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ISBN : 2919358316
Éditeur : Thaulk (28/08/2014)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Au IIIe siècle av. J-C, Ératosthène a inventé la géographie et mesuré la terre. Directeur de la bibliothèque d'Alexandrie, poète, mathématicien et surtout philosophe de la liberté, il est tombé dans l'oubli pendant deux mille ans. Nous le redécouvrons plus vivant que jamais dans un roman historique qui nous plonge dans l'Égypte et la Grèce antiques.Ératosthène a cherché le bonheur dans un temps de grands bouleversements, siège d'inventions révolutionnaires et d'une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Apoapo
  12 février 2016
En ce IIIe siècle av. J-C., les trois royaumes hellénistiques (Ptolémaïque, Séleucide, Antigonide) s'affrontent impitoyablement pour asseoir leur puissance en Méditerranée et en Asie à la place des cités-états grecques déclinantes, à la veille du bouleversement encore plus important qu'apportera Rome. Dans ce climat d'angoisse pour la décadence hellène, la culture se replie sur soi et les écoles philosophiques, en particulier l'épicurienne et la stoïcienne, prônent d'abord une orthodoxie qui a pour vocation d'exclure les esprits ouverts et critiques.
La figure d'Ératosthène paraît douloureusement marquée par ces deux circonstances, à cause des hasards qui le conduisent au plus près de la cour d'Égypte et de ses intrigues sanglantes, ainsi que de son choix précoce de s'émanciper des courants philosophiques athéniens. Sa très longue vie, dont une grande partie fut consacrée à la direction de la fameuse bibliothèque d'Alexandrie, ne lui épargna donc ni guerres et autres adversités liées à la politique, ni hostilités intellectuelles contemporaines et posthumes, allégées seulement par quelques amours d'hommes et de femmes puissants et par l'amitié indéfectible de l'autre grand esprit de son temps, Archimède le Syracusain.
Les avancées de la pensée que Crouzet nous rapporte comme venant d'Ératosthène sont le dépassement de la dualité hasard-nécessité au profit d'une plus grande liberté individuelle, le décloisonnement des spécialités du savoir visant à ce qu'on appelle aujourd'hui l'interdisciplinarité, la transparence et le partage des connaissances entre pairs et sans hiérarchie, comme méthodes et comme éthique de la démarche de recherche des savants, l'invention d'une géographie, d'une cartographie, d'une représentation tridimensionnelle du Globe sur la base des relations des voyageurs croisées avec les mathématiques appliquées à la mesure de la Terre.
Le récit se déroule en chapitres aux titres élégants précédés de l'indication du personnage principal qui en fera l'objet, lequel est désigné ensuite par un simple pronom personnel : Ératosthène s'alterne donc à d'autres protagonistes, ce qui produit un effet dynamisant sur la narration. (Je trouve qu'une table complète de ces titres et sur-titres aurait été utile.)
Les 25 dernières pages de l'ouvrage comportent, regroupés sous la mention « L'avenir », des chapitres très succincts sur la postérité intellectuelle d'Ératosthène, à partir de l'an 140 av. J-C. jusqu'en 2014, qui visent à esquisser des possibles parallèles entre les problématiques du savant grec et notre monde contemporain, surtout eu égard aux raisons du si grand retard de l'Histoire à lui rendre justice. J'avoue que cette perspective, comportant également l'idée d'une communauté du savoir ouverte et « peer to peer » qui fait partie des idéaux (ou des utopies) de l'Internet m'avait beaucoup attirée dans cet ouvrage. À l'issue de la lecture, je trouve que cette esquisse n'a guère plus de consistance qu'une hypothèse jolie. Mais les connaissances me manquent pour trancher sur la question si la modernité des débats d'idées du IIIe s. mis en scène dans le livre appartient au romanesque, - s'il s'agit en quelque sorte d'une réécriture projective par ex. du stoïcisme selon notre entendement contemporain - ou bien si, en profondeur, l'inaudibilité du message et des aspirations d'Ératosthène, la détestation séculaire que sa personne a générée ne relèvent plutôt de cycles historiques, donc en quelque sorte de phénomènes plus invariables, que l'on peut aisément traduire dans des concepts d'une époque à l'autre – par ex. le repli sur un monde étriqué, fragmenté et plat (de préférence le sien propre) en temps de crise.
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ChtiSuisse
  11 décembre 2014
Livre multiple Ératosthène est peu commun. Rédiger un avis sur une oeuvre aussi riche est peu aisé.
