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Marc Saint-Upéry (Traducteur)
EAN : 9782707160065
252 pages
Éditeur : La Découverte (25/03/2010)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 96 notes)
Résumé :
La génération actuelle de révolutionnaires du management considère l'éthos artisanal comme un obstacle à éliminer. On lui préfère de loin l'exemple du consultant en gestion, vibrionnant d'une tâche à l'autre et fier de ne posséder aucune expertise spécifique. Tout comme le consommateur idéal, le consultant en gestion projette une image de liberté triomphante au regard de laquelle les métiers manuels passent volontiers pour misérables et étriqués. Imaginez à côté le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Stockard
  17 avril 2018
Imaginez une seconde (Picture it, pour citer la riante Sophia Petrillo... je m'égare) : votre vieille Honda Magna de 1983 que vous avez remisée au garage depuis trop longtemps vous (re)fait de l'oeil depuis quelque temps et même si votre antique bécane n'a rien d'un chopper, vous vous décidez enfin à rejouer les scènes cultes d'Easy Rider quand survient le drame. le drame, que dis-je, la tragédie ! Votre petite Honda, vexée de la négligence à laquelle vous l'avez soumise depuis des mois, tient sa petite vengeance en refusant ne serait-ce que d'émettre une petite et sinistre pétarade, bref pas de bol, c'est la panne, et la grosse.
Du coup, pas le choix, il faut trouver un réparateur de motos qui s'occupe essentiellement des anciens modèles et c'est comme ça que vous atterrissez dans l'atelier de Matthew B. Crawford. Préparez-vous un bon thermos de café, installez-vous le plus confortablement possible entre le pont, les outils et les barils de solvants et écoutez ce philosophe-mécanicien vous faire un petit cours sur la gratification du travail manuel, trop souvent dénigré dans nos sociétés modernes où, si vous n'êtes pas débile léger, il y a peu de chance qu'on vous oriente vers ce genre de filières. Non, à la place vous allez vous faire tartir à la fac et pis c'est tout !
Et Matthew Crawford sait de quoi il parle, directeur d'un think tank du côté de Washington, il est ce qu'on appelle un intello, d'ailleurs, ça tombe bien, il exerce une profession intellectuelle où bien sûr il n'a pas à se salir les mains, il peut même envisager une petite french manucure sur l'heure du déjeuner, peu de chance qu'il rentre chez lui avec de la saleté sous les ongles. En plus, dédommage collatéral : les pépettes pleuvent et pas qu'un peu... Pas de quoi se plaindre, donc. Et bien si, Matthew l'a mauvaise, parce qu'il pense, il réfléchit et tout ce qu'il voit c'est que cette profession qu'il exerce grâce à des études poussées n'a pas vraiment de sens concret, que fait-il exactement ? Pour qui ? Pour quoi ? Quelle cohérence ? Quelle finalité ? A quoi lui servent ses connaissances sinon à avoir décroché ce boulot ? Et lui, où se positionne-t-il dans tout ça ? A-t-il au moins une place ou n'est-il plus qu'un genre de code-barres géant ? Beaucoup de questions mais peu de réponses. Si tout ça doit le rendre malheureux, autant arrêter tout de suite. Et c'est ce qu'il fait, séance tenante, pour le bonheur d'ouvrir un atelier de réparation de motos dans lequel il s'épanouit enfin.
Partant d'Aristote et remontant jusqu'à la philosophie moderne, l'Éloge du carburateur, en nous forçant à mettre les mains dans le cambouis, nous livre une réflexion passionnante sur la perte des valeurs humaines que tout travailleur devrait trouver dans son labeur quotidien, remplacé de plus en plus par une recherche constante de performance et de résultats, reléguant l'humain à un bardage de diplômes qui justifieront d'un emploi pour lequel le savoir théorique accumulé pendant toutes ses années d'étude lui serviront bien peu, voire pas du tout si par malchance il a suivi une voie engorgée où les débouchés se font rares.
