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EAN : 9782367406633
384 pages
Éditeur : Scrineo (06/06/2019)
4.04/5   27 notes
Résumé :
Avril 1849. Alors que les élections législatives de la toute jeune IIe République se préparent, des femmes courageuses et indépendantes sont retrouvées mortes, assassinées dans différents lieux de Paris. Tout indique qu’elles ont été victimes d’un seul et même tueur.
L’inspecteur Alexandre Delage est chargé de l’enquête. Aidé par Léa, une spirite à la sensibilité hors du commun, et par Julie, farouche employée d’un grand magasin dont la meilleure amie fait pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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sur 27 notes
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Saiwhisper
  13 juin 2019
Pour un roman destiné aux grands ados, j’ai trouvé l’ambiance, le scénario et le contexte très matures ! En effet, l’histoire se déroule en 1849, lorsque des féministes ont commencé à revendiquer leurs droits, espérant enfin changer les choses… On va donc croiser plusieurs personnages ayant leur façon de voir la politique, le futur ou l’égalité des sexes. Certains propos sont assez irritants, puisque divers individus masculins ne vont cesser d’affirmer que la place des Femmes est au foyer, la bouche muselée… On a beau se dire que c’était malheureusement ainsi à l’époque, il faut également se rappeler que ces phrases sont toujours prononcées dans le monde d’aujourd’hui, même en Europe ! (Il suffit de prendre une actualité récente comme celle avec Stéphanie Frappart qui va devenir la première femme à arbitrer un match de Ligue 1… Sur les réseaux sociaux, beaucoup de machos ont craché des propos sexistes et dégradants…) Le contexte est donc intéressant, plein de débats et bien choisi. couv44379586J’ai beaucoup aimé suivre ce combat quotidien que subissent les protagonistes de l’histoire. D’ailleurs, l’auteure n’a pas hésité à donner quelques noms de Grandes Femmes de l’époque ou à proposer des fiches de portraits féminins de la révolution de 1848 en fin d’ouvrage (Jeanne Deroin, Désirée Gay, Eugénie Niboyet, Jenny d’Héricourt) !
Outre une période historique qui m’a plu, Catherine Cuenca a proposé des personnages assez attachants, qu’ils soient secondaires ou principaux. Il y a Julie -une travailleuse qui va enquêter sur la disparition de son amie Sidonie-, Léa -une voyante au lourd passé- et Alexandre -un jeune policier aussi droit qu’entêté qui est l’un des rares Hommes à ne pas avoir une mauvaise opinion de la gent féminine-. Les deux demoiselles sont courageuses, déterminées, militantes, débrouillardes et tentent de vivre sans mari et sans parents. Elles font ainsi face à un quotidien difficile, déjà financièrement, mais aussi culturellement… D’ailleurs, j’ai appris des choses avec Julie et Léa ! Par exemple, j’ignorais qu’en cas de divorce, l’enfant était directement placé sous l’autorité du père… J’ai également découvert qu’il était plus difficile pour une Femme de se faire entendre, même dans le cadre d’une déposition. Ainsi, lorsque la pauvre Julie vient annoncer que Sidonie a disparue, elle n’est pas prise au sérieux, voire pire, est accusée injustement. Il en va de même pour Léa dont le funeste passé est apparemment justifié par la beauté et la frivolité de la voyante… C’est vraiment révoltant ! Heureusement, l’auteure ne cède pas à la facilité en proposant deux camps : certains Hommes comme Alexandre apportent de l’espoir, tandis que quelques femmes font autant de généralités sur le sexe fort que les Hommes à propos des Femmes… Il n’a a donc pas de pas de manichéisme, ce qui est très appréciable. Bien qu’il se révèle petit à petit, j’ai également bien accroché à Gustave, un journaliste, qui va se révéler plus approfondi qu’il n’y paraît. Catherine Cuenca prouve grâce à son personnage que l’on a tendance à tirer des conclusions hâtives et qu’un individu peut changer si on lui en laisse la possibilité.
