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ISBN : 2070424499
Éditeur : Gallimard (05/08/2002)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 187 notes)
Résumé :
Le football familial, ou comment survivre en famille.
Déterminez le défaut le plus irritant de chaque membre de votre famille et attribuez-lui une couleur.
Dès que votre père hurlera pour un torchon disparu, vous lui crierez : "Carton vert !" Chaque fois que votre mère se lamentera sur sa vie ratée, vous vous exclamerez : "Carton rouge !" Lorsque votre sœur vous traitera de mollasson incapable de passer une éponge, vous répliquerez : "Carton jaune !" Q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
  10 juin 2014
Commencé en pensant lire un roman, je me suis vite demandé s'il ne s'agissait pas d'une autobiographie.
Un père énarque, râleur, qui crie en permanence
Une mère juge qui clame avoir raté sa vie
Une soeur et deux frères
Une grand-mère juive fantasque et exigeante
Une narratrice écrivain qui vit aux Etats-Unis
Chacun est passé au peigne fin avec ses travers et ses qualités. Marie, comme les autres, oscille entre haine et amour.
Chaque portrait est en roman indépendant mais tous sont reliés entre eux, là aussi entre haine et amour.
Une famille, en somme, avec toutes ses difficultés relationnelles, ses conflits de personnalités, ses incohérences, avec le poids de la haine contrebalancé par la force de l'amour
Si ce livre avait été écrit comme une simple autobiographie, je ne l'aurais pas aimé. Sa force est de se présenter comme un roman intelligent et fluide.
Je ne peux quand même m'empêcher de me demander ce qu'en ont pensé les membres de cette famille peu ordinaire, mais chaque famille n'a-t-elle pas son originalité et ses incohérences ?
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carre
  11 mai 2012
Ce roman de Catherine Cusset dont elle dit elle même s'être inspiré de sa propre famille est un réglement de compte en règle. Et si celle-ci parle encore à l'auteur le don de pardon est immense. Entre un père présenté colérique, maniaque, obsédé et une mère incapable d'aimer, autoritaire, qui ne cache pas ces préférences parmi ces enfants. Tout cela dans un milieu bourgeois.
Cusset tente de déméler dans ces rapports impossibles les raisons de ces désamours, et les réconciliations qui s'opèrent entre deux orages. L'écriture se veut directe, humoristique, vacharde, son réquisitoire est sans concessions.Malheureusement, elle oublie le plus souvent l'intérêt du lecteur, et de ce côté-là il faut bien avouer qu'on se désintéresse rapidement de ces joutes verbales hallucinantes de cruauté. Déception donc.
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mumuboc
  30 août 2018
J'ai découvert et apprécié Catherine Cusset par la lecture l'année dernière de L'autre qu'on adorait et je voulais voir si je retrouvais le même plaisir dans un autre récit. Et bien oui. En plus le titre m'inspirait : la famille….. Vaste sujet ! Qui ne serait pas concerné ?
L'auteure en s'inspirant de sa propre vie de famille met en évidence toutes ces petites ou grandes histoires, tous ces petits événements que nous avons tous plus ou moins connus dans nos familles. Il y a des cris, il y a des larmes parfois mais il y a, finalement, aussi de l'amour, pas toujours dit,pas toujours ressenti. Il y est question de rapports humains car il s'adapter suivant les caractères, l'éducation, les personnalités. On choisit ses amis mais on ne choisit pas sa famille….
Comprendre ce qui nous a construit, ce qui a fait ce que nous sommes, un peu dans comme Isabelle Carré dans Les Rêveurs.
Le roman comporte 7 parties :
Papa : Philippe, breton d'origine, catholique fervent, bel homme, au comportement parfois frisant le ridicule limite psycho-rigide
Maman : Elvire, femme de caractère, juive, parisienne le strict opposé de son époux, qui ne pense qu'à son travail. Les quatre enfants feront de très belles études car on veut le meilleur pour eux et obtiendront des postes haut placés.
Ploumor I et II : la maison en Bretagne où tout le monde se retrouve mais où la cohabitation n'est pas toujours facile….. C'est l'opposé de la vie parisienne mais certains s'y font bien, d'autres plus difficilement.
1943 : la guerre, l'enfance d'Elvire, l'arrestation « épique » de sa mère Simone Lévy, comment elle tient face à la police française, son sang-froid qui deviendra son modèle à qui ressembler.
L'Amérique : Elvire fait des études aux Etats-Unis et découvre un nouveau monde, un autre monde, l'indépendance loin de la famille, où elle devra prouver qu'elle en est capable, se faire une place mais retombera sur terre à son retour. La France n'est pas l'Amérique, la place de la femme est encore derrière les fourneaux, à élever des enfants mais Elvire a d'autres ambitions.
Grand-maman : la vieillesse et la déchéance d'une femme de caractère au soir de sa vie.
Oui dit comme cela paraît assez simple mais un peu confus et assez schématique mais la narration des souvenirs nous replongent dans nos propres souvenirs, certes différents, mais tellement semblables au fond. Nous avons tous connus des repas et avant-repas épiques, des conflits de couples frisant parfois le ridicule, des enfants cherchant leur place dans cette famille où, pourtant issus des mêmes géniteurs, sont si semblables et si différents.
J'ai souri à la lecture de certains, parfois ri car frôlant la comédie burlesque, parfois été émue en particulier dans la dernière partie, où quelle que soit la personnalité quand l'âge et la perte de capacités vous mettent face aux humiliations, au sentiment d'abandon et de solitude.
Les espoirs, les déceptions de chacun plus ou moins développés, l'itinéraire d'Anne, la soeur de la narratrice Marie (Catherine Cusset), qui reprendra des études à 35 ans pour devenir médecin, se révélera une Don Juan féminin sans rien laisser paraître…..
Tout cela constitue une famille.
C'est une radioscopie d'une famille française, assez privilégiée mais où une certaine distance existe malgré tout entre parents et enfants, on s'aime sans se le dire, on se déteste mais on ne peut se passer les uns des autres, les relations sont un peu « froides », même au seuil de la mort. Et pourtant c'est à ce moment là que l'on se rend compte de l'importance que chacun a pris dans la vie.
L'écriture est toujours fine, précise, le récit est assez autobiographique mais j'ai remarqué que Catherine Cusset n'hésite pas à révéler sans fard sa vie (comme dans Confession d'une radine, Celui qu'on adorait). Un exutoire peut-être mais cela fait du bien de retrouver dans ses récits ce que l'on oserait peut être pas avouer sur nous-mêmes.
Elle ne peut d'ailleurs s'empêcher de glisser quelques réflexions sur les livres et la lecture :
Quand on connaît la joie de s'oublier dans un roman, on ne peut que plaindre les malheureux qui ignorent cette félicité, les pauvres qui se soucient de mesquines choses réelles, les exclus du royaume de la phrase. (p81)
Ce qui se passe dans les livres est tellement plus beau, plus grand, plus juste et plus désintéressé que ce qui se passe dans la vie. (p79)
Sa vie, ses relations familiales sont son terrain d'exploration et d'écriture et je continuerai à la découvrir car ce qu'elle nous raconte est en fin de compte c'est nous.
On s'y retrouve, on repense à notre vécu, on sourit de le lire, on a ri ou pleuré de le vivre.
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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nelly76
  29 avril 2017
Une famille de la petite bourgeoisie, disséquée au scalpel.Les rapports mère/fille décrits avec beaucoup d'acidité témoignent quand même d'un réel amour.Un roman intimiste, que je n'ai pas fini, il me restait une trentaine de pages à lire, j'ai trouvé cette analyse "barbante " à la fin et dans un milieu qui n'est pas le mien.Je pense que j'apprécierais plus le roman de G.Mordillat:les vivants et les morts, qui parle de la vraie vie.♡♡
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ileana
  31 décembre 2016
Les portraits des parents, le milieu social, l'obsession de la réussite, les psychodrames et les tics – cela est convaincant dans la première partie ; la justesse du ton et l'absence de mièvrerie me font penser à Annie Ernaux. Cependant, dans la deuxième moitié, l'écriture devient parfois (souvent) schématique, comme s'il s'agissait de faits rapportés. Surtout le chapitre sur la guerre ne fait pas le poids à mon sens.
Sur l'ensemble, un récit écrit par une femme pour les femmes ; la relation mère-fille se déploie au fil des pages, c'est plutôt réussi ; le titre est trompeur. En fait c'est de la haine et de la tendresse, comme dans toutes les familles. le Noeud des vipères de Mauriac, par exemple, est beaucoup plus amer, si mon souvenir ne me trompe pas.
Extrait : « Elle explose : Il n'a qu'à partir s'il veut, je m'en fiche ! Il n'a qu'à me quitter ! Je vais crever seule ! […] On se tait. On baisse la tête. « Crever » n'appartient pas à son vocabulaire. C'est un mot qui la rend semblable à une bête, à l'un de ces vieux chevaux tourangeaux [ ] et qui montre, comme dans un cliché radiographique, le futur cadavre de maman, son corps ratatiné de vieillarde, sa peau fripée, sa bouche sans dents. Je sais qu'elle a atrocement peur de vieillir ». p115
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   27 avril 2013
Dans les portraits de famille, d'abord papa : bon père, bon époux, la terreur des femmes de ménage, qui rage, enrage mais finit toujours par accepter ce qu'on lui demande. Il est l'homme sur qui on peut compter. Puis la maman, à laquelle est consacrée le chapitre suivant : une femme (juge) qui hait la famille, ne cesse de le clamer, déteste les fêtes, les repas à préparer, qui préfère son deuxième fils à ses quatre enfants, et que rien ne contente sinon une bonne note à l'école. Enfin, articulés autour de la narratrice (qui n'est autre que l'auteur), les frères, la sœur (tous brillants élèves), toute une famille qui se retrouve en Bretagne, à Ploumor, pour vivre tout simplement sa vie de famille, avec ses hauts et ses bas, ses humeurs, ses petites tragédies, ses bonheurs maritimes.
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fanfan50fanfan50   19 novembre 2014
Il y a d'autres cercles sociaux que celui de Françoise. Son ami Jacques l'invite avec des écrivains : à sa grande déception elle découvre que ce n'est guère mieux. Les écrivains ne s'intéressent qu'à eux-mêmes et trouvent tout naturel qu'en vue de ce dîner on ait acheté leur dernier livre et qu'on l'ait lu. Il n'est pas question de dire ce qu'elle en a vraiment pensé ; elle sent, face à elle, un amour-propre frémissant, aux aguets, dissimulant sa peur sous une carapace plus vernie et plus craquelée que l'hypocrisie de la bourgeoisie bien-pensante ; et les écrivains sont finalement moins polis que les grands bourgeois. Quant aux juristes, ils ne parlent que droit, mais c'est encore eux qu'elle préfère ; ils sont moins snobs et parmi eux elle n'a pas de complexe d'infériorité. Il y a les universitaires, dont le niveau intellectuel est sans doute plus élevé, mais ils sont tellement spécialisés : on dirait qu'ils n'ont jamais le temps d'aller au cinéma ou de lire un livre d'intérêt général. Il semble qu'il n'y ait plus de conversation digne de ce nom en ce monde. Les seuls grands moments sont finalement ceux où elle parle de nous après l'un de nos succès. Normale sup lettres. Les intellectuels tirent leur chapeau, les grands bourgeois aussi. On s'étonne, on s'exclame, on admire ; elle règne, modeste et superbe, en mère de trois génies.
Trois enfants normaliens. Ce n'est pas banal, certes. Mais nous y sommes arrivés : Normale sup n'est plus La Mecque. Ensuite, l'agrégation, la thèse font partie du cours normal des choses.
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fanfan50fanfan50   28 novembre 2014
Elle nous fait lire Isaac Bashevis Singer, Chaïm Potok, Exodus, et, un peu plus tard, Réflexions sur la question juive de Sartre, Si c'est un homme de Primo Levi, Le sang de l'espoir de Samuel Pisar. Nous avons le droit de voir à la télévision les films sur la guerre et surtout sur les camps : Lacombe Lucien, Le chagrin et la pitié, et, chaque semaine, Holocauste, la première et la seule série américains télévisée qu'elle nous autorise à regarder. Maman n'aime pas les Allemands. C'est plus fort qu'elle. Si Anne et moi faisons allemand première langue, c'est pour que nous soyons dans la meilleure classe : elle sacrifie à notre intérêt scolaire son sentiment le plus intime.
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fanfan50fanfan50   27 novembre 2014
La nuit est tombée. Il neige. Depuis hier, Philippe a beaucoup bu, peu dormi. Il se concentre sur la route, cherche les panneaux de signalisation, allume la petite lumière pour regarder la carte. Il est au coeur de la forêt de Rambouillet, complètement perdu. La neige tourbillonne autour d'eux et s'agglutine sur le pare-brise, ôtant toute visibilité. Elvire s'exclame qu'elle adore la neige : si l'on s'arrêtait pour faire quelques pas ? Philippe répond que ce n'est pas le moment. Il est beaucoup plus inquiet qu'il n'ose l'avouer à sa jeune épouse, qui, tout excitée par l'aventure, évoque en riant la possibilité de passer dans la voiture la nuit de noces - une hypothèse trop réelle pour que Philippe en sourie.
A un carrefour, il prend, découragé, une petite route au hasard. Elle conduit à une grille. Enfin une habitation. Ils vont pouvoir demander leur route. Miracle : c'est là. Le château aux fenêtres lumineuses se dresse devant eux comme dans un conte de fées. Le valet en uniforme sort de la demeure pour les saluer et montrer à Philippe où garer la voiture. Depuis deux heures, il ne cesse de balayer la neige qui tombe sur l'allée reliant au château les parties communes transformées en garage, car il attendait Elvire en robe de mariée, avec sa traîne. Elle rit : si elle avait su, elle ne se serait pas changée ! L'entrée dans la salle les rend muets de surprise. Un immense feu de bois craquelle dans la vaste cheminée de pierre avec, de chaque côté, des tigres empaillés et des défenses d'éléphant. Le valet leur sert un verre de champagne rosé, puis leur montre la chambre avant de se retirer.
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mumubocmumuboc   30 août 2018
Ce qui se passe dans les livres est tellement plus beau, plus grand, plus juste et plus désintéressé que ce qui se passe dans la vie. (p79)
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Videos de Catherine Cusset (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Catherine Cusset
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Des compléments éditoriaux inédits : ? Les tableaux de conjugaison de tous les verbes ? 620 encadrés sur les familles étymologiques de mots ? La prononciation de 16 000 mots difficiles ainsi que 300 citations enregistrées ? Les index des 15 000 mots composés et 14 000 locutions du Petit Robert ? Un dictionnaire des auteurs intégré (biographies)
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Une aide en ligne détaillée et illustrée, incluant toutes les préfaces et annexes du Petit Robert
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