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EAN : 9782070527281
218 pages
Gallimard Jeunesse (30/11/-1)
3.75/5   69 notes
Résumé :
Dans les montagnes Rocheuses. encore sauvages en ce début de XXe siècle, deux chasseurs - Jim et son ami Bruce - sont sur les traces de Tyr, le grizzly. Le gigantesque ours tient tête aux chiens les plus courageux pour protéger Muskwa, l'ourson orphelin. Pourtant, lorsqu'il fait face à Jim désarmé, Tyr l'épargne et lui tourne le dos.
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Zebra
  31 décembre 2012
L'histoire :
Nous sommes dans les montagnes Rocheuses, en pleine nature sauvage, au début du XXe siècle. Deux chasseurs - Jim et son ami Bruce - sont sur les traces de Tyr, un grizzly d'une taille et d'un poids impressionnant. Les hommes le traquent pour sa peau, mais rien n'y fait : l'animal les fuit et les sème, parcourant monts et vallées. Mais c'est sans compter sur l'Indien Metoosin et ses chiens, venus rejoindre les deux chasseurs. le trio se met en piste pour venir à bout du colosse. Tyr tient tête aux chiens les plus courageux pour protéger Muskwa, un ourson orphelin qu'il rencontre par hasard, affamé, apeuré et solitaire, errant pour retrouver sa mère partie chasser les loirs. Se sauvant devant l'avancée inexorable des hommes, Tyr et Muskwa rencontrent en chemin Iskwao, une ourse avec laquelle il avait jadis sympathisé. Muskwa en profite pour s'essayer au jeu avec le petit d'Iskwao, un ourson un peu plus âgé que lui. Dans leur fuite, Iskwao et Tyr viennent à être séparés. Soudain, Tyr fait face à Jim désarmé (en fait, il a cassé sa carabine en dégringolant d'un rocher), Tyr l'épargne et lui tourne le dos. du coup, Jim refusera de tuer le grizzly et relachera Muskwa, fait un temps prisonnier du trio.
Quel passage faut-il retenir ? il est difficile de choisir un passage de ce livre car tous dégagent une émotion et portent un message particulier. Les moments de complicités entre Tyr et Muskwa sont particulièrement touchants. Les scènes de chasse, mettant en oeuvre les chasseurs et les chiens ne le sont pas beaucoup moins. La scène où l'un des chasseurs fait découvrir à Muskwa le goût du lait condencé nous émeut. Et que dire de la scène du pardon accordé par le grizzly à son tueur ou de la scène où Tyr prépare Muskwa à l'arrivée de l'hiver canadien.
Mon opinion :
Le lecteur a entre les mains un superbe roman d'aventures qui se lit comme on regarde un film, mais pas n'importe quel film, le film "L'ours" de Jean-Jacques Annaud (1988), film qui a reçu le César du meilleur réalisateur et qui est la transposition à l'écran de l'ouvrage de Curwood : tout y est, depuis la description des montagnes, des pics et des neiges froides où règnent en maîtres absolus l'aigle, le bouquetin, la chêvre sauvage, jusqu'aux forêts profondes et aux lacs où nagent les truites sauvages et travaillent les castors. Sans parler des bruits du vent qui souffle entre les pins, du tonnerre qui gronde et fait exploser la montagne, de la pluie qui se déverse comme un déluge sur la tête des hommes et des bêtes. Et puis ce sont les senteurs des fleurs des montagnes, des racines fraîchement déterrées, de l'humidité qui s'est installée dans les creux et les arbres morts.
Le lecteur a également entre les mains une véritable aventure sentimentale, celle d'un ourson orphelin, inconscient et maladroit, qui est adopté par un ours solitaire. Tyr fera avec lui l'apprentissage de la vie et du mal, un mal que personnifient les chasseurs lancés à leurs trousses. C'est aussi l'aventure de l'un de ces chasseurs qui prendra peu à peu conscience de la dignité de la vie animale et de la futilité de la chasse.
Curwood explore dans ce livre beaucoup de sujets : la paternité, l'amitié, la folie des hommes, la lâcheté, la pureté de la nature, l'intelligence si facilement brisée par la bêtise. Il s'agit d'une fable émouvante et bien construite qui explore dans un parcours initiatique les penchants de l'âme humaine à travers le regard d'un animal innocent. Tantôt traumatisant par la mort de la mère de Muskwa et par les blessures profondes infligées à Tyr et aux chiens, tantôt amusant, espiègle ou émouvant, "Le Grizzly" donne un sens à la bonté des actes humains. Malgré ses griffes et ses pattes, les plantigrades, à notre image, suivent leur propre route. Croisant leurs chemins, l'homme - animal supposé supérieur - apprend la compassion, le respect, et trouve la rédemption.
