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ISBN : 2072741637
Éditeur : Gallimard (16/11/2017)

Note moyenne : 2.52/5 (sur 54 notes)
Résumé :

Naomi Seberg et Nathan Math œuvrent avec succès dans le photojournalisme à sensation de l’ère des nouveaux médias. À la fois amants et concurrents professionnels, ils arpentent le globe séparément, ne se croisent que dans des hôtels d’aéroports ou n’ont de rapports que par Internet, et sont toujours à la recherche d’histoires spectaculaires – si possible sordides.
Celle de Célestine et Aristide Arosteguy, anciens professeurs de philosophie à la Sorbo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Dallia
  16 février 2016
Me voici un matin, en route vers le travail, à écouter à la radio une interview de David Cronenberg. le journaliste vantant ses films à succès, lui demanda pourquoi avoir écrit un livre au lieu de faire un film. L'auteur lui répondit qu'il était impossible de mettre en scène un tel livre.
J'ai été intriguée. Je ne suis pas vraiment cinéphile. Après avoir googlelisé l'auteur, j'ai parcouru sa filmographie qui « me parlait » vaguement, sans pourtant avoir le souvenir d'avoir vu l'une de ses oeuvres.
Il était alors temps de commencer et notamment par son livre : Consumés.
Déroutant. C'est le mot qui me vient à l'esprit.
L'histoire est la suivante : un couple de photojournalistes, Nathan & Naomi, qui communiquent le plus souvent à distance et se retrouvent le temps d'une escale dans un hôtel proche de l'aéroport pour faire l'amour.
Jusque là, tout va bien. Là où ça dérape c'est lorsque nous approfondissons avec les héros les sujets de leurs articles… L'un spécialisé dans le domaine médical et l'autre dans le domaine criminel.
Les deux ont le point commun de nouer des liens sexuels avec le sujet de leurs enquêtes, quite à se refiler entre eux, une bonne petite MST, inspirant au passage l'un des deux héros sur un nouveau sujet d'investigation.
A cela, il convient de rajouter que le roman aurait pu être sponsorisé par Apple , Nikon ou autre prothèse auditive connectée. Aux lecteurs qui ne connaissent pas l'une ou l'autre de ces marques, un traducteur est nécessaire entre le Garage Band et le Time Machine. On se demanderait presque si les héros ne tiennent pas plus à leurs machines qu'à leurs vies.
Sexe et consumérisme – on se croirait dans un roman de Houellebecq, en plus complexe ceci dit (surtout la partie sur les insectes), puisque l'auteur rajoute du thriller au tout.
Bref, ce livre est perturbant et compliqué. Je ne lirai pas ce genre de livres toutes les semaines, mais ça vaut le coup d'être lu.
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Emnia
  08 avril 2018
Par quelle espèce de miracle suis-je parvenue à venir à bout de ce roman ?

Je l'ai abordé en livre audio, cela a dû aider, au moins je n'avais pas à me fatiguer à tourner les pages, bien que la narration de William Hurt, agaçante tant pas sa lenteur que son ton monocorde et ses accents étrangers moyennement maîtrisés, ne m'a pas plus aidée que ça à entrer dans cette histoire de meurtre et conspiration abracadabrante au possible.

J'ai d'abord pensé, arrivée au tiers de la narration, que l'auteur avait choisi de subordonner son récit à une thèse sur le consumérisme, quitte à en sacrifier la cohérence, ce qui expliquait les effets de parallélismes et autres ficelles et coïncidences assez peu crédibles. Mais finalement, a-t-il seulement quelque chose d'intéressant à dire sur le sujet ? Le résultat peinerait à être plus creux. Le simple fait de placer un couple de philosophes français au centre de l'histoire sentait mauvais, j'aurais dû me méfier.

