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EAN : 9782075130936
136 pages
Éditeur : Gallimard Jeunesse (11/09/2019)
3.65/5   89 notes
Résumé :
" Je dois partir et vivre, ou rester et mourir " écrit Shakespeare, repris par Nicolas Bouvier en exergue de L'usage du monde.

A l'été 1986, quelques mois après l'accident nucléaire de Tchernobyl, Nicolas de Crécy et son cousin ont à peine 20 ans quand ils récupèrent une Citröen Visa moribonde. Ils remplissent la voiture de livres, qu'ils ne liront pas, ajoutent deux sacs de couchage, des cigarettes...
et embarquent pour un voyage qui n'a pas ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Presence
  03 août 2021
Faire oeuvre de recomposition
-
Ce tome est le premier d'une série indépendante de toute autre. La première édition date de 2019. Il est l'oeuvre d'un auteur complet : Nicolas de Crécy, scénariste, dessinateur et coloriste.
À l'été 1986, dans les montagnes de l'Anatolie, à la nuit tombante, Guy conduit une vieille Citroën Visa Club dont le moteur produit un ronronnement continu. Sur le siège passager, Nicolas regarde devant lui et en commentaire l'auteur précise que 1986 est l'année de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, à l'occasion de laquelle les autorités françaises avaient expliqué que le nuage irradié n'avait pas franchi les frontières. En décidant de partir pour un périple vers l'Est en voiture, cette catastrophe était suffisamment lointaine dans l'esprit des deux cousins pour ne pas refroidir leur envie. À quelques mille huit cents kilomètres au nord de l'Ukraine, ils s'arrêtent au beau milieu de nulle part, avec un ciel plein d'étoiles au-dessus de leur tête. Cela fait plusieurs heures qu'ils n'ont croisé personne. Guy éteint les phares de la voiture. le voyage était placé sous le signe de la poésie : c'était rassurant mais inconfortable. Encore une fois, les livres rangés sur une étagère à l'arrière de la voiture ont basculé et se trouvent pêle-mêle sur la banquette arrière. Guy estime qu'ils auraient dû s'en débarrasser en Italie. Guy sort de la voiture pour se dégourdir les jambes et s'en griller une. Ils discutent de savoir où dormir : dehors par terre car ils n'ont plus de tente ou dans la voiture où ils se réveillent à chaque fois avec mal partout. le narrateur se dit que dormir à l'air libre permet de retrouver le goût de l'existence première lorsque l'être humain était une petite chose fragile exposée à l'appétit de ses nombreux prédateurs. Souvenir lointain, il en reste ce sentiment de peur diffuse : le noir, les bruits variés d'une nature hostile, les animaux affamés aux yeux rouges, les monstres potentiels.
Il y a des chanceux, inconscients ou simplement épuisés qui dorment sans se poser de question quel que soit le contexte. Nicolas ne fait pas partie de ceux-là. le sommeil finit toujours par arriver à l'aube. Une nuit pourrie. Nicolas et Guy ont dormi dans le sac de couchage sur le toit de la voiture. Ils se réveillent à 06h30. La journée promet d'être aussi chaude que la nuit a été froide. Ils entendent un klaxon. Deux hommes plutôt bien habillés les saluent, leur camionnette derrière eux. Ils sont intrigués par la présence de deux touristes égarés dans cet endroit au milieu de nulle part. ils regardent à l'intérieur de la Citroën, un véhicule qu'ils n'ont jamais vu. Ils rigolent gentiment en découvrant le Radar 2000 installé sur le tableau de bord. Ils retournent vers la camionnette et en reviennent avec quatre tubes qu'ils ouvrent pour faire l'article sur leurs tapis, conscients que les deux jeunes hommes ne sont pas des clients potentiels. Puis ils repartent. Guy et Nicolas reprennent leur périple dans la Citroën.