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BurjBabil
  06 mai 2021
On ne va pas raconter cette histoire devenue classique jeunesse.
Descriptions sublimes des terres du Nord, et plongée dans l'univers rude qui met en présence les prédateurs "naturels" que sont les ours et les prédateurs civilisés que sont les hommes. Chasse, traque ... tension...
François Happe signe une nouvelle traduction pour les éditions Gallmeister qui sont spécialisés dans la littérature d'outre-atlantique. de mon point de vue, ils ont réussi leur pari de redonner un coup de jeunesse à cette très belle histoire : le magnifique grizzly Tyr de ma jeunesse s'appelle ici Thor comme l'original américain...
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ibon
  16 octobre 2021
Il ne faut pas bouder la littérature de jeunesse de cette qualité.
Tout y est: aventures, émotions mêlées de crainte et d'admiration pour la bête hors norme du récit, férocité des hommes pour un trophée dans une nature originelle soumise dorénavant aux coups de feu et aux meutes de chiens.
S'installer, se laisser attendrir par l'ourson Muskwa qui découvre l'immensité du territoire de Tyr, une sorte de divinité animal, un Thor grizzly qui peut tuer d'un coup de patte mais aussi pardonner.
La scène finale est inspirée de la dernière chasse de l'auteur qui, ensuite, retourna sa veste et remisa ses cartouches dans la boîte à idées. Il s'ensuivit le message suivant en 1916 qui est toujours d'actualité: "le plus grand frisson de la chasse n'est pas dans l'acte de tuer, mais dans celui de laisser vivre. "
L'un des premiers livres pour la défense des animaux.
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jmercier006
  19 avril 2022
Thor, un grand grizzly à la fois majestueux et terrifiant, règne sur un vaste territoire dans le Grand Nord, au coeur des Rocheuses canadiennes. Son royaume est un jour bouleversé par l'arrivée de deux créatures qu'il perçoit par leur odeur étrange, et qui vont lui infliger des blessures semblables à la foudre déchirant ses chairs. En se réfugiant dans la forêt, il fera la rencontre de Muskwa un ourson orphelin qu'il va rejeter dans un premier temps puis qui deviendra son compagnon de voyage et son protégé. le grizzly va panser ses blessures et offrir à l'ourson un apprentissage de la vie dans un périple qui changera jusqu'aux chasseurs qui les poursuivent.
« Ceci est mon deuxième roman sur la nature, et je le livre au public assorti d'une confession et d'un espoir : la confession d'un homme qui a chassé et tué pendant des années avant de se rendre compte que le monde sauvage nous offre un plaisir bien plus grand que celui de massacrer - et l'espoir qu'après m'avoir lu d'autres comprendront que ce qu'il y a de plus passionnant dans la chasse, ce n'est pas de tuer, mais de laisser vivre. »
Le parti pris de ce roman, c'est d'alterner entre le point de vue animal et celui de l'humain. Véritable déclaration d'amour à la nature et aux animaux, James Oliver Curwood se met dans la peau du grizzly et de l'ourson mais se garde bien d'y appliquer un anthropomorphisme. À hauteur d'ours, il nous embarque dans un voyage au coeur des vallées et sommets des Rocheuses. Il nous faire découvrir les merveilles que recèlent le domaine de Thor et combien celui-ci traite toutes les formes de vie avec respect en ne prélevant avec parcimonie que ce dont il a besoin.
Quant au point de vue de l'humain, c'est le récit de la traque d'un grizzly hors norme qui force les trappeurs à faire preuve de stratégie et d'une solide endurance. Un changement s'opérera pour l'un des chasseurs lorsqu'il constate par deux fois la force violente dont Thor peut faire preuve lorsqu'il y ait contraint, mais surtout lorsque face à la mort il prend conscience de sa clémence.
L'évolution du personnage de Langdon, le chasseur qui devient un amoureux de la nature tentant de réparer les dégâts qu'il a causé, donne aux chapitres sur les humains une profondeur qui dépasse la description de paysages et le récit d'une traque. Si l'on comprend sans le savoir que ce roman est plus ou moins lié à la vie de l'auteur, il explique dans la postface qu'il a rédigé son lien avec Langdon.
Un grand texte, un roman immersif et poétique écrit dans une belle langue, une ode à la nature sauvage qui offre à l'ourson comme au chasseur une leçon de vie digne d'un roman d'apprentissage.
