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Estelle Roudet (Traducteur)
EAN : 9782702142172
272 pages
Éditeur : Calmann-Lévy (04/05/2011)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 10 notes)
Résumé :

Après Le Spectre de Staline, qui traitait des relations entre les partis nationalistes (communistes y compris) et de la corruption liée à la guerre de Tchétchénie, Martin Cruz Smith s’attaque à la montée d’un lumpen-prolétariat de plus en plus violent et manipulé par le pouvoir et les oligarques.   Un train qui file dans la nuit ; une mère célibataire qui rejoint Moscou pour ch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Sylviegeo
  06 août 2013
Je viens de terminer Moscou, cour des miracles. de façon générale, j' ai bien aimé. Mais je me pose encore la question: est-ce que l'histoire du roman se déroule vraiment à Moscou au XXIe siècle? Tout au long de ma lecture, n' eut été des Hummer, téléphones multifonctions et autres modernités, j'avais l' impression que l'histoire se situait au Moyen Âge, tout juste à la sortie de l'Antiquité! Donc ce roman est bien titré. Impossible de croire à toutes ces hordes d'enfants vagabonds, de voleurs, d'arnaqueurs, de corrompus, sans parler de la décrépitude de tous les bàtiments , de tout ce laisser-aller ...C'est carrément décourageant. Ce quotidien où tout se monnaye ...Je veux bien croire que le passage au capitalisme n'est pas facile, mais ce qui est véhiculé dans ce roman est , disons, pour le moins étonnant. Ce n'est certes pas un prospectus des plus invitants pour des vacances à Moscou. Je doute fortement que Martin Cruz Smith ne soit jamais nommé ministre du tourisme russe . :-)
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chocobogirl
  09 août 2011
Maya, 15 ans, a pris un train qui l'amène à Moscou. Munie d'un simple baluchon, elle voyage avec son bébé et tente de ne pas se faire remarquer. Alors qu'un soldat tente de l'agresser, une dame affable la sauve et la prend en charge. Maya s'endort enfin apaisée. Mais à son réveil, la dame a disparue et son bébé avec ! Paniquée, Maya erre dans la gare puis tente de contacter la police. Ces derniers, soupçonneux, ne la croient pas et tentent de l'emprisonner. Réussissant à s'enfuir, elle finit par être prise sous l'aile du jeune Zenya, un ado des rues débrouillard.
Parallèlement, l'inspecteur Renko est confronté au décès d'une jeune femme dans une vieille caravane. Alors que son boss le pousse à conclure cette enième affaire de prostituée morte par overdose, Renko pousse les investigations pour ce décès qui ressemble à un meurtre.
Voilà un polar bien sombre qui nous transporte dans la Russie poutinienne bien tourmentée. Aucune concession n'est faite dans ce portrait moscovite qui n'épargne personne : prostitution, corruption, misère, etc...
Martin Cruz Smith réussit avec brio à dépeindre avec réalisme une ville noyée sous les problèmes politiques, économiques et sociaux.
Un pays où les parents vendent leurs enfants, où les orphelins doivent s'organiser en bandes pour survivre dans la rue, où les corruptions de tout ordre aident à enterrer des histoires bien dérangeantes ou à obtenir des informations ou des appuis. Un pays communiste qui s'est perdu dans un capitalisme à outrance où la pauvreté la plus extrême cotoient le luxe tapageur. Comme son titre l'indique, Moscou est une vraie cour des miracles où chacun cherche à survivre comme il le peut en écrasant son voisin ou en l'ignorant.
L'inspecteur Renko, lui-même, est plutôt mal loti. Il conduit une vieille Lada pourrie, interdite de stationnement dans certains quartiers riches (!). Il camoufle l'alcoolisme avancé de son collègue et n'hésite pas à outrepasser les ordres de sa hiérarchie, au risque d'être menacé de suspension et de se retrouver à la rue le lendemain. A ses côtés, nous allons passer des soirées luxueuses des riches oligarques aux banlieues misérables où le peuple s'entasse.
Son petit protégé Zenya, est un enfant des rues, qui se planque solitairement dans un casino abandonné. Il vit de menus larcins et de sa passion pour les échecs qui lui permet de remporter des parties payantes. Attiré par Maya et ému par sa quête désespérée de retrouver son bébé, il tente de l'aider malgré le mystère que laisse planer la jeune fille sur son passé. C'est dans le quartier miteux des Trois gares que les 2 jeunes nous baladeront nous faisant découvrir l'abysse de la misère et de la criminalité.
