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Robert Crumb (Adaptateur)Liliane Sztajn (Traducteur)
ISBN : 2207257061
Éditeur : Denoël (22/10/2009)

Note moyenne : 3.02/5 (sur 23 notes)
Résumé :

Moi, R. Crumb, l'illustrateur de ce livre, Al, au mieux de mes aptitudes, fidèlement retranscrit chaque mot du texte original.

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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
jessfeuillie
  05 février 2011
Robert Crumb, figure de proue de la bande dessinée underground américaine, revient dans les bacs avec «Genèse», un ouvrage épais (200 pages) où il se borne à interpréter le premier livre de la Bible sans chercher à y insérer ni sa satire habituelle, ni ses obsessions sexuelles ni sa subversion. Déclin me direz-vous ? Pas du tout ! Parti à l'origine pour faire grincer les dents de ses contemporains, il s'est rapidement rendu compte, en (re)lisant le texte, de la nécessité d'une retranscription visuelle fidèle : «À l'origine, je voulais faire une adaptation satirique d'Adam et Ève. Mais en relisant la Genèse, je me suis dit que c'était un texte d'une puissance si grande, qu'il n'était aucunement besoin d'en faire une adaptation."
Cette fidélité volontaire à l'oeuvre initiale invite le lecteur à se plonger dans un texte difficile, repoussant, et, par voie de fait, à le saisir non plus comme un objet intouchable, sacré, mais comme un objet historique : la matérialisation, par le dessin, de la situation banalisée de l'esclavage, la description des mariages, la mise en perspective d'un Dieu paternaliste, etc. : le dessin de Crumb, par son goût prononcé du détail, dépouille le texte de sa sacralité pour mieux le réintroduire dans le giron des affaires humaines.
Il révèle, matérialise une société holiste, où la subjectivité n'a pas sa place : les expressions sont figées, la parole est monopolisée, la sphère publique absente. Rien qui fasse penser aux moeurs démocratiques en somme ! C'est précisément en cet endroit, en cette volonté de fidélité au texte, que l'auteur réintroduit finalement son goût immodéré pour la satire : «je ne crois pas que la Bible soit la parole de Dieu. Je crois que c'est la parole des Hommes. Néanmoins, c'est un texte puissant avec plusieurs strates de sens qui plongent profondémment dans notre conscience collective, notre conscience historique si vous voulez» nous dit-il.
Ainsi, pas besoin de sortir du texte pour ironiser. Il suffit de le mettre en image pour y parvenir : la sacralité du texte ne résiste en effet pas une seconde face au pouvoir historicisant du dessin réaliste. «Pas besoin d'en faire une satyre, c'est déjà de la folie furieuse» nous rappelle Crumb, signifiant par là l'absurdité des partisans d'une interprétation littérale des Livres des grandes religions, partisans en fait d'un monde déterminé, totalitaire.
Pari réussit donc pour un auteur qui n'a eu de cesse de rappeler - je pense aux multiples facettes que Crumb donne à voir de lui même dans des oeuvres telles que «Mr. Snoïd» ou «Mes problèmes avec les femmes» -, combien l'Homme est enclin à l'aliénation, à la soumission et aux illusions rassurantes induite par tout manichéisme.
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jessfeuillie
  05 février 2011
Robert Crumb, figure de proue de la bande dessinée underground américaine, revient dans les bacs avec «Genèse», un ouvrage épais (200 pages) où il se borne à interpréter le premier livre de la Bible sans chercher à y insérer ni sa satire habituelle, ni ses obsessions sexuelles ni sa subversion. Déclin me direz-vous ? Pas du tout ! Parti à l'origine pour faire grincer les dents de ses contemporains, il s'est rapidement rendu compte, en (re)lisant le texte, de la nécessité d'une retranscription visuelle fidèle : «À l'origine, je voulais faire une adaptation satirique d'Adam et Ève. Mais en relisant la Genèse, je me suis dit que c'était un texte d'une puissance si grande, qu'il n'était aucunement besoin d'en faire une adaptation."
Cette fidélité volontaire à l'oeuvre initiale invite le lecteur à se plonger dans un texte difficile, repoussant, et, par voie de fait, à le saisir non plus comme un objet intouchable, sacré, mais comme un objet historique : la matérialisation, par le dessin, de la situation banalisée de l'esclavage, la description des mariages, la mise en perspective d'un Dieu paternaliste, etc. : le dessin de Crumb, par son goût prononcé du détail, dépouille le texte de sa sacralité pour mieux le réintroduire dans le giron des affaires humaines.