Nicolas de Crécy est l'auteur d'une trentaine de bandes dessinées, et le récipiendaire d'une dizaine de prix pour ses oeuvres. La couverture annonce une virée en voiture pour du tourisme, ce qui est confirmé par la quatrième de voiture qui évoque une allure de voyage plutôt posée, permettant de ne rien manquer de chacun des kilomètres qu'offrent les routes sinueuses pour parvenir jusqu'en Asie. La dynamique du récit est très simple : Nicolas et son cousin Guy ont récupéré une vieille Citroën Visa Club et ont décidé de faire la route vers l'Asie, jusqu'à ce qu'elle rende l'âme. Ils commencent par traverser la France (Auxerre, Lyon par le Morvan, Chambéry), puis l'Italie, la Yougoslavie, la Bulgarie, en direction de la Turquie. C'est donc un récit de voyage. le lecteur reste au côté des deux cousins tout du long. Il n'oublie pas le bruit du moteur tout du long car il est représenté par une onomatopée peu envahissante, mais bien présente, dans chaque case. Il partage leur inquiétude chronique pour l'état du véhicule, inquiet avec eux quand une épaisse fumée sort du capot. C'est un tourisme un peu étrange : le narrateur dit de manière explicite qu'en traversant les villes, leur intérêt pour les merveilles architecturales étant sommaire (il parle de flemme culturelle), ils ne sortaient pas de leur Visa. D'un autre côté la narration visuelle est très agréable car l'artiste représente les paysages qui défilent. le lecteur commence par admirer un magnifique coucher de soleil à l'aquarelle sur la première page, puis la lumière décline jusqu'à pouvoir regarder un splendide ciel étoilé quand les cousins arrêtent leur voiture. Pour le lever du soleil, le ciel prend une belle teinte orangée.
Le lecteur se rend compte que même si les dessins ne sont pas en vue subjective, il perçoit les paysages comme ces voyageurs l'ont perçu. Il regarde donc la route sinuant dans une zone désertique de l'Anatolie, le jardin de leur tante en banlieue parisienne avec la voiture au milieu, un village avec des maisons perchées dans les arbres, la terrasse en bois avec sa table à manger, les bords de route, les stations-services, les villes traversées furtivement, la Mer Noire, la propriété de la colonie de vacances. L'artiste fait la part belle à ces paysages, avec des mises en couleurs chaudes, une part importante dévolue au ciel donnant une sensation d'espaces ouverts, mais aussi des représentations détaillées de la végétation, des constructions humaines. Il ne s'agit pas d'une suite de photographies sophistiquées extraites d'un catalogue d'agence de voyage, ni d'une collection de photographies de vacances, mais de prises de vue où la voiture peut aussi bien être au premier plan, qu'un petit élément dans le décor. Il s'en dégage une forte sensation de liberté. Rien ne semble pouvoir ternir le plaisir de rouler, de voir du paysage, d'être dans des zones naturelles. En 1986, il n'y a pas de fil à la patte de type téléphone portable : les deux jeunes hommes sont réellement coupés de leur famille, sans aucune responsabilité, avec assez d'argent pour une vie frugale et pour payer l'essence, assez insouciant pour ne pas vivre dans l'inquiétude des accidents ou des mauvaises rencontres.
D'un autre côté, cette narration décontenance régulièrement le lecteur. Il n'est pas trop question des personnes rencontrées. Il n'y a pas de visite touristique, les deux jeunes gens souhaitant aller de l'avant. Régulièrement un souvenir s'invite, souvent par association d'idées, une remémoration qui vient s'intercaler, comme le souvenir de cette colonie de vacances dont les deux parties occupent 20 pages, ou encore ces 4 pages passées en haute montagne les pieds dans la neige. le lecteur se rend également compte que l'auteur intègre des repères historiques dans son récit, généralement sous forme de référence dans le récitatif : la catastrophe nucléaire de Tchernobyl le 26 avril 1986, Il Buffone (pour Silvio Berlusconi), Alexandre Loukachenko encore obscur directeur d'un sovkhoze, le maréchal Tito, Erich Honeker, Ramiz Alia, Nicolae Ceausescu, Gustav Huzak, Andreï Gromiko. Il ne s'agit pas de noms placés gratuitement dans le récitatif, mais de marqueurs des forces qui ont façonné ou qui vont façonner les peuples et les territoires traversés par les voyageurs.