Malgré ces qualités, j’ai eu du mal à m’imprégner du récit, car l’histoire met du temps à démarrer… Heureusement, une fois les cent pages passées, le rythme commence enfin à se stabiliser et à avancer progressivement ! Certes, on ne peut pas parler de gros rebondissements cependant, l’intrigue progresse constamment, ce qui apporte un rythme satisfaisant. L’auteure n’hésite également pas à pousser le lecteur sur des fausses pistes. On ne devine que très tardivement qui est le coupable de ces crimes odieux… J’ai globalement apprécié l’enquête, même lorsqu’elle a eu une petite touche fantastique lorsque Léa s’est mise à avoir plusieurs visions ou a décidé de communiquer avec les esprits. L’ambiance m’a fortement rappelé la série télévision « Médium » !
Avec sa touche fantastique, son côté historique et son aspect féministe, ce roman policier fut donc une agréable découverte ! Bien qu’il s’agisse d’un one-shot, je serais curieuse de découvrir la suite si un jour elle paraît. Merci aux éditions Scrineo et à Babelio pour cette masse critique.
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Allisonline
  23 juillet 2019
Une enquête policière en plein éveil féministe ? Je dis oui ! L'assassin du marais nous propulse en 1849, alors que les élections législatives de la deuxième République se préparent. Et cette fois, une femme tente de se présenter ! Jeanne Deroin se place comme le fer de lance d'une vague féministe qui tient à faire évoluer l'égalité des sexes. Et bien entendu, cela n'est pas du goût de tout le monde, en particulier des hommes. Il y a ceux qui les dénigrent dans les journaux, ceux qui les huent pendant leurs prises de parole... et ceux qui les tuent. de nombreuses femmes sont violemment assassinées, des femmes aux idées et aux moeurs qui dérangent.
Not all men, heureusement. Alexandre Delage, un jeune inspecteur, prend l'affaire très à coeur, contrairement à ses collègues. Il s'inquiète, s'implique et n'hésite pas à bien s'entourer pour retrouver le meurtrier. Julie, amie d'une des disparues, et Léa, médium à ses heures perdues, lui viennent volontiers en aide. Les deux jeunes femmes se lient d'amitié et enquêtent de leur côté, sans se reposer sur l'homme de la situation. Julie est une travailleuse indépendante et émancipée, qui s'est libérée de la tutelle paternelle et refuse de se jeter dans les bras du premier galant qui voudrait bien d'elle. Quant à Léa, elle est mère et divorcée. Une espèce rare à l'époque, d'autant qu'elle est belle et donc forcément fautive. le récit de Catherine Cuenca s'émaille aussi de vrais personnages historiques, de femmes qui ont tenté de faire évoluer la condition de leurs consoeurs. Nos protagonistes vont donc croiser le chemin de Jeanne Deroin ou de de Désirée Gay, entremêlant leur histoire à celle des personnages du roman. L'autrice vous laissera même des fiches en fin de roman pour vous les présenter plus amplement. Elle fait la part belle aux femmes, réelles ou non, qui sont au coeur de l'histoire et sur le devant de la scène : engagées, politisées, actives… et victimes.
Ah je sais, cette chronique est salée, mais les injustices subies par les femmes du roman font douloureusement échos à ce que l'on vit encore aujourd'hui. Il est plaisant de voir que les combats commencés il y a cent soixante-dix ans ont réussi à trouver certaines issues favorables, que ces femmes fortes ont su faire entendre leur voix. C'est grâce à leur courage et leur mise en avant – et en danger – que nous pouvons voter, avoir un compte en banque ou avorter. Mais le roman traite de féminicides, de femmes tuées parce qu'elles sont des femmes. Nous sommes en 2019 et cette année, on décompte déjà plus de soixante-dix féminicides en France. Alors oui, ce roman jeunesse, policier et teinté de fantastique est une jolie découverte, un beau moyen de montrer que les choses ne sont pas parfaites mais qu'elles évoluent, que les femmes peuvent se battre et obtenir justice. Mais c'est aussi un roman engagé, au fort message politique, qui ne pourra qu'intéresser les féministes en herbe et provoquer des discussions passionnantes avec les jeunes auxquels il s'adresse.
