de vivre dans un petit village en bord d'une agglomération, on se prend d'affection pour ses personnages blessés et à vif. Franck Courtès possède une jolie plume, poétique mais incisive, qui dénonce notre société de consommation et l'industrialisation de masse...
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PetiteBalabolka
  16 février 2016
Un titre à la consonance météorologique qui n'est pas sans rappeler des préoccupations paysannes. Il est vrai que ce nouveau roman de Franck Courtès s'ancre dans la ruralité. Adulte, l'auteur revient pour une journée champêtre en famille dans ce village de Seine et Marne qu'il a beaucoup fréquenté étant enfant car ses parents y possédaient une résidence secondaire. Il apprend assez fortuitement que l'un de ses anciens compagnons de jeux a fait plusieurs années de prison ce dont il s'étonne car le garçon était plutôt, dans son souvenir, du genre doux et sans histoires. le roman se propose alors de comprendre ce qui a amené cette situation. Un brave gars ce Quentin, courageux, ayant appris à surmonter ses faiblesses, sensible, intelligent, tout du bon copain et qui de plus, partage avec Franck cet amour profond de la nature, de la forêt, sans chercher un ailleurs, plus urbain s'entend, qui lui conviendrait mieux. Rien à voir avec Gary, teigneux et violent qui gravite lui-aussi dans cette campagne qui perd progressivement sa part de ruralité profonde. Au-delà d'une opposition classique de portraits dans laquelle s'invitent des personnages annexes comme le frère influençable, la petite amie insatisfaite et Tikiti, l'aide garde-chasse (mention spéciale pour ce personnage tout en poésie malgré ou grâce à son côté un peu frustre), Franck Courtès porte un regard tantôt nostalgique, tantôt accusateur sur la mutation de ces paysages gagnés par la périurbanisation et l'évolution des pratiques agricoles ayant cédé au productivisme. Est-ce un regard d'enfant qui a vu son terrain de jeux du week end dénaturé ? Est-ce la réflexion d'un citadin qui attend une lecture claire des paysages, soit la ville soit la campagne mais pas cet entre deux qui brouille des repères_à chaque espace, sa fonction_ rassurants car posés depuis l'enfance ? Il sait d'avance qu'on lui opposera, tel un puching-ball, l'un comme l'autre, que sa légitimité de Parisien à revendiquer une nature immuable se coincera quelque part, elle aussi, dans cet entre deux.
On peut certes avoir une autre lecture, un regard moins réprobateur sur l'évolution de ces paysages mais il me semble que le grand mérite de ce roman est de s'intéresser à la campagne pour elle-même, d'en faire un personnage principal et non pas seulement un cadre comme dans les romans de terroir ce qui reste assez rare pour être signalé.