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CathyBorie
  26 décembre 2021
Un plaidoyer contre la chasse écrit par un chasseur. Ce serait sans doute un bon résumé, mais qui ne dirait pas l'émotion provoquée par ce récit, écrit en 1916 et qui résonne plus que jamais cent ans plus tard, où la nature décrite ici s'est encore rétrécie...Vue de deux points de vue différents, celui du narrateur/chasseur/naturaliste (qui est aussi l'auteur, on le comprend en lisant la postface), et celui du grizzly Thor, l'histoire est plus que sobre et nous emmène dans les montagnes du nord des Etats-Unis, dans la vie quotidienne d'un ours et dans celle de ses poursuivants, décidés à tuer ce Roi de la Forêt, qui passe lui-même pour un tueur. On se sent très vite totalement immergé dans cette traque, priant pour que l'intelligence et la force de l'animal lui permettent d'échapper à la mort. Et on assiste en parallèle à l'évolution du personnage du chasseur, qui prend conscience qu'il goûte bien plus les scènes magnifiques de cette vie sauvage qu'il n'appréciera la mise à mort de Thor. Un face à face inattendu le fera basculer définitivement et nous fera comprendre que vivre au plus près de ses "ennemis" peut tout changer. Un roman intemporel et plein d'enseignements.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   31 décembre 2012
[...]
Page 46
A la sortie de la gorge, Tyr s'engagea sur une pente assez raide, orientée vers l'Ouest. Le soleil était déjà haut lorsqu'il atteignit le sommet et, pendant quelques instants, il se reposa en contemplant l'autre moitié de son domaine. Cette seconde vallée était encore plus merveilleuse que la première. Elle avait bien deux milles de large et se déroulait à perte de vue en un grand panorama vert, noir et or. Vue du point culminant sur lequel se tenait Tyr, elle semblait un immense parc. Les flancs de la montagne se couvraient de verdure presque jusqu'au sommet, et jusqu'à mi-hauteur s'érigeaient des petits bois de pins qu'on eût dit plantés par l'homme. Au pied des pentes, de chaque côté, telles des franges ornementales, couraient des bandes étroites ininterrompues de forêts. Entre ces deux bandes d'un vert sombre s'étalait la vallée ouverte, prairie moelleuse et onduleuse, tachetée de pourpre par l'herbe à buffle, de mauve par la sauge montagnarde, de blanc par la rose sauvage. Dans le creux de cette vallée courait un ruisseau ... [...]
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BurjBabilBurjBabil   06 mai 2021
Pourtant, il découvrait qu’il y avait quelque chose d’agréable dans la compagnie de Muskwa. Avec l’intrusion de l’homme, un sentiment nouveau s’était fait jour en lui… peut-être seulement l’amorce d’un sentiment nouveau. On ne peut apprécier pleinement l’amitié tant que l’on n’est pas confronté à l’adversité – et il est possible que Thor, devant faire face à de vrais ennemis et à un danger bien réel pour la première fois de son existence, commençait à comprendre ce que signifiait l’amitié.
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ZebraZebra   31 décembre 2012
[...]
page 80
L'homme avait la passion de tuer. La maison s'emplissait de trophées de chasse, têtes et peaux de créatures qu'il avait abattues. Et maintenant, voici que quelque chose étanchait en lui le besoin de tuer ... [...] Au plaisir ancien de la chasse s'en substituait lentement, mais sûrement, un autre. Il ne pouvait plus tuer pour le plaisir de tuer. [...] Combien d'années de vie avait-il volées aux animaux massacrés par lui ? Quel bourreau sinistre il avait été ... [...] Il se demandait ce qu'il avait gagné par ce rouge massacre de dix siècles de vie : il conclut qu'il n'avait rien gagné !
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Wendat69Wendat69   28 août 2021
Depuis les origines, l'homme avait été son seul et unique maître. La Nature lui avait inculqué cette leçon -elle l'avait pénétré de cette règle au long de milliers ou de centaines de milliers de génération.
Et maintenant, pour la première fois de sa vie, cette partie latente de son instinct s'éveillait brusquement pour le mettre en garde, et il comprenait l'avertissement. Il haïssait l'homme et dorénavant il haïrait tout ce qui porterait son odeur.
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Wendat69Wendat69   27 août 2021
Par sa force, sa masse, sa solitude et sa suprématie, le grand ours était comparable aux sommets environnants: il était sans rival dans les vallées de la même manière qu'ils l'étaient dans les cieux. Comme les montagnes, il venait de la nuit des temps. Il était indissociable d'elles. C'était au milieu de ces pics que l'histoire de sa race avait débuté et c'était aussi là qu'elle s'éteignait.
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