Le lecteur relève également de nombreuses références culturelles : La cantatrice chauve d'Eugène Ionesco (1909-1994), Ailleurs (1948, Voyage en Grande Garabagne + Au pays de la magie + Ici, Poddema) de Henri Michaux (1899-1984), le Grand Jeu de Benjamin Péret (1899-1959, écrivain et poète surréaliste), et plus discrètement (page 35) à le baron perché (1957) d'Italo Calvino (1923-1985), sans oublier les films de Vittorio de Sica, Federico Fellini, Mario Monicelli. Ces références sont distillées au travers des 126 pages de bandes dessinées, intégrées de manière organique. Elles participent au processus de remémoration de l'auteur. D'un côté, le lecteur peut s'interroger sur l'intérêt des souvenirs de ce périple, sans développer la relation entre les deux cousins, sans s'étendre sur les impressions produites par les lieux traversés, de l'autre il conserve en tête la phrase de Denis Diderot (1713-1784) mise en exergue, et relative à la mémoire : Ce n'est que par la mémoire que nous sommes un même individu pour les autres et pour nous-mêmes. Il ne me reste peut-être pas, à l'âge que j'ai, une seule molécule du corps que j'apportai en naissant. du coup, son attention est également attirée par une autre remarque page 31 : les détails s'estompent, il reste des séquences., des images que le temps a déformées par un système de superposition. Les moments différents qui se mélangent pour créer des épisodes nouveaux. D'autres ont carrément disparu, je dois faire oeuvre de recomposition. Pages 120 & 121, le récitatif revient sur le processus chimique impliquant l'hippocampe cérébral pour mobiliser ses souvenirs et leur manque de fiabilité.
Avec ce thème en tête, les bizarreries du récit, ses méandres, ses bifurcations font sens : l'auteur ne réalise pas un reportage sur cette épopée routière. Il reconstitue ses souvenirs, et met en scène ce processus de reconstitution. Il explicite le fait que ses souvenirs sont partiels, qu'il n'a pas fait oeuvre de reportage en les complétant par des recherches sur l'époque. Il ne s'agit pas non plus d'une autofiction, mais plutôt d'une réflexion sur sa mémoire, cette fonction qui assure l'unicité et la cohérence de l'individu tout au long de sa vie, même si les cellules de son corps se renouvellent, cette fonction qui n'a rien d'un outil numérique permettant d'accéder aux données stockées de manière complète, cet outil qui fonctionne avec des biais conséquents et nombreux. le lecteur peut alors envisager cette bande dessinée comme une prise de recul sur les souvenirs de l'individu (l'auteur en l'occurrence) : il sait qu'ils sont incomplets et orientés. Il les juge donc à l'aune de de ces biais, pour les envisager comme autant d'éléments concrets sur la construction de sa personnalité intérieure. Avec ce point de vue, le lecteur comprend que la colonie de vacances dans un centre catholique a participé à façonner sa personnalité de manière durable. Il comprend que la présence physique d'Henri Michaux à moto sur la route, et sa discussion avec Nicolas sont la matérialisation de l'impact durable de l'oeuvre de ce poète belge sur le bédéaste.