L'assassin du marais est un bon roman, à la fois divertissant grâce à son intrigue bien ficelée (dont le dénouement ne prendra pas forcément par surprise le lecteur ou la lectrice averti∙e) mais aussi porteur d'un message fort et important. le roman n'est pas exempt d'humour et laisse la place aux scènes d'amitié et d'amour fleurissant, n'oubliant pas de donner vie à ses personnages crédibles et attachants. Un livre prenant qui fait réfléchir !
Lien : http://allison-line.blogspot..
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Sharon
  04 juin 2019
tre une femme n'est pas facile. Lieu commun ? Non, évidence eu égard aux nombres d'injonctions que les femmes reçoivent. le combat pour nos droits est toujours d'actualité, mais qu'en était-il avant ?
1849. On ne s'en rend pas compte, mais l'espoir en de grands changements étaient là. La république avait été proclamée pour la deuxième fois de l'histoire de France. On ne refait pas l'histoire, nous savons ce qu'il est advenu. Les personnages ne le savaient pas, et les femmes essaient de faire évoluer leur condition. A chaque fois que les femmes ont essayé d'obtenir plus de droits, de violentes réactions ont eu lieu – aujourd'hui, hier. Hier plus qu'aujourd'hui, même si le discours peut encore être ressorti aujourd'hui : la place des femmes est chez elle, elle ne peut apporter que le trouble dans la vie publique/politique, tout est bon pour restreindre ses libertés et ses droits, y compris ses droits sur ses enfants : à l'époque, en cas (rarissime !) de divorce, la garde n'était pas confiée à la mère, il est bon de le rappeler.
Ce livre nous fait découvrir des femmes courageuses, des femmes qui essayaient de vivre libre, de se loger, de se nourrir, sans l'aide d'un mari ou de leurs parents. Une existence rude, difficile, où le moindre écart peut vous faire perdre votre travail, et rendre extrêmement difficile d'en trouver un nouveau.Une existence dans laquelle les femmes pensent, et ont bien l'intention de vivre selon leurs idées. Cela dérange ? Oui. Cela dérange quelqu'un (le féminin est ici inutile) qui s'en prend à des femmes fortes, des militantes, des femmes qui ne faisaient pas mystère de leurs idées, quelle que soit leur appartenance sociale. Les femmes écrivent, les femmes partagent leurs idées, l'une veut même se présenter à la députation.
Si l'enquête avance ? Bien sûr que non. Une femme ne peut avoir été tuée que par un de ses « galants », pourquoi enquêter ? A l'heure où soixante femmes en France sont mortes sous les coups de leurs conjoints ou de leurs ex-conjoints, il ne faut surtout pas oublier qu'un auteur de « crimes passionnels » ne risquaient pas grand'chose en France jusqu'en… 1994. Je m'écarte de l'objet littéraire qu'est l'assassin du Marais, et j'ai l'air de vous le montrer comme un texte aride, uniquement historique. Il n'en est rien. ce sont d'abord des personnages passionnés que nous croisons, dont Léa Caron et Julie. Elles se sont bien trouvées. Elles n'attendent pas un sauveur, pas même pour clore l'enquête, elles savent que le salut, la survie, viendra d'elles-mêmes. Bien sûr, il y a l'inspecteur Alexandre Delage, le seul policier qui a un tant soit peu d'intérêt pour trouver le coupable et le mettre hors d'état de nuire. Il n'est pas un personnage simple, son passé a fait pleinement de lui l'homme à multiples facettes qu'il est.Mention spéciale aussi pour Gustave, journaliste persévérant, bien plus intéressant qu'il n'aurait pu sembler de prime abord. Les gens peuvent changer, et c'est bien aussi de le dire et de l'écrire.
L'assassin du marais, un roman policier historique, féministe et fantastique aussi, un roman qui n'en finit pas de nous délivrer ses secrets, sans jamais céder à la facilité.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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lecottageauxlivresFanny
  19 juin 2019
Au printemps 1849, Paris est en effervescence. Une épidémie de choléra décime la ville. Jeanne Deroin se présente aux élections législatives. C'est la première femme qui ose se présenter comme candidate. Elle demande instamment l'égalité entre les sexes et le droit de vote pour les femmes, faisant fi des menaces, des quolibets et des critiques de ses contemporains comme Proudhon et George Sand.
Alexandre, un jeune enquêteur, voyou repenti, se rend sur une scène de crime. Une célibataire de 29 ans, couturière et membre actif du club des Femmes d'Eugénie Niboyet a été étranglée. Bientôt, une autre femme est retrouvée étranglée dans Paris. Elle était aussi une militante active de la cause féministe. Alexandre en est alors certain, ces femmes ont été assassinées pour leur engagement politique. La haine, la misogynie est l'unique mobile de ces meurtres. Un homme, quelque part dans Paris, veut faire taire ces femmes. Lâché par son supérieur Dubon qui sent venir le fiasco de cette affaire, Alexandre Delage sera forcé de mener son enquête seul, risquant la vie d'autres femmes s'il ne se montre pas assez efficace mais aussi sa propre carrière.
Julie Paupelier est une vendeuse dans grand magasin parisien. Elle a fui la campagne et sa famille qui voulait la marier de force à un homme qu'elle n'aimait pas. Sur sa route, elle a croisé Sidonie, victime tout comme elle, des traditions patriarcales. Elles se considèrent comme des soeurs, travaillent côte à côte et se méfient des hommes. Mais Sidonie est tombée amoureuse. Un jour, Sidonie ne vient pas travailler. Elle a disparu, elle semble s'être volatilisée. Julie demandera alors l'aide de la police qui ne prend pas la disparition de Sidonie au sérieux. La jeune vendeuse, craignant pour la vie de son amie dans ce climat de peur, cherchera un soutien auprès de Léa, une spirite, capable de communiquer avec les défunt, femme adultère, mère séparée de son enfant et mise au banc de la société depuis qu'elle a divorcé de son époux.
Alexandre, Julie et Léa joindront alors leurs forces pour arrêter cet assassin qui sème la panique dans le quartier du Marais et plus particulièrement au sein des clubs politiques féminins.
J'ai adoré ce roman policier que j'ai trouvé ambitieux et novateur et qui s'adresse à de jeunes adultes. Choisir pour cadre l'année 1849 porteuse d'espoirs mais aussi de déceptions entraînés par la toute récente République de 1848 et les clubs féministes est original. le contexte est donc extrêmement intéressant, le roman très documenté devient alors un moyen d'acquérir de nombreuses connaissances historiques tout en suivant une intrigue pleine de suspense et de rebondissements. Quelques pages à la fin du livre sont consacrées à certaines féministes ayant véritablement vécu et que l'on retrouve dans le roman.
Le personnages sont attachants et le parcours des diverses héroïnes donne un aperçu de toutes les inégalités que subissaient ces générations de femmes sacrifiées dans la sphère publique et privée: femme mariée de force, rejetée par leur famille si elles n'obéissaient pas, exclue par tous en cas d'adultère, séparée de leur enfant selon la volonté de l'époux, assassinée sans véritable intérêt de la part de la police, privées du droit de vote, de s'exprimer librement, d'être élue ... Catherine Cuenca n'offre pas une vision manichéenne de la société française de 1849, certains hommes comme Alexandre ne tolère pas la misogynie de ses supérieurs.
Le roman se dévore en quelques jours tant l'intrigue est prenante et le rythme soutenu. Catherine Cuenca lance son lecteur sur de nombreuses pistes pour sa plus grande joie.
Roman policier, historique, féministe, L'Assassin du Marais offre un très bon moment de lecture.
Un grand merci à Babelio et aux éditions Scrineo.
Lien : http://lecottageauxlivres.ha..
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Les_lectures_de_Sophie
  30 août 2019
Comme je vous le disais plus haut, quand j'ai reçu le programme des parutions Scrineo, j'ai tout de suite été attirée par ce polar historique et féministe. Je n'étais pas très assidue en histoire pendant ma scolarité, et du coup, j'apprends beaucoup des livres. Ici, il s'agit bien d'un roman, mais son contexte historique est tout à fait réaliste, tout comme son contexte féministe. On est en 1849, les ateliers nationaux créés en 1848 ont fermé car trop chers, les femmes n'ont pas plus de droits que les chevaux… J'entends par là qu'elles ont le droit de travailler, de faire les corvées, d'obéir aux ordres de leurs pères et maris, mais pas le droit de choisir leur vie. Et les rares qui osent le faire sont vilipendées, mises au ban de la société. Quelques femmes ont pourtant décidé de faire bouger les lignes, on en rencontre certaines dans le roman, et un dossier de quelques pages nous les présente en fin d'ouvrage, « Portraits de féministes de la révolution de 1848 » rédigé par Romane Fraysse. Quelques articles très abordables, qui nous raconte ces héroïnes qui se sont battues pour que les femmes aient enfin droit de cité… On retrouvera d'ailleurs certaines d'entre elles dans le roman !
J'ai beaucoup apprécié la structure du roman. Les chapitres qui nous déroulent l'intrigue sont parfois entrecoupés de passages aux côtés du tueur, et on croise parfois au détour d'une page une « reproduction » de lettre, d'affiche ou d'article. La présence des intermèdes de l'Assassin du Marais est comme un défi au lecteur. L'autrice nous donne des indices, parfois importants, mais cela ne m'a pas empêché de passer à côté de certains.
Du côté des personnages, j'ai apprécié le fait que, même si on est dans un roman féministe et que les femmes présentes sont fortes et osent leurs opinions, on croise aussi de nombreux hommes, comme l'inspecteur Delage ou le journaliste du Charivari, Gustave Petitjean. En effet, il n'aurait pas été crédible historiquement parlant d'avoir des femmes dans ce genre de rôles, tout spécialement la police.
Comme je le disais plus haut, je me suis laissée promener par le bout du nez par Catherine Cuenca pendant un bon moment. Je suis passée à côté d'indices pour certains extrêmement subtils, dignes de l'esprit d'un Vidocq, auquel d'ailleurs l'autrice fait référence. Mais je n'ai pas détesté me laisser balader, comme c'est parfois le cas dans certains polars. J'ai aimé mener cette enquête avec Léa et Julie, qui se débattent dans une société qui voudrait les voir rester dans leur cuisine, alors qu'elles ne veulent que retrouver l'assassin du Marais, qui tue des femmes qui ont le courage de leurs opinions.
L'autrice dresse un portrait sans concession de cette époque, pas si lointaine, où les femmes ne valaient pas plus que des esclaves, statut qui a vu son abolition à peine un an avant notre histoire. le personnel de maison est, lui au moins, payé, même si les femmes ne perçoivent pas leur salaire, puisque la gestion de l'argent est le rôle de leur mari ou père. Rares sont celles qui, comme Léa, osent divorcer, car vilipendées et privées de leurs enfants. Elles ne sont pas très nombreuses non plus, celles qui, comme Julie, n'ont jamais été mariées, mais travaillent et vivent seules, hors la tutelle d'un homme.
