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ISBN : 2221114663
Éditeur : Robert Laffont (04/03/2010)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 22 notes)
Résumé :
1914. Appelés sous les drapeaux, les hommes de la famille Kergalin sont arrachés à leur maison et à leur Bretagne natales. Ils reviendront blessés ou traumatisés et, désormais, pour eux comme pour les femmes qui ont dû s organiser en leur absence, rien ne sera plus comme avant ...

Vaste fresque éclairant notre temps, D un autre monde fait vivre plusieurs générations emportées dans le siècle par les grondements de l histoire. Affrontant le fracas des g... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  29 juillet 2016
En ces temps de lectures estivales reposantes, voici une histoire bretonne qui devrait combler les amateurs de sagas et de culture "beurre salé".
Toujours les mêmes recettes littéraires pour nous raconter l'histoire d'un clan, dans une région et dans une époque (1914-2000). La codification du genre est immuable, faut-il encore savoir s'y plier.
Ici, rien à dire! Un premier roman pour une fresque romanesque sur 4 générations. C'est du bel ouvrage, avec de nombreux personnages, une approche psychologique qui colle au contexte de la guerre, du terroir, de la famille et de la Bretagne.
On prend plaisir à lire ce pavé où se déroule la vie, tout simplement, avec ses bonheurs, ses drames et ses aléas. On sent le travail d'écriture, la recherche du ton juste. Pour autant, il ne pèse rien en ennui et permet de s'identifier à sa propre histoire familiale (encore plus, si on est d'origine bretonne).
Une affaire de famille et de mémoire plutôt réussie.
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mimipinson
  12 janvier 2011
Durant la lecture ce livre, j'ai « vécu » littéralement avec les Kergalin, dans cette région de Bretagne que je ne connais pas, mais qui m'a paru pourtant si familière.
Si j'ai pu me glisser dans cette famille, c'est qu'au fond, malgré son histoire bien à elle, malgré ses non dits, et ses secrets, c'est parce qu'au fond chacun peut s'y retrouver à un moment ou à un autre.
Madame Crozon met l'accent sur les évènements tragiques de ce siècle, pour donner à ses personnages toutes leur profondeur ; et ainsi démontrer que chacun d'eux, et donc nous, est le fruit non seulement de ses ancêtres, mais aussi de l'empreinte laissée par les conflits, les rapports sociaux et religieux de l'époque.
Chaque génération est marquée par « sa »guerre, et donne à la génération suivante son bagage à porter.
A chaque malheur, à chaque tragédie, arrive aussi son lot de joie et de réjouissances, comme pour mieux souligner le mouvement perpétuel des générations, e renouvellement presque systématique ; la vie qui reprend toujours le dessus quoiqu'il arrive.
Parmi les membres de cette famille qui à l'arrivée finit par être conséquente, et disséminé aux quatre coins du monde, il en est certains qui ne sont pas passés inaperçus.
D'abord, il y a Etienne ; l'exemplarité même cet homme. Un homme qu'on aimerait avoir rien que pour soi tant il est droit et profondément humain.

Madeleine, l'infirmière rebelle, en avance sur sont temps, et qui paiera cher pour tout cela. Madeleine et le réveil de l'engagement humanitaire, sa révolte contre la misère.
Emilienne, la « douairière », qui voit défiler les conflits, qui voit son monde changer, s'écrouler parfois. Emilienne qui résiste.
« Qu'un homme ne revienne pas de la guerre, c'est insupportable encore que comprhensible, mais une femme, une mère, ma fille… »
André, qui revient de loin, qui en a vu, enduré. André le dur, le replié. Mais au fond, , il a peut être ses raisons d'être ainsi.
« Je me suis engagé comme on s'exile, pour en finir avec les masques. »
Pauline, c'est l'avant dernière génération, c'est elle qui va faire la transition entre deux mondes, l'ancien et le nouveau. C'est elle qui va défricher les archives familiales, et va aller de découverte en découvertes, pour comprendre ou du moins éclairer certaine situations et certains comportement.
L'épisode Pauline est complexe : non seulement elle fait l'objet d'un long développement, et comme rien n'est jamais simple dans une famille, Pauline aura un autre visage…….
Je serais incomplète, en oubliant un personnage qui n'en est pas tout à fait un stricto senso, mais qui au même titre est le pilier de cette famille : c'est La Maison. le domaine qui comme chaque personnage, s'adapte à son temps, à son usage. Cette maison, est la mémoire de la famille. Elle est le point de ralliement, le point d'ancrage de chacun. C'est en son coeur, que la plupart du temps, les secrets se délient…Cette maison est le théâtre des jours heureux, mais hélas aussi des drames ; les obsèques d'Alice en particulier.
C'est une écriture fluide, des chapitres aérés et de bonne longueur, qui ont contribué à rendre la complexité et le nombre de personnages plus compréhensible, et, de ce fait, en faire une lecture extrêmement agréable.

