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Maurice Rambaud (Traducteur)
EAN : 9782070746330
208 pages
Gallimard (05/09/1996)
3.85/5   31 notes
Résumé :
Qui n'éprouve, un jour ou l'autre, la tentation de s'approprier complètement ce qu'il aime, non seulement par désir de possession intime, mais par besoin de communier et de s'identifier avec l'objet aimé ? Tel est le cas d'Herman Mack, fils du propriétaire d'un cimetière de voitures. Son originalité, toutefois, c'est d'être amoureux non d'une femme mais d'une automobile, une Ford dernier modèle.
Aussi est-il à peine paradoxal de dire que Car est avant tout un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Godefroid
  26 juillet 2015
5e titre publié par Harry Crews aux Etats Unis, Car est le premier roman de l'auteur traduit en français (sous le titre "Superbagnole", chez Albin Michel en 1974). le lectorat francophone a donc découvert la faune crewsienne avec cette histoire de pauvre type illuminé qui s'est mis en tête de manger complètement une Ford Maverick dernier modèle.
Herman Mack est l'un des trois enfants du propriétaire de la plus grosse casse automobile de l'état. Les enfants ont donc grandi à Jacksonville, au milieu des épaves. Alors que Mister et Junnel mettent la main à la pâte et font tourner l'entreprise avec leur paternel, Herman ne fait rien, n'a envie de rien. C'est le rêveur de la famille, à l'affût de la grande idée qui apportera célébrité et fortune à la famille. Il faudra à Herman Mack plus de 10 ans pour parvenir à faire transiter la Ford à travers son organisme, au rythme qu'il s'est fixé. Herman devient une icône, un symbole acclamé comme un phénomène de foire ; il est aussi et surtout une métaphore de l'impasse dans laquelle se rue la société américaine, maladivement rivée à l'automobile comme incarnation de la sacro-sainte liberté individuelle que rien ne doit entraver. Une illustration rutilante du rêve américain qui n'est en réalité qu'un poison lent et contagieux.
Si le père se trouve anéanti par la décision de son fils, décision qu'il ne comprend pas et qui inexplicablement le révulse, Herman ne fait au fond que décliner à sa manière la vocation familiale inculquée par le chef de famille. Une famille qui depuis toujours tire ses revenus de carcasses ramassées dans les carambolages, d'amalgames froissés et fumants qui trop souvent voient la chair humaine se mêler à l'acier dans une épouvantable intimité. Il n'y a qu'à voir saliver Junnel lorsque la radio annonce une catastrophe autoroutière ; pour être la première sur les lieux, elle s'y précipite dans une dépanneuse boostée comme un bolide de compétition. Sur place, elle y rencontre Joe, un flic de patrouille avec qui elle s'échauffe sur une banquette arrière après avoir vu périr dans les flammes une petite fille affolée prisonnière des tôles. Toute l'histoire est là, dans cette scène paroxystique du 4e chapitre : les Mack se repaissent de voitures accidentées qui ne s'offrent à eux qu'après avoir pris des vies humaines. Acclamée comme instrument de liberté, la voiture devient un instrument de mort, médium d'un vampirisme nouveau né avec l'ère industrielle et la société de consommation. La démarche apparemment insensée de Hermann prend alors une dimension symbolique très forte : en avalant une splendide Ford dernier modèle morceau par morceau, il remet l'homme à sa place en lui redonnant l'ascendant qu'il avait abandonné à la machine.
Rien d'étonnant à ce que ce soit le personnage le plus fêlé dans les apparences qui fasse le choix le plus humainement sensé à la fin. Un texte ravageur, pas aussi déjanté que ça dans le fond.
+ Lire la suite
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Godefroid
  26 juillet 2015
5e titre publié par Harry Crews aux Etats Unis, Car est le premier roman de l'auteur traduit en français (sous le titre "Superbagnole", chez Albin Michel en 1974). le lectorat francophone a donc découvert la faune crewsienne avec cette histoire de pauvre type illuminé qui s'est mis en tête de manger complètement une Ford Maverick dernier modèle.