Le récit s'enlise, s'envase à outrance. Tout cela se veut retorse et malsain ; force est de constater que la bizarrerie du récit finit par y empêcher toute forme d'adhésion, et a eu sur moi un tel effet de distanciation que ce qui se voulait choquant ne parvenait à être que ridicule et insipide. Les monologues, interminables, pourraient être ceux qu'inventeraient au fur à mesure des acteurs contraints sous la menace de continuer à parler devant une caméra que personne n'arrêterait.

Honnêtement, je ne m'explique pas la publication de ce livre, ou sa traduction, autrement que par la célébrité de son auteur. De là à y voir un lien avec l'obsession que les protagonistes (et les lecteurs) portent aux marques dans leur habitudes de consommation, il n'y a qu'un pas...
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LadyDoubleH
  22 mars 2016
Clinique et malsain, esthétique et cérébral, ce roman explore certaines obsessions fétiches et récurrentes de Cronenberg : sexe, perversions, maladie, nouvelles technologies.
Le scénario est plutôt léché, mais le style est inégal, les personnages sans grande consistance finalement, et on subit par moment des étalages de sigles de notices d'appareils électroniques, on ne sait pas trop s'il faut en rire ou en pleurer.
Arrivée à un tiers du roman, j'ai failli laisser tomber. Mon résumé à ce moment-là donnait à peu près ça :
• Naomi et Nathan, un couple de journalistes hyper-connectés en quête de scoops. Elle : de la philosophe française à la poêle ; lui : de louches opérations mammaires hongroises.
• Naomi est à Paris pour l'affaire Arosteguy, Monsieur semble avoir mangé Madame (avis de la concierge : « Pour moi, c'est une euthanasie. Elle lui a demandé de la tuer, et il s'est exécuté. Et ensuite, bien sûr, oui, il l'a mangée. »). Elle loge au Crillon et est en cheville avec Hervé Blomqvist, un étudiant du couple qui souffre d'une maladie rare à cause de son vélo (?), son pénis fait un angle de quatre-vingt-dix degrés en son milieu et il voudrait que Naomi le teste.
• Nathan est à Budapest avec le docteur Molnàr, un chirurgien pas net du tout, accusé de trafic d'organes et d'opérations illégales. Il couche avec Dunja, la patiente de Molnàr et chope une très vilaine MST qui avait soi-disant disparu : la maladie de Roiphe. « Il pouvait s'attendre à vingt-huit jours de ciprofloxacine, de diarrhée légère, d'irritation génitale et de possibles mais peu probables ruptures de tendons, réactions psychotiques, états de confusion mentale ».
• Naomi et Nathan se croisent dans un aéroport (à part sur Skype ce sont les seuls endroits où ils se voient). Bilan : nouveau matériel acheté en duty-free et Naomi attrape la MST.
• Nathan part au Canada rencontrer Le Professeur à la retraite Roiphe. Il vit avec sa fille Chase (qui semble bien timbrée elle aussi). Nathan s'installe chez eux (?).
• Naomi part à Tokyo pour rencontrer le supposé cannibale Aristide Arosteguy en fuite.
Juste après, heureusement, le roman devient un page-turner aux rebondissements croisés complètement farfelu et en totale liberté, limite thriller géopolitique, et je l'ai terminé sans peine. Mais pas sans nausées ! Car visuellement percutant, le livre est parfois vraiment écoeurant. Ames sensibles s'abstenir. « Nous vivons une époque radicale, mon garçon. Vous ne le sentez pas ? Vous devez exagérer avec l'époque, exagérer jusqu'au point de rupture. » Ces mots qu'il fait dire à un de ses personnages, exagérer jusqu'au point de rupture, c'est un peu tout le roman.
Si vous aimez le cinéma de Cronenberg, la lecture de ce livre est une expérience à tenter, car il est franchement émaillé d'excellents passages (abominables ?).
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
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angery