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Jemlyre
  11 avril 2010
Le choix de lire ce livre n'était pas fortuit car j'ai toujours été attirée par les sagas familiales et le suivi de l'évolution des personnages d'une génération à l'autre.
Voir que Mme Crozon est psychanalyste était un argument de plus pour ce choix, et je me réjouissais de lire ce roman.
On se plonge très vite dans le récit, la description des premiers personnages est parfaite. L'état d'esprit de la mère, sa dépression qui pousse le fils à vouloir devenir psychiatre et le bouleversement de l'ordre établi avec ces enfants qui veulent quitter le giron familial pour évoluer en dehors du domaine séculaire, de la terre de leurs ancêtres.
Puis la guerre éclate en suscitant des réactions diverses. Savons-nous réellement pourquoi l'on s'en va en guerre ?
Nous assistons au retour avec son lot de blessures physiques et psychiques.
Les Kergalin essaient de se reconstituer tant bien que mal. Comme dans toutes les familles, il y a des non-dits , des secrets qui ont un impact non négligeable sur les individus.
Je n'en dirai pas plus pour ne pas trop gâcher la lecture de ceux qui n'ont pas encore lu le livre.
Le personnage d'Etienne m'a beaucoup touchée. Son courage, sa droiture, sa sensibilité.
Cela révèle sûrement quelque chose à propos de ma propre personnalité.
La scène de l'enterrement d'Alice m'a tiré des larmes. Joliment décrite, elle est très émouvante.
Au fur et à mesure des descendances, les personnages se multiplient et il devient difficile de les suivre, à moins d'essayer de faire un arbre généalogique (ce que je n'ai malheureusement pas fait).
Heureusement, l'auteur fait parfois, et très adroitement, des rappels qui remettent dans le contexte.
Cette multitude de personnages fait qu'il devient malaisé de creuser la personnalité de chacun.
J'avoue avoir eu énormément de mal à suivre vers le milieu du roman, et que mon enthousiasme a faibli mais, j'ai bien fait de continuer ma lecture.
Il est très intéressant de voir comment les lois de la génétique font que certains traits de caractère ou traits physiques apparaissent chez la descendance, même lointaine.
Avec l'histoire des Kergalin, nous suivons également l'Histoire de l'humanité. Des reflexions très intéressantes sont faites sur les guerres en général et les guerres coloniales en particulier. La période nazie, la politique nationale et autre.
Belle phrase que celle d'un des personnages qui explique qu'il lui serait difficile de dire à ses enfants
qu'il les nourrit avec l'argent de la mort et de la désolation.
La Bretagne est également un élément central. J'ai personnellement appris des choses sur les bretons et certaines de leurs spécificités culturelles.
Venons en à Pauline. Personnage auquel l'auteur consacre plusieurs pages.
C'est celle qui réfléchit à l'histoire de la famille, celle qui remue les cendres et découvre quelques « faces cachées » de certains membres de sa famille.
Celle qui lit les carnets familiaux et décide d'écrire un roman. L'écriture qui peut parfois exorciser quelques démons...
Pauline, prénom équivoque qui désigne deux personnes importants dans la vie d'un homme dont j'éviterais de citer le nom pour ne pas trop en révéler.
Enfant, elle avait peur de son père et s'est sentie rejetée par lui. Plus tard, elle comprendra la complexité de ce père et les souffrances qui l'ont marqué. Ce qui explique au moins partiellement son incapacité à témoigner de l'affection à ses enfants.
Comme quoi, il faut parfois s'abstenir de juger les gens sur leur partie « émergente ».

L'histoire de Kergalin me semble parfois tellement vraie...
Est-ce basé de près ou de loin sur certains faits réels ? Qui est Pauline dans la réalité ?
Bravo à l'auteur qui a su donner vie à tous ces personnages !
Un clin d'oeil aux générations de chiens de Kergalin. Leurs noms m'ont beaucoup intriguée.
Par exemple, « Penn du » me rappelle « pain dû » mais peut-être est-ce juste le fruit de mon imagination ?
A noter également l'importance de la transmission de la « terre » , du « domaine », porteurs d'histoire.
L'importance de la famille qui malgré les nombreuses séparations et les événements déstabilisants réussit toujours à se reconstituer.
Le sort du domaine de Kergalin à la fin du roman m'a un tout petit peu déçue. J'aurais préféré que l'on continue à y vivre.
Par ailleurs, le style sobre et le bon découpage en chapitres rend la lecture de ce livre vraiment très agréable.
Ayant lu tous les romans de Zola notamment la série des Rougon-Macquart, je me demande si l'auteur a prévu d'écrire d'autres romans pour détailler la vie de certains personnages.
Lien : http://partage-lecture.over-..
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sylire
  19 février 2012
Je lis assez peu de pavés, par manque de temps. Comme j'avais celui-ci dans ma PAL depuis le dernier salon du livre de Carhaix et que le prochain arrive à grand pas, je me suis enfin décidée à plonger dans cette saga que l'auteur a mis plus de dix ans à écrire. C'est avec intérêt que j'ai suivi cette famille d'origine bretonne, sur plus d'un siècle, dans la tourmente de l'histoire.