Herman Mack est l'un des trois enfants du propriétaire de la plus grosse casse automobile de l'état. Les enfants ont donc grandi à Jacksonville, au milieu des épaves. Alors que Mister et Junnel mettent la main à la pâte et font tourner l'entreprise avec leur paternel, Herman ne fait rien, n'a envie de rien. C'est le rêveur de la famille, à l'affût de la grande idée qui apportera célébrité et fortune à la famille. Il faudra à Herman Mack plus de 10 ans pour parvenir à faire transiter la Ford à travers son organisme, au rythme qu'il s'est fixé. Herman devient une icône, un symbole acclamé comme un phénomène de foire ; il est aussi et surtout une métaphore de l'impasse dans laquelle se rue la société américaine, maladivement rivée à l'automobile comme incarnation de la sacro-sainte liberté individuelle que rien ne doit entraver. Une illustration rutilante du rêve américain qui n'est en réalité qu'un poison lent et contagieux.
Si le père se trouve anéanti par la décision de son fils, décision qu'il ne comprend pas et qui inexplicablement le révulse, Herman ne fait au fond que décliner à sa manière la vocation familiale inculquée par le chef de famille. Une famille qui depuis toujours tire ses revenus de carcasses ramassées dans les carambolages, d'amalgames froissés et fumants qui trop souvent voient la chair humaine se mêler à l'acier dans une épouvantable intimité. Il n'y a qu'à voir saliver Junnel lorsque la radio annonce une catastrophe autoroutière ; pour être la première sur les lieux, elle s'y précipite dans une dépanneuse boostée comme un bolide de compétition. Sur place, elle y rencontre Joe, un flic de patrouille avec qui elle s'échauffe sur une banquette arrière après avoir vu périr dans les flammes une petite fille affolée prisonnière des tôles. Toute l'histoire est là, dans cette scène paroxystique du 4e chapitre : les Mack se repaissent de voitures accidentées qui ne s'offrent à eux qu'après avoir pris des vies humaines. Acclamée comme instrument de liberté, la voiture devient un instrument de mort, médium d'un vampirisme nouveau né avec l'ère industrielle et la société de consommation. La démarche apparemment insensée de Hermann prend alors une dimension symbolique très forte : en avalant une splendide Ford dernier modèle morceau par morceau, il remet l'homme à sa place en lui redonnant l'ascendant qu'il avait abandonné à la machine.
Rien d'étonnant à ce que ce soit le personnage le plus fêlé dans les apparences qui fasse le choix le plus humainement sensé à la fin. Un texte ravageur, pas aussi déjanté que ça dans le fond.
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Chouchou58
  18 septembre 2015
Du Crews dans son jus! Un livre foutraque qui freaks, s'il en est, n'en reste pas moins d'une écriture ciselée, travaillée et identitaire. Harry Crews créé son univers, nous confond dans ses "contes" pour que l'on en ressorte émerveillé malgré le cambouis, le bruit et la fureur des êtres. le paradoxe de l'écrivain et de la littérature noire!
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Marilynzillah
  23 septembre 2019
du pur Crews; livre coup de poing, que j'ai dévoré à l'aéroport et rempli d'émotions. Je ne me lasse pas de lire ses livres: déjanté mais ça fait du bien!
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Vidéo de Harry Crews
Le grand James Ellroy poursuit son tableau wagnérien de Los Angeles dans la tourmente de la seconde guerre mondiale. Et Harry Crews brosse un portrait saisissant des péquenots du sud dans les années 70. En contrepoint, un regard subtil sur l'Inde occupée par les Anglais au lendemain de la grande guerre par Abir Mukherjee, jeune auteur à suivre.
"La tempête qui vient" de James Ellroy (Rivages/Noir) "Péquenots" de Harry Crews (Finitude) "L'attaque du Calcutta-Darjeeling" de Abir Mukherjee (Liana Lévi)
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