Lien : http://leschroniquesdepetite..
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Sharon
  18 janvier 2016
J'ai reculé depuis plusieurs jours déjà pour écrire cette avis, que je pensais poster le 14 janvier. Je sais bien que je ne vais pas me faire que des amis après sa lecture, mais tant pis !
Le premier chapitre m'avait plu : l'auteur, avec sa famille et ses proches, part à la campagne, dans un lieu qu'il avait beaucoup aimé enfant. Là, il retrouve, presque par hasard, des personnes qu'il a connue dans sa jeunesse, et apprend qu'un jeune homme qu'il estimait beaucoup a séjourné en prison, puis a quitté la région. Pourquoi, comment Quentin s'est -il retrouvé en prison ? Tout le reste du roman, en un récit rétrospectif, va nous le faire découvrir.
Et c'est là que le bas blesse. Nous avons trois, parfois quatre récits qui se juxtaposent ou se superposent. Quentin, le gentil garçon sensible (mouais), Gary, le méchant garçon qui devient vendeur de drogue, Anne, grand amour de Quentin, et bien sûr Franck, le narrateur/personnage principal dont le récit apparaît comme un contrepoint. En effet, Franck a beau aimer la nature, il est avant tout un enfant de la ville. Quoi qu'il arrive, quelque dégringolade que connaisse le village où il passe ses week-end en famille avec ses parents, il repart ensuite à la ville, sans que les événements qui ont eu lieu n'affectent réellement son destin. Il aime la campagne, oui, certaines pages laissent transparaître son admiration devant sa beauté. Une autre, par contre, m'a franchement gênée. Je la cite, et vous laisse juge à votre tour, tout en essayant de ne pas commenter toutes les deux propositions : « Ce que j'aimais de cette époque, c'est que personne ne me disait où était le Bien, comme on l'assène aujourd'hui à l'école et dans les médias. Je pouvais tuer tous les animaux que je croisais sur ma route, tout le monde s'en fichait, la fin du monde ne hantait personne. La psychanalyse s'occupait peu de nous.Je n'ai jamais entendu quelqu'un me dire : il ne faut pas tuer les bêtes, il n'y en a plus beaucoup. Ou bien : ne jette pas de papier au sol, ça pollue. J'aimais avoir le choix : je finissais souvent par faire le bon. J'aimais que ça vienne de moi ».
Je vous parlerai à peine de Quentin, ce garçon si sensible, dont le père tue les chats à coups de fusil ou de pelle – sans que cela ne choque personne, bien entendu. J'adore cet amour de la nature et cette sensibilité sélective. Oui, bon, certes, Quentin protège son frère, protège les siens (enfin, presque tous). J'ai eu l'impression tenace, finalement, que tout le mal qui déferlait sur la campagne provenait de la ville, voire de plus loin encore, comme si Quentin, Benoit, n'étaient pas responsables de leur propre destin. La violence était déjà là, la volonté de s'en sortir (ou pas) en se débrouillant aussi. La reconstitution du passé des personnages est parfois pesante.
Sur une majeure partie de la France est un roman de la campagne écrit par un citadin.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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lucia-lilas
  11 septembre 2016
Le narrateur, Franck, aime la campagne.
Lorsqu'il était enfant, ses parents avaient acheté une maison à Mortcerf (Seine et Marne) et gamin, il y passait tous ses week-ends et ses vacances. Et il préférait cela aux Caraïbes ou aux montagnes tyroliennes. Il partageait cet amour de la campagne avec Quentin, un gars du cru et qui comptait le rester. Leur rapport à la nature, puissant, intime, sensuel, nourrissait leur vie : « Je ne connaissais pas les plantes et les arbres par leur nom, dit le narrateur, et ne cherchais pas à le connaître. Je les reconnaissais tous de loin, l'un pour l'ombre sur laquelle je savais pouvoir compter les jours de chaleur, les autres pour leurs repousses longues et droites, aptes aux meilleurs lances, d'autres encore car on trouvait à leur pied quantité de fougères, de cachettes. » La nature le fascinait: il s'extasiait volontiers devant un héron mort, un « poisson vert et or échoué sur une rive boueuse ». Heureux de la contemplation du monde… « du commun, j'avais imaginé l'extraordinaire ». Une nature presque sacrée, source d'un éternel bonheur…
Enfin, pas si éternel que ça : le mode d'agriculture change, lentement mais sûrement : « Les agriculteurs en comptables angoissés, la calculatrice sur la tempe, arrachaient les haies, saccageaient les paysages de leurs ancêtres. », les lieux se transforment. Une ferme d'élevage intensif de volailles s'implante près de la maison des parents, les terres deviennent petit à petit « de mornes chaînes de production de betteraves ou de maïs ». Les outils agricoles se transforment en objets de décoration. La banlieue s'étend, grignote l'espace, « ronge la majeure partie de la France ».
Les pavillons se multiplient, les chemins se couvrent de bitume. On bétonne, on goudronne. « On avait arraché les haies, éliminé les broussailles inutiles, dans un même souci d'efficacité. ». On balise les sentiers pour que les vététistes et les coureurs en jogging fluo puissent en profiter par tous les temps. de « petits lions en plâtre » ornent désormais l'entrée des pavillons entourés de hautes haies de thuyas et de grillages. « N'y va pas, Franck » conseille la mère du narrateur peu avant la vente de la maison.
A cela s'ajoutent les vols, la drogue, la violence. Autant dire que Mortcerf n'est plus Mortcerf et le narrateur est anéanti. Adulte, il ressent toujours cette peine immense, le sentiment d'avoir perdu quelque chose : « J'étais inconsolable, je le suis toujours. »
« La campagne, dans sa hâte d'avancer et de rattraper le monde en marche, avait fait un grand pas, mais un pas de côté plus qu'en avant ; un écart hasardeux. »
C'est de cet écart, de cette perte qu'il est question dans le livre de Franck Courtès à travers l'histoire de Quentin, un camarade du narrateur qui, pour s'être battu contre tous les fléaux qui s'abattaient sur les terres qu'il aimait, s'est retrouvé en prison.
On sent dans l'écriture très sensible de l'auteur une véritable amertume, une profonde tristesse, la nostalgie d'un temps qui ne sera plus, parce que les campagnes qui bordaient les villes ne sont plus des campagnes mais des villes-dortoirs d'où l'on part tôt et où l'on rentre tard, des espaces où l'on ne va plus en vacances, préférant « les glaces à la vanille, les slips de bain, le sable entre les orteils, les pizzas surgelées et la télévision ». Quelle belle image du bonheur, non ? Bref, ce sont désormais des espaces qui ont perdu leur identité, leur âme, qui ne sont ni campagne, ni ville, ni banlieue.
Le narrateur a fait partie des derniers à profiter de cette campagne, peut-être est-ce une chance, je ne sais pas : « Dans mes forêts oubliées, mes bois de deuil à l'avenir condamné, je goûtais la chance d'être le dernier amoureux, le seul amant de mes richesses. »
Il y retourne encore, en secret, parce qu'il connaît des coins, des terres, des bois rescapés, parce qu'il se sent appartenir à cette nature : « Quand on fait partie de la nature, comme moi, on ne se pose plus la question de l'aimer ou pas. La nature, j'en suis. »
Finalement, plus que l'histoire de Quentin, j'ai aimé l'évocation de ce que le narrateur a vécu comme une trahison, une dépossession, un viol, quelque chose dont on ne se remet jamais vraiment, parce que ça a à voir avec l'enfance et avec le bonheur… On peut toujours courir après, y retourner le week-end en famille, ça ne sera plus jamais pareil, de toute façon…