On le sait maintenant, ça fait des années que ça dure mais il semble plus facile de continuer dans cette direction (droit dans le mur) que d'accepter de remettre en cause notre rapport au travail, vicié et vicieux puisque l'individu lui-même finit par n'être plus qu'une marchandise parmi d'autres ou plus clairement "du temps de cerveau disponible" pour citer un autre grand penseur (arf !)
Où est le plaisir du travail bien fait ? Où est la Liberté ? Matthew B. Crawford offre-t-il des solutions à tous les problèmes posés ? Non, il n'en a pas la prétention mais des questions pertinentes sont soulevées, des croyances pourtant bien ancrées sont réduites à néant et l'éternelle dichotomie manuel vs intellectuel proprement atomisée. Et rien que pour avoir ouvert ces perspectives, s'il ne nous propose pas la panacée, ça vaut le coup de prendre le temps de lire et de faire l'éloge de tous les carburateurs du monde !
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PickItUp
  27 octobre 2017
Si une amie ne m'en avait pas fait l'éloge, je n'aurais pas lu spontanément cet essai. En effet, quel intérêt aurai-je pu trouver a priori à lire l'Eloge d'un carburateur ... Et pourtant.
Matthew B. Crawford, un universitaire qui travaillait dans un think tank aux USA, décide de quitter son job pour monter un atelier de réparation de motos. Il va nous raconter par le menu sa satisfaction personnelle à s'impliquer (plus que de raison) dans la connaissance de chaque spécimen (moto) et notamment toutes les interactions nécessaires avec ses homologues afin qu'il puisse monter en puissance au niveau de sa connaissance des moteurs. Il décrit parfaitement le monde du travail en environnement de bureau où est mis en avant un travail intellectuel plutôt allienant où règne le politiquement correcte et où l'éthique est mise à mal, par opposition à celui de l'atelier où sont fabriqués ou réparés des objets avec une certaine liberté et où l'intelligence est également sollicitée.
Cet essai très dense, qui fait notamment référence à certains philosophes, force à une remise en question de sa qualité de citoyen du monde. Pourquoi ne peut-on pas nous-mêmes réparer un objet, une machine de plus en plus sophistiqués ? Ne sommes-nous pas des victimes consentantes de la société de consommation ? Tous les jeunes doivent-ils absolument passer par des études supérieures ? L'épanouissement personnel ne peut-il pas aussi/plutôt passer par la satisfaction d'un travail manuel (quand on est habile) ?
Peut-être enseignants et parents pourraient-ils accorder plus de poids à la filière artisanale afin que davantage de jeunes choisissent plutôt cette voie...
C'est un essai sur la situation du travail aux USA, mais celle-ci est tout à fait transposable dans les universités de France où sont laissés s'engouffrer des milliers de jeunes qui, pour beaucoup, en sortiront uniquement avec (ou sans) diplômes, et malheureusement sans qualification professionnelle pour trouver rapidement une place dans la vie.
Cet universitaire nous compte évidemment sa propre expérience, mais celle-ci mérite de nous y intéresser, notamment dans ce qu'elle a d'originalité. À lire pour ceux qui souhaitent faire travailler leurs méninges.
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sanodra
  31 mai 2014
Un livre essentiel pour l'époque. La volonté de l'auteur est de légitimer les questions que peuvent se poser aujourd'hui les individus sur le travail. L'exposition « carburateur » de l'expérience vise avant tout à présenter la satisfaction obtenue par la réalisation du travail manuel, par opposition au travail dans les bureaux, trop morcelé et détaché d'un objectif cohérent. L'auteur, diplômé en physique et en philosophie, apporte ses conclusions à partir de ses propres expériences professionnelles dans les secteurs manuel et intellectuel. C'est cette réalité qui interpelle et touche directement ceux qui ont connu, ou connaissent, un désenchantement devant des promesses de carrières, de postes ou de réussites annoncées.