- C'est un roman historique extrêmement contemporain. La couverture en est une très bonne illustration d'ailleurs. Les combats, les questionnements sont actuels, très actuels. Tellement actuels
- C'est l'histoire d'une vie. J'aime les romans qui me permettent de suivre un personnage depuis l'adolescence jusqu'au terme. On vit avec lui. On évolue aussi avec lui.
- C'est un voyage initiatique. Il rejoint par bien des côtés le livre que je préfère entre tous “Siddhartha” d'Hermann Hesse. Comme Siddhartha, Ératosthène refuse de fonder son propre mouvement, d'y embarquer des disciples. Il trace une voie, sa voie, celle de la culture au vrai sens du terme.
- C'est un voyage philosophique au vrai sens du terme. Ératosthène croise ou est au contact de multiples mouvements de pensée. Il construit sa propre image du monde et le partage avec nous. Chaque courant de pensé, chaque école s'insère très bien dans le récit.
- C'est une très intéressante observation de la vie qui nous est offerte. J'ai rarement autant pris de citations en note. Il y a beaucoup de passages qui méritent une lecture lente et approfondie (voir une relecture).
La lecture en est passionnante. Les chapitres sont courts. Autant la lecture d'un roman d'Umberto Ecco peut être ardue autant la lecture d'Ératosthène est fluide et incisive.
Bonus
Je l'ai lu en eBook (9.99€ su immatériel sans DRM) et en bonus on peut découvrir en fin de roman la genèse du roman. L'écriture fut longue. Les versions furent multiples. le résultat est excellent et découvrir ce processus, ce chemin est une excellente idée.
Conclusion
Très gros coup de coeur pour ce roman que je le sais déjà je relirais. Un roman qui ouvre des portes.
Je l'ajoute au Top de mes lectures.
Lien : http://travels-notes.blogspo..
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LeaTouchBook
  16 septembre 2014
« Celui qui est parti, ne revient jamais ! », sous entendu que la personne qui revient d'un voyage n'est plus la même que celui qui l'a entrepris.
Et bien lorsque nous finissons ce type de roman, nous ne sommes plus les mêmes car nous avons capitalisé des « savoirs ».
Ératosthène le personnage principal de ce livre partage la « vedette » avec plusieurs autres « characters » : Archimède, physicien, mathématicien et ingénieur ; Bérénice, princesse de la dynastie des Ptolémée d'Alexandrie et Sosibe, athlète devenu guerrier et ivre de pouvoirs.
Durant les chapitres, nous les suivons au travers de leurs aventures, « On aspire à plus, pas à moins. Cette course en avant explique le sens de l'histoire ».
Le monde grec que Thierry Crouzet nous fait découvrir est celui des décideurs, des inventeurs, ceux des maitres.
C'est une culture, où les parents qui gouvernent, sont capables de tuer leurs enfants pour construire leur succession. Les mariages sont possibles entre cousins, frères et soeurs.
Les excès sont monnaie courante et les guerres jamais loin, « Les crises favorisent les génies… se surpasser ».
Dans la première partie du livre, nous voyons arriver cette civilisation grecque à l'apogée de sa flamboyance à Athènes puis en Alexandrie. Nous partageons les découvertes de deux savants à l'âme de lycéen, car tout est à faire, Ératosthène et Archimède. Nous assistons, spectateurs, aux intrigues de palais.
Nouvelle partie, les protagonistes sont au sommet de leurs pouvoirs. Les scientifiques, même si ils sont jalousés, réalisent leurs meilleures études. Les guerriers sont victorieux et les princes sont arrivés aux commandes.
Puis vient l'avènement d'une autre civilisation qui va dominer le monde connu, les Romains. Parallèlement les guerres internes ayant fragilisées le monde des pharaons, la transition se fera dans la douleur.
Thierry Crouzet possède une écriture solide et sait nous faire partager la vie de ses personnages.
La construction des chapitres est très courte, de quatre à six pages, cela donne une ambiance particulière au roman car l'histoire couvre 50 ans donc une période importante, un curieux contraste qui ne m'a pas déplu.
J'ai pris plaisir à découvrir cet auteur et à lire ce qui est un bon ouvrage.
Ce roman méritera une deuxième lecture de ma part car je n'avais jamais capitalisé autant de notes qu'avec celui-ci. Une source de données sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour nous ouvrir à la société grecque ancienne.