Vous l'aurez compris, rien n'est rose dans ce roman qui va osciller entre ces 2 intrigues qui ne vont jamais vraiment se rejoindre malgré les quelques passerelles qu'il y a entre elles.
L'auteur donne un langage tout aussi noir à ses personnages qui n'hésitent pas à faire dans l'humour et l'ironie, et dans le parler populaire. le propos est dur, la violence reste quotidienne et n'épargne pas les enfants, parfois tués pour de mauvaises raisons.
La critique contre le pouvoir en place s'avère elle aussi assez violente et le constat franchement négatif.
Des personnages attachants, une construction intelligente et un portrait réaliste et vivant de la Russie contemporaine : il n'en faut pas plus pour faire de Moscou, cour des miracles, un excellent polar qui m'a, pour ma part, passionné ! Je vous le recommande !
Lien : http://legrenierdechoco.over..
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henrimesquida
  28 janvier 2018
Comme souvent, le roman policier est aussi un roman social, et Moscou, cour des miracles pourrait être une version moderne, moins feuilletonesque des Mystères de Paris, où des misérables alternent les allers et retours entre bas-fonds, halls de gares, et soirées branchées des galas de charité. Au cours de l'intrigue, le policier dans sa veille Lada poussive, risque la mort pourchassée par le 4 X 4 rutilant du tueur en série, comme une allégorie de cette Russie étrange. Les étiquettes ont changé, la même inhumanité reste, comme si le cuisinier de l'Histoire avait au final juste changé les ingrédients pour un plat toujours raté.
Voilà un polar bien sombre qui nous transporte dans la Russie poutinienne bien tourmentée. Aucune concession n'est faite dans ce portrait moscovite qui n'épargne personne : prostitution, corruption, misère, etc...
Martin Cruz Smith réussit avec brio à dépeindre avec réalisme une ville noyée sous les problèmes politiques, économiques et sociaux.
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Charybde2
  20 novembre 2020
Place des Trois Gares à Moscou, une véritable cour des miracles, en effet, à ramifications étonnantes, pour la septième enquête d'Arkady Renko.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2020/11/20/note-de-lecture-moscou-cour-des-miracles-martin-cruz-smith/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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BVIALLET
  30 avril 2012
Maya, 15 ans, jeune mère célibataire russe, part en train tenter sa chance à Moscou en emportant avec elle son nouveau-né caché dans un panier. Au moment d'aller aux toilettes, elle manque d'être violée par un militaire avinée et n'y échappe que grâce à l'intervention d'une certaine « Tante Léna » qui lui offre une tasse de thé pour la réconforter. Maya s'endort aussitôt et à son réveil, son bébé a disparu. Tante Léna également. Ainsi débutent les tribulations d'une gamine paumée qui bénéficiera de l'aide d'Arkady, un inspecteur mal noté et menacé de révocation, et de celle de Zhenya, un jeune prodige des échecs.
Plus qu'un thriller ou qu'un roman policier classique, Moscou, cour des miracles est plutôt une sorte de roman noir tant est glauque l'ambiance du quartier des Trois Gares à Moscou, lieu où se déroule la majeure partie de l'histoire. Toute une faune y a établi ses quartiers : trafiquants tadjiks, prostituées, souteneurs, bandes de gamins clochards toujours à l'affut d'un mauvais coup, voleurs à la tire, pickpockets, etc... Les personnages principaux, au premier rang desquels se trouve la pathétique Maya, sont tous attachants et bien campés. le lecteur les suit pas à pas dans cette jungle urbaine, cet enfer post-communiste dans lequel tous les coups sont permis, même les plus tordus. Et c'est là, plus que dans une intrigue assez simple avec un happy end peu vraisemblable, que réside l'intérêt premier de ce livre. Cette description minutieuse d'une société russe dont nous n'avons ici qu'une très vague idée. Style fluide et agréable.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   20 novembre 2020
Arkady refusa le verre de vodka amical de peur d’émousser son insomnie. Il était 3 heures du matin. Il ne marchait qu’à l’insomnie.
– J’ai survécu à deux crises cardiaques carabinées. J’ai de l’angine de poitrine. Une tension artérielle capable de soulever une plaque d’égout. Je pourrais tomber dans les pommes rien qu’en me mouchant. Alors je fais les choses tranquillement.
– Que disent les docteurs ?
– De perdre du poids. D’arrêter de boire et de fumer. Et d’éviter toute excitation. Le sexe ? Ça fait des années que je n’ai pas vu ma bite. Certains jours, je n’arrive même pas à la trouver. Tu préfères peut-être un vin pétillant ? J’en ai au frais dans un tiroir.