Le personnage principal est sans conteste la maison familiale, située en Bretagne, pas très loin de Quimper. C'est là que commence l'histoire, quand François et Emilienne se marient et fondent une famille. le couple, relativement fortuné pour la région, possède un domaine rural qu'il exploite. de leur union naîtront trois enfants qui choisiront des trajectoires de vie différentes, toutes influencées par la grande histoire.

La première partie du roman est celle qui m'a le plus captivée. Les personnages ne sont pas encore trop nombreux, on peut prendre le temps de les voir évoluer, de s'interroger sur leurs choix. A la troisième génération, les personnages se multiplient et en dépit de l'arbre généalogique que j'ai construit au fil de l'histoire, j'ai eu parfois un peu de mal à m'y retrouver. C'est dommage. J'ai abordé cette deuxième partie avec moins d'enthousiasme je l'avoue. Les personnages sont désormais éparpillés en France et dans le monde. Ils rentrent régulièrement à Kergalin pour se ressourcer. La seule ne pas avoir quitté le domaine, c'est Pauline, l'une des petites filles du patriarche. C'est elle qui porte l'histoire de la famille, en quelque sorte.
En dépit des quelques réserves formulées dans ce billet, je garderai un bon souvenir cette saga familiale. J'aime beaucoup les romans qui mêlent la petite et la grande histoire et certains personnages sont vraiment touchants comme celui de Madeleine, la fille de François et Emilienne, qui a perdu l'amour de sa vie dans une rafle de juifs, en 1942. Autre personnage attachant, Pauline, qui se plonge dans l'histoire familiale et tente de lui donner un sens.
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jostein
  02 juin 2010
"D'un autre monde" est l'histoire d'une famille bretonne sur 4 générations. L'auteur évoque les évènements mondiaux de la première guerre mondiale aux attentas du 11 septembre.
C'est une histoire de famille avec ses secrets, ses bonheurs et ses drames. Mais le récit va au-delà des petites anecdotes et permet de réfléchir sur l'appartenance à une région, à un pays. Qu'il soit allemand, juif ou breton, une enfant ressent la même douleur face à la perte de ses parents.
L'auteur, en tant que psychologue use beaucoup des psychanalyses pour aider les personnages à évacuer leurs angoisses. Pauline, la narratrice, va ainsi raconter l'histoire de sa famille afin de reconstruire sa vie.
Ce livre, qu'elle va entreprendre sera sûrement le meilleur moyen de retrouver sa place. Malheureusement, le destin va s'acharner sur elle.
Il y a de belles émotions dans ce livre, un véritable esprit de famille. On a l'impression, effectivement de faire partie de cette famille ou au moins de revivre nos propres expériences familiales (les Noëls, les mariages, les fêtes de famille).
L'auteur présente et défend sa région,dont la belle nature sera touchée par le remembrement et le tourisme.
Je pense que l'auteur aurait du insérer un arbre généalogique en début de livre. Je l'ai dessiné au fur et à mesure de ma lecture afin de mieux suivre les différents personnages.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
FlorelFlorel   28 mai 2010
" Elever des enfants dans l'illusion que la religion fonde leur identité en fait de dangereux irresponsable, qui confondant croyances, savoirs, pouvoirs, se déchargent de leurs propres crimes, réels ou imaginaires, sur les plus faibles afin de mieux les assujettir à leur bénéfice personnel."

[...]

" Les êtres humains sont, l'anthropologie nous l'enseigne et l'histoire nous le démontre, des animaux déréglés, et l'humanité ne peut tenir pour respectables d'autres frontières que celles, symboliques, des interdits universels qui répriment ses instincts meurtriers."

[...]

" Les conséquences diverses du dangereux fantasme de retour aux origines, cette nostalgie empoisonnée qui alimente le désir de tyrannie de ceux, apparemment les plus nombreux, incapables de partager le sein maternel avec des frères. Les terres promises, quels que soient leur nom, leurs couleurs et leurs dieux, ne peuvent qu'être un rêve à offrir et non des possessions à conquérir et à défendre. Faute de quoi, elles changent de nom et ne sont plus qu'un enfer."

Extrait du livre de Claude Crozon " D'un autre monde"
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mimipinsonmimipinson   12 janvier 2011
« Qu’un homme ne revienne pas de la guerre, c’est insupportable encore que compréhensible, mais une femme, une mère, ma fille… »
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mimipinsonmimipinson   12 janvier 2011
« Je me suis engagé comme on s’exile, pour en finir avec les masques. »
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