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ISBN : 2814503138
Éditeur : publie.net (01/01/1900)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 6 notes)
Résumé :
(édition numérique)
Ce que j’aime le plus dans ces échanges Internet, c’est la rupture avec l’exclusivisme. Même si nous avons sans cesse à défendre cet esprit originel d’échange et de partage, dans un paysage où les géants de l’industrie (culturelle y compris) et du commerce sont de plus en plus obsessivement présents, l’impression qu’en quelques années jamais eu autant d’échanges directs et ouverts, très loin de ma propre spécialité.

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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
mangeclous
  27 janvier 2011
Cette critique est originellement parue pour le numéro 6 de 2010 du Bulletion des Bibliothèques de France. Pour info, le BBF est désormais lisible – expérimentalement pour l'instant - en mode feuilletage (utilisation du site Issuu) pour ce dernier numéro.
Rester en mouvement
On lit, en exergue de ce livre « numérique », accessible sur le site publie.net : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. » le célèbre fragment d'Héraclite illustre à merveille le principe des livres de Thierry Crouzet : celui d'un texte en perpétuel mouvement. La recension qui suit est celle de la version 3.5, intégrant les remarques faites par les lecteurs des versions précédentes et suscitées par l'auteur sur son blog « le peuple des connecteurs ».

L'alternative nomade, sous-titrée lors de sa première version « sortir du consumérisme avec joie », est dorénavant sous-titrée dans la nouvelle version « vers la complexité numérique ». le texte né sur les réseaux a dorénavant une version papier (chez lulu.com) . Mais laquelle, de version ? Car, entre-temps, L'alternative nomade nouvelle version s'est divisée en deux sur le principe cellulaire pour donner un second opus : Propulseurs dans le flux. Sans le savoir, Thierry Crouzet ne nous facilite pas la tâche pour renseigner la zone 2 de l'ISBD ou le champ 205 d'Unimarc ! Mais ce n'est qu'une obsession de bibliothécaire !

