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EAN : 9782742754007
253 pages
Éditeur : Actes Sud (01/04/2005)
3.67/5   26 notes
Résumé :
Le point de vue des éditeurs :

Elle est jeune, elle vit à Paris et travaille à la gare du Nord. Invisible, elle annonce l'arrivée des trains, les horaires, les départs et les voies, accompagne l'éloignement, la séparation ou l'espoir. Seule elle rentre chez elle, elle attend l'appel de l'homme qu'elle aime. Un soir d'ivresse, ils se sont embrassés, mais l'homme est amoureux d'un Ange, une créature ineffaçable.

Seule elle quitte son appa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
moertzombreur
  24 septembre 2014
J'ai lu ce livre lors de sa parution en 2005, en parler aujourd'hui est un exercice qui s'apparente un peu à celui d'un funambule... Que faire ? Pas le temps de le relire... J'ai un très bon souvenir de lecture, car il appartient à cette catégorie des livres-totems, dans mon esprit ce sont ces livres qui nous permettent de mettre en mots ce que nous sommes, ce qui nous définit en tant que personne. En lisant, on se dit c'est tout moi, j'aurais pu écrire cette phrase, je la porte en moi, elle prend corps sur le papier, et cela même si le personnage principal est une femme, les points communs sont si nombreux, le genre passe au second plan. "Elle" n'a pas de nom, elle est comme invisible, pas de celle dont on se souvient, célibataire, réservé, différente, pas toujours en phase avec la réalité, mal à l'aise sous les regards d'autrui. Un peu comme le personnage joué par Hippolyte Girardot dans "Un monde sans pitié", qui exprime cette même impossibilité à partager ses sentiments ou ses espoirs, son sentiment d'infériorité, d'insatisfaction, cette habileté à couper court aux discussions, ne basculant jamais dans la confidence, ou l'intimité, l'impression de ne
pas vivre vraiment mais d'être une machine à exister.
En relisant certains passages, en papillonnant de phrases en phrases, je me souviens de ce style incisif où chaque mot est bien pesé, ses balades dans Paris, une simple description d'une façade d'immeuble qui fait mouche et m'enchante, les dialogues qui s'insèrent dans le corps du texte ; les livres où l'on va à la ligne, on balance un tiret-pour ouvrir des guillemets, m'insupporte pour la plupart. Je pourrais faire mille citations. "Son enveloppe est intact, c'est l'intérieur qui a morflé. Chaque geste est une épreuve, un
exercice de la volonté pour se convaincre que manger, sortir, travailler, dormir sont bien nécessaire à sa survie. Elle n'a envie de rien.", (...) Elle n'a qu'elle-même pour se tenir compagnie : le plomb est en train de reprendre prise. Sortir, à la rencontre de quelqu'un, dans l'espoir de ressentir autre chose que ses propres limites physiques". Un roman urbain, qui semble me parler directement, avec beaucoup de finesse et d'émotions, de ce que je suis dans ma banalité la plus quotidienne, des fragments d'un discours amoureux fait d'une solitude passante, un écoulement de vie, un
écroulement des codes qui régissent les comportements sociaux établis. du coup, je dois être un peu amoureux, il faut absolument que j'évoque ses autres romans, à suivre...
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absolu
  01 août 2012
"Une semaine a passé. Sans nouvelles. C'est un peu inhabituel mais elle ne veut pas l'appeler. Cela donnerait une drôle de tournure à l'accident des lèvres. [...] Est-ce que l'on demande pourtant des justifications à un baiser ? On l'ignore ou on passe aux étapes suivantes, on s'abstient généralement de le commenter."
Elle s'interroge, sans cesse, elle détaille, analyse, scrute.. épie même le moindre mouvement, surtout s'il donne l'air de s'approcher d'elle. Car elle, elle ne s'approche de personne. Il faudrait déjà qu'elle sache l'image qu'on a d'elle. "Et elle, de quoi peut-elle bien avoir l'air ? On ne le lui dit jamais." Pendant qu'elle observe, au moins, elle ne pense pas au vide qui l'emplit, qui résonne. Pendant ce temps, elle s'oublie.
Le rythme est intérieur, intime, se calque sur celui du sang, des pensées, qui ne cessent de l'agiter. Un mouvement interne qui va à contre-courant du mouvement externe, sans jamais pouvoir l'intégrer.
Elle aime un homme qui aime un ange. Elle n'a pas les ailes pour l'emmener loin d'ici, pourtant, lentement, il vient à elle.
"Elle se demande si, toute sa vie, elle sera destinée à frapper contr des portes d'appartement pour qu'un homme la laisse entrer ou s'il ne s'agit que de répétitions accidentelles."