Il révèle, matérialise une société holiste, où la subjectivité n'a pas sa place : les expressions sont figées, la parole est monopolisée, la sphère publique absente. Rien qui fasse penser aux moeurs démocratiques en somme ! C'est précisément en cet endroit, en cette volonté de fidélité au texte, que l'auteur réintroduit finalement son goût immodéré pour la satire : «je ne crois pas que la Bible soit la parole de Dieu. Je crois que c'est la parole des Hommes. Néanmoins, c'est un texte puissant avec plusieurs strates de sens qui plongent profondémment dans notre conscience collective, notre conscience historique si vous voulez» nous dit-il.
Ainsi, pas besoin de sortir du texte pour ironiser. Il suffit de le mettre en image pour y parvenir : la sacralité du texte ne résiste en effet pas une seconde face au pouvoir historicisant du dessin réaliste. «Pas besoin d'en faire une satyre, c'est déjà de la folie furieuse» nous rappelle Crumb, signifiant par là l'absurdité des partisans d'une interprétation littérale des Livres des grandes religions, partisans en fait d'un monde déterminé, totalitaire.
Pari réussit donc pour un auteur qui n'a eu de cesse de rappeler - je pense aux multiples facettes que Crumb donne à voir de lui même dans des oeuvres telles que «Mr. Snoïd» ou «Mes problèmes avec les femmes» -, combien l'Homme est enclin à l'aliénation, à la soumission et aux illusions rassurantes induite par tout manichéisme.
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KrisPy
  02 juillet 2015
Crumb peut être très chiant...
Cet ouvrage, La Genèse, en est l'exemple type : mettre en image le début de la Bible, la Genèse, littéralement, au mot près... au nom près... et ce n'est que ça la Genèse, une énumération de noms et d'endroits !
Alors Crumb se fait plaisir à dessiner des femmes, des hommes, des enfants, dans des villages, des déserts... Il aime mettre en scène cette Histoire crument, sans pudeur, et c'est l'unique qualité de cet ouvrage : l'honnêteté... Mais grosse déception, aucun humour ici, même dans le dessin, réaliste. C'est une reproduction fidèle de la Genèse de la Bible par Crumb.
A voir plutôt qu'à lire, par curiosité.
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DamienR
  18 février 2013
Je me suis dit "Tiens, Robert Crumb sur la Genèse, rien que ça !" A l'opposé de son habituel humour grinçant, il nous propose une interprétation plutôt sérieuse. du moins il se pose comme un simple illustrateur du texte : "Moi, R. Crumb, l'illustrateur de ce livre, ai, au mieux de mes aptitudes, fidèlement retranscrit chaque mot du texte original".
Mais d'abord, de quel texte original parle-t-il ? Un peu de la "Bible du Roi Jacques", principalement dans "The five books of Moses" (2004). Il ajoute aussi "En quelques endroits, je me suis aventuré à faire un peu d'interprétation personnelle quand je trouvais que les mots pouvaient être clarifiés". A partir du moment où il fait une adaptation d'un texte en bande dessinée, il y a de toute façon interprétation. Alors pourquoi dit-il qu'il retranscrit "fidèlement" le texte et plus loin qu'il se permet de l'interprétation ?
Bref à la base je trouve que le projet est assez flou.
Ma lecture a été assez laborieuse. J'ai tenu essentiellement grâce au dessin : s'il semble classique, il est réalité plein d'astuces, de clins d'oeil et de générosité. Les personnages sont rigolos (jamais caricaturaux), les femmes bien en chair
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Theoma
  22 juin 2011
Robert Crumb est gonflé mais a-t-il de véritables coroñes pour s'être attaqué à l'un des textes fondateurs de l'occident ? Dans l'introduction, il nous l'annonce, il ne croit pas que la bible soit la parole de Dieu mais bel et bien celle des hommes. A son sens, la puissance du texte n'en est pas réduite et c'est donc avec un solide trait de crayon que l'artiste y laisse son emprunte.
Mettons-nous d'accord tout de suite, le dessin de Crumb est d'une grande force. Pourtant, quelle est la différence avec une énième version de la bible illustrée ? Oui, le crayon de l'auteur apporte une dimension différente par rapport aux illustrations gentillettes d'autres éditions mais quel est l'intérêt d'un tel projet s'il ne produit rien de novateur ?
En choisissant délibérément d'être fidèle au texte original (quoi que l'on peut remettre en question les similitudes de ce dernier avec les sources utilisées par l'auteur toutes écrites en anglais), Crumb nous propose une BD des plus ennuyeuses. Si on est obligé de relire la genèse, autant prendre une bible et avoir la liberté de son imagination plutôt que de se voir imposer la vision franchement désuète d'un vieux Dieu à la barbe blanche.