Études "obligées" conduisant à un bac + 10 pour être femme de ménage, dévalorisation d'un travail manuel qui entrave une consommation imposée du non-réparable, absurdité d'un travail pour justifier la vente de prestations au final inutiles, sont autant de questions soulevées par le vécu de l'auteur et validées par l'avis des spécialistes sollicités.
A l'heure d'une souffrance au travail grandissante, d'un possible artisanat généralisé comme solution humaine, d'un management dépassé par des possibilités techniques appliquées sans réflexion réelle, l'ouvrage, à défaut de solutions dont il n'a pas la prétention, éclaire un non-sens dont les conséquences sont aujourd'hui de plus en plus manifestes.
PS. A noter une traduction de "working process "par "procès du travail" sur les trois quart du livre !
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lerital31
  13 janvier 2017
Un ouvrage de réflexions philosophiques tirées d expérience vecues par l auteur, de la philo comme j aimerais en lire plus souvent!
Le thème central est notre relation au travail avec une sorte d'analyse comparative des métiers de bureau salariés avec les métiers manuels indépendants.
C est très intéressant. Je retiendrai par exemple la réflexion de l auteur concernant le prolétariat qui a disparu des usines ( qui ont elles-mêmes disparues) pour réapparaître dans les bureaux entourés des mêmes principes de la taylorisation infantilisants et destructeurs de sens. D'autres réflexions bien trouvées font que vous ne perdrez pas votre temps en lisant ce livre. Autre exemple: l auteur prend le pari que tous les métiers manuels non délocalisables à lourds savoirs empiriques sont des métiers de notables de demain. A garder en tête pour nos enfants!
Les bémols: une plongée dans l univers de la mécanique moto certes indispensable comme matière pour illustrer la réflexion mais parfois un peu trop profonde, j ai eu l impression que l auteur, un vrai mordu de bécane, avait du mal à résister à l envie de partager sa passion. On ressent également une forme d'idéalisation de l artisan qui n est pas sans rappeler l idéalisation du prolétariat chez les marxistes, en particulier le passage ou l auteur tente de nous démontrer que l indépendance dans l artisanat induit une forme d honnêteté... Pas convaincu...( et je suis d une famille d artisans). Enfin, dans sa réflexion comparative métiers manuels/intellectuels, il a tendance à oublier la notion d indépendance/salariat qui a mon avis est une donnée fondamentale voir la donnée principale!
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lesptitchats
  25 juillet 2013
J'ai beaucoup apprécié ce bouquin qui mêle réflexion philosophique et anecdote autour de notre relation au travail -que ce soit le travail intellectuel que l'auteur à pratiquer en tant qu'universitaire dirigeant un think tank, ou le travail manuel que l'auteur a toujours pratiqué et grâce auquel il a décidé de vivre.
Il nous expose toute une philosophie de vie où la maîtrise de notre environnement est importante.
Je me pose régulièrement des questions sur le travail et ce bouquin m'a permis de confirmer certaines de mes pensées et d'en questionner d'autres. Je pense le relire dans quelques mois.