Résumons : je possède donc trois versions : celle de publie.net (en tant qu'abonné) version 3.5 puis j'ai acquis la version iphone Propulseurs dans le flux, lu grâce à l'appli Stanza et enfin, acheté la version papier chez lulu.com (11 €, impression à la demande). Je vous rassure : j'ai eu trois lectures successives ; dans des lieux et sur des supports différents (maison et écran ; mobile et liseuse pour l'extérieur le plus souvent : le train, chez le médecin, bord de piscine ;) ; enfin support papier pour partout…) (Ce paragraphe est un ajout à la version publiée dans le BBF… c'est ma version augmentée ! )
Vous avez dû mal à suivre ? Normal, le livre que vous vous devez de lire, chers collègues, évoque la révolution de l'écrit et de la transmission de la parole depuis l'invention du web et de ce que tout cela change pour tous en général et pour nos métiers en particulier.
À la fois projet politique individuel et libertaire et méthode de vie, cette alternative nomade nous propose – avec une grande force de conviction – de nous arracher au néant matérialiste et consumériste actuel pour inventer un nouveau nomadisme en voyageant dans l'écosystème de cette nouvelle terra incognita qu'est le Flux : « Cet espace autant informationnel qu'émotionnel où nous nous lions et nous relions constamment. » le Flux a toujours existé : jadis, avec les différents supports de transmission de la culture ; aujourd'hui, grâce au web.
Une nouvelle économie du lien
Thierry Crouzet analyse autant les aspects positifs de ce que le web peut avoir de meilleur pour partager – il préfère le terme « propulser » – des informations (sur blogs, micro-blogging, réseaux sociaux) et conteste par ailleurs le pouvoir de certains (YouTube, Dailymotion, Google…) qui utilisent cyniquement cette envie de partage des individus pour mieux les contraindre à leurs services. L'alternative, ici, consiste à intégrer le mode nomade dans nos têtes : ne pas nécessairement nous fixer ad vitam aeternam sur un outil qui souhaite nous lier définitivement à lui en connaissant tout de nos intimités. Il convient alors de faire interagir nos paroles, nos passions et nos actes, grâce à une foule d'intermédiaires nouveaux : « le Flux pulse constamment nos interactions. » Résistance et alternative sont les deux mots phares et joyeux de ce livre.
Vers des bibliothécaires propulseurs ?
Résumons rapidement, s'il est possible de résumer ce livre touffu où l'on rencontre allégrement : Bruce Chatwin et les aborigènes du Chant des pistes, Teilhard de Chardin et sa noosphère, le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi et ses expériences optimales, ou encore Tim Berners-Lee, l'inventeur du web avec Robert Cailliau. Avant le web, le contenu était « consommé » dans des lieux dédiés : librairies, kiosques de journaux, télévision, musée, théâtre ou… bibliothèques, créé par des figures reconnues (écrivains, musiciens, journalistes…) et mis en valeur par des professionnels bien identifiés (bibliothécaires, par exemple).
Avec le web, la profusion des contenus règne et perturbe nos modes d'appropriation et de consommation du savoir. L'information est devenue un fluide qui s'écoule perpétuellement. Horreur ! Réjouissons-nous, nous dit Thierry Crouzet. Aux traditionnels professionnels de la recommandation se sont ajoutés les propulseurs ! Qui sont ces propulseurs ? NOUS ! Qui propageons vers nos « amis » – via les réseaux sociaux mais pas seulement – des informations que nous trouvons importantes. Une nouvelle variante du bouche à oreille (le buzz ?) qui se moque parfois des traditionnels médiateurs. Lors de la révolte iranienne de juin 2009, Twitter, le site de micro-blogging, a relayé les messages des opposants au régime iranien en l'absence – forcée – des journalistes. Une véritable économie des liens dans toutes ses acceptions – pas seulement hypertextes – est née. Nous sommes passés de l'ère de la rareté de l'information à l'âge de l'Abondance.
L'auteur va parfois un peu loin : il considère dorénavant inutile de différencier, par exemple, le producteur d'information de celui qui propulse. le propulseur est autant l'auteur d'un contenu que celui qui en parle ou le commente.
N'empêche, la lecture de cette alternative nomade, si elle est parfois déstabilisante pour nos professions, est souvent très enthousiasmante. Sûr que vous partirez rapidement en quête du Chant des pistes de Chatwin pour le lire ou le relire. Rien que pour cela, l'alternative nomade aura réussi son pari : celui de propulser autrement !
FQ
Lien : http://memoire2silence.wordp..
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tulisquoi
  28 mars 2011
Thierry Crouzet n'a pas pour habitude de se fondre dans la masse et de servir les mêmes idées qu'on peut voir fleurir partout. L'alternative nomade en est la preuve. Mélange d'idées personnelles et philosophiques, de faits historiques, de propositions d'alternatives à nos manières de vivre et de consommer, « ce livre n'est ni un essai, ni un traité d'expert, ni un document, ni un récit initiatique, ni un travail scientifique ou philosophique, ni une oeuvre littéraire. Il se situe quelque part dans le flux mouvant qui interconnecte ces domaines, floutant les frontières qui jadis les séparaient. Vous ne le trouverez ni au rayon psychologie, ni au rayon sociologie, ni au rayon politique, encore moins au rayon technologie, mais pourtant il parle de tout cela. » Alors, avec tous ces « ni », que peut-on trouver dans ce livre ?
Des pistes, des propositions, des constatations. Thierry Crouzet nous offre une autre approche du nomadisme, par exemple. Afin de se libérer un peu d'un monde matérialiste et de plus en plus tourné vers le consumérisme, il propose, en thèse, une nouvelle approche de cette manière de vivre pourtant très ancienne : « le nomade ne possède que ce qu'il peut transporter. Si nous devenons nomades, nous nous arrachons au consumérisme qui mène l'humanité à sa perte. Il ne s'agit pas de prendre la route, de sauter de jet en jet et de polluer le monde, mais d'inventer un nouveau nomadisme, un nomadisme dans le Flux. » le Flux. Notion importante dans cet essai. le Flux en tant qu'«espace des liens sociaux et culturels», cet endroit dématérialisé où s'échangent informations, musiques, liens, vidéos. Cela passe par les blogs, les sites, les réseaux sociaux types twitter, facebook ou autres. L'avantage aujourd'hui, comme le met en avant Thierry Crouzet, c'est que le Flux, tel qu'il existe aujourd'hui, permet de s'affranchir des canaux officiels, de se créer ses propres flux d'information, de les mélanger, de les digérer et de les propulser, à notre tour, pour les compléter, les remettre en question, les partager…
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Lien : http://www.tulisquoi.net/lal..
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brigetoun
  24 mars 2010
intéressant , très - mais lu souvent freinée, en position de refus instinctif, au nom des hommes peinant dans la glaise devant une certaine déconnexion de la nécessité pesante, au nom aussi de la difficulté de l'individu formé dans une classique solitude devant cette foi dans les liens, pour découvrir un peu plus loin la réponse à mes réserves - laisser le travail se faire
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
tulisquoitulisquoi   28 mars 2011
Que faisons-nous dans le Flux ? Nous lisons, nous écoutons, nous regardons… À ce stade rien de nouveau. Que faisons-nous d’autre ? Nous publions des billets sur nos blogs, de courtes phrases sur les réseaux sociaux, nous commentons, parlons de ce que nous aimons, conseillons d’aller lire tel ou tel article, diffusons des photos, des vidéos, des enregistrements audio… Les nôtres, ceux des autres, de nos amis, mais aussi d’inconnus. Que faisons-nous sinon pousser de l’information dans le Flux ? Nous sommes devenus des propulseurs, exactement comme les automobilistes qui signalent des radars ou de bons restaurants sur leur GPS.