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Rodin_Marcel
  09 avril 2016
Courtès Franck – "Sur une majeure partie de la France" – JCLattès, 2016 (ISBN 978-2-709-5058-8)

Un roman bien écrit, enlevé, insérant avec justesse les constats généraux dans la réalité particulière prise pour cadre.
La trame principale du récit met en évidence la destruction quasi parachevée aujourd'hui du monde rural non seulement par les industriels, les technocrates bruxellois et les énarques franchouillards, mais aussi et surtout par leurs relais à l'efficacité redoutable, scellant l'alliance – la collusion – entre les médias abrutissants et les trafiquants de drogues avilissantes.

L'influence particulière de la gent féminine dans ce processus est très bien vue : après avoir, dans les années soixante, liquidé les meubles anciens pour les charmes du formica si propre, la génération suivante refuse de rester "derrière le cul des vaches" et dans les boues des campagnes...

L'auteur prend pour cadre géographique ces espaces ruraux qui en Ile-de-France, se situaient à la limite de la pire banlieue de relégation et se voient maintenant absorbés par cet urbanisme de relégation.

Ce roman fait écho à celui de Benoît Minville intitulé "Rural noir" (voir recension), ainsi qu'aux ouvrages plus documentaires découvrant ces derniers temps la spécificité de ce que l'on appelle "la France périphérique" (Christophe Guilluy), "la diagonale du vide", la "métropolisation" (Emmanuel Négrier), plus vulgairement "la France des petits-blancs" (Aymeric Patricot) qui échappe à la bien-pensance des "élites" standardisées par l'ENA et autres officines crétinisantes du type Sciences-Po et qui se mêle maintenant – stupeur – de voter massivement pour le Front National.

Par ailleurs, l'auteur montre qu'il n'existe pas de drogue dite "douce", qu'il n'existe que des drogues générant la pire des violences.

Un roman à lire et à offrir, tout comme celui de Minville.
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JoyeuxDrille
  25 février 2016
Lorsque la France rurale se fait grignoter par l'inexorable modernité, la pauvreté s'installe et le terreau devient fertile pour l'insécurité et les trafics. Entre Quentin, attaché à ses racines, à cette terre vouée à disparaître, et Gary, le voyou, violent et sans état d'âme, la guerre va se déclarer. Celle de deux visions du monde, l'une (dé)passée et l'autre, qui n'a qu'un avenir à court terme.
Lien : http://appuyezsurlatouchelec..
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croccbooks
  26 avril 2016
Petit village de campagne ou il faisait bon vivre. Un retour en arrière sur la vie, la belle vie , les copains d'école et puis les autres.

Chacun a pris un chemin, fleuri pour Quentin, le garçon proche de ses racines.

De même, le regard sur le Parisien qui empiète sur vos terres…

Une vie de bohème jusqu'au jour ou les fléaux des villes déchirent la tranquillité de cette campagne.

Gary en est le premier a s'y confondre, jusqu'à en entraîner bien d'autres…….

Un roman écrit comme un reportage photographique sur cette campagne savoureuse en couleur.

La protéger de tout envahisseur, celui qui n'y vient que pour la détruire, celui qui s'en sert pour se nourrir..