Et comble de l'intelligence du romancier dans son écriture, la fin s'appuie sur….. Vous ne pensiez pas sérieusement que j'allais le faire, si ?
Pour plagier la fin des lettres d'Archimède dans le livre : « J'espère que tu vas bien, moi ça va ! »
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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DonaSwann
  09 février 2016
Thierry Crouzet a écrit Eratosthène sur la proposition d'un ami qui lui aurait conseillé d'écrire un roman historique. C'est, en effet, à la découverte d'Eratosthène de Cyrène, géographe, mathématicien, poète, linguiste, brièvement disciple de Zénon (en tout cas, apprenti stoïcien) et attiré tout aussi brièvement par l'épicurisme, que nous sommes conviés. Toutefois, les chapitres nous annoncent son histoire, cette Histoire, celle d'un pays, à travers une grande variété de points de vue : Bérénice, Princesse de la Cyrénaïque promise au trône d'Egypte, Sosibe, soldat, athlète, stoïcien, Lysadre, Lysimaque, Archimède (celui que vous connaissez, lui-même)...
Le monde hellénistique du IIIème siècle est radiographié et analysé à travers la biographie et le point de vue d'un homme qui, pourtant, est loin d'avoir été plébiscité par ses pairs, en dehors, semble-t-il, de ses rares élèves, et d'Archimède. Ce dernier semble former avec Eratosthène le pendant d'une évocation de Léonard de Vinci ; l'auteur semble dire que les deux savants ont offert à une époque statique, frileuse et décadente la possibilité d'évoluer, de croître, de découvrir, qu'elle n'a pas saisi.
Cf. suite de ma note de lecture sur mon blog.
Lien : http://aufildesimages.canalb..
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elaineeniale
  03 novembre 2018
Pour l'amour de l'histoire et de la philosophie
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
DonaSwannDonaSwann   09 février 2016
La doctrine de Zénon ne convient qu'à Zénon, celle d'Épicure qu'à Épicure. Les autres hommes ne pouvant s'y appliquer de tout leur être. Ils oscillent entre le dogme et leurs propres aspirations. Accepter les idées d'un philosophe ne pose pas en soi de difficulté, il est en revanche plus exigeant de se conformer à ce qu'elles impliquent. C'est même impossible sans la faveur des contingences : si Épicure n'avait pas souffert de troubles intestinaux, il aurait inventé un épicurisme moins austère. Les disciples ne doivent pas être blâmés. Ils se coulent au mieux dans des doctrines taillées pour d'autres qu'eux.
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DonaSwannDonaSwann   09 février 2016
La bibliothèque provoque cette réflexion. Parce qu'elle met en contact des textes étrangers, il devient possible de penser la relativité des savoirs. Elle pourrait être un centre de bonheur, le foyer d'une lumière nouvelle et dévastatrice. Les savants en oublient qu'ils forment une communauté et perdent le sens de la mesure. Ils s'autorisent à railler une œuvre dont ils n'ont lu qu'une phrase. Ils accusent leurs collègues de stupidité sans prendre garde de ne pas être plus stupides qu'eux. Ces orgueilleux n'ajoutent plus aucune beauté à leur vie.
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ChtiSuisseChtiSuisse   09 décembre 2014
Il fallait construire des bateaux géants. Se lancer dans un tour du monde suicidaire. Mourir en héros plutôt qu’étouffer sous les coups d’une armée de fonctionnaires chétifs, préoccupés de leur pouvoir dérisoire, jamais attirés par la grandeur ou la beauté glorieuse.
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DonaSwannDonaSwann   09 février 2016
Doué, [Lysimaque] aurait été poète. Volontaire, il aurait étudié les mathématiques. Fort, il aurait sculpté le granit. Ne possédant aucune de ces qualités, il se satisfait de porter un regard critique à tout ce qui l'entoure, une habitude gagnée dès son plus jeune âge.
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ChtiSuisseChtiSuisse   11 décembre 2014
Alexandre nous a enseigné qu’il est impossible de contrôler un empire.
— Le commerce ?
— C’est l’autre nom de la guerre.
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Videos de Thierry Crouzet (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thierry Crouzet
Thierry Crouzet, auteur résidant en Occitanie, a écrit et conçu entre 2017 et 2018, un récit en lien avec un parcours géolocalisé. En résulte une application qui permet une balade littéraire. Cette vidéo a été enregistrée lors des bêtatests de l'application en février 2018.
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