– Non, merci. Alors, tu t’es vraiment installé ici ? Tu t’es arrangé avec le directeur ?
– Le directeur est un trou-du-cul arrogant, mais au fond, ce n’est pas un mauvais cheval. Il m’a dégotté une buanderie disponible avec un canapé. Je ne suis plus censé opérer, parce que si je passais l’arme à gauche en plein milieu d’une autopsie, ça pourrait donner l’impression qu’il y avait du laisser-aller côté discipline. Non seulement tu veux que je fasse une autopsie, mais en plus, tu veux que je la fasse tout de suite ? (Il s’essuya le menton.) Mon médecin voulait que je reste chez moi. Pourquoi ? Pour mener une vie de légume ? Pour rester assis tout seul à regarder des abrutis à la télé jusqu’à mon dernier souffle ? Non, cette solution est bien meilleure. Ici, je peux encore faire des petits boulots. Rester dans le coup. Y a des amis qui passent, certains vivants, d’autres morts, et quand je casserai ma pipe, il n’y aura même pas besoin d’une ambulance parce que je serai déjà sur place.
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Charybde2Charybde2   20 novembre 2020
La nuit d’été défilait. Villages, récoltes en train de mûrir, églises délabrées se succédaient, nébuleux se mêlant aux songes de Maya.
Elle essayait de rester éveillée, mais de temps à autre, ses paupières faisaient ce qu’elles voulaient. Parfois, la jeune fille rêvait aux passagers de première classe qui dormaient, bien bordés dans leurs compartiments.
La classe « à la dure » n’avait pas de compartiments. Cette classe économique était un dortoir où brûlaient encore quelques lampes et où les ronflements, les étreintes étouffées, les odeurs corporelles et les querelles domestiques étaient l’affaire de tous. Certains passagers voyageaient depuis des jours et la lassitude due à la promiscuité commençait à se faire sentir. Une partie de cartes commencée la veille entre ouvriers des plate-formes pétrolières tournait au vinaigre, avec son lot de vindictes et d’accusations. Une bohémienne passait de couchette en couchette, proposant les mêmes châles à voix basse. Des étudiants voyageant pas cher étaient plongés dans un autre monde, écouteurs sur la tête. Un prêtre enlevait les miettes de gâteau accrochées dans sa barbe. La plupart des voyageurs étaient aussi quelconques que du chou cuit à la vapeur. Un soldat ivre arpentait le couloir d’un bout à l’autre.
Pourtant, Maya préférait la civilité fruste de la classe économique à la première. Là, elle était à sa place. Elle avait quinze ans, silhouette de brindille en jean déchiré et blouson d’aviateur à la texture de carton. Ses cheveux étaient teints en rouge feu. Un sac en toile contenait tout ce qu’elle possédait, un autre dissimulait sa petite fille de trois mois, emmaillotée serré et bercée par le roulement du train. La dernière chose dont Maya avait besoin était de se retrouver coincée dans un compartiment sous le regard insistant de snobinards. Pas qu’elle aurait pu se payer la première, de toute façon.
Après tout, décida Maya, un train n’était jamais qu’un appartement communautaire sur rails. Elle en avait l’habitude. La plupart des hommes s’étaient mis en pantalon de survêtement, maillot de corps et pantoufles pour la durée du voyage ; elle surveillait ceux qui ne l’avaient pas fait : une chemise à manches longues risquait de camoufler les tatouages de celui qu’on avait lancé à ses trousses pour la ramener. Par précaution, elle avait choisi une couchette inoccupée. Elle ne parlait à aucun passager et personne n’avait remarqué le bébé.
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BVIALLETBVIALLET   30 avril 2012
Bien entendu, il y avait prostituées et prostituées. Les beautés exotiques des clubs sélects comme le Night Flight ou le Nijinsky demandaient 1000 dollars la nuit. Au bar de l'hôtel Savoy, c'était 750. Le room service de l'Hôtel national, 300. Une masseuse thaïe pour la nuit coûtait 150 dollars. Une fellation place Loubianka, 10. Aux Trois Gares, 5. Il était même étonnant que le capitaine n'ait pas ramassé la fille à la pelle.
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chocobogirlchocobogirl   09 août 2011
La routine. Il était du genre triste et timide. Un suicide est un suicide. Non se dit Arkady. Entre de bonnes mains, un suicide est un meurtre.
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chocobogirlchocobogirl   09 août 2011
Arkady se demanda si la mort compenserait une vie entière de manque de sommeil
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Vidéo de Martin Cruz Smith
Martin Cruz Smith, lors de sa tournée en Allemagne.
Non sous-titré.
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