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EAN : 9782709646550
390 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (01/09/2014)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Au même âge que mon fils, je m'étais hissé au sommet d'une meule un soir, au bord du plateau. Devant moi, la terre brune, les bois sombres, le vent dans mon dos dessinaient les contours du bonheur, les points cardinaux d'une boussole imaginaire. J'étais un cristal de garçon.

Franck Courtès

Ils sont trois, une mère et deux enfants, Mathis et Vinciane, à tenter de survivre après la disparition de Jacques. Si Mireille s'est figée dans son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
denisarnoud
  30 septembre 2014
Le roman s'ouvre sur un accident. Un accident fatal, suivi d'un délit de fuite. Un accident qui va bouleverser le cours de la vie de toute une famille. Mathis, le narrateur, Vinciane sa soeur, et Mireille leur mère, vont tous vivre différemment la disparition de leur père et mari. Ils vont tous différemment essayer de se soustraire à l'emprise de se fantôme paternel. Un père pourtant pas très présent et volage, idéalisé en quelque sorte par cet accident mortel.

Mireille la mère se réfugie dans le souvenir de son mari. Même sa façon de refaire sa vie semble dictée par le fantôme de son défunt époux, une tentative vouée à l'échec tant l'aura de Jacques est écrasante. Vinciane, elle, va fuir, le plus loin possible, en Amérique du Sud, elle devient archéologue pour échapper au fantôme de son père. Mathis, lui, qui ressemble physiquement à son père, va essayer de copier ce modèle qu'on lui donne et qui l'emprisonne, ce modèle d'homme à femmes.

"De me trouver gosse en tout, ma mère et ma soeur me poussaient à piller dans mes souvenirs ce que j'avais aperçu de la virilité de mon père. Ma silhouette, mes yeux , mon sourire, mes expressions rappelaient les siens, on ne cessait de dire que tout me venait de lui. Il me volait tout au final, mon père éteint, pas si disparu que ça."

Dans ce roman il est question de deuil, mais aussi d'identité, comment se définir soi, quand on vit dans l'ombre d'un disparu si envahissant. C'est à tout ce travail de deuil, d'assassinat psychologique de l'image du père que nous assistons dans ce roman. Mathis va petit à petit se détacher de l'image du père, l'enterrer, se trouver enfin, notamment grâce au contact avec la nature. Une nature très présente dans le roman, un nature qui va jouer le rôle de révélateur, comme ces produits chimiques qui permettent à la image d'apparaître sur la photo au moment du développement.

"J'ai ôté mes vêtements, un à un et les ai pliés sur une pierre. Assis nu sur le doux fond de sable, j'ai bu l'eau qui arrivait à la hauteur de ma bouche et pissé en même temps dans le courant. La vie et l'au-delà coexistaient. Tout était là autour de nous, en nous. A quoi bon les prières, me suis-je dit, en regardant les reflets du ciel dans l'onde du courant, tout était déjà exaucé. J'ai dit merci."

