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Maurice Laugaa (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080702326
188 pages
Éditeur : Flammarion (16/11/1993)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 35 notes)
Résumé :

Sous le couvert d'un conte, Cyrano de Bergerac, féroce pamphlétaire, critique avec provocation les institutions et les valeurs de son temps. Le narrateur se rend dans la lune où il découvre un monde qui ne cesse de l'étonner. A travers les observations du voyageur, Bergerac dénonce les faiblesses et les défauts de la société du XVIIIe siècle.

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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
stcyr04
  25 août 2020
L'édition de 1970 de Garnier Flammarion de Voyage dans la Lune de Cyrano de Bergerac comprend le présent texte dont l'intitulé complet est L'Autre Monde ou Les États et Empires de la Lune couvrant quatre-vingt-cinq pages et est augmenté de lettres diverses d'une cinquantaine de pages.
Le Voyage dans la Lune est le théâtre de situations burlesques où toutes les échelles de valeurs sont renversées. Paru en 1657, le périple en lui-même n'est qu'anecdotique et les moyens entrepris pour l'accomplir farfelus. Il s'agit plutôt d'un prétexte à de longues controverses à prétention philosophique. Cyrano fait profession de matérialiste, adopte parfois un panthéisme iconoclaste et tend vers l'athéisme. le style et la phraséologie sont agréablement archaïques mais les arguments qui soutiennent la philosophie de l'auteur sont abscons. On se doute qu'il se plaît à badiner, c'est lui faire insulte de prendre toutes ces fantaisies et billevesées trop au sérieux.
En revanche le présent volume tire tout son sel des lettres diverses qui complètent le Voyag. Savinien de Cyrano de Bergerac était un redoutable bretteur mais sa plume était plus à craindre encore, c'était un polémiste accompli. Dans ses libelles il pousse des pointes acérées contre ceux qui ont encouru son déplaisir, il les rudoie, les ridiculise et les marque au fer rouge de la honte.
Pris dans son ensemble ce livre est l'occasion idéale de découvrir l'oeuvre d'un auteur qui, bien qu'immortalisé par la pièce d'Edmond Rostand, avait déjà su construire sa légende de son vivant.
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jeanparapluie
  15 mars 2013
Sous le couvert d°un conte, Cyrano de Bergerac, féroce pamphlétaire, critique avec provocation les institutions et les valeurs de son temps.
Le narrateur se rend dans la lune où il découvre un monde qui ne cesse de l°étonner. A travers les observations du voyageur, Bergerac dénonce les
faiblesses et les défauts de la société du XVIII° siècle.
(Quatrième de couverture)
Dans les Empires de la Lune, on se nourrit avec des odeurs et on paie avec des poèmes. J'aime beaucoup ça !
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vt2018
  21 décembre 2018
Il y a une erreur dans le résumé du livre, il s'agit de la société du XVIIe siècle et non pas du XVIIIe siècle.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   24 janvier 2019
La lune était en son plein, le ciel était découvert, et neuf heures du soir étaient sonnées lorsque, revenant de Clamart, près de Paris (où M. de Cuigny le fils, qui en est seigneur, nous avait régalés, plusieurs de mes amis et moi), les diverses pensées que nous donna cette boule de safran nous défrayèrent sur le chemin. De sorte que les yeux noyés dans ce grand astre, tantôt l’un le prenait pour une lucarne du ciel par où l’on entrevoyait la gloire des bienheureux ; tantôt un autre, persuadé des fables anciennes, s’imaginait que possible Bacchus tenait taverne là-haut au ciel, et qu’il y avait pendu pour enseigne la pleine lune ; tantôt un autre assurait que c’était la platine de Diane qui dresse les rabats d’Apollon ; un autre, que ce pouvait bien être le soleil lui-même, qui s’étant au soir dépouillé de ses rayons, regardait par un trou ce qu’on faisait au monde quand il n’y était pas. « et moi, leur dis-je, qui souhaite mêler mes enthousiasmes aux vôtres, je crois sans m’amuser aux imaginations pointues dont vous chatouillez le temps pour le faire marcher plus vite, que la lune est un monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de lune. Quelques-uns de la compagnie me régalèrent d’un grand éclat de rire. « Ainsi peut-être, leur dis-je, se moque-t-on maintenant dans la lune, de quelque autre, qui soutient que ce globe-ci est un monde. » Mais j’eus beau leur alléguer que Pythagore, Epicure, Démocrite et, de nôtre âge, Copernic et Kepler, avaient été de cette opinion, je ne les obligeai qu’à rire de plus belle. Cette pensée cependant, dont la hardiesse biaisait à mon humeur, affermie par la contradiction, se plongea si profondément chez moi, que, pendant tout le reste du chemin, je demeurai gros de mille définitions de lune, dont je ne pouvais accoucher ; de sorte qu’à force d’appuyer cette croyance burlesque par des raisonnements presque sérieux, il s’en fallait peu que je n’y déférasse déjà, quand le miracle ou l’accident, la Providence, la fortune, ou peut-être ce qu’on nommera vision, fiction, chimère, ou folie si on veut, me fournit l’occasion qui m’engagea à ce discours : Étant arrivé chez moi, je montai dans mon cabinet, où je trouvai sur la table un livre ouvert que je n’y avais point mis. C’était celui de Cardan ; et quoique je n’eusse pas dessin d’y lire, je tombai de la vue, comme par force, justement sur une histoire de ce philosophe, qui dit qu’étudiant un soir à la chandelle, il aperçut entrer, au travers des portes fermées, deux grands vieillards, lesquels après beaucoup d’interrogations qu’il leur fit, répondirent qu’ils étaient habitants de la lune, et, en même temps, disparurent.
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CielvariableCielvariable   24 janvier 2019
J’avais fait une machine que je m’imaginais capable de m’élever autant que je voudrais en sorte que rien de tout ce que j’y croyais nécessaire n’y manquant, je m’assis dedans et me précipitai en l’air du haut d’une roche. Mais parce que je n’avais pas bien pris mes mesures, je culbutai rudement dans la vallée.