  11 février 2016
L'on retrouvera dans ce roman tous les sujets chers au cinéaste, le curseur de ses transgressions poussé un peu plus profondément dans le papier, avec ce style de scalpel qui le caractérise habituellement. Et cette citation de Heidegger prendra tout son sens via cette fiction plus amorale qu'éthique.
"De même l'essence de la technique n'est absolument rien de technique. Aussi ne percevrons-nous jamais notre rapport à l'essence de la technique, aussi longtemps que nous nous bornerons à nous représenter la technique et à la pratiquer, à nous en accommoder ou à la fuir. Nous demeurons partout enchaînés à la technique et privés de liberté, que nous l'affirmions avec passion ou que nous la niions pareillement. Quand cependant nous considérons la technique comme quelque chose de neutre, c'est alors que nous lui sommes livrés de la pire façon : car cette conception, qui jouit aujourd'hui d'une faveur toute particulière, nous rend complètement aveugles en face de l'essence de la technique"
Martin Heidegger Essais et conférences. LA QUESTION DE LA TECHNIQUE.
[1953] Éd. Gallimard
« Nathan vérifia la mesure de la lumière dans le viseur et monta jusqu'à 25 600 ISO. (Le nouveau D4s, celui qu'il n'avait pas, pouvait, fait hallucinant, monter jusqu'à 409 600 ISO – il voyait dans le noir – mais mieux valait ne pas y penser.) Les photos seraient extrêmement criardes, avec du grain, des éclaboussures, mais cela leur conférerait un aspect pictural, pointilliste, peut-être, ou impressionniste. Avec ce réglage, l'appareil photo lui paraissait, étrangement, encore plus sensuel, pareil à un instrument. Il commença à la mitrailler. »
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liberliber
  12 avril 2016
De David Cronenberg, on connaît une filmographie où les thèmes du corps, de la maladie, de la mort et de la technologie sont développés sous un angle souvent fantastique.
Dans ce premier roman, il réinvestit ses obsessions pour nous livrer un étranger objet littéraire qui m'a laissée perplexe.
Le pitch est le suivant : Naomi et Nathan, amants par intermittence, sont photojournalistes. Prêts à tout pour décrocher un scoop, y compris coucher avec leurs « objets » d'étude, ils enquêtent sur deux affaires différentes en apparence et qui finiront par se rejoindre. Naomi s'intéresse à un sordide fait divers. Célestine, la soixantaine bien avancée, est retrouvée morte dans son appartement parisien. Son corps est mutilé et en partie dévoré. le principal suspect est Aristide, son mari, lui aussi philosophe.
De son côté, Nathan se penche sur le cas du docteur Molnar, un chirurgien suspecté de trafic d'organes.
La première grosse moitié du livre, soit un peu plus de 200 pages sur 372, m'a un peu agacée avec son incessant « name dropping » technologique et ses allers et retours épuisants entre les deux protagonistes hyper connectés. Fatigantes sont aussi les référence pseudo philosophiques, sortes de caution à un intellectualisme branché que semble revendiquer l'auteur.
La seconde partie, tout aussi malsaine et mortifère (mais ce n'est pas une critique), est en revanche plus captivante lorsqu'elle s'interroge sur un sujet relativement original : la sexualité du troisième âge et le vieillissement du couple. « La transformation de nos corps s'inscrivait dans une synchronie rigoureuse... » peut-on lire.
On apprend aussi des choses relativement méconnues sur la guerre entomologique que le Japon a menée contre la Chine pendant la seconde guerre mondiale et sur les boutiques BuruSera qui commercialisent des petites culottes pas très propres...
Bref, « Consumés » est un roman parfois laborieux et souvent agaçant mais il bouscule le lecteur dans ses certitudes et c'est déjà beaucoup !