Avec Toute ressemblance avec le père, Franck Courtès signe un roman tendre et attachant sur la quête d'identité et le deuil, un premier roman très prometteur après l'excellent recueil de nouvelles Autorisation de pratiquer la course à pieds. Un auteur à suivre. Rendez-vous est pris avec son prochain livre.
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chriskorchi
  06 octobre 2014
J'avais vraiment beaucoup aimé le premier recueil de nouvelles de Monsieur Courtès , c'est donc tout naturellement que j'ai voulu lire ce roman qui je dois bien le dire m'a subjuguée. le jour de la distribution des talents il y en a qui ont eu double dose, l'auteur fait partie de ceux là, non content d'être un photographe de talent c'est aussi un écrivain de talent.
J'ai aimé suivre le parcours de cet homme Mathis jusqu'à la maturité, un personnage attachant, fragile et émouvant avec ses qualités et ses défauts. Un hymne à l'amour filial, Mathis qui essaie d'être à la hauteur de ce père disparu trop tôt et de façon tragique, sa mère qui n'arrive pas à tourner la page et réagit encore comme s'il était là, sa soeur Vinciane qui préfère fuir. Tout les personnages sont complexes et terriblement humains on peut aisément s'identifier et à défaut de se reconnaître , reconnaître des personnes de notre entourage. Mais c'est aussi un hymne à la nature, elle est très présente presque comme un personnage supplémentaire. Ceci donne d'ailleurs lieu à de magnifiques descriptions bucoliques.
Le deuil est traité avec justesse et sans pathos, juste ce qu'il faut d'émotion. L'écriture est délicate et précise. C'est aussi l'histoire d'un parcours initiatique qui débouchera sur une paternité. Une histoire qui pourrait être celle de tous superbement racontée par l'auteur.
Un véritable coup de coeur
Je suis définitivement conquise et j'attends déjà le prochain…
VERDICT
Achetez-le, conseillez-le, offrez-le !!! Un des meilleurs romans de cette rentrée littéraire.
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zabeth55
  19 août 2014
Lorsque Jacques meurt dans un accident, sa femme Mireille vivra en en faisant le mari idéal, sa fille Venciane fuira de pays en pays, son fils Mathis deviendra un grand séducteur, comme son père.
Tous trois vivront avec le fantôme de cet homme, refusant inconsciemment de vivre sans lui.
le début du livre donne une impression de décousu. Chaque chapitre aborde un personnage différent, et il faut un certain temps pour faire le lien entre eux. C'est assez lassant.
Et puis, quand tout est enfin mis en place, commence à se dessiner l'existence de Mathis principalement, de sa soeur et de leur mère. Et le roman devient vraiment intéressant.
On se laisse emporter par certains passages, le ton devient de plus en plus précis
L'acceptation et la mort d'un être proche, l'influence du père, sont traités avec justesse et délicatesse. Tout est crédible. Je me suis sentie pleine d'empathie pour Mathis qui se débat avec ses fantômes.
Est-ce un hasard si il est photographe, comme Franck Courtès ?
Après mon scepticisme du début, je ne regrette absolument pas la lecture de ce roman.
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Bookycooky
  23 septembre 2014
Dans ce premier roman autobiographique,Franck Courtés photographe de métier,raconte le parcours de la reconstruction différente des trois membres d'une famille après la mort accidentelle du père.En parallèle on suit l'histoire de "l'assassin" de ce dernier.La veuve trompée,idéalise le défunt et ne retrouvera plus la paix,la fille aînée tente de fuir à l'autre bout du monde,alors que le fils,Mathis,héros du livre(qui a seize ans lors du décès et est le sosie de l'auteur),se noit dans la séduction et ses mirages.Hanté par le fantôme de son père(dont on dit qu'il en est le portrait craché),il va essayer de trouver sa propre identité à travers un parcours initiatique qui débouchera sur sa propre paternité.
Au début du livre on a une impression de décousu ,mais tout se met très vite en place comme un puzzle.Le sujet du livre n'a rien de nouveau,mais le style de l'auteur change tout.En très peu de mots,avec un humour fin et désinvolte,il décrit magnifiquement une sensation,un instant,un sentiment sur le vif,un personnage,un paysage.C'est une écriture improvisée,qui reflète l'intelligence,l'humour,l'oeil perspicace et le talent du photographe-écrivain.Un vrai plaisir de lecture!
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PetiteBalabolka
  23 décembre 2014
Je dois admettre qu'il est assez stupide d'écarter un livre en fonction de son titre mais c'est ainsi, le titre est pour moi comme une promesse. Je suis donc clairement passée à côté du premier ouvrage de Franck Courtès dont le titre évoquait la course à pied...très peu pour moi, merci. Depuis, j'ai appris qu'il s'agissait d'un recueil de nouvelles et il figure en bonne place dans ma pile à lire (que je gère certes avec la plus grande anarchie).
Par contre, j'ai bien fait de persister (second principe de lectrice) dans la lecture de "Toute ressemblance avec le père" car je dois bien l'avouer, le début du roman ne m'avait pas vraiment convaincue. Je ne voyais pas bien où Franck Courtès voulait nous amener, à suivre son héros, Mathis, un photographe séducteur, célibataire et immature. A tourner en rond en fait, comme Mathis, marqué par la disparition brutale de son père alors qu'il est adolescent, incapable de construire sa vie d'adulte à l'aune d'une figure paternelle entièrement fantasmée par l'ensemble de la famille, à commencer par Mireille, l'épouse trompée qui s'accroche au leurre d'un bonheur conjugal passé, puis Vinciane, la fille, archéologue parcourant la planète, quel que soit le danger, comme un défi permanent pour rester digne de son père et enfin lui-même qui collectionne les conquêtes comme son père avant lui.
Pourtant Mathis sait qu'il n'est plus possible de surnager ainsi dans cette nostalgie paralysante. Pour s'affranchir de la tutelle fantomatique, il doit régler le solde du passé, retrouver celui qui l'a privé de son père.
Une partie du roman se déroule en province, dans la Marne, territoire bien connu de l'auteur et dont il brosse d'ailleurs un portrait sociologique, comment dire… sans détours. Mais c'est avec une véritable tendresse que Franck Courtès nous amène à percevoir, davantage qu'il ne décrit d'ailleurs, cette nature composite faite de champs et de vignes, de forêts et de pièces d'eau, sillonné par le « ruban d'argent » de son cours d'eau éponyme. On y découvre quelques « spécimens locaux » (j'emploie l'expression car il les a caricaturés à dessein) finalement attachants…
Progressivement, Mathis qui m'agaçait tant au début du livre a gagné mon empathie (le passage où il décrit l'amour que sa soeur lui porte malgré ses défauts est particulièrement touchant) et c'est avec respect, encouragement (mais tu ne le vois pas que le bonheur est à ta portée ?) puis soulagement (voilà, il l'a enfin vue !) que je l'ai accompagné dans son parcours vers la paternité et le bonheur qui en découle.