PROPULSEUR Qui transmet le mouvement. (1846) Engin de propulsion assurant le déplacement d’un bateau, d’un avion, d’un engin spatial. Par extension : celui qui crée le flux d’information, le met en mouvement, le filtre, le redirige, l’enrichit, le fusionne à d’autres flux… Exemples : commentateur, écrivain, journaliste, éditeur, blogueur, microblogueur, artiste, philosophe, scientifique, socionaute… tous ceux qui ont quelque chose à dire ou à partager, une grande idée comme un sourire.

Vous prenez une photo, la publiez, vous êtes un propulseur. Vous lisez un article intéressant, vous le recommandez à vos amis, vous êtes un propulseur. Vous écrivez un article ou un commentaire sur un blog, vous êtes un propulseur. Vous branchez un flux sur un autre et les remixez, vous êtes un propulseur. Propulser, c’est pousser l’information dans le Flux. C’est lui donner vie. Lui transmettre votre vie. C’est insuffler de l’énergie dans le Flux tout en étendant sa structure en créant des liens.
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brigetounbrigetoun   24 mars 2010
Le nomos, substantif du verbe nemein, c’est la loi, les règles qui défendent la séparation et le droit de propriété. De là, on aboutit à nemesis, le don de ce qui est dû, la vengeance, à nomisma, la monnaie, la numismatique. Le nomos serait ce qui est fluide comme la monnaie, mais aussi ce qui sépare, ce qui divise, aussi comme la monnaie.
.....
Mais l’étymologie a le don de nous fourvoyer si nous ne nous demandons pas qui a forgé les mots. Les nomades ont toujours été craints par les sédentaires, sédentaires qui nous ont donné nos langues. Il est logique qu’étymologiquement le nomadisme sente le souffre.
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brigetounbrigetoun   24 mars 2010
Mener plus loin son individuation implique de mesurer les liens qui existent entre l’individu et le collectif, de voir combien l’un et l’autre se définissent réciproquement. Il s’agit par exemple de ne pas confondre individuation et individualisme. Si nous nous enfermons dans notre moi, si nous ne pensons
qu’à nous regarder nous-mêmes, nous ne faisons que ressembler à tous les égoïstes.
Mais chez nous l’égoïsme n’est pas dominant. Un altruiste se cache en nous.
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brigetounbrigetoun   24 mars 2010
Pourquoi nous laissons-nous influencer avec autant de facilité ? En 1961, le philosophe René Girard suggéra que nous souffrions du désir mimétique, c’est-à-dire du désir d’imiter nos semblables 6. Si je vois mes voisins acheter de grosses voitures, j’ai envie d’acheter une grosse voiture, et même plus grosse si possible. La surenchère conduirait à la surconsommation et à la violence. Si je vois quelqu’un se saisir d’un objet, je veux aussi m’en emparer.
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brigetounbrigetoun   24 mars 2010
Un propulseur peut connaître des expériences optimales dans le Flux sans pour autant se forger une conscience politique. D'ailleurs, la plupart des spécialistes du développement personnel défendent cette idée que même un homme vivant sur un tas d’ordures peut atteindre le bonheur.
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