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ISBN : 2362661547
Éditeur : Talents Hauts Editions (11/02/2017)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 52 notes)
Résumé :
1916 : les hommes sont mobilisés sur le front. À l’arrière, les femmes prennent la relève. Parmi elles, Agnès est embauchée comme conductrice de tramway. Lorsque son mari, Célestin, rentre blessé de la guerre, il supporte mal qu’elle gagne plus que lui. Une fois la paix revenue, Agnès est renvoyée : les hommes doivent retrouver leur place.
Révoltée par cette injustice, elle s’engage dans le mouvement des suffragettes. C’en est trop pour Célestin.
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
thedoc
  14 juin 2018
Décidément, la littérature ado réserve de bien belles découvertes. A travers l'histoire émouvante d'une jeune suffragette, "Celle qui voulait conduire le tram" nous plonge dans une histoire qui rejoint la grande Histoire, celle de ces femmes qui se sont battues pour avoir les mêmes droits que les hommes.
Nous sommes en 1916, à Lyon. Agnès Meunier, jeune mariée, est ouvrière tisseuse dans une usine. Son mari, Célestin, est à la guerre. Comme de nombreuses autres épouses, Agnès a dû mal à finir les fins de mois. Alors lorsqu'elle apprend que l'on embauche des femmes à la Compagnie des omnibus et tramways de la ville, elle n'hésite pas une seconde. C'est ainsi que la jeune femme est embauchée comme wattwoman, conductrice de tramway, un poste jusque-là réservé uniquement aux hommes et bien mieux rétribué que son ancien emploi pourtant bien plus pénible. Pour Agnès, c'est une révélation : elle aime ce métier et se sent enfin épanouie. Mais le retour de Célestin puis la fin de la guerre vont la ramener à sa condition de femme et lui faire prendre conscience qu'une bataille est à mener pour que les femmes, enfin, aient les mêmes droits que les hommes.
Quelle histoire émouvante que celle d'Agnès ! Autour de ce personnage très attachant, nous plongeons dans l'immédiate après-guerre, lorsque les femmes qui avaient contribué à faire tourner le pays durant quatre années, ont été tout simplement renvoyées à leurs fourneaux et à leur ménage. Agnès, comme beaucoup d'autres, après avoir connue l'autonomie et la liberté, subit l'humiliation de se retrouver cantonnée à un rôle de femme soumise. La victoire de 1918 a alors pour elle un goût bien amer... Découvrir que des femmes comme elle luttent pour obtenir les mêmes droits que les hommes est alors une bouffée d'espoir. Un autre avenir semble possible.
Autour du destin de cette jeune conductrice de tramway révoltée par l'ingratitude des hommes et du gouvernement, Catherine Cuenca mêle habilement fiction et faits historiques. Elle fait ainsi intervenir des personnages qui ont bien existé comme la féministe charismatique Madeleine Pelletier. Elle évoque également l'association féministe "La solidarité des femmes" ou encore les suffragettes en Angleterre qui manifestent pour obtenir le droit de vote bien avant la guerre. Les personnages fictifs apportent la touche émotionnelle à ce récit qui décrit toute la difficulté des femmes à se faire entendre à cette époque, révélant également à travers les doutes d'Agnès la difficulté de s'affirmer dans un monde d'hommes où les revendications égalitaires des femmes étaient réduites aux excentricités d'une bande « d'inverties » - entendez par-là homosexuelles - à cette époque où le port du pantalon était prohibé pour les femmes.
Que de chemin parcouru depuis cette époque… et quel chemin encore à parcourir. Car il est clair, contrairement à ce que pensait Madeleine Pelletier, que l'égalité politique n'a pas fait disparaître toutes les inégalités.
Un livre dont le thème est intéressant à débattre avec les jeunes et qui permet d'ouvrir de nombreuses discussions sur l'égalité homme/femme.
Surtout, un livre très émouvant qui permet de rappeler les sacrifices endurés par ces femmes, très courageuses, et pourtant bien vite oubliées.
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Commenter  J’apprécie          252
asnico
  28 novembre 2017
COUP DE COEUR
Agnès fait partie de ces femmes qui ont remplacé leur mari parti au front lors de la première guerre mondiale. Elle a été embauchée comme conductrice de tramways, métier d'ordinaire réservé aux hommes et pour lequel les femmes sont jugées « incapables ». Elle adore ce job.
