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EAN : 9782070424498
337 pages
Gallimard (05/08/2002)
3.45/5   258 notes
Résumé :
Le football familial, ou comment survivre en famille.
Déterminez le défaut le plus irritant de chaque membre de votre famille et attribuez-lui une couleur.
Dès que votre père hurlera pour un torchon disparu, vous lui crierez : "Carton vert !" Chaque fois que votre mère se lamentera sur sa vie ratée, vous vous exclamerez : "Carton rouge !" Lorsque votre sœur vous traitera de mollasson incapable de passer une éponge, vous répliquerez : "Carton jaune !" Q... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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Récit foisonnant qui part dans tous les sens narré par Marie la deuxième de la fratrie (ou la troisième) d'une famille aisée de quatre enfants. Pourtant, le premier chapitre est réservé au père Philippe, breton d'origine, ancien énarque, un brin maniaque et passant son temps à hurler à la maison. le deuxième est pour la mère, juge, insatisfaite chronique, un brin fantasque, désordonnée, autoritaire avec ses enfants, marquant ses préférences et ayant peur de son mari qui crie. Seulement une famille ne se range pas dans des chapitres, le père déborde dans celui de la mère et inversement. L'enfance, l'éducation, la maison de famille en Bretagne, les métiers, les failles et forces de chacun, le tout raconté avec nostalgie, un brin d'humour sarcastique et beaucoup de clairvoyance. La grand-mère, présente avec discrétion au début du récit, prend toute la place dans les dernières pages et pour sa fin de vie.

Et si la haine était le pendant de l'amour ? Je n'ai lu que de l'amour, certes pas simple, pas fluide mais malgré l'agacement ressenti par tous, l'attachement est bien là.

Pour finir, suis-je la seule à avoir lu ce secret de famille, tombé de la plume de Marie, comme ça brutalement, et plus jamais soulevé par la suite ?

Cette transmission générationnelle a encore de beaux jours devant elle, fait la pluie et le beau temps de tous, et quand elle prend racine pendant la deuxième guerre mondiale, il y a de quoi faire.


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Catherine Cuisset met en scène ce qui ressemble fort à un parcours autobiographique, vraisemblablement romancé, du moins le lui souhaite-t-on !

Car cette famille n'est pas de tout repos, c'est le moins qu'on puisse dire.

Tout d'abord, le père, Philippe Tudec, Breton, fait preuve d'une sorte d'obsession maniaque de l'ordre. On aurait envie de mettre un O majuscule à ce mot, tant il est question de maniaquerie au plus au degré. Tout doit rester selon un ordre immuable dans la maison, les actions, les projets. Et malheur à qui déroge car Papa aurait bien une tendance à la violence au moins verbale. Plus inquiétante encore sa propension à imaginer immédiatement qu' « on » lui a volé ses affaires, la bonne, sa fille, n'importe qui. Il terrorise et fige sa femme,

Elvire, la mère, pourtant dotée d'un caractère farfelu, léger, imprévisible est aussi tout à fait terroriste avec ses enfants quand il est question de leur réussite scolaire. Elle en a quatre, dont les réussites lui assurent un succès lors des dîners en ville. Elle est juge, vêtue de rouge, sa couleur fétiche (au point de devenir juge des tutelles juste pour l'habit écarlate!!). Bref, un peu déjantée et totalement envahissante. Une autre forme de terrorisme.

Et enfin les enfants, Anne qui a réussi à s'échapper assez vite du cercle familial, a eu cinq enfants (dont un décédé), deux maris et une foule d'amants pour combler sa solitude affective ; Pierre, le philosophe talentueux, Nicolas, le comédien, fils bien-aimé de sa maman et enfin Marie la narratrice, enseignante en littérature. Tout ce petit monde a fait khâgne, Sciences Po ou Normale Sup. Les modèles s'appellent Sartre et Pompidou, on lit les livres les plus savants sur la critique littéraire ou la philo, cette pauvre Elvire qui se pique d'être une littéraire est totalement dépassée.