Ce premier tome déstabilise le lecteur qui peut ne pas percevoir immédiatement ce dont il s'agit. Il suit deux jeunes hommes dans un périple en voiture pour gagner l'Asie depuis la banlieue parisienne lors de l'été 1986. Il le fait d'autant plus volontiers que les paysages sont splendides, tout en s'interrogeant sur les digressions, sur les autres souvenirs qui viennent interrompre le voyage. Il poursuit sa lecture, sous le charme de cette sensation de liberté à parcourir des routes dans des paysages naturels, sans souci particulier. Il prend progressivement conscience de la nature du récit : un constat pragmatique sur le fonctionnement de la mémoire, et en arrière-plan une réflexion élégante sur la nature de l'individu.
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croquignol
  24 août 2021
Le récit d'un road trip à la dure, en Citroën Visa Club, en 1989, de la région parisienne vers la Mer Noire en Turquie, en passant par l'Italie, la Yougoslavie et la Bulgarie. Avec Tchernobyl en toile de fond mortelle : "En avril, la centrale nucléaire de Tchernobyl avait explosé. Par chance le nuage radioactif s'était arrêté aux frontières françaises."
D'abord des aquarelles ciselées, féeriques, lumineuses. Dès la première page j'étais conquis, l'aquarelle me fait cet effet-là, c'est atavique, aucune objectivité.
Ensuite un ton dénué de pathos, mordant, critique, drôle. Démontrant un recul réjouissant sur soi et sur le monde. Affectueux envers les humains croisés le long de la route.
Accompagné par la poésie d'Henri Michaux, qui nous fait une visite amicale, de retour d'entre les morts.
Nicolas de Crécy a un talent fou. Comme son frère Étienne, producteur fameux de musique électronique. Geoffroy et Hervé, deux autres frères, sont réalisateurs. Y'a des fratries comme ça...
Il va sans dire que je guetterai l'arrivée du tome 2 dans les rayons de ma précieuse bibliothèque municipale. J'ai mon visa de transit Crécy, moi aussi, maintenant (le premier qui fait une blague avec "transit" je lui mords l'oreille).
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beatriceferon
  10 mars 2021
En 1986, Nicolas et son cousin Guy acceptent de débarrasser le jardin d'une épave, celle d'une Visa, qu'ils décident de retaper avant de partir en voyage pour l'inconnu, « le plus loin possible. Vers l'est » et qui durera tant que la voiture roulera.
C'est une aventure étrange qui les mène vers des endroits dangereux, puisque l'accident de Tchernobyl vient d'avoir lieu, puisqu'ils n'ont, pour certains pays peu accueillants (euphémisme), qu'un visa de transit et doivent se dépêcher de les traverser. le lecteur est baladé dans un monde mi-réel, mi-onirique, sans chronologie précise. En effet, très souvent, Nicolas revit des épisodes de leur enfance, telles ces colonies de vacances qui ont tout du centre pénitentiaire, ou l'époque actuelle (le récit en lui-même est une rétrospective).
On voit donc les personnages changer sans cesse d'aspect, perdant des cheveux et gagnant des rides, ou, au contraire, redevenant enfants.
Au long du récit, ils font des rencontres improbables, comme le berger qu'ils prennent en stop et qui les invite dans son curieux village perché dans les arbres, la station service, perdue au milieu de nulle part, qui apparaît et disparaît comme par magie, ou un étrange petit garçon accompagné d'un veau.
Nicolas est sans cesse angoissé, car tous leurs maigres biens sont enfermés dans un sac à dos rouge, dont ils ont, chacun à leur tour la responsabilité. Et, bien entendu, lorsque c'est Nicolas qui doit le surveiller, il l'égare tout le temps. Par exemple, il le laisse dans un petit restaurant italien et ils sont obligés de faire demi-tour pour aller le rechercher, dans un stress épouvantable, puisqu'on leur a brossé un portrait peu flatteur des habitants de la région, qui passent pour des voleurs Mais pas du tout. le patron a gardé leur bien qu'ils retrouveront intact, on ne leur a rien pris, pas même l'argent. C'est une aventure que nous avons vécue, presque à la même époque, avec un appareil photo oublié sur une terrasse.
