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EAN : 9782070414888
265 pages
Éditeur : Gallimard (18/10/2000)
3.94/5   95 notes
Résumé :
Joe Lon est un sale type qui a grandi aux côtés d'une sœur folle et d'un père brutalisant ses chiens. La mère a disparu. Les potes se défoncent, attendent le soir et cherchent dans les excès un espoir d'ailleurs qui ne vient pas.

Joe Lon est leur meneur égaré qui, un jour, pour écrabouiller l'ennui, noya dans le fleuve un voyageur perdu. Il habite désormais le camping avec ses deux gosses et tabasse sa femme. Joe Lon attend comme une bombe, caresse s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Marymary
  16 mars 2015
Ce livre est comme une morsure de serpent : brutale et venimeuse.
Nous sommes en Géorgie et dans l'esprit du roman de James Dickey "Délivrance", (celui ou quatre copains partant camper vont se faire traquer, violer et tuer par de charmants autochtones) or James Dickey, Géorgien lui-même, affirmait que son livre reflétait fidèlement la réalité....
Les habitants de la charmante bourgade de Mystic sont pour la plupart des abrutis violents, alcooliques, incultes et complètement arriérés.
La cruauté envers les humains ou les animaux, la bêtise crasse, le viol, le racisme ordinaire du Sud... Tout y est.
La folie y a déjà pris ces quartiers, elle triomphera lors de cette foire aux serpents.
Du noir, du très noir, mais du très bon.
Harry Crews a été élevé à la dure et s'est engagé à dix-sept ans dans les marines. Il fera de la prison, sera tabassé par un Indien unijambiste et croisera des destins hors du commun. Totalement atypique, souvent féroce avec les gens normaux et tendre avec les monstres, il s'est imposé comme l'un des plus grands écrivains américains de romans noirs.
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Walden-88
  02 mai 2016
1975, Mystic, Géorgie. Joe Lon Mackey se morfond, il bouillonne comme une bombe prête à exploser. Il a le sentiment que sa vie est devenue un film pas très intéressant , qu'il est condamné à voir et à revoir à l'infini. En effet, Joe Lon mène une vie plutôt pathétique, vivant dans une caravane avec sa femme Elfie, qu'il aime bien mais qu'il ne peut s'empêcher de tabasser, et ses deux marmots. Lui l'ancienne star, le running back des Crotales de Mystic, qui détient bon nombre de records de son ancien lycée, tient désormais l'ancien troquet de son père, Big Joe, où il vend de l'alcool de contrebande à des nègres et passe le temps en s'occupant de ses serpents dans l'arrière-boutique. Côté famille, ce n'est guère mieux : une mère partie avec un représentant, une soeur cinglé qui se tartine la tête de merde et son colosse de père qui brutalise ses chiens afin de tirer le maximum de ses pitbulls pour les combats qu'il organise.
Alors Joe Lon picole, traîne avec ses potes tout aussi alcoolos et violents que lui, en se remémorant le bon vieux temps. Car notre héros n'a pas toujours été ainsi, à l'époque du lycée, il y a eu un rayon de soleil dans sa vie (outre le football américain) : Berenice. Une fille assez déluré, qui le laissait conduire sa Corvette et qui était sa petite amie. Mais comme beaucoup d'autres, elle est partie à l'université alors que Joe Lon est resté à Mystic.
Pourtant pas le temps de rêvasser, il a du boulot et prépare comme chaque année la foire aux serpents. Des centaines de caravanes et des milliers de dingos de reptiles débarquent dans le coin pour participer aux festivités. Cette année la foire est différente car Berenice sera là, après cinq ans d'absence. Sera t-elle l'étincelle qui mettra le feu aux poudres ?
C'est avec beaucoup de plaisir que je découvre Harry Crews, un style direct et percutant, sans fioritures. Ce roman féroce, écrit en 1976, n'a pas pris une ride et se lit tambour battant jusqu'à l'apothéose finale. Décidément la Géorgie est une digne représentante de la littérature "redneck" avec Erskine Caldwell, James Dickey et Harry Crews !
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Godefroid
  26 juillet 2015
Mystic, Georgie, fait partie de ces petites agglomérations américaines qui semblent évoluer en marge de la civilisation. Certes, il y a un collège, des tournois de football et un staff de majorettes. Que la majorette en chef soit une dévergondée de première à la botte du capitaine de l'équipe de foot n'a rien de bien surprenant. Il y a quelques années, il s'agissait de Berenice et Joe Lon ; aujourd'hui, la tradition se perpétue avec Candy et Willard. Mais s'il est une tradition qui semble prendre toujours plus d'ampleur à Mystic d'une année sur l'autre, c'est la foire aux serpents. Cette année, ce sont des milliers de frappés du reptile qui sont attendus à Mystic ; des centaines de caravanes vont venir se stocker sur le terrain vague habité par Joe Lon, en caravane lui aussi avec femme et enfants.
A la suite de son père Joe Lon senior, Joe Lon exploite le troquet du coin. Joe Lon senior se concentre à présent sur son écurie de pit-bulls et l'organisation de combats. Dans sa grande baraque il y a encore sa fille Beeder, la soeur de Joe Lon junior devenue folle après le décès de sa mère dans des conditions épouvantables. La foire aux serpents se prépare et Joe Lon a plein de boulot.
Encore un roman terrible de l'enfant terrible de la littérature américaine moderne. Bien que daté de 1976, ce texte éprouvant n'a pas pris une ride. Cette foire aux serpents est l'occasion pour Crews de dresser le portrait d'un jeune homme handicapé de l'affect : encore un être de contraste extrême, d'un parfait aspect physique mais d'un psychisme ravagé par les terribles événements déclenchés par son taré de paternel. "Il ne savait pas ce qu'était l'amour. Il ne savait pas à quoi ça servait. Mais il savait qu'il se le coltinait partout où il allait, c'était une scabreuse tache de pourriture, de contagion, qu'on ne pouvait pas guérir. Que la rage ne guérissait pas. Que l'indulgence ne faisait qu'empirer, attiser, développer comme un cancer. Et ça avait fichu sa vie en l'air." Joe Lon aurait pu être un parfait psychopathe totalement privé d'empathie, mais non, il y a en lui ce germe d'humanité qui ne peut pas se développer et qui, paradoxalement, empoisonne sa vie de tourments insolubles. Son traumatisme est une montagne insurmontable, son humanité ne s'exprime que sous la forme d'une haine viscérale dont il a lui-même une peur bleue, mais qui finira quand même par prendre le dessus.
Encore un chef d'oeuvre magistral et bouleversant malgré sa relative brièveté, à lire juste après la malédiction du gitan. Traduction très correcte de Nicolas Richard (malgré quelques rares erreurs et approximations qu'une bonne relecture de l'éditeur aurait pu éradiquer...).
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Charybde2
  18 mars 2013
Plongée ironique et violente dans le Sud profond, où un redneck se débat contre sa propre malédiction...
Ce roman de 1976 est emblématique de cet auteur prolifique, issu d'une enfance difficile dans le Sud profond américain, engagé dans les Marines de 17 à 20 ans, avant de devenir écrivain et professeur d'anglais.
Avec l'humour souvent ironique qui le caractérise, et sans jamais prendre de gants dans le langage ou dans les situations, Harry Crews raconte ici quelques jours cruciaux de la vie d'un ancien brillant running back de lycée, qu'une blessure a renvoyé à la tenue du bar paternel, dans une bourgade rurale de Géorgie, où se déroule chaque année la "foire aux serpents", vaste rassemblement d'amateurs de crotales.
Ambiguë camaraderie redneck, racisme ordinaire et presque "bon enfant", beuveries monumentales, malheurs familiaux, désespoirs domestiques, combats de chiens féroces, viols quasiment banalisés,... construisent un terrifiant climat, cruel, violemment sexuel, dans lequel le narrateur, comme un cousin parodique du "Roi sans divertissement" de Giono, semble se débattre de plus en plus fort pour échapper à l'ennui morbide, jusqu'à l'apothéose finale.
Étrange hybride de Faulkner et de Crumley, Harry Crews ne vous laissera pas indifférent, et cette "Foire aux serpents" moins que tout autre de ses romans.
Et un grand remerciement à Laurent Courau, libraire invité chez Charybde pour le mois de novembre 2011, pour cette recommandation !
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lehibook
  24 janvier 2020
Le hibook a lu : « La foire aux serpents » de Harry Crews. Bien mal nommée la ville de Mystic , au coeur de l'Amérique des « rednecks » : très matérielle au contraire , avec ses « pompom girls » son élection de Miss, ses combats de pitbulls , son shérif violeur et , fin du fin, sa Foire aux Serpents pour attirer les dingos de tout acabit et les dollars.Les serpents , parlons-en :les crotales du coin que les habitants chassent , collectionnent , dégustent sont finalement plutôt sympas comparés à l'humanité environnante. Au milieu de cette géhenne, il y a Joe Lon Mackey , grand blond , baraqué . « Joe Lon trésor » (comme le nomme sa malheureuse femme) est un ex. Ex-footballeur de talent, ex-leader de la jeunesse locale, ex. de Bérénice la femme de sa vie. Maintenant , il zone avec sa femme qu'il n'arrive pas à aimer , ses deux gosses qu'il voient comme des nuisances , son boulot de vendeur d'alcool qu'il déteste , sa famille ultra déglinguée ( père sombre brute , mère suicidée, soeur raide dingue ) . Et si au moins , il était totalement décérébré le Joe ! Mais non , il a conscience de l'absence irrémédiable de perspectives dans sa vie. Alors , il picole , brutalise des inconnus , cogne sa femme , se lance des défis débiles confond amour et sodomie . Et voilà que Bérénice annonce son retour pour la Foire aux Serpents ,alors, « Tic,tac,tic,tac » , le compte à rebours s'enclenche …. Il est cru , Crews , il ne prend pas de gants , ce n'est pas du noir , c'est de l'ultra-noir comme dirait Pierre Soulages mais Crews lui aussi fait jouer la lumière sur les ténèbres de l'esprit humain pour en faire un livre que l'on n'oublie pas. Merci à François Médéline (l'auteur de « Tuer Jupiter » ) pour m'avoir fait découvrir cet auteur.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
kikiberard22kikiberard22   28 juillet 2021
Buddy Matlow s'entichait d'une femme, et si elle ne lui cédait pas, il la mettait en cabane. Du jour ou il avait été élu shérif et chef de sécurité publique pour le comté de Lebeau, il s'était mis à coffrer les femmes qui lui résistaient. C'étaient généralement des noires mais pas toujours. C'étaient parfois des blanches. Surtout quand elles n'étaient pas du coin, quand elles étaient de passage ou dans la dèche. Lorsque l'idée lui venait de taquiner une femme qui lui résistait, il la bouclait quelle que soit sa couleur, même si un homme l'accompagnait.