Tout froissé néanmoins que j’étais, je m’en retournai dans ma chambre sans perdre courage, et je pris de la moelle de bœuf, dont je m’oignis tout le corps, car j’étais meurtri depuis la tête jusqu’aux pieds et après m’être fortifié le cœur d’une bouteille d’essence cordiale, je m’en retournai chercher ma machine. Mais je ne la trouvai point, car certains soldats, qu’on avait envoyés dans la forêt couper du bois pour faire le feu de la Saint-Jean, l’ayant rencontrée par hasard, l’avaient apportée au fort, où après plusieurs explications de ce que ce pouvait être, quand on eut découvert l’invention du ressort, quelques-uns dirent qu’il fallait attacher quantités de fusées volantes, pour ce que, leur rapidité les ayant enlevées bien haut, et le ressort agitant ses grandes ailes, il n’y aurait personne qui ne prît cette machine pour dragon de feu.
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stcyr04stcyr04   25 août 2020
Votre père consulta-t-il votre volonté lorsqu’il embrassa votre mère? vous demanda-t-il si vous trouviez bon de voir ce siècle-là, ou d’en attendre un autre? si vous vous contenteriez d’être le fils d’un sot, ou si vous auriez l’ambition de sortir d’un brave homme? Hélas! vous que l’affaire concernait tout seul, vous étiez le seul dont on ne prenait point l’avis! Peut-être qu’alors, si vous eussiez été enfermé autre part que dans la matrice des idées de la nature, et que votre naissance eût été à votre option, vous auriez dit à la Parque : “Ma chère demoiselle, prends le fuseau d’un autre; il y a fort longtemps que je suis dans le rien, et j’aime mieux demeurer encore cent ans à n’être pas que d’être aujourd’hui pour m’en repentir demain!” Cependant il vous fallut passer par là; vous eûtes beau piailler pour retourner à la longue et noire maison dont on vous arrachait, on faisait semblant de croire que vous demandiez à téter.
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stcyr04stcyr04   25 août 2020
Vous me répliquerez que, sans lui, vous ne seriez pas; il est vrai, mais aussi lui-même sans votre grand-père n’aurait jamais été, ni votre grand-père sans votre bisaïeul, ni sans vous, votre père n’aurait pas de petit-fils. Lorsque la nature le mit au jour, c’était à condition de rendre ce qu’elle lui prêtait; ainsi quand il vous engendra, il ne vous donna rien, il s’acquitta! Encore je voudrais bien savoir si vos parents songeaient à vous quand ils vous firent. Hélas, point du tout! Et toutefois vous croyez leur être obligé d’un présent qu’ils vous ont fait sans y penser. Comment! parce que votre père fut si paillard qu’il ne put résister aux beaux yeux de je ne sais quelle créature, qu’il en fit le marché pour assouvir sa passion et que de leur patrouillis vous fûtes le maçonnage, vous révérerez ce voluptueux comme un des sept sages de Grèce! Quoi! parce que cet autre avare acheta les riches biens de sa femme par la façon d’un enfant, cet enfant ne lui doit parler qu’à genoux? Ainsi votre père fit bien d’être ribaud et cet autre d’être chiche, car autrement ni vous ni lui n’auriez jamais été; mais je voudrais bien savoir si quand il eut été certain que son pistolet eut pris un rat, s’il n’eût point tiré le coup? Juste Dieu! qu’on en fait accroire au peuple de votre monde.
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CielvariableCielvariable   24 janvier 2019
Cette aventure extraordinaire me gonfla le cœur d’une joie si peu commune, que ravi de me voir délivré d’un danger assuré, j’eus l’imprudence de philosopher là-dessus. Comme donc je cherchais des yeux et de la pensée ce qui en pouvait être la cause, j’aperçus ma chair boursouflée, et grasse encore de la moelle dont je m’étais enduit pour les meurtrissures de mon trébuchement ; je connus qu’étant alors en décours, et la lune pendant ce quartier ayant accoutumé de sucer la moelle des animaux, elle buvait celle dont je m’étais enduit avec d’autant plus de force que son globe était plus proche de moi, et que l’interposition des nuées n’en affaiblissait point la vigueur.
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Videos de Savinien de Cyrano de Bergerac (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Savinien de Cyrano de Bergerac
Il est l'heure de sortir une feuille de papier ! Comme chaque semaine, Rachid Santaki, invité d'Olivia Gesbert dans l'émission "En français dans le texte" sur France Culture, vous propose une dictée géante pour tester votre orthographe. Au programme du jour, un extrait de "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand (1897). À vous de tenter un sans faute !
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