En attendant, (car elle attend, la plupart du temps, des autres, de sa vie-même), elle fait de drôles de rencontres, du genre de celles que la plupart des gens fuieraient. Mais elle, non. Pendant ce temps, au moins, elle vit. Elle n'est plus seulement la voix qui annonce les heures de départ et d'arrivée des trains, gare du Nord. Elle rêverait de partager avec tous ces voyageurs leurs parcours, les villes et payx qu'ils ont vus, qui ne sont pour elle que des noms. Car jamais elle n'a voyagé. Personne ne lui a jamais proposé de voyager. Seule, ça ne sert à rien. On ne fait que se retrouver face à soi dans un autre endroit. C'est ce qu'elle pense. "Emporter avec elle sa raison de rester est la seule manière dont elle puisse voyager".
A lire doucement, à petits mots, comme elle avance à petits pas dans sa vie et même celle des autres, de peur de déplacer trop d'air, de bouleverser le cours des évènements. Revenir, sur ses mots, pour vérifier qu'on n'a rien oublié, et puis constater que non. C'est bien elle, c'est bien sa vie, monotone, monocorde, anonyme. En apparence.
Ca cache quelque chose, le fait de ne jamais parvenir à s'attacher, à s'amarrer à l'autre, à quelqu'un d'autre. Mais quoi ?
Lien : http://www.listesratures.fr/..
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Impression-de-lecteur
  07 mai 2016
C'est Toujours intéressant de lire un roman de Céline Curiol. Yes it is ! Dans "voix sans issue", l'héroïne lit les annonces d'information à la gare du nord ; c'est la voix des voies. Elle lit les textes tels qu'on les lui apporte ; Dans la vie c'est un peu la même chose, elle est passive, lorsqu'elle répond favorablement aux sollicitations d'inconnus ; c'est peut-être aussi pour combattre l'ennui. Mais elle a quand même un rêve, une source de vie : elle aime Michel (je ne suis pas sûr du prénom), le mari d'Ange. Comment être aimé de lui, lui faire oublier sa femme Ange si parfaite ?. C'est peut-être sa singularité qui lui en donnera l'occasion. Mais alors qu'elle a la possibilité de partir avec son idée d’amour, elle sera trahie par... la ponctualité de la SNCF.
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kahy
  31 janvier 2014
L'histoire aurai pu être mieux si le style était différant, car je n'ai pas aimé le fait que le dialogue était indirecte, l'histoire est très plate, y'a pas de rebondissements, j'ai le livre aux éditions Babel (que j'adore) mais dans ce livre, le texte était trop serré, mais ce qui me pousse à adoré cette histoire c'est l'ambiance urbaniste.
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AurelieDeLivreMois
  20 avril 2015
On ne connait pas le prénom de l’héroïne mais on sait tout d’elle : son mal-être, ses doutes, ses fêlures. Elle pourrait être n’importe qui. On sait son empathie pour les autres, sa soif de vie et son obsession d’amour. Elle pourrait être tout le monde.
Lien : http://www.livre-mois.fr/liv..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Dizzie_lidsDizzie_lids   31 mars 2010
Sa vie avait été un passage plus ou moins douloureux de choses et d'êtres. Son erreur avait été sans doute de ne pas les avoir retenus. On était passé en elle, sur elle, à côté d'elle et puis l'on était parti sans qu'elle sache très bien ce qu'elle aurait dû faire pour que l'on reste avec elle.
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Dizzie_lidsDizzie_lids   31 mars 2010
Je t'appellerai. Je t'appelle. La nuance est subtile. Faut-il interpréter? Ce passage du futur au présent n'est-il qu'une manière de parler ou dénote-t-il un début d'engagement? Un besoin de se rapprocher de l'action envisagée? Un code à déchiffrer?
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Dizzie_lidsDizzie_lids   31 mars 2010
On raconte pourtant qu'en trouvant l'homme, la procréation va de soi. Elle est l'exception qui confirme la règle. Tout cela lui semble contre nature. Intrusion plutôt que fusion. Elle n'est pas faite pour donner la vie, c'est tout. Trop noble et trop anormal pour elle.
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Dizzie_lidsDizzie_lids   31 mars 2010
Les souvenirs, au fur et à mesure de leur utilisation, deviennent des fables que nous nous ressassons pour ne pas oublier qui nous sommes et dont la morale nous sert à nous apaiser ou nous à torturer.
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line70line70   19 mars 2011
Elle pense à sa mort. Comme à une cessation, la nette interruption d'un courant, l'anéantissement de ce qui est elle. N'importe quand. Elle se concentre sur la durée physique du temps. Chaque instant peut être le dernier, mais chaque instant aussitôt fini se transforme en sursis.
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Vidéo de Céline Curiol
Céline Curiol lit un extrait de son roman LES LOIS DE L'ASCENSION.
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