Lorsque la guerre s'achève, elle est virée et doit retourner à l'usine où elle travaillait avec son mari. Ils s'aimaient ces deux-là avant cette foutue guerre. Mais Célestin rentre perturbé et infirme. Il a un sérieux penchant pour la bouteille et ne supporte pas que sa femme gagne plus que lui.
Agnès voit cela bien différemment : elle ne voulait pas laisser tomber son métier de conductrice et n'accepte pas l'idée qu'à l'usine une femme gagne deux fois moins pour le même boulot qu'un homme. Les femmes ont porté le pays à bout de bras pendant 4 ans après tout ! Il n'y a aucune reconnaissance, les femmes ne sont bonnes qu'à servir les hommes et s'occuper des gosses.
C'en est trop pour Agnès : elle s'engage dans le mouvement des suffragettes qui défend notamment le droit de vote des femmes en France. On est en 1919 et « voter, c'est exister » selon les féministes. Célestin voit cela d'un très mauvais oeil et la violence dans le couple va aller crescendo. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque les femmes s'occupaient entièrement du foyer, il leur fallait une autorisation pour le moindre fait et geste à l'extérieur, il n'y avait pas de contraception, aucune indépendance financière possible, même pas le droit de porter de pantalon. Ca me paraît dingue quand j'y pense mais ce n'est pas loin.
Sans être une militante de la première heure, ce livre permet de ne pas oublier que la plupart de nos acquis politiques et sociaux, c'est grâce à des gens comme Agnès qu'on les a eus... Qu'être une femme « classique » à l'époque, c'était n'avoir aucune activité intellectuelle et n'exister que pour obéir, obéir, obéir encore et toujours. Mon Dieu, je ne pourrais même pas écrire de critique sur Babelio !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Même si être une femme dans le monde d'aujourd'hui reste plus difficile qu'être un homme - tiens, ça me fait penser qu'il y a une émission sur l'excision ce soir ; ça va changer de l'affaire Weinstein gggggggggrrrrrrrrrrrrrr – je considère que la femme française a bien plus de raisons d'être heureuse que ses grands-mères, arrières grand-mères...
L'écriture du bouquin est fluide et la fin bouleversante. L'histoire est scénarisée sous la forme d'un flash-back, construction narrative que j'affectionne particulièrement.
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Takalirsa
  18 octobre 2018
Un roman à la fois bouleversant et tonifiant sur ces femmes qui ont amorcé un mouvement vers l'égalité pendant la Grande Guerre.
"Les métiers du transport requièrent une résistance et une maîtrise de soi dont les femmes, par nature, sont incapables.", "Les femmes n'entendent rien à la mécanique." : les préjugés et les manifestations de curiosité abondent en présence des wattwoman (conductrices de tramway) ! Mais pour Agnès, c'est à la fois un motif de fierté et d'épanouissement après son dur travail à l'usine de textile.
Et voilà que Célestin revient du front, traumatisé comme beaucoup de soldats ("Cette guerre a tout foutu en l'air.") Blessé physiquement et dans sa fierté d'homme (diminué), il noie son mal être dans l'alcool, se ferme au dialogue et fait même preuve de violence, au point qu'Agnès ne reconnaît plus celui qu'elle a épousé ("Ils sont tous différents, ces hommes qui reviennent du front"). La situation atteint son apogée lorsque Agnès, comme toutes les autres femmes, est renvoyée "sans aucune reconnaissance pour les efforts consentis pendant quatre ans"... Son sentiment d'injustice est incommensurable ("Rien ne sera plus jamais comme avant... sauf pour nous, les femmes.") tandis qu'à l'atelier elle se voit incomprise ("Tu croyais valoir mieux que nous ?") et rejetée, subissant "une avalanche d'injures et de reproches injustifiés".
C'est ce qui la rendra sensible aux discours féministes des suffragettes, passionnés et très convaincants au demeurant. Même si celles-ci, encore peu nombreuses, victimes de préjugés (une femme en pantalon est une "invertie", une lesbienne) et leur révolte pas encore suffisamment partagée - y compris par les femmes ! - pour enclencher un mouvement politique significatif, les opinions s'ébranlent et les (ré)actions amorceront la révolution que constituera l'obtention du droit de vote en 1945 ("Voter, c'est exister !").
Un roman indispensable à lire, d'autant plus que son écriture fluide le rend facile d'accès et que son ton enthousiaste fait revivre cette période historique de manière captivante !