L'arrière de leur voiture est rempli de livres, qu'ils ne liront d'ailleurs jamais, on se demande pourquoi ils s'en sont encombrés.
Mais Nicolas récite à tout bout de champ des passages entiers de l'oeuvre d'Henri Michaux, au grand déplaisir de celui-ci, qui considère que le jeune homme lui vole sa propriété intellectuelle. Il les suit donc partout avec sa moto et apparaît vêtu d'un costume noir, le visage caché par un casque intégral rouge. Tout ceci n'étant, bien évidemment, qu'une vue de l'esprit, puisque le poète est mort en 1984, deux ans avant ce périple.
J'avais acheté ensemble les deux volumes de cette histoire, car « Période glaciaire », consacré au Louve, m'avait beaucoup plu. Ce n'est pas le cas pour ces « Visa transit », qui sont certes très intéressants, à plus d'un titre, mais dont les dessins au trait curieusement tremblé et mal assuré m'ont déplu. Je me suis souvent ennuyée. Bref, le rendez-vous était raté.
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Fanvin54
  06 février 2020
Été 1986. Deux cousins partent de la Région parisienne au volant de leur vieille Visa (avec sa bibliothèque aménagée à l'arrière) pour l'Est de l'Europe. Ils vont traverser l'Italie, la Yougoslavie et la Bulgarie, avant d'arriver en Turquie. Leur périple ne se fera pas sans quelques péripéties...
Ce récit autobiographique m'a laissé sur ma faim. Ce n'est pas désagréable, loin de là, mais le récit s'avère plutôt monotone, sans relief véritable. Les nombreux flashbacks nuisent aussi à la longue au récit, à son rythme. On aurait également aimé en savoir un peu plus sur les pays traversés. Est-ce que je lirai le second volume ? Je n'en suis pas certain...
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Amindara
  22 janvier 2020
Quand j'ai vu cette BD dans la sélection du comité de lecture, je me suis « Chouette, un livre de Nicolas de Crécy ! ». J'avais déjà « rencontré » cet auteur en lisant Les amours d'un fantôme en temps de guerre, roman ado qui a remporté le prix vendredi en 2018. Je l'avais beaucoup apprécié, je m'attendais donc à apprécier de même Visa Transit. Et en fait, non…
Si j'ai été contente de retrouver la patte de l'auteur dans les illustrations, j'ai été cependant déçue par certains aspects de ma lecture. Déjà, pour quelqu'un qui a un talent de dessinateur comme Nicolas de Crécy, je trouvais ça un peu dommage qu'il ne nous ai pas proposé davantage de paysages. Je veux dire, les paysages qu'ils représentent sont juste magnifiques ! D'autant que là, nous suivons deux hommes qui voyagent à travers l'Europe, ça aurait pu être l'occasion de nous en montrer un peu, de cette Europe. Mais au lieu de grands horizons, nous restons fixés sur la voiture, c'est un peu dommage.
Et puis, le voyage en lui-même est un peu décevant aussi. Là encore, ces deux hommes traversent différents pays, rencontrent des habitants de cultures différentes, ça aurait pu être intéressant qu'on nous en parle. Au lieu de cela, le récit reste centré sur les moyens techniques du dit voyage, et sur la voiture en particulier. Et là encore, le trouve ça dommage.
Ajoutez à cela quelques éléments étranges qu'on ne comprend pas forcément : la disparition de la station essence ? L'homme au casque rouge ? La narration qui se balade dans le temps sans qu'on sache toujours à quelle époque elle se situe… Ce sont des petites choses qui m'ont embrouillée dans ma lecture.
Pour conclure, je n'ai pas accroché du tout. Dommage.
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critiques presse (4)
Actualitte   23 octobre 2019
Visa Transit est un très grand album, qui, sous couvert d’un récit de road-trip en voiture dans les années 80 jusqu’au sud de la Turquie, dévoile un autobiographie touchante de l’auteur de Léon la Came.
