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ISBN : 2234078032
Éditeur : Stock (14/01/2015)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 226 notes)
Résumé :
«C'était là.
C'est là que tant de cobayes humains ont subi les sévices de ceux qui étaient appelés "docteurs", des docteurs que mes deux grands-pères, disparus dans ce sinistre camp, ont peut-être croisés.
Je suis à Auschwitz-Birkenau.
Il s'agit d'un voyage de mémoire, un pèlerinage personnel que j'ai maintes fois repoussé.
Là, devant ce bâtiment, mon cœur de médecin ne comprend pas. Comment peut-on vouloir épouser un métier dont le but u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (76) Voir plus Ajouter une critique
Dixie39
  16 mai 2017
C'est un sujet difficile qu'aborde Michel Cymes dans Hippocrate aux enfers : celui de l'expérimentation humaine effectuée par des médecins allemands dans les camps de concentration, durant la seconde guerre mondiale. On aimerait croire que tous ces actes de barbarie furent exécutés par des brutes perverses au QI d'imbéciles violents et sadiques qui se seraient auto-proclamés médecins ou scientifiques ; mais malheureusement, la réalité que nous présente Michel Cymes est bien différente. Il y a très peu de médecins ratés ou d'étudiants recalés dans les rangs de ces bourreaux. Beaucoup sont de brillants scientifiques promus à un bel avenir. Et un avenir, ils en ont eu un pour la plupart. Leurs victimes n'ont pas eu cette chance.
Nous pourrions penser que les libérateurs ont fait preuve d'une justice exemplaire. Naïve humanité ordinaire que nous sommes croyant encore à ce sacro-saint idéal… Non. Les alliés ont exfiltré ces scientifiques et profité de leurs savoirs et de leur intelligence pour mener à bien la conquête spatiale, pour ne donner qu'un exemple…
"Si l'homme a marché sur la Lune, c'est en prenant son élan depuis le charnier criminel des esclaves de Dora, le camp où est née l'aérospatiale et où sont morts des milliers d'hommes."
Beaucoup d'horreurs dans ce livre. Je ne veux pas m'appesantir, mais vous laisser les lire. Juste un mot : Michel Cymes les aborde avec beaucoup de pudeur et d'humanité. Il dit, sans atténuer ni masquer, mais sans cette insistance qui peut parfois donner cet effet de voyeurisme ; la réalité des faits est assez dérangeante pour le lecteur, sans qu'il soit nécessaire d'en rajouter.
La question qui sous-tend son propos est simple : Comment en sont-ils arrivés là ? Comment ont-ils pu à ce point violer ce serment ultime et fondateur ? Qui, mieux qu'eux, pouvait ne pas ignorer la valeur d'une vie humaine ? Certes, nous savons tous que l'on peut être le plus intelligent des hommes et le plus fieffé des salauds. Cela n'a rien d'incompatible… mais ce qui est en jeu, surtout ici, c'est la manière de considérer l'autre. Si vous retirez à certains hommes (ou femmes) la qualité d'être humains, peu importe pour quelles raisons, qu'est-ce qui vous empêchera d'en arriver là ? En quoi cet individu que vous aurez soustrait de l'humanité vous semblera-t-il différent d'un animal de laboratoire voué à l'expérimentation ? d'un objet dont vous pourrez disposer à votre guise ?
A l'heure où les droits de l'homme et de la femme stagnent ou reculent dans bon nombre de pays, c'est une question qui fait sens.
Une autre, tout aussi essentielle, est au coeur du débat : beaucoup réprouvent ces expérimentations humaines, mais vous brandissent avec force l'avancée considérable qu'elles auraient permise à la science. Les bras m'en sont souvent tombés. Comme si de cet enfer, pouvait ressortir quelque chose de positif, d'utile pour l'humanité. Je ne savais quoi argumenter en retour. Tant cela me semblait abject. Merci Monsieur Cymes de pouvoir me donner de quoi affirmer que non ! Toutes ces horreurs n'ont pas eu les résultats escomptées et que le peu de résultats probants auraient pu être obtenus sans toute cette barbarie…
"Quoi qu'il en soit, de l'immense majorité de ces expériences, rien n'est sorti.
Rien d'autre que la souffrance et la mort.