Lien : https://www.takalirsa.fr/cel..
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orbe
  30 mars 2017
Agnès travaille dur à l'usine. La première guerre mondiale envoie son mari au front alors qu'elle a l'opportunité de devenir conductrice de Tram en remplacement d'un homme mobilisé.
Elle découvrir l'indépendance et la liberté.
Mais le retour de son époux , estropié et aigri l'incite à reprendre sa place de femme au foyer. A la fin de la guerre, c'est le retour des hommes et le renvoi des femmes des postes de travail qu'elles occupaient.
La société leur demande expréssement de retourner à ce qui était leur fonction première : la famille et la maison.
Agnès ne se résoud pas à ce retour à son ancienne existence. Elle se rapproche de militantes qui souhaitent l'égalité des femmes et le droit de vote. Son mari s'y oppose fermement. Agnès devra se battre. C'est alors qu'elle disparaît...
Un roman intéressant, bien écrit et qui dévoile parfaitement les conditions des femmes de l'après-guerre. Il est facile de se retrouver dans cette héroïne qui doute mais qui continu quand même à se battre.
Le jeune lecteur découvrira ainsi, à partir d'une trame policière, les dessous de l'Histoire.
A lire absolument !

Lien : http://www.nouveautes-jeunes..
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Kevinaaaa
  17 octobre 2018
Prix des Incos 3ème-2nde 2018/2019
Une jeune femme prend le tram, c'est la guerre, son amour est parti, elle l'attend, harassée de peine et de fatigue de travail à l'usine. Quand elle croise une ouvreuse c'est le choc. A une époque où les femmes n'ont aucun droit si ce n'est celui d'enfanter, elle s'étonne de cette place. Elle en rêve ! C'est décidé, elle sera elle aussi ouvreuse de tram.
Le destin tragique d'une femme qui croyait en ses droits à une époque où personne ne veut y croire. Une guerre qui tue des hommes autant qu'elle élève des femmes, une période difficile à gérer pour tout le monde et pour diverses raisons.
J'ai beaucoup aimé toucher du doigt cette époque dont on parle peu, la guerre du côté des femmes, la difficulté de s'en sortir seule, l'absence du mari, la douleur de la possible perte, quotidienne, l'inquiétude .. Et pourtant cette nouvelle vie, ces opportunités, cette place, qui est la leur autant que les hommes, et qu'elles gagnent enfin. J'ai aimé côtoyer les premières féministes, les premiers émois, les premières tensions aussi.
J'ai aimé ce livre, même s'il est noir, terrible, inquiétant et qu'il plombe un peu l'ambiance dans cette sélection somme toute assez positive.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
TakalirsaTakalirsa   18 octobre 2018
Ce sont les hommes qui ont défini les règles que nous suivons aveuglément.
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TakalirsaTakalirsa   18 octobre 2018
- Pour se plaindre des injustices, il y a toujours du monde, mais quand il s'agit de passer à l'action, c'est une autre histoire !
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TakalirsaTakalirsa   18 octobre 2018
- Voter, c'est exister !
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thedocthedoc   13 juin 2018
La paix revenue, les femmes qui avaient vaillamment remplacé les hommes à tous les niveaux de la société et dans tous les métiers étaient priées de rentrer chez elles. Sans aucune reconnaissance ni contrepartie pour les efforts consentis pendant quatre ans.
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LineloLinelo   01 avril 2017
- On doit trouver les moyens d'agir ! décrète l'ancienne receveuse d'un ton chargé de révolte. Ces quatre dernières années, nous avons démontré que nous valions autant que les hommes et on ne nous a accordé aucune reconnaissance, d'aucune sorte ! On ne peut pas se soumettre à une telle injustice ! Tu acceptes de vivre comme avant, toi ?

- Non, concède Agnès. Mais que pouvons-nous faire ?

- Il paraît que les députés débattent d'une proposition de loi pour nous accorder le droit de vote, chuchote Renée. Ils essaieront sûrement d'enterrer le projet en prétendant que les femmes, par nature, n'aspirent à rien d'autre que de s'occuper de leur famille et de leur maison. Le club organise une réunion la semaine prochaine pour discuter de la manière de les pousser à prendre la bonne décision. Il paraît que Madeleine Pelletier viendra tout exprès de Paris pour y assister, tu te rends compte ?
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