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Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
lesptitchatslesptitchats   16 octobre 2013
De nos jours, il est fréquent que les individus considèrent que leur "véritable personnalité" s'exprime dans les activités auxquelles ils consacrent leur temps libre. Conformément à cette perception, un bon travail est un travail qui vous permet de maximiser les moyens de poursuivre ces autres activités à travers lesquelles la vie a enfin un sens. Le vendeur d'hypothèque travaille dur toute l'année avant de s'offrir des vacances au Népal pour escalader l'Everest. Au niveau psychique, la fixation hyperbolique sur cet objectif lui permet de tenir le coup pendant les mois d'automne, d'hiver et de printemps. Les sherpas semblent comprendre leur rôle dans ce drame intime et s'efforcent de faciliter avec discrétion son besoin de confrontation nue et solitaire avec le Réel. Il y a déconnexion totale entre son existence au travail et ses loisirs : dans la première, il accumule de l'argent ; dans le cadre des seconds, il engrange des nourritures psychiques. Les deux dimensions de son existence sont codépendantes et aucune ne serait possible sans l'autre, mais la forme que prend cette codépendance et celle d'une espèce de négociation entre deux subjectivités différentes plutôt que celle d'un tout cohérent et intelligible.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   19 janvier 2017
Bien souvent, cette opération implique non pas tant de résoudre le problème (problem solving) que de trouver le problème (problem finding). Quand vous résolvez une équation présentée à la fin d'un chapitre d'un manuel d'algèbre, c'est effectivement du problem solving. Si ledit chapitre est intitulé « Système de deux équations à deux inconnues », vous savez exactement quelle méthode utiliser. Dans une situation aussi nettement délimitée, le contexte pertinent dans lequel s’inscrit le problème est déjà déterminé d’avance et, par conséquent, aucun effort d’interprétation n’est requis. Mais dans le monde réel, les problèmes ne se présentent pas sous cette forme prédigérée ; en général, vous disposez de trop d’éléments d’information, mais sans vraiment savoir lesquels sont pertinents et lesquels ne le sont pas. Identifier à quel genre de problème vous êtes confronté vous permet de savoir quelles caractéristiques de la situation vous pouvez vous permettre d’ignorer. Et même les frontières de ce qui peut passe pour une « situation » sont parfois ambiguës ; ce n’est pas en appliquant des règles que vous pouvez discriminer entre le pertinent et le négligeable, mais seulement en exerçant le type de jugement qui naît de l’expérience. La valeur d’un mécanicien - et la sécurité de son emploi - tient au fait qu’il possède de savoir direct et personnel.
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julliusjullius   20 juin 2019
« J’ai vite compris qu’il y avait plus intellectuel dans le cadre d’un atelier de motos que dans mon précédent boulot. »
« La réorganisation de la personnalité de l’homme moderne autour de l’univers de la consommation passive tend nécessairement à affecter notre culture politique. »
« L’une des principales sources du mal-être contemporain au travail tient sans doute à un excès d’abstraction. »
« Partout où cette séparation de la pensée et de la pratique a été mise en œuvre, il s’en est suivi une dégradation du travail. »
« La dégradation du travail est une question cognitive qi s’enracine dans la séparation entre le faire et le penser. »
« Ce qui est au cœur de l’expérience humaine, c’est notre « agentivité » : notre capacité à agir sur le monde et à constater les effets de notre action. Or l’organisation du travail et la culture consumériste nous privent de plus en plus de cette expérience. (…) Cela a des conséquences politiques car si vous ne croyez plus que vous pouvez avoir un effet sur le monde, alors vous ne vous en sentez plus responsable. Et je pense que la dépolitisation contemporaine vient de ce sentiment de mange d’agentivité. (…) En vous apprenant qu’il n’est pas si facile d’ignorer les conséquences de ses actions, la culture manuelle opère un genre d’éducation morale dont profite notre activité intellectuelle. »
« Il y a bien des indices qui démontrent que la nouvelle frontière du capitalisme, c’est l’application au travail de bureau des mêmes procédés jadis appliqués au travail d’usine, à savoir l’élimination de ses éléments cognitifs. »
« Les cols blancs sont eux aussi victimes de la routinisation et de la dégradation de leurs tâches et ce en fonction d’une logique similaire à celle qui a commencé à affecter le travail manuel il y a un siècle. La part cognitive de ces tâches est « expropriée » par le management, systématisée sous forme de procédures abstraites, puis réinjectée dans le procès de travail pour être confiée à une nouvelle couche d’employés moins qualifiés. »
« Une éducation véritablement démocratique devrait éviter les deux écueils du snobisme et de l’égalitarisme irréfléchi. Sa fonction devrait être d’accorder une place d’honneur à c qu’il y a de meilleur dans notre vie commune. En ces temps étranges de dépendance et de passivité croissantes, il convient d’accorder une reconnaissance publique à l’aristocratie plébéienne de ceux qui acquièrent un savoir réel sur les choses réelles, celles dont nous dépendons dans notre existence quotidienne. »
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StockardStockard   14 avril 2018
Un de mes amis a acheté une Scion. Au départ, il voulait simplement une nouvelle voiture, et il ne réalisait pas que pénétrer chez un concessionnaire Toyota était aussi périlleux que mettre les pieds dans une librairie de la Scientologie. Une bonne partie du marketing de la Scion consiste à créer une atmosphère de culte religieux autour de ce véhicule. Quelques semaines après son acquisition, mon ami se rendit compte qu'il était « étiqueté ». À plusieurs reprises, alors qu'il s’apprêtait à récupérer sa voiture sur son poste de stationnement, il découvrit une carte postale sur son pare-brise. Il s'agissait d'invitations à des réunions censément spontanées destinées à célébrer le « style de vie Scion » avec d'autres conducteurs iconoclastes. Au bout d'un certain temps, l'impression d'être espionné commença à le faire sérieusement flipper.
