AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782896984220
Éditeur : Le Quartanier (07/11/2019)
4.21/5   7 notes
Résumé :
Nous sommes dans le Quartier Sud, à l’étage 122 de la tour 35S. Le dehors est perdu, sujet de toutes les terreurs, repris par ceux qu’on appelle les chats. Les autres en sont réduits à vivre confinés dans des box blindés, dans de hautes tours de verre d’un autre siècle, d’où personne ne peut sortir, sauf pour plonger vers la mort.

Ce sont des agents. Dans leurs box, prostrés devant leurs écrans, ils surveillent la bonne marche d’un monde qui tourne sa... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Lunabiax
  01 juin 2021
Une société futuriste où le travail est devenu la seule valeur sociale, à laquelle se consacrent des agents, chacun dans son box blindé, au sein de hautes tours de verre. Leur mission : surveiller les millions de données qui s'affichent sur leurs écrans, veiller à la bonne marche du monde économique. Tout cela sans relâche ou presque, puisque ces agents travaillent de cinq heures du matin à minuit, avec des pauses de quinze minutes toutes les trois heures, sept jours sur sept. L'agent modèle vit sur son lieu de travail, dort dans son box – on a supprimé depuis longtemps les trajets domicile-travail qui représentaient trop de perte de temps et financière. Chacun lutte pour conserver son poste, sous la protection d'une guilde – la Colonne rouge, les Copieurs, les Bookies, la Kon-Tha, etc - et tous les moyens sont bons pour y parvenir, ruse, stratégie, violence. C'est à ce prix qu'ils pourront éviter le renvoi par les Airaches, et la rue, où règnent les chats, le chaos et l'inconnu... C'est alors qu'arrive le remplaçant d'un agent qui s'est défenestré. le nouveau attire l'attention sur lui et pourrait bien être le grain de sable qui va venir gripper l'engrenage…
Quartier Sud, tour 35S, étage 122, secteur Y1, box 314. C'est de là qu'écrit la narratrice Elisabeth, qui fait partie d'une petite guilde, dont sont membres Laszlo, un artiste qui filme sans cesse et s'enregistre, Solveig, entièrement épilée jusqu'au moindre cil, Théodore, qui s'est amputé de tous les orteils, et Clara, qui se lacère méthodiquement tout le corps sous anesthésie locale. Des fous ? La folie est toute relative, dans un monde où règne l'absurde : les employés sont strictement inutiles mais cependant réduits à un véritable esclavage, avec pour seul horizon et seule ambition de conserver son box et de survivre, à coups de grenade ou de rafales de mitraillette – uniquement au moment des pauses. D'ailleurs, les suicides ne sont pas rares, au point que plus personne ne prête attention aux corps qui chutent devant les baies vitrées de la tour, des dizaines de fois par jour. Un univers qui n'est pas sans rappeler celui de Brazil de Terry Gilliam, ou 1984 de George Orwell, avec une coloration contemporaine. Evidemment, c'est délirant, absurde, parfois outrancier, mais cette vision du futur, où la reproduction est assurée par des machines, où le contexte de vie privée n'existe plus, où l'humain est réduit à une tâche répétitive sans aucun sens si ce n'est sa survie pour échapper à l'inconnu, n'est pas qu'une simple fable dystopique. le futur qu'elle présente fait froid dans le dos.