Rien d'autre que des cris, des hurlements, des suppliques.
Ces cris, je les ai imaginés, je les ai presque entendus.
Ils me hantent encore aujourd'hui.
Qui peut dire qu'on ne les entendra plus ?"
Lien : http://page39.eklablog.com/h..
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NathalC
  21 juillet 2017
Il n'est pas évident de faire une critique suite à la lecture de ce livre. Michel Cymes nous fait ici le portrait des médecins (les pires) qui ont expérimentés sur les hommes dans les camps de concentration durant la 2nde guerre mondiale.
Je ressors de cette lecture abasourdie.
Michel Cymes expose les faits, l'historique de chaque médecin, son parcours pour en arriver à faire ces expériences, au nom de la médecine, de la science, de la connaissance, pour sauver les soldats allemands... Y a t il une excuse à leurs actes ? Non...
Il n'entre pas dans les détails des tortures (car personnellement, j'appelle cela des tortures, et non pas des expérimentations !). Il explique ce que les médecins et leurs entourages cherchaient à prouver, cherchaient à découvrir.
Quelques témoignages nous font quand même imaginer l'horreur.
La fin du livre m'a encore plus abasourdie. Après la guerre, peu de personnes ayant été au plus près de ces tortures ont été "punies". Les peines encourrues sont courtes, voire inexistantes. Certains ont même été "embauchés" aux Etats-Unis, dans d'autres pays d'Europe, en Russie... Au prétexte de faire avancer la science, car ces médecins étaient des "spécialistes"... Et d'autres ont vécu leur fin de vie à l'abri !!
C'est honteux... Je n'en reviens pas... A partir du moment où un intérêt est en jeu, l'homme, quelque soit sa nationalité et L Histoire, fait passer ses intérêts avant tout...
Suite à la lecture de ce livre, je suis de plus en plus triste de l'attitude de l'Homme, que ce soit pendant ou après la guerre... Je ne suis même pas certaine que cela serve de leçon ! L'Homme est prêt à tout... (malheureusement)
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freewillow
  07 juin 2016
J'avais bien une idée des horreurs qui s'étaient passées dans les camps. La description des horreurs commises m'a finalement moins choquée que les motivations de ces médecins. Ce qui n'excuse évidemment aucunement les atrocités perpétrées.
Ce qui m'a réellement choqué, c'est l'hallucinante petitesse des peines encourues - quand il y en a eu - pour ces monstres.
Il n'est aucunement acceptable de vouloir faire "la paix" sur des évènements si impardonnables. Il y a des actes que l'on ne peut accepter d'oublier ou de pardonner.
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bibiouest
  07 février 2018
Il faut remercier Michele Cymes d'avoir écrit ce livre, c'est un sujet « lourd » déjà abordé auparavant mais qui grace à la notoriété de l'auteur aura une « chance » d'être lu par le plus grand nombre.
Le plus terrible dans tout cela c'est après la guerre ou l'on apprend que bons nombres de « scientifiques » ont été « repris » dans les services des alliés.
Les questions de l'éthique et la médecine sont au centre du livre. L'éthique en toute chose doit être une nécessité. Après avoir lu ce livre on se dit que décidément l'humanité engendre le pire et que cela ne se reproduira plus si on est vigilant... peine perdue l'histoire nous montre qu'hélas on ne tient pas comptes des horreurs du passé.Toute idéologie poussée à son extrême est un poison mortel...
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Lagagne
  05 mars 2016
Je ne connaissais vraiment rien au sujet : les médecins et leurs "expériences" dans les camps nazis. Alors merci à Michel Cymes pour m'avoir quelque peu éclairé sur ce point.
Car la qualité première de ce documentaire est d'être très grand public. Pour une ignorante pour moi, c'est parfait. Par contre, quelqu'un qui connaît déjà un peu le sujet va peut-être être vite limité par l'ouvrage. Mais Cymes voulait faire grand public et c'est une vraie réussite.
On découvre avec horreur, les monstruosités pseudo scientifiques qu'ont pu commettre ces hommes de sciences. Car plusieurs choses m'ont choqué, et l'une d'entre elles est que ces hommes étaient de vrais scientifiques. Pas de vulgaires frustrés ou de ratés, de vrais scientifiques avec une carrière, pour la plupart. L'autre chose effarante, c'est l'impunité qui les entoure juste après la guerre. Ils retournent tranquillement exercer! Certains vont être rattrapés après, vont être condamnés à la prison ou à l'exil. Mais les peines paraissent si faibles au regard des crimes qu'ils ont commis. Je sais bien qu'il faut penser à la reconstruction du pays, au pardon, à une forme d'oubli pour avancer, mais à ce point! Et les alliés qui en profitent pour recruter!
Ces monstres ont-ils réellement fait avancer la science? L'auteur n'a pas de réponse tranchée, tellement cela est difficile à juger. Mais est-ce que le jeu en valait la chandelle?
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critiques presse (1)
Bibliobs   12 mars 2015
Le livre (...) a l’intérêt de confronter le regard d’un médecin à des expériences aberrantes dont il démontre la sauvagerie autant que l’inanité.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
LisonsDesLivresLisonsDesLivres   12 février 2018
Libération. Avec le temps, il ne reste que la puissance du mot, la joie qu’il évoque, le printemps inespéré qui voit se terminer la Seconde Guerre mondiale. Les films, dont certains sont en couleur, nous ramènent à la réalité, une réalité cauchemardesque. Buchenwald, le plus grand camp de concentration d’Allemagne est libéré par les troupes américaines en avril 1945. Ce que découvrent Patton et ses hommes est tellement abominable que le général ordonne de faire venir les habitants de Weimar, la ville la plus proche et qui fut un temps la capitale de l’Allemagne, pour voir ce qui s’est passé à quelques kilomètres de chez eux.
La caméra filme une cohorte de notables épuisés, en couples souvent, bras dessus bras dessous, solennels, comme s’ils allaient voter. Les femmes portent des fichus et les hommes encore des gilets. Ils avancent penauds, abattus, tête basse, à cause de la défaite et de la fatigue mais aussi pour éviter le plus longtemps possible le spectacle auquel, durant la guerre, ils n’ont pas pu assister. La caméra se rapproche, les montre circulant entre des tas de corps jaunâtres, décharnés, empilés comme des détritus, quelques-uns des 56 000 morts qui ont fini leurs jours à Buchenwald. Les femmes enfouissent leurs visages dans leurs mouchoirs, pour masquer leurs pleurs ou leur dégoût, les hommes baissent les yeux, d’horreur et de honte. Et encore ne savent-ils pas que c’est là, juste à côté de la ville de Goethe et de Schiller, à leurs portes, qu’étaient fabriqués des abat-jour et des savons à partir de peau ou de graisse humaine.
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LisonsDesLivresLisonsDesLivres   12 février 2018
Les Américains sont souvent admirés pour leur pragmatisme et, dans le cadre de la rivalité avec les « autres « vainqueurs, les Soviétiques, il est capital de devancer technologiquement les alliés d’hier, en passe de devenir les ennemis de demain. Or, où trouver meilleure réserve de scientifiques que dans l’ancienne Allemagne nazie ? N’oublions pas que, bien avant l’avènement du IIIème Reich, la science allemande domine le monde.
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LisonsDesLivresLisonsDesLivres   12 février 2018
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
Rabelais.
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LisonsDesLivresLisonsDesLivres   12 février 2018
Comment un médecin peut-il devenir un bourreau ? Comment un homme qui s’est donné pour destin de soigner les autres décide-t-il de les faire souffrir ? Dans le magnifique palais de justice de Nuremberg, situé dans l’une des rares parties de la ville à ne pas être un champ de ruines, les experts chargés de juger la vingtaine de médecins accusés ont dû maintes fois se poser la question.
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LisonsDesLivresLisonsDesLivres   12 février 2018
En fait, le seul domaine dans lequel les nazis ont permis une avancée est la mort. Sarin, tabun, missiles, autant de procédés nés sous le signe de la croix gammée et destinés à rationaliser le crime de masse. Avec la science telle qu’elle a été déformée par l’idéologie du IIIème Reich, Hippocrate est descendu aux enfers : au lieu de soigner, cette anti-médecine tue.
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Michel Cymes - On n'est pas couché 25 février 2017 #ONPC
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