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EAN : 9782367409511
307 pages
Scrineo (10/06/2021)
4.16/5   58 notes
Résumé :
L'histoire terrible de deux sœurs Yésidie martyres et résistantes de Daech

Irak, 31 juillet 2014.
Amal, jeune yézidie de 16 ans, et sa demi-sœur Mina, 17 ans, préparent avec impatience leurs retrouvailles à l'occasion d'une fête familiale.
Trois jours plus tard, leur vie bascule. L'État islamique attaque leur région du Sinjar et ses habitants yézidis, considérés par les djihadistes comme les adeptes d'une secte satanique.
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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Un coup de coeur. Sans aucun doute.

Nous sommes en Irak. 2014. L'État islamique attaque la région du Sinjar et ses habitants yézidis. Amal et Mina sont demi-soeurs, respectivement âgées de 16 et 17 ans, et sont extrêmement proches. Ce jour-là, elles se retrouvent séparées.
Alors qu'Amal réussit à fuir et à échapper de peu au génocide, Mina est capturée avec d'autres femmes pour être réduire en sabbiya, une esclave sexuelle.
Ce livre raconte leur histoire.

Mon intérêt fut piqué sitôt que j'ai lu la quatrième de couverture. C'était la première fois que je tombais sur un livre qui abordait ce sujet, cette période, ce génocide dont on parle si peu...
Je n'y connaissais pas grand chose, mais cela m'intéressait d'en apprendre davantage.

Et quelle lecture !...

Ce récit inspiré de faits réels se passe il y a moins de dix ans.
Cela me paraissait impossible à imaginer, et pourtant si, c'est bien le cas. Parfois, le mot « portable » apparaissait dans le récit et je me disais « ah oui c'est vrai… tout ça se passe dans les années 2010. »

Je sais que je ne pourrai jamais comprendre ce qu'ont enduré des personnes telles que les personnages de ce roman. C'est profondément atroce et inhumain sous toutes les formes.
Cependant... j'ai adoré cette lecture.

Dès le début j'ai accroché au récit. C'est dur, comme je m'en doutais. Mais j'ai eu envie de dévorer ce livre.

Les mots me manquent pour exprimer à quel point ce roman m'a bouleversée.
Ce fut une lecture éprouvante, difficile.
Il y a des moments où j'ai manqué de fondre en larmes.

L'émotion est présente. On s'attache. On a peur. On suit le pdv d'Amal, celui de Mina. On endure aux côtés des deux protagonistes. On a la coeur serré devant tant d'horreur.

J'ai refermé ce livre les larmes aux yeux et l'émotion qui me nouait la gorge.
Ce roman était incroyable, tout simplement.

J'étais tombée dessus par hasard à la bibliothèque, et en l'empruntant un peu sans réfléchir j'étais si loin de m'imaginer le coup de coeur que ce serait...
Mais bon sang. Quelle claque !

J'espère vraiment que j'aurais l'occasion de lire d'autres oeuvres de cette autrice !
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Voilà une lecture dont j'ai eu du mal à écrire une chronique, tant elle m'a marquée dans ma chair et émue au possible.

Le sujet traité dans ce roman fait partie de ceux que l'on traite peu et dont on parle peu à la télé : le génocide des yézidis et le sort réservés aux jeunes filles et aux femmes de cette ethnie.

Comme dans d'autres génocides, on rassemble tout le monde, on sépare les hommes des femmes, on assassine les hommes en leur tirant dessus et après avoir séparé les mères de leurs filles, on transforme ces dernières en esclaves : elles feront le ménage, seront rabaissées plus bas que terre et violée par les hommes de l'État Islamique.

Pour eux, violer une sabiyya (esclave sexuelle) n'est pas un viol. Pourquoi ? Parce que ces décérébrés endoctrinés considèrent les yézidis comme impurs : l'ange majeur des Yezidis, Malek Taous, l'ange-paon, n'est autre que Sheitan ou Satan. Les djihadistes veulent donc les exterminer…

De toute façon, les membres de l'état islamique s'arrangent toujours avec leur religion, leur morale, leur conscience : cela ne pose aucun problème de consommer en masse ce qu'ils interdisent aux autres musulmans, comme les drogues, les films pornos, l'alcool… Faites ce que je dis, pas ce que je fais…

Émotionnellement parlant, c'est une lecture très dure, émouvante, prenante, surtout pour les tripes. le récit va alterner avec deux personnages majeurs : Mina et Amal, sa demi-soeur, qui sera transformée en esclaves sexuelles pendant que Mina, elle, prendra les armes pour défendre les siens et retrouver Mina.

Ces deux soeurs sont des portraits magnifiques : Mina, parce qu'elle trouvera le courage que bien des hommes n'ont pas eu et Amal, parce que même esclave, elle essaie de ne pas perdre l'espoir et pensera à défendre des plus jeunes qu'elle.

Inspiré d'une histoire vraie, ce roman jeunesse aborde des sujets violents, même pour un adulte qui a beaucoup lu sur les horreurs perpétrées par des humains sur d'autres, malgré tout, nous ne sommes jamais blindés tout à fait et cette histoire m'a atteint droit dans le coeur, sans jamais sombrer dans le pathos vulgaire.

Malgré la violence de ce qu'il s'est passé dans le nord de l'Irak avec cette ethnie, l'autrice a su rester sobre dans les descriptions des horreurs commises à l'encontre de ce peuple qui a failli disparaître totalement.

Une lecture coup de coeur, mais une lecture dure puisque tirée d'histoires vraies et que nous savons depuis longtemps que la réalité est souvent pire que la fiction.

Il est dommage que l'on ne parle pas assez de certains génocides, car pour moi, tous doivent être condamnés et tous méritent qu'on en parle, qu'on les dénonce, quelque soit le nombre de victimes…

À lire pour en savoir un peu plus sur les exactions de Daech, même si elles ont lieu très loin de nos pays sécurisés où l'on râle pour des petites choses…

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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J'ai demandé à lire ce livre pour plusieurs raisons :
– j'ai déjà apprécié un roman de cette autrice, paru aux éditions Scrinéo, L'assassin du marais ;
– le titre de ce roman, évocateur au possible ;
– la couverture, magnifique ;
– le sujet, rarement traité en littérature.
Je dois dire que c'est une lecture que j'ai dû fractionner, parce qu'elle était extrêmement dure, d'un point de vue émotionnel. L'autrice nous parle, par les voix d'Amal et de Mina, du sort de ces femmes yézidis qui sont victimes de Daesh et que la communauté internationale a oubliées. Les hommes sont tués ou, s'ils sont encore adolescents, on les enrôle, les endoctrine pour en faire des combattants. L'espoir ? Il est très peu présent.
Amal a eu de la chance, elle a pu échapper aux djihadistes. Pas Mina. La sauver devient une obsession pour Amal, qui s'engage dans une unité de défense composée uniquement de femmes. Etre tués par une femme, le pire sort qui puisse arriver à un djihadistes, selon eux.
Le récit alterne chapitres racontés par Amal et chapitres où l'on entend la voix de Mina. Je tiens à le préciser, le récit est souvent insoutenable, d'autant plus que ce qui nous est raconté est le sort de dizaines, de centaines de femmes. Quant à Amal, elle n'oublie pas que combattre, c'est risquer de mourir : toutes les combattantes qu'elles croisent le savent bien elles aussi.
Sauver Mina est un livre qui frappe fort, très fort. Il est profondément émouvant, il est un des rares livres qui m'a fait venir les larmes aux yeux en le lisant. Parce que survivre, pour ces femmes, c'est important, pour prouver qu'ils n'ont pas réussi à les détruire. Se suicider serait terminer ce qu'eux ont commencé.
Aujourd'hui encore, des femmes sont esclaves des fous de Dieu dans le monde. Ne les oublions pas.
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Incontournable Août 2021


"Sauver Mina" est un roman qui marque, qui indigne et qui met en lumière de terribles évènements. Peu de livres jeunesse traitent des fanatiques religieux djihadistes, moins encore sur les groupes qui mettent leur vie en péril pour faire cesser la folie de ces hommes sur l'humanité, spécialement sur les femmes. Ironiquement, c'est justement d'une faction de femmes combattantes dont il sera question.


Amal et Mina sont demi-soeurs et elles s'adorent. Elles font parti de la minorité religieuse yézidie, considérée comme satanique par Daech. Amal et son père prennent la décision de quitter Sinjar, leur ville irakienne, quand des rumeurs sur l'avancé de Daech, une faction de djihadistes, leur parviennent. Baba Saoud, le père des deux filles, Mina et sa tante, auront le temps de se fuir leur arrivé, mais dans les montagnes, à Kocho, Mina et l'autre partie de sa famille se fait capturer. On exécute les hommes pubères, on sépare les femmes comme du bétail: on garde les femmes mariées comme domestiques, les jeunes femmes non-mariées en esclaves sexuelles qu'on peut vendre et revendre comme de vulgaires meubles. Les violer et les battre n'est pas un crime. On exécute les femmes trop âgées. On endoctrine les jeunes garçons pour en faire des kamikazes.Un génocide est en cours et un règne de terreur commence pour les irakiens. Les djihadistes prennent un malin plaisir à s'offrir tout ce qu'ils condamnent aux autres musulmans: alcool, drogues, femmes, films porno, etc. Quand Amal tente de contacter sa grande soeur, un homme lui répond: "Mina est une "sabiyya" ( esclave sexuelle), maintenant." Comprenant dans quelle horrible situation elle se trouve, Amal refuse de fuir plus loin et intègre le YBG, une unité féminine de combattantes kurdes, et plus tard yézidie. Elles ne sont pas les seules à mener la vie dure aux fanatiques. Plusieurs autres groupes armés tentent de reprendre les villes tombées aux mains des hommes de Daech.Seul compte pour Amal le sauvetage de Mina et venger son peuple, en parallèle. Mina, de son côté, subit de terribles sévices corporels, psychologiques et sexuels, revendue à plusieurs reprises, ayant réussi à fuir plusieurs fois. Son calvaire croise celui d'autres femmes, d'autres filles, esclaves ou alliés inespérées, et même certains personnes qui ont radicalement changés sous la doctrine de Daech. de part et d'autre, pour les soeurs, le combat pour la survie est engagé.


C'est une histoire très dure, à la limite supportable, quand on sait que ce roman est inspiré d'histoires vraies. J'ai eu la gorge nouée presque tout le long de ma lecture, c'est très émouvant. On y croise d'ailleurs trois femmes bien réelles, certaines décédés et d'autres devenus des figures phares de la lutte au trafic humain. On a donc Arin Mirkam, Nadia Murad ( Nobel de la paix 2018) et Lamia Hajji Bachar.


Nous alternons entre Amal et Mina, bien que je trouve le côté de Mina terriblement perturbant vu la nature, la durée et la portée de son long calvaire, qui aura duré 18 mois. Amal était magnifique avec son courage et sa foi, à peine âgée de 16 ans, au front avec d'autres femmes remarquables. Ça m'a vraiment dérangé de ne pas avoir entendu parler de cette unité de femmes combattantes avant de lire ce livre. Pourquoi ne pas les avoir vues aux nouvelles? Ou sur les réseaux sociaux? Alors que les djihadistes sont en ce moment un des pires fléaux de l'humanité et de véritables monstres à l'endroit des femmes, comment ne pas trouver ironique et jouissif l'idée qu'ils se font rembarrer par des femmes?


Mais n'oublions pas les hommes: ils ont été et sont encore nombreux à lutter contre les hommes de Daech, épaulant les unités de combat ou orchestrant des évasions pour les femmes yézidis encore prisonnières. Ils n'ont pas été épargnés eux non plus, soient exécutés pour la simple raison de leur convictions religieuses , soit pour ne pas soutenir le régime d'horreurs des djihadistes, soit pour avoir porté assistance aux yézidis.


C'est donc une porte sur une réalité très crue, brutale et ignoble, qui demeure le quotidien de gens encore aujourd'hui. Si les djihadistes semblent avoir reculés en Irak et en Syrie, ils viennent tout juste de reprendre Kaboul, capitale afghane. Leur folie meurtrière et leur foi extrêmement violente n'est pas près de finir.


La couverture est magnifique: on comprend d'un seul regard de quoi il est question, c'est une image très symbolique et percutante.


Je suis donc ravie en tant que libraire jeunesse de voir ce roman atterrir sur nos rayons, ne serait que par égard au combat qui se déroule au Moyen-Orient et pour rappeler la chance que nous avons d'être dans nos pays civilisés. En outre, c'est une belle histoire d'amour sororal. Un roman "coup-de-poing" qui met en lumière la grande force et la résilience des femmes et des hommes qui combattent l'oppression, la haine et la cruauté.


Compte tenu de la violence sous toute ses formes qui y est contenu, le roman a été classé "Jeune adulte" ( 17 ans et +).