Lien : http://leschroniquesdepetite..
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critiques presse (2)
Lexpress   30 octobre 2014
La construction du roman, dont toute la finesse n'apparaît qu'à la fin, est éminemment symbolique : parallèlement au drame se tissent un amour naissant mais, aussi, une histoire de haine. Avec ce premier roman, Franck Courtès réussit à nous passionner car il plonge dans l'éternelle contradiction des hommes, déchirés par les passions : Eros et Thanatos.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   24 septembre 2014
Roman sur les non-dits, Toute ressemblance avec le père est une histoire de reconstruction, mais aussi un beau texte contemplatif où chacun essaye de garder le cap. Pas de mièvrerie ni de mots inutiles, et parfois, un moment d'évasion naturaliste, pour ces orphelins qui apprendront à faire leur deuil.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
PetiteBalabolkaPetiteBalabolka   23 décembre 2014
Ma mère avait tellement raillé les passions puériles de mon père, sa joie de me rejoindre sur la moquette devant mon train électrique. Ça venait peut-être de là, leur grande fatigue aux mamans. D'avoir lutté contre l'enfant tapi au fond de leur mari.
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PetiteBalabolkaPetiteBalabolka   13 décembre 2014
Ma sœur ne m'avait jamais gratifié d'un encouragement, d'un baiser tendre ou d'un mot d'amour, mais quelque chose en elle m'assurait que de toutes les personnes que j'avais connues, elle était celle qui m'aimait le plus, la seule qui ne s'agacerait jamais de mes enfantillages, la seule à ne pas s'impatienter, à ne pas prendre ombrage de mes maladresses. L'amour de Vinciane pour moi n'avait pas de fenêtres, pas de jardin, pas de porte, rien qui laisse passer la lumière, c'était un donjon de pierre, massif et inébranlable, un amour de granit, austère mais éternel.
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BookycookyBookycooky   23 septembre 2014
Jouer n'était d'ailleurs pas le bon terme;les enfants ne "jouent"pas vraiment.Ils inventent des mondes,découvrent le sable,les cailloux,l'odeur d'une feuille ,prennent des vessies pour des lanternes,se familiarisent avec la douleur,les fourmis,ils ne savent pas ce qui est sale,ce qui pique,et le sérieux qu'ils mettent dans tout ça.
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Marionet01Marionet01   15 octobre 2014
Mon sang s'est figé et mes cheveux se sont hérissés sur mon crane. J'ai levé la main à ma bouche pour m’empêcher de crier, l'homme en face en a fait autant. Il s'agissait de mon reflet. En costume, je lui ressemblais diablement.
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denisarnouddenisarnoud   21 septembre 2014
De me trouver gosse en tout, ma mère et ma soeur me poussaient à piller dans mes souvenirs ce que j'avais aperçu de la virilité de mon père. Ma silhouette, mes yeux, mon sourire, mes expressions rappelant les siens, on ne cessait de dire que tout me venait de lui.
Il me volait tout au final, mon père éteint, pas si disparu que ça.
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