On le savait déjà, le texte fondateur de notre société patriarcale est profondément misogyne (d'ailleurs, quelle religion ne l'est pas ?) mais force est de constater qu'après le passage de Crumb sa crédibilité en prend un sacré coup. Déjà que je me demandais comment ils se sont procréés étant donné que les femmes n'ont enfanté que des fils... Plusieurs détails de ce genre sont donc visuellement mis en évidence et le texte n'en ressort pas, à mes yeux, grandi.
Si tu n'aimes pas la genèse, pourquoi avoir lu une BD intitulée La Genèse de Crumb ? Et bien, c'est une bonne question. J'ai fait une erreur. Je pensais admirer une libre interprétation, une oeuvre spirituelle et non religieuse. Je regrette, encore une fois, la confusion entre les deux.
Lien : http://www.audouchoc.com/art..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
KrisPyKrisPy   02 juillet 2015
Et Abram entendit les paroles de Saraï. Saraï, femme d'Abram, prit Agar l'égyptienne, sa servante, après qu'Abram eut vécu dix ans en terre de Canaan, et la donna pour femme à Abram son époux.
Et il partagea la couche d'Agar et elle conçut...
Et quand elle vit qu'elle avait conçu, sa maîtresse parut diminuée à ses yeux.
Et Saraï dit à Abram... Cette injure m'est faite par ta faute ! J'ai moi -même mis ma servante dans ton giron et maintenant qu'elle se voit enceinte, je suis amoindrie à ses yeux ! Que l'Eternel soit juge entre toi et moi !
Et Abram dit à Saraï... Ecoute, ta servante est entre tes mains ! Fais avec elle ce que bon te semblera !
Et Saraï la harcela et l'autre s'enfuit loin d'elle.
Et le messager de l'Eternel la trouva près d'une source dans le désert, la source sur le chemin de Shur.
Et il lui dit... Agar servante de Saraï, d'où viens-tu et où vas-tu ?
Et elle dit... je fuis de devant ma maitresse, Saraï !
Et le messager de l'Eternel lui dit... Retourne vers ta maîtresse et soumets-toi à son dur traitement...
Et le messager de l'Eternel lui dit... Je multiplierai ta semence, et elle ne pourra pas être comptée !
Et le messager de l'Eternel lui dit... Vois, tu as conçu un fils et tu lui donneras le nom d'Ismaël*, car l'Eternel a entendu ta souffrance ! Et cet homme sera comme un âne sauvage, sa main contre tous ; et la main de tous contre lui ! pourtant il se maintiendra au mépris de tous ses frères.
* Ismaël signifie "Dieu a entendu".
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NievaNieva   07 juin 2014
Et Jacob demeura seul et un homme lutta avec lui jusqu'à la pointe de l'aube. Et il vit qu'il n'avait pas gagné contre lui et il lui toucha l'emboîture de la hanche et l'emboîture de la hanche de Jacob se démit tandis qu'il luttait avec lui.
Et l'homme dit...
- Laisse-moi aller car l'aube point !
Et Jacob dit...
- Je ne te laisserai pas aller que tu ne m'aies béni !
Et l'homme dit...
- Quel est ton nom ?
Et il dit...
- Jacob...
Et il dit...
- Ton nom ne sera plus Jacob mais Israël *, car tu as lutté avec des êtres divins et des hommes et tu l'as emporté !
- Dis-moi TON nom, je te prie !
- Pourquoi demandes-tu MON nom ?

* Israël : en hébreu, "Celui qui a lutté contre des êtres divins".
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NievaNieva   07 juin 2014
Et Jacob quitta Beersheba et partit pour Harran. Et il arriva en un certain lieu et s'arrêta là pour la nuit, car le soleil s'était couché. Et il prit une des pierres du lieu et la mit sous sa tête, et il s'étendit en ce lieu et il rêva. Et, voyez, une rampe était posée sur la terre et son sommet atteignait les cieux et, voyez, des messagers de Dieu y montaient et descendaient ! Et, voyez, l'Eternel se tenait sur la rampe !
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KrisPyKrisPy   16 septembre 2015
4ème de couverture -
Moi R. Crumb, l'illustrateur de ce livre, ai, au mieux de mes aptitudes, fidèlement retranscrit chaque mot du texte original.
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NievaNieva   07 juin 2014
Lorsque Dieu commença à créer les cieux et la terre, la terre était alors informe et vide, et les ténèbres étaient sur l'abîme, et le souffle de Dieu planait sur les eaux. Et Dieu dit : "Que la lumière soit", et la lumière fut.
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