L'assassin du Marais est non seulement une enquête plaisante et bien menée, mais aussi un plaidoyer pour les femmes. Ce roman nous rappelle qu'il y a moins de deux cents ans, les femmes n'avaient pas un statut d'être humain libre, qui a finalement été obtenu (ou plutôt arraché) au prix d'âpres luttes. Que des femmes courageuses se sont levées et ont osé dire non, malgré les risques et les conséquences. Nous devons notre liberté actuelle à ces femmes et à celles qui leur ont succédé au fil des générations, et nous ne devons pas oublier nos filles et celles des générations à venir quand il s'agit de défendre des droits qui devraient être la norme.
J'ai reçu la version papier de ce livre dans le cadre de ma participation au Club des lecteurs Scrineo pour l'année 2019. Merci à eux pour la confiance.
Lien : https://leslecturesdesophieb..
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critiques presse (1)
Ricochet   21 novembre 2019
Le suspense est bien mené, l’enquête compliquée par des fausses pistes et le lecteur ne pourra pas deviner l’identité de l’assassin avant les dernières pages. Mais surtout, sur une base historique réelle, Catherine Cuenca pose avec passion la problématique de la condition féminine.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
SaiwhisperSaiwhisper   12 juin 2019
- La liberté ou la mort, articule-t-elle.
- Ce n'est pas la devise des révolutionnaires de 1789 ? demande Léa.
- Parce que la vie ne vau pas d'être vécue sans liberté, explique la féministe. Savez-vous que c'est ici, au café de Foy, que Camille Desmoulins a appelé les Parisiens à se révolter contre les tyrans ? La Bastille a été prise il y a soixante ans. Notre tour est venu, à nous les femmes, d'abattre nos tyrans.
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LheureduthrillerLheureduthriller   26 juin 2019
Aux femmes de Paris


Depuis plusieurs jours, les journaux se font écho d'une terrible nouvelle. Un assassin rôde dans la ville et s'attaque aux femmes à la nuit venue. Trois malheureuses sont déjà tombées sous ses coups. Elles étaient veuve ou célibataire, jeune fille ou mère de famille, couturière, sage-femme ou employée de magasin. Mais surtout, elle voulaient vivre libre. Celui qui leur a ôté la vie ne l'a pas supporté. Il n'a pas supporté leur soif légitime de liberté. Femmes de Paris, ces femmes qui sont tombées, ce sont vos mères, vos soeurs, vos filles. A travers elles, c'est vous qu'on cherche à faire taire. Ne vous repliez pas dans la peur, ne cachez plus vos aspirations, vos goûts, vos désirs. Faites savoir à ce monstre qui se terre lâchement dans l'ombre, qu'il faut compter avec vous! Ensemble, nous sommes plus fortes que lui!
+ Lire la suite
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SaiwhisperSaiwhisper   12 juin 2019
- Peut-être qu'il cache son jeu. Tu connais les hommes comme moi, Sidonie. Ils ne nous respectent pas.
- Dieu merci, ils ne sont pas tous comme cela !
- Ce n'est pas mon avis ! Je croyais que tu étais d'accord avec moi : éviter les fréquentations masculines, c'est le seul moyen pour une femme de rester libre et heureuse.
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SaiwhisperSaiwhisper   14 juin 2019
- L'an dernier, cette femme était un membre actif du club des Femmes d'Eugénie Niboyet.
- Des folles excentriques qui plaidaient pour le divorce, l'égalité des droits entre hommes et femmes, et tout un tas d'autres inepties, explique Dubon pour Alexandrie. A mon avis, c'était une erreur de leur octroyer le droit de s'exprimer dans la presse ou de se réunir en associations ! Toutes ces libertés n'ont causé que des désordres !
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SaiwhisperSaiwhisper   14 juin 2019
Je pense que les gens entendent ce qu'ils ont envie d'entendre. En revanche, je suis convaincu que certaines personnes ont des dons d'écoute et une sensibilité plus fortes que d'autres. C'est pour cela que je suis venu vous voir, madame Caron. J'ai besoin de vous pour m'aider à rassembler les preuves nécessaires à faire valoir ma théorie sur la mort de monsieur Murat.
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Video de Catherine Cuenca (1) Voir plusAjouter une vidéo
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