EXTRAITS
(…) la passion des marques était une glu émotionnelle pour les couples obnubilés par la technologie.
(…) ne pas être photographié de manière quotidienne, même par soi-même, ne pas être enregistré ni filmé pour être dispersé dans les vents turbulents du Net, c'était s'exposer à la non-existence
Dans cette direction, elle aperçut l'enseigne d'un magasin d'objets électroniques, et, ses sacs fermement en main, elle plongea pour se diriger vers cette oasis.
Nikon, c'était notre truc de défiance consumériste, pas Sony, pas Canon, le symbole de notre professionnalisme, notre technologie sexuelle partagée.
Mais nous nous sommes également aperçus qu'on avait besoin d'Internet pour comprendre la condition humaine fondamentale
Lien : http://papivore.net/litterat..
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critiques presse (3)
LaPresse   24 février 2016
Dans Consumés, David Cronenberg pousse plus loin que dans ses films ses questionnements sur la maladie, le corps, la technologie et la mort. La consommation aussi.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Culturebox   11 février 2016
Un thriller contemporain qui prolonge par les mots son travail cinématographique. On y retrouve ses obsessions : sexe à thèmes, corps mutilés, cannibalisme, insectes, nouvelles technologies.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeFigaro   21 janvier 2016
Un improbable roman trash et déjà démodé.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
KirsikkaKirsikka   03 avril 2016
Naomi croisa le regard du docteur et répondit au sourire qu'elle s'adressait à elle-même par un sourire, mais elle doutait de ses capacités à masquer les signes de la spirale descendante dans laquelle elle s'était engagée, induite par son regret intense d'avoir lancé la conversation avec un autre être humain en direct. Si elle s'était trouvée devant son ordinateur portable, elle aurait pu googliser ces deux Allemands, se faire une idée, mais dans un contexte strictement oral, elle ne savait même pas épeler leur nom, et encore moins répondre avec intelligence au docteur Trinh. C'était une chose de jouer avec Hervé, aussi brillant soit-il. Nathan, lui avait une culture "classique", selon la formule consacrée. C'était lui, le lecteur. Où était-il ? Naomi avait le plus grand mal à garder la tête hors de l'eau avec le médecin. Une bagarre de rue, c'était la seule échappatoire.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   19 mars 2016
Pouvait-il vraiment dire quoi que ce soit sur les concepts classiques d'art, et par conséquent de beauté, fondés sur l'harmonie, contrairement aux théories modernes, postérieures à la révolution industrielle et à la psychanalyse, fondées sur la maladie et le dysfonctionnement ? Pouvait-il plaider en faveur du nouveau moi malade de Dunja, perçu comme forme de beauté féminine d'avant-garde ? Il n'osa pas, mais elle s'en chargea.
" Tant que je serai encore en vie, je n'aurai plus rien de spécial pour séduire, à part le fumet de la mort. Ce sera mon parfum létal. Et je souhaite que ce soit ce qui t'a séduit, vois-tu ? Car c'est mon avenir, et je ne veux pas le vivre seule. [...] "
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LadyDoubleHLadyDoubleH   14 février 2016
--- Hé chérie, je suis surpris que tu sois réellement disposée à te salir les mains avec de vrais humains. Qu'en est-il des sources trouvées sur le Net ? Qu'en est-il du confort du journalisme virtuel, celui qui ne nous force jamais à quitter notre pyjama ? Tu ne serais pas obligée d'être à Paris. Tu pourrais être n'importe où.
--- Si je pouvais être n'importe où, je serais à Paris.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   19 mars 2016
Tu sais, ces vidéos où l'on voit des gens déballer des choses partout sur Youtube. C'est la quintessence du fétichisme consumériste. J'en raffole.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   19 mars 2016
Naomi tira son Blackberry Q10 de la poche latérale de la valise. Elle le préférait à l'iPhone de Nathan dans tout contexte d'envoi de texto intensif, où elle se trouvait fréquemment ; elle avait besoin de vrais boutons physiques (il était impossible de taper sur un iPhone avec un semblant d'ongles) et elle redoutait un effondrement imminent de l'empire Blackberry. Telle était la vie pleine de dangers de la consommatrice fervente de technologies.
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