Et puis le début d'un autre cauchemar, la drogue qui sillonne les habitants en mal de vivre..

Autour de cette histoire d'adolescents qui ont grandi ensemble, qui sont devenus des adultes, il y a bien plus encore…

Happé dans ce tourbillon de lecture, je me suis laissée surprendre, j ai suivi votre oeil, j' ai suivi votre coeur…
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lilylitblog
  27 mars 2016
J'ai retrouvé dans ce livre ce que j'avais déjà apprécié chez cet auteur : des personnages forts, attachants, profonds, un peu perdus dans la vie et dont on a vraiment envie de savoir ce qu'ils vont devenir, Quentin en tête. En se faisant lui-même personnage de son livre, l'auteur crée un très fort sentiment de vraisemblance. Il se mêle à ses personnages fictifs dans des jeux d'enfants qui donnent, par contraste, toute leur puissance aux scènes bien moins innocentes de l'adolescence de Quentin, de son frère et de leur ennemi Gary. le lecteur se fait alors happer par une histoire qui pourrait tout à fait avoir eu lieu. C'est en quelque sorte le premier niveau de lecture de ce livre, l'histoire d'un jeune homme attaché à la campagne, à ses valeurs, et qui tente de protéger son entourage à tout prix.

Mais au-delà de ce destin individuel, croisé à celui de Gary, jeune homme sans scrupules dont la violence m'a fait penser à Orange mécanique, l'auteur déploie un aspect plus social et engagé. Des chapitres intercalés entre l'histoire des deux jeunes garçons permettent à l'auteur de développer ses souvenirs de la campagne de son enfance, en les confrontant à la réalité de ce qu'est devenu Mortcerf aujourd'hui.

Plus sur le blog :
Lien : https://lilylit.wordpress.co..
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DOMS
  26 mars 2016
Franck Courtès, ou le narrateur, part piqueniquer en famille à Montcerf, en Seine et Marne, là où ses parents avaient une maison lorsqu'il était adolescent. Village et période de sa vie dont il garde une certaine nostalgie. Ah, la campagne, bucolique à souhait, où tout est sain et bio! Tout le monde en rêve dans nos villes actuelles.
Au village le narrateur rencontre deux anciens camarades qui lui donnent des nouvelles, prétexte à laisser vagabonder ses souvenirs d'une époque magique, mais surtout à raconter le changement, l'évolution de ces campagnes si proches de la ville, qui ont subi les bouleversements qui ont frappé de plein fouet une jeunesse à priori insouciante et privilégiée mais qui s'est laissée berner par les sirènes de la ville. Ces campagnes devenues banlieues, investies par les constructeurs, les industriels qui défigurent le paysage, conquises par les petits voyous qui corrompent les jeunes en toute impunité, délaissées par les jeunes et leurs envies d'ailleurs, d'autre chose certainement.
Au village, il y a Quentin, un jeune handicapé d'un pied, qui ne sera jamais comme les autres, mais qui rêve de poursuivre la vie des anciens et de rester vivre au village ; Gary, fier chef de bande, voyou brutal, raquetteur et pourvoyeur de drogue, qui terrorise le village ; Anne, et ses envies de vivre à la ville mieux qu'à la campagne, fille mère assumée mais perdue dans les vapeurs de la Beuh qui colorent son quotidien. Jusqu'à la confrontation, jusqu'au point de non-retour.
Loin de se cantonner à cette partie de la banlieue parisienne, cette évolution des campagnes et de villes a bien eu lieu « sur une majeure partie de la France ». Cette expression banale que nous entendons tous le soir pendant la météo prend alors une toute autre signification. Évolution d'un pays, perte d'une partie de ses richesses rurales, changement profond d'habitudes de vie. Il y a une grande mélancolie dans ces lignes, c'est un roman superbement écrit, coloré, tout en images et en odeurs. Il y a de grands silences aussi, descriptions de la nature, des paysages, des hommes, qui respirent ce passé perdu et idéalisé. On y sent la nature, le goût du beau et du simple qui font l'harmonie d'un paysage. On y découvre ces vies, souvent manquées, faites de compromis, de résignation, de victoires sur le quotidien, de remords et de regrets parfois. L'intrigue a du mal à se mettre en place, au risque de lasser. Pourtant la poésie et l'ambiance décrites avec beaucoup de justesse donnent envie de continuer la lecture d'un roman au final très réussi, même si je l'ai trouvé particulièrement nostalgique.

Lien : https://domiclire.wordpress...
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