Voici les livres proposés dans le roman, "pour aller plus loin":


-Nadia Murad, "Pour que je sois la dernière", LGF, 2018
- André Hébert, "Jusqu'à Raqqa. Avec les kurdes contre Daech", les belles lettres, 2019
- Viyan, avec Pascale Bourgaux et Saïd Mahmoud, "Moi, Viyan, combattante contre Daech", Fayard, 2016
- "William Roj, un français chez les Kurdes", Guerres & Histoire n.56, août 2020
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Avant la fermeture estivale de ma biblio et mon départ en vacances, je m'étais préparée une pile de l'enfer. Évidemment, juste à ma dernière razzia, je vois ça, ce roman. Sauver Mina, inspiré de faits réels sur Daesh et une communauté méconnue. J'ai trouvé ce roman puissant, déchirant et impactant. On connaît tous, les méfaits de Daesh mais la condition du peuple yezidi dont je ne connaissais rien a été décrit avec réalisme dans ce roman young adult. En effet, une thématique comme celle-ci et les descriptions présentes ne sont pas à mettre entre toutes les mains mais la lecture en est nécessaire. Mina et Amal sont demi-soeurs et vivent séparées. Quand la guerre (le génocide même) débute, Mina la grande soeur est faite prisonnière pour devenir esclave sexuelle. Plusieurs fois revendue comme du bétail, sa petite soeur Amal fera tout pour la sauver et combattra Daesh de toutes ses forces pour la retrouver. Deux parcours dont le calvaire dure plus d'un an que nous suivons de façon alternée. le désespoir, l'acharnement. Leur amour est si fort et si poignant que cette fin m'a émue. J'en ai la chair de poule rien qu'en repensant à ce roman. Il n'y a rien d'autre à faire qu'à part lire ce livre.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
𝑱𝒆 𝒏'𝒂𝒊 𝒒𝒖'𝒖𝒏 𝒔𝒆𝒖𝒍 𝒄𝒉𝒐𝒊𝒙. 𝑳𝒂 𝒍𝒊𝒃𝒆𝒓𝒕𝒆́ 𝒐𝒖 𝒍𝒂 𝒎𝒐𝒓𝒕. 𝑺𝒊 𝒋𝒆 𝒏𝒆 𝒑𝒆𝒖𝒙 𝒑𝒂𝒔 𝒂𝒗𝒐𝒊𝒓 𝒍𝒂 𝒑𝒓𝒆𝒎𝒊𝒆̀𝒓𝒆, 𝒂𝒍𝒐𝒓𝒔 𝒋𝒆 𝒗𝒆𝒖𝒙 𝒍𝒂 𝒔𝒆𝒄𝒐𝒏𝒅𝒆. 𝑪𝒂𝒓 𝒑𝒆𝒓𝒔𝒐𝒏𝒏𝒆 𝒏𝒆 𝒑𝒆𝒖𝒕 𝒎𝒆 𝒇𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒑𝒓𝒊𝒔𝒐𝒏𝒏𝒊𝒆̀𝒓𝒆.
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A quoi bon continuer à vivre dans ces conditions ? S'imagine-t-elle que nous finirons pas être libérées ? Que les peshmergas qui nous ont abandonnées reviendront nous sauver ? Que les Américains ou une alliance internationale interviendront en notre faveur ? Cela n'aurait pas déjà été le cas ? Nous sommes seules? Les Yézidis ont été sacrifiés, et leurs femmes sont des martyres oubliées. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.
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- Ils trouveront n'importe quel prétexte pour justifier leurs crimes. Ce sont des lâches qui cherchent à se procurer sans effort de l'argent et des femmes, sans oublier le pouvoir... Bref, tout ce qu'ils n'avaient pas dans une vie normale. C'est pourquoi nous devons lutter sans répit contre eux. Nous devons lutter pour que les femmes, où qu'elles vivent, ne soient plus jamais les esclaves d'aucun homme.
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« Qu’est-ce qu’il a dit?
- Que je porte l’honneur de la famille. […]
- Nous portons bien plus que l’honneur de nos famille, déclare-t’elle. Nous luttons pour libérer des populations, pour délivrer les femmes de la tyrannie. »
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Oui, je sais que ces hommes ne valent pas la balle qui les transperce. Pourtant, c'est chaque jour que nous perdons l'un des nôtres en combattant ces fous qui agitent Dieu comme un étendard mais qui se rendent coupables des pires péchés en son nom.
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