Lire la critique sur le site : Actualitte
BoDoi   24 septembre 2019
Moins onirique que d’habitude, son trait n’en est pas moins riche et caressant, emmenant son lecteur dans des paysages délicats et précis. [...] A peine nostalgique, ce premier volume de Visa Transit appelle une suite prochaine, impatiemment attendue.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Bedeo   11 septembre 2019
Si la démarche est sincère et touchante, cela n’aurait pas suffi à créer une œuvre inoubliable. Et celle-ci l’est. Car de Crécy a affuté tous les ingrédients à la base de son récit. [...] Ce premier opus de Visa Transit est une véritable pépite !
Lire la critique sur le site : Bedeo
BDGest   10 septembre 2019
Introspection, un peu de nostalgique par moments - qui ne le serait pas en se remémorant sa jeunesse ? -, beaucoup d’intelligence dans le propos et une construction narrative savante totalement maîtrisée, Visa Transit est une invitation permanente au voyage. Vivement la suite !
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
PresencePresence   06 août 2021
Il ne reste qu'une quinzaine de photos de notre voyage. Quinze reflets sur papier, seuls éléments qui attestent d'une réalité qui se serait effectivement déroulée. Le reste est rangé depuis des décennies dans un tiroir mental proche de l'hippocampe, archivé mais en hibernation. Et ces images, ces odeurs, ces sentiments éprouvés peuvent être réactivés par de minuscules impulsions électriques qui motivent synapses et neurones à exhumer ces enregistrements sensibles et lointains. Enregistrements plus ou moins fidèles de moments compressés, comme une sorte d'huile essentielle. Ces représentations dépendent uniquement d'une combinaison chimique de notre cerveau, tant que celui-ci fonctionne. Si ce n'est plus le cas, ces images disparaissent avec lui, elles disparaissent pour toujours, comme si ce qu'elles décrivaient n'avait jamais été vécu. Il y a 33 ans, pas de quoi faire peur à un hippocampe et à des synapses correctement constituées, mais c'était un autre siècle. Nous étions dans la préhistoire de l'hypertrophie de la mémoire. N'était pas encore advenu cet hippocampe artificiel monstrueux cette hypermnésie numérique généralisée. Le réel était papable, parfumé : pas d'écran, pas de filtre, pas de guide sous forme d'algorithme, pas de données à livrer à quiconque. Personne ne savait où nous étions, où nous allions, ce que nous faisions.
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PresencePresence   04 août 2021
En avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl avait explosé. Par chance le nuage radioactif s'était arrêté aux frontières françaises. En 1986, les autorités étaient assez confiantes en leur crédibilité pour prendre leurs administrés pour des débiles. La politique énergétique du pays valait bien quelques arrangements avec la réalité.
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PresencePresence   05 août 2021
Petit rappel mécanique : la Citroën Visa Club est, même à l'état neuf, ce qu'on appelle un véhicule modeste. Elle est maigre. Équipée d'un moteur bicylindrique de 650cm3, elle est une héritière directe de la 2CV, de la Dyane, ou de l'Ami 6.ses performances demandent donc de la patience lors des longs périples, s'approcher des 130km/h est périlleux. Mais pour les nostalgiques d'une conduite bucolique, c'est un plaisir.
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PresencePresence   05 août 2021
Mais aujourd'hui, alors que nous sommes passés dans le troisième millénaire, la vieille chose à faire travailler est mon cerveau. Les détails s'estompent, il reste des séquences. Des images que le temps a déformées par un système de superposition. Les moments différents qui se mélangent pour créer des épisodes nouveaux. D'autres ont carrément disparu, je dois faire œuvre de recomposition.
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PresencePresence   03 août 2021
Ce n'est que par la mémoire que nous sommes un même individu pour les autres et pour nous-mêmes. Il ne me reste peut-être pas, à l'âge que j'ai, une seule molécule du corps que j'apportai en naissant. – Denis Diderot, De la poésie dramatique
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