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lesptitchatslesptitchats   07 août 2013
Nostalgie précuisinée

Je suppose que la plupart des gens sont plus ou moins conscients de la différence entre engagement actif et consommation distraite. Et de fait, cette conscience est utilisée comme un argument de vente supplémentaire par les publicitaires, qui connaissent fort bien notre aspiration à une forme d'authenticité perdue dans nos rapports avec les choses. Ils savent que nombre de consommateurs ont la nostalgie des pratiques focales suscitées par certains objets, ceux qui "unifient notre univers et projettent du sens".
C'est ainsi qu'une publicité pour la Yamaha Warrior parue dans le numéro de juillet 2007 du mensuel Motor Cyclist affiche la légende suivante : "La vie est ce que vous saurez en faire. Commencez à la faire vôtre." La photo montre un montard dans son garage profondément absorbé par l'entretien de son véhicule. On voit des pièces détachées de motos sur les étagères qui surplombent son vénérable établi et un assortiment de boîtes à outils rébarbatives, toutes peintes d'une classique couleur rouge vif et visiblement utilisées à bon escient. Notre mécanicien amateur ne sourit pas devant l'objectif ; il est complétement captivé par sa tâche. En petits caractères, une deuxième légende développe la première : "La Yamaha Warrior 1670cc à moteur à injection. C'est nous qui l'avons fabriquée. C'est vous qui la faîtes vôtre." En caractères en plus petits, on peut lire : il n'y a qu'une vie - autant ne pas la gâcher. alors si vous achetez la AMA Prostar Hot Rod Cruiser Class Champion Warrior, procurez-vous aussi les nombreux accessoires Star Custom, vous ne regretterez pas le résultat : impressionnant et très personnalisé."
On apprend donc (mais en toutes petites lettres) qu'en définitive, notre ami bricoleur est simplement en train de fixer un accessoire quelconque à son engin. Ce qui rappelle un peu ces voitures jouets où tout ce que l'enfant a à faire, c'est d'appliquer des décalcomanies sur la carrosserie. La culture des motards conserve encore un vague souvenir de la nature nettement plus exigeante des premières générations de motos, et c'est sans doute cette nostalgie que la publicité de Yamaha cherche à évoquer. De même, dans les années 1950, quand la pâtisserie à domicile commença à être remplacée par le mélange pâtissier standardisé, la multinationale de l'agroalimentaire General Mills inventa la marque Betty Crocker, qui proposait des mélanges incomplets. La cuisinière devait ajouter elle-même tel ou tel ingrédient, et son amour-propre s'en trouvait ainsi satisfait. La Yamaha Warrior, avec ses accessoires en options, c'est un peu la Betty Crocker du motocyclisme, précuisinée dans le four à micro-ondes du consumérisme.
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Videos de Matthew B. Crawford (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Matthew B. Crawford
Extrait de "Éloge du carburateur" de Matthew B. Crawford lu par Féodor Atkine. Parution le 12 février 2020.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/eloge-du-carburateur-essai-sur-le-sens-et-la-valeur-du-travail-9791035401450
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