Lien : http://usine-a-paroles.fr/le..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
apcalipticart
  02 janvier 2021
Les Agents, rentre dans ces lectures qui pour moi se suffisent à elles-mêmes. S'enfonçant dans un univers sombre et technocratique, l'histoire n'a besoin de rien pour évoluer. Les Agents, évolue selon un principe simple que j'ai sobrement appelé : « la descente aux enfers sans possibilité de rédemption ». Une ode à la violence psychologique et matérialiste, une ode au travail, et le Travail avec un grand T comme Ta gueule et frappe des lignes de codes. Aliénation bureaucratique.
.
Les agents c'est comme si 1984 avait muté en une immense Trump Tower sans début ni fin, où à chaque étage il y a des dizaines de gangs, organisés dans des Open Space, qui n'attendent qu'une seule chose, que ça pète, que les lignes de codes soient en surchauffe, le cerveau en bouilli prêt à fracasser de l'Agent, afin d'avoir le privilège de continuer d'exister derrière les lignes de codes. Absurde me direz-vous, et vous auriez bien raison.
.
Derrière cette aliénation et ce non-sens, se cache beaucoup de poésie, elle se fraie toujours un chemin, même dans les recoins les plus bétonnés et numérique du livre. Naviguant entre Ballard et Kafka, mention spéciale pour cette Agent qui trouve du sens dans la mutilation de son corps après l'avoir recousu, ou encore cet agent totalement paranoïaque. Ainsi on retrouve les embruns poétiques de l'auteur de Crash! et du Château. Un labyrinthe organique.
.
Courtois, détail avec beaucoup de justesse une forme du travail qui n'est pas très éloignée de certaines formes de travail que l'on pourrait cotoyer aujourd'hui, évidement il pousse à son paroxysme sa version et en fait une dystopie des plus abjectes, mais non dénuée d'un certain humour grinçant, une sorte de farce géante à deux vitesses.
.
Les Agents, c'est K qui trouve du boulot au Château et qui se rend compte que ce dernier est situé au centre de la Foire aux atrocités. Un cocktail absurde mais si on reste assez longtemps et qu'on tire les bonnes ficelles, peut être que les lignes de codes cesseront d'émettre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Galawyn
  17 septembre 2020
Rivés à leurs écrans, les agents veillent à la bonne marche d'un monde qui tourne sans eux. Dans des box blindés, dans de hautes tours de verre d'un autre siècle, ils travaillent et luttent pour conserver leur poste, buvant du thé, s'achetant des armes. Tous les moyens sont bons. Ruse, stratégie, violence – guerre totale. Parce qu'il y a pire que la mort, pire que la Colonne Rouge. Il y a la rue, où règnent les chats, le chaos, l'inconnu.
Métaphore du monde du travail et roman de l'obsession, le récit enferme le lecteur dans le petit monde d'une entreprise inhumaine où comme l'agent, il ne peut survivre qu'en entrant dans le dangereux engrenage de la compétition sans merci. Tout au plus peut-il espérer survivre en rejoignant une guilde, petit cercle de protection. Tous les coups son permis.
Comme "Les lois du ciel", cette dystopie est glaçant, moins coup-de-poing peut-être mais tout aussi fort. En poussant à l'extrême la valeur accordée au travail et à l'emploi, tout nous pousse à réfléchir et faire le premier pas vers une remise en cause. Mais sommes-nous capable d'aller jusqu'au bout ?
Une lecture dont on sort retourné, le souffle coupé, les yeux écarquillés. le retour au bureau le lendemain n'a pas été serein, mais ouf ! ce n'est pas la jungle ! Pas encore...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Jazzynewyork
  11 mars 2020
Il faut parfois laisser mijoter un peu ses pensées pour parvenir à parler d'un roman, pas toujours facile de le décrypter surtout lorsqu'il cache une flopée de messages et entraîne le lecteur vers de nombreuses interrogations.
À mon sens, derrière cette dystopie qui nous invite à découvrir le futur peu reluisant, on se rends compte qu'à force d'avoir remplacé l'homme par des machines, le monde est tombé sous leurs emprises et ne laisse plus de place à la vie, telle qu'on la connaît.
Car en fait, les agents, ne seraient-ils pas ceux qui restent et officient derrière les machines, pour continuer à engranger de l'argent pour les maîtres du monde tout en surveillant ceux qui restent, en protégeant coûte que coûte leurs places pour ne pas finir à la rue, rejoindre les chats, ces SDF, ayant tout perdus, condamnés à errer et à détruire leurs semblables pour survivre.
Un futur qui fait peur, mais qui hélas semble déjà bien en prendre le chemin. Il n'y a qu'à regarder autour de soi.
Un récit surprenant, même si certaines informations restent floues, et m'aurait davantage conquise avec plus de précision sur ce monde extérieur plongé dans le chaos.

CHRONIQUE COMPLÈTE SUR MON BLOG (lien ci-dessous)
Lien : https://dealerdeligne.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
JazzynewyorkJazzynewyork   11 mars 2020
L’ENDROIT où nous vivons est l’endroit où nous travaillons. Nous sommes des agents.

C’est notre statut, notre identité, notre fierté.

Nous exécutons un travail, devant des machines d’un autre siècle ronronnant comme des animaux domestiques, pendant que, derrière les vitres teintées de notre bureau, une épaisse couverture nuageuse rampe de l’est vers l’ouest.
Commenter  J’apprécie          30

Videos de Grégoire Courtois (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Grégoire Courtois
Le choix des libraires vous emmène à Auxerre, à la rencontre de Grégoire Courtois qui anime avec passion la Librairie Obliques !
Voici ses conseils : le livre nécessaire : Platon, "Gorgias" (Flammarion) le livre pour une soirée confinée : Ken Kesey, "Et quelques fois j'ai comme une grande idée" (Monsieur Toussaint Louverture) le livre antidépresseur : Douglas Coupland, "La pire personne. Au monde." (Au diable vauvert) le livre clique et collecte : Hoai Huong Nguyen, "Sous le ciel qui brûle" (Éditions Viviane Hamy).
Retrouvez l'émission en intégralité ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
+ Lire la suite
autres livres classés : dystopieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
3585 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre