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Critique de Colchik


Colchik
  10 octobre 2019
Il y a aujourd'hui un engouement certain pour la fiction américaine s'approchant de près ou de loin à la « nature writing », étiquette un peu abusive dont on affuble tout livre où la nature tient une place à part entière dans le déroulement de l'histoire. Le roman d'Elizabeth Crook évoque la traque d'un puma géant, El Demonio de Dos Dedos, aux derniers temps de la guerre de Sécession, dans les collines et canyons du comté de Bandera, au Texas. L'auteure, originaire de cette région, revient vers ses racines familiales pour nous conter les aventures du jeune Benjamin Shreve et de sa soeur Samantha. À l'occasion d'un crime commis par une milice de fanatiques – les huit morts de Julian Creek – et de l'enquête menée par le juge itinérant Carlton, Benjamin se lance dans le récit des circonstances qui l'ont amené à croiser la route, à plusieurs reprises, du principal responsable de ces meurtres, Clarence Hanlin. Mais, le vrai sujet du roman n'est pas les pendus de Julian Creek comme l'indique de façon trompeuse le titre français (qui n'a rien à voir avec le titre original), mais la chasse au fauve où est précipité Benjamin en raison de l'obsession de sa soeur pour le prédateur qui l'a défigurée et tué sa mère.
Si les débuts du roman nous embarquent habilement dans l'odyssée des Shreve, la suite s'enlise et peine à sortir le récit d'une certaine répétitivité orchestrée autour d'archétypes du western pour le coup peu revisités : le bon s'incarne dans le brave pasteur Dob, la brute est personnifiée par le méchant Clarence Hanlin et le sympathique Mexicain Pacheco interprète le truand. Par ailleurs, le parallèle récurrent entre la quête d'Achab recherchant Moby Dick et celle de Samantha poursuivant la panthère fabuleuse balise le récit de signaux trop visibles pour le lecteur. Si l'histoire est traitée à hauteur d'adolescent et se limite souvent aux faits narrés avec une certaine gouaille, l'auteure aurait pu davantage tirer parti de certains personnages (Juda, la mère de Sam, une ancienne esclave) ou de certaines situations (les conflits de territoire avec les Indiens) pour donner un peu plus de profondeur à son roman.
Pour l'anecdote, j'ai remarqué que, page 103, on abattait un chameau pour mettre fin à ses souffrances mais que page 161 – et deux jours plus tard – , il était toujours mourant. Que fait la SPA ?
Ce roman est agréable à lire mais, pour moi, il ne constitue pas « une aventure bouleversante au finale (sic) éblouissant » comme le mentionne une citation du Wall Street Journal en quatrième de couverture.
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