Après les études, chacun essaie de vivre sa vie en dehors du cocon-carcan familial, de préférence aux États-Unis, mais tout le monde se réunit à Ploumor chaque été en Bretagne, la très confortable maison de famille héritée des grands-parents. Une vie apparemment rêvée au sein de la bonne bourgeoisie catholique.

Il manque une figure à ce tableau de famille : la grand-mère. On l'a à peine esquissée quand en fin de livre la voilà qui occupe beaucoup de place. Simone, juive et athée, a tenu tête à la police française venue l'arrêter en 1943 . C'est un personnage, au caractère très fort, exigeante et passionnée. Malheureusement, le livre va se refermer pour elle dans des conditions de vie navrantes, de celles qui nous terrorisent tous et toutes. La dégradation du corps, la solitude, la tête qui se perd, tout ce qui nous fait peur. Et lire cela en période de confinement !

J'ai bien cru que j'allais abandonner ce livre, fatiguée par les problèmes de luxe de cette tribu ultra-privilégiée malgré ses soucis familiaux. J'ai quand même voulu en savoir un peu plus et aller jusqu'à la dernière ligne. Je ne le regrette pas.

Au final, ce livre peut retenir l'intérêt, c'est un peu comme une expérience ethnologique, une plongée en terre inconnue ! L'écriture est parfois un peu dérangeante avec cette façon qu'a la narratrice(Marie) de passer dans le même paragraphe du « je » au « elle » alors qu'il est question d'elle à chaque fois. La dernière partie, consacrée à Simone, la grand-mère, est absolument bouleversante.

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Ce roman de Catherine Cusset dont elle dit elle même s'être inspiré de sa propre famille est un réglement de compte en règle. Et si celle-ci parle encore à l'auteur le don de pardon est immense. Entre un père présenté colérique, maniaque, obsédé et une mère incapable d'aimer, autoritaire, qui ne cache pas ces préférences parmi ces enfants. Tout cela dans un milieu bourgeois.

Cusset tente de déméler dans ces rapports impossibles les raisons de ces désamours, et les réconciliations qui s'opèrent entre deux orages. L'écriture se veut directe, humoristique, vacharde, son réquisitoire est sans concessions.Malheureusement, elle oublie le plus souvent l'intérêt du lecteur, et de ce côté-là il faut bien avouer qu'on se désintéresse rapidement de ces joutes verbales hallucinantes de cruauté. Déception donc.

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J'ai découvert et apprécié Catherine Cusset par la lecture l'année dernière de L'autre qu'on adorait et je voulais voir si je retrouvais le même plaisir dans un autre récit. Et bien oui. En plus le titre m'inspirait : la famille….. Vaste sujet ! Qui ne serait pas concerné ?

L'auteure en s'inspirant de sa propre vie de famille met en évidence toutes ces petites ou grandes histoires, tous ces petits événements que nous avons tous plus ou moins connus dans nos familles. Il y a des cris, il y a des larmes parfois mais il y a, finalement, aussi de l'amour, pas toujours dit,pas toujours ressenti. Il y est question de rapports humains car il s'adapter suivant les caractères, l'éducation, les personnalités. On choisit ses amis mais on ne choisit pas sa famille….

Comprendre ce qui nous a construit, ce qui a fait ce que nous sommes, un peu dans comme Isabelle Carré dans Les Rêveurs.

Le roman comporte 7 parties :

Papa : Philippe, breton d'origine, catholique fervent, bel homme, au comportement parfois frisant le ridicule limite psycho-rigide

Maman : Elvire, femme de caractère, juive, parisienne le strict opposé de son époux, qui ne pense qu'à son travail. Les quatre enfants feront de très belles études car on veut le meilleur pour eux et obtiendront des postes haut placés.

Ploumor I et II : la maison en Bretagne où tout le monde se retrouve mais où la cohabitation n'est pas toujours facile….. C'est l'opposé de la vie parisienne mais certains s'y font bien, d'autres plus difficilement.

1943 : la guerre, l'enfance d'Elvire, l'arrestation « épique » de sa mère Simone Lévy, comment elle tient face à la police française, son sang-froid qui deviendra son modèle à qui ressembler.

L'Amérique : Elvire fait des études aux Etats-Unis et découvre un nouveau monde, un autre monde, l'indépendance loin de la famille, où elle devra prouver qu'elle en est capable, se faire une place mais retombera sur terre à son retour. La France n'est pas l'Amérique, la place de la femme est encore derrière les fourneaux, à élever des enfants mais Elvire a d'autres ambitions.

Grand-maman : la vieillesse et la déchéance d'une femme de caractère au soir de sa vie.

Oui dit comme cela paraît assez simple mais un peu confus et assez schématique mais la narration des souvenirs nous replongent dans nos propres souvenirs, certes différents, mais tellement semblables au fond. Nous avons tous connus des repas et avant-repas épiques, des conflits de couples frisant parfois le ridicule, des enfants cherchant leur place dans cette famille où, pourtant issus des mêmes géniteurs, sont si semblables et si différents.

J'ai souri à la lecture de certains, parfois ri car frôlant la comédie burlesque, parfois été émue en particulier dans la dernière partie, où quelle que soit la personnalité quand l'âge et la perte de capacités vous mettent face aux humiliations, au sentiment d'abandon et de solitude.

Les espoirs, les déceptions de chacun plus ou moins développés, l'itinéraire d'Anne, la soeur de la narratrice Marie (Catherine Cusset), qui reprendra des études à 35 ans pour devenir médecin, se révélera une Don Juan féminin sans rien laisser paraître…..

Tout cela constitue une famille.

C'est une radioscopie d'une famille française, assez privilégiée mais où une certaine distance existe malgré tout entre parents et enfants, on s'aime sans se le dire, on se déteste mais on ne peut se passer les uns des autres, les relations sont un peu « froides », même au seuil de la mort. Et pourtant c'est à ce moment là que l'on se rend compte de l'importance que chacun a pris dans la vie.

L'écriture est toujours fine, précise, le récit est assez autobiographique mais j'ai remarqué que Catherine Cusset n'hésite pas à révéler sans fard sa vie (comme dans Confession d'une radine, Celui qu'on adorait). Un exutoire peut-être mais cela fait du bien de retrouver dans ses récits ce que l'on oserait peut être pas avouer sur nous-mêmes.

Elle ne peut d'ailleurs s'empêcher de glisser quelques réflexions sur les livres et la lecture :

Quand on connaît la joie de s'oublier dans un roman, on ne peut que plaindre les malheureux qui ignorent cette félicité, les pauvres qui se soucient de mesquines choses réelles, les exclus du royaume de la phrase. (p81)

Ce qui se passe dans les livres est tellement plus beau, plus grand, plus juste et plus désintéressé que ce qui se passe dans la vie. (p79)

Sa vie, ses relations familiales sont son terrain d'exploration et d'écriture et je continuerai à la découvrir car ce qu'elle nous raconte est en fin de compte c'est nous.

On s'y retrouve, on repense à notre vécu, on sourit de le lire, on a ri ou pleuré de le vivre.


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Commencé en pensant lire un roman, je me suis vite demandé s'il ne s'agissait pas d'une autobiographie.

Un père énarque, râleur, qui crie en permanence

Une mère juge qui clame avoir raté sa vie

Une soeur et deux frères

Une grand-mère juive fantasque et exigeante

Une narratrice écrivain qui vit aux Etats-Unis

Chacun est passé au peigne fin avec ses travers et ses qualités. Marie, comme les autres, oscille entre haine et amour.

Chaque portrait est en roman indépendant mais tous sont reliés entre eux, là aussi entre haine et amour.

Une famille, en somme, avec toutes ses difficultés relationnelles, ses conflits de personnalités, ses incohérences, avec le poids de la haine contrebalancé par la force de l'amour

Si ce livre avait été écrit comme une simple autobiographie, je ne l'aurais pas aimé. Sa force est de se présenter comme un roman intelligent et fluide.

Je ne peux quand même m'empêcher de me demander ce qu'en ont pensé les membres de cette famille peu ordinaire, mais chaque famille n'a-t-elle pas son originalité et ses incohérences ?

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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation

Dans les portraits de famille, d'abord papa : bon père, bon époux, la terreur des femmes de ménage, qui rage, enrage mais finit toujours par accepter ce qu'on lui demande. Il est l'homme sur qui on peut compter. Puis la maman, à laquelle est consacrée le chapitre suivant : une femme (juge) qui hait la famille, ne cesse de le clamer, déteste les fêtes, les repas à préparer, qui préfère son deuxième fils à ses quatre enfants, et que rien ne contente sinon une bonne note à l'école. Enfin, articulés autour de la narratrice (qui n'est autre que l'auteur), les frères, la sœur (tous brillants élèves), toute une famille qui se retrouve en Bretagne, à Ploumor, pour vivre tout simplement sa vie de famille, avec ses hauts et ses bas, ses humeurs, ses petites tragédies, ses bonheurs maritimes.

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Il y a d'autres cercles sociaux que celui de Françoise. Son ami Jacques l'invite avec des écrivains : à sa grande déception elle découvre que ce n'est guère mieux. Les écrivains ne s'intéressent qu'à eux-mêmes et trouvent tout naturel qu'en vue de ce dîner on ait acheté leur dernier livre et qu'on l'ait lu. Il n'est pas question de dire ce qu'elle en a vraiment pensé ; elle sent, face à elle, un amour-propre frémissant, aux aguets, dissimulant sa peur sous une carapace plus vernie et plus craquelée que l'hypocrisie de la bourgeoisie bien-pensante ; et les écrivains sont finalement moins polis que les grands bourgeois. Quant aux juristes, ils ne parlent que droit, mais c'est encore eux qu'elle préfère ; ils sont moins snobs et parmi eux elle n'a pas de complexe d'infériorité. Il y a les universitaires, dont le niveau intellectuel est sans doute plus élevé, mais ils sont tellement spécialisés : on dirait qu'ils n'ont jamais le temps d'aller au cinéma ou de lire un livre d'intérêt général. Il semble qu'il n'y ait plus de conversation digne de ce nom en ce monde. Les seuls grands moments sont finalement ceux où elle parle de nous après l'un de nos succès. Normale sup lettres. Les intellectuels tirent leur chapeau, les grands bourgeois aussi. On s'étonne, on s'exclame, on admire ; elle règne, modeste et superbe, en mère de trois génies.

Trois enfants normaliens. Ce n'est pas banal, certes. Mais nous y sommes arrivés : Normale sup n'est plus La Mecque. Ensuite, l'agrégation, la thèse font partie du cours normal des choses.

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Elle et moi sommes d’ailleurs, de ce pays-là où l’idée et l’assemblage des mots qui l’exprime vous emplissent d’un bonheur qui n’a rien à voir avec les petites convoitises et déceptions de la vie quotidienne.

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Elle nous fait lire Isaac Bashevis Singer, Chaïm Potok, Exodus, et, un peu plus tard, Réflexions sur la question juive de Sartre, Si c'est un homme de Primo Levi, Le sang de l'espoir de Samuel Pisar. Nous avons le droit de voir à la télévision les films sur la guerre et surtout sur les camps : Lacombe Lucien, Le chagrin et la pitié, et, chaque semaine, Holocauste, la première et la seule série américains télévisée qu'elle nous autorise à regarder. Maman n'aime pas les Allemands. C'est plus fort qu'elle. Si Anne et moi faisons allemand première langue, c'est pour que nous soyons dans la meilleure classe : elle sacrifie à notre intérêt scolaire son sentiment le plus intime.

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Ce jour-là j’ai compris quelque chose sur les mères et les filles, sur l’angoisse qui transforme les mères en pires ennemies de leurs filles, parce qu’elles souffrent dans cette chair qu’elles ont mise au monde et haïssent en même temps leurs filles de tenter l’aventure qu’elles mêmes n’ont pas su risquer.

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