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VerdorieVerdorie   24 septembre 2013
- À la fac, Shep fait partie de l'équipe débats-discussions, expliqua Berenice Sweet.
- Oh, fit Joe Lon.
C'était bien la première fois qu'on lui présentait quelqu'un d'une équipe d'ébats, et il ne savait trop quoi dire, vu qu'il ne savait pas exactement de quoi il s'agissait. Sûrement un jeu de pédé à la con importé de l'étranger, genre balle au pied avec ballon rond. Ce qu'il en disait, lui, Joe Lon, c'est qu'il n'y avait que des suceurs de pine pour taper dans un ballon rond.
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MarymaryMarymary   16 mars 2015
Le whisky avait rendu Joe Lon amer. Enfin, il supposait que sa mauvaise humeur était due au whisky. Il rota et fixa Willard. "Bon, et pis d'abord comment on y joue à ce truc de débat ?"
Willard cessa immédiatement de rire, il prit d'abord une mine sérieuse puis dit sur un ton mauvais : "Tu serais malade si tu voyais ça, Joe Lon. Ils jouent ça avec une petite bague en caoutchouc.
- Une bague en caoutchouc ? répéta Joe Lon, sentant immédiatement la charge de bile outragée que lui pompait son coeur.
- C'est avec ça qu'on y joue. Ces deux types ont des petits chaussons blancs et ..."
La voix de Joe Lon monta d'un cran, incrédule.
" Chaussons blancs !
- Des petites saloperies pointues. Ils s'envoient les petits anneaux de caoutchouc, et le but du jeu c'est de l'attraper avec la bouche.
- Dans la bouche ? brailla Joe Lon en quittant brusquement la table. Dans la bouche !
- En plein dans les dents", confirma Willard.
Joe Lon leva la main, les doigts épais bien écartés, et la contempla un moment. " Bérénice a fait venir ce connard jusqu'à Mystic pour qu'y me serre la main.
- On dirait bien, fit Willard.
- Cette nana est tarée.
- Si je me souviens bien, elle était déjà tarée en partant."
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frmwafrmwa   04 août 2020
"Son boulot, c'était de faire le nègre. C'est comme ça qu'il voyait les choses. Je suis le nègre. Ça, c'est l'homme blanc. Ça c'est une route. Ça c'est Mystic. C'était comme ça et pas autrement, tant qu'il était près d'un Blanc. Dès l'instant où il n'était pas dans l'entourage d'un Blanc, il cessait d'être un nègre et pensait à plein de trucs, auxquels il ne pensait pas d'ordinaire. Un de ces trucs était de tuer M. Joe Lon. Évidemment, dès qu'il était à côté de lui, il ne pouvait pas le tuer, il ne pouvait même pas y penser. Mais lorsqu'il était seul, ou en compagnie d'autres Noirs, non seulement il y pensait souvent, mais il lui arrivait souvent de le tuer pour de vrai."
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koalaskoalas   06 juillet 2013
Père disait : fais un vœux d'une main, chie dans l'autre et regarde laquelle se remplit la plus vite.
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Videos de Harry Crews (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Harry Crews
Le grand James Ellroy poursuit son tableau wagnérien de Los Angeles dans la tourmente de la seconde guerre mondiale. Et Harry Crews brosse un portrait saisissant des péquenots du sud dans les années 70. En contrepoint, un regard subtil sur l'Inde occupée par les Anglais au lendemain de la grande guerre par Abir Mukherjee, jeune auteur à suivre.
"La tempête qui vient" de James Ellroy (Rivages/Noir) "Péquenots" de Harry Crews (Finitude) "L'attaque du Calcutta-Darjeeling" de Abir Mukherjee (Liana Lévi)
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