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ISBN : 2738146066
Éditeur : Odile Jacob (03/10/2018)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 21 notes)
Résumé :
« Pas d’existence sans épreuves, pas d’affection sans abandon, pas de lien sans déchirure, pas de société sans solitude.

La vie est un champ de bataille où naissent les héros qui meurent pour que l’on vive.

Mes héros vivent dans un monde de récits merveilleux et terrifiants. Ils sont faits du même sang que le mien, nous traversons les mêmes épreuves de l’abandon, de la malveillance des hommes et de l’injustice des sociétés. Leur épopée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  05 avril 2017
A partir de son histoire personnelle, de ses carences affectives, Boris Cyrulnick s'attache à la figure du héros, celui qui se substitue à l'absence d'un modèle, et dont la création imaginaire conditionne la survie, et empêche de sombrer dans la folie.
Mais il y a héros et héros, et cette figure tutellaire peut engendrer le pire comme le meilleur.
Du héros qui fanatise et fige le processus de réflexion, entrainant dans son sillage la foule décérébrée mais apaisée, au personnage de légende réduit à ses exploits, en passant par un inventaire personnel tout aussi efficace, le héros est protéiforme. il est un archétype d'un besoin fondamental de réassurance que notre condition d'humain, vaste énigme accessible à notre conscience, objet d'infinies conjectures, elles-même propices à l'éclosion de gourous de tous poils.
Ainsi le héros est nécessaire, sécurisant et infiniment pernicieux.

Le thème est largement développé et argumenté. de nombreux (trop nombreux? renvois à une bibliographie conséquente étayent le propos, illustré par des exemples historiques ou mythologiques.
Même si le bilan à la fermeture du livre permet de se rendre compte de l'étendue du travail autour du sujet, traité de façon précise et analytique, en cours de lecture, j'ai eu néanmoins l'impression de tourner en rond et de relire en boucle le même chapitre, ce qui a rendu cette lecture fastidieuse, malgré l'intérêt que je porte au sujet;

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Fleitour
  10 février 2018
Voilà un essai subtil et percutant que nous livre Boris Cyrulnik. J'ai même le sentiment que cet essai est intelligemment tracé, lucide aussi, oh combien concret dans le méandre des idées toutes faites des croyances invérifiables, des gourous prêts à tous les maquillages pour vous séduire.

Vous l'avez entre les mains ce livre Ivres Paradis, Bonheurs héroïques, sa lecture est limpide, mais au détour d'une page Boris Cyrulnik, vous invite soit à la prudence, soit à l'expérimentation.
Ainsi grâce à Sans Famille d'Hector Malot, Rémi fut notre premier héros. Notre, car s'il fut le mien, il fut celui de Boris Cyrulnik, et celui de Jean-Paul Sartre, sur lequel dit-il, il a appris à lire. Je ne ferai pas de commentaires sur nos différents parcours, c'est juste pour reprendre les propos de Boris Cyrulnik, " j'avais besoin d'un mythe fondateur j'y ai cru, je l'ai aimé, page 9.". S'agissant de Sartre aucune allusion dans son livre "Les Mots" à un mythe fondateur.
Avec Boris Cyrulnik, c'est la nuance qui prime, " votre histoire est différente, nos pansements seront variés". Il ajoute plus loin en grandissant j'ai rencontré d'autres héros je les ai aimés eux aussi, un peu moins, j'en avais moins besoin. J'avais trouvé une famille.
De l'enfant à la culture, il complète le champ d'expression des héros," toutes les cultures ont besoin de héros puisqu'il n'y a pas d'histoire sans tragédies".
En balayant de multiples situations qui révèlent toutes des ambiguïtés dans ces comportements héroïques, théâtralisés, maquillées, idéalisés, l'observateur notamment de la tragédie hitlérienne, nous invite à beaucoup de lucidité.
Il est intéressant de voir que l'introduction du mot instinct, débouche aussi sur cette notion d'innée ou d'acquis, et peut légitimer l'existence de régimes totalitaires. Il y aurait donc les vrais héros et les constructions imaginaires favorisées par toutes ces théories racistes, liées peu ou prou à des déterminants génétiquement moins nobles ?
Ces avant-propos ouvrent sur le dernier chapitre, et sur notre capacité de dire non, non la mort, non à la dictature, non au conformisme. Nous admirons le héros qui sait dire non.
Indigné et lucide il faut le devenir, car il est bien difficile de dire non quand on s'oppose au plus grand nombre, notamment dans la situation du transgresseur, ces lanceurs d'alertes.
Pour moi c'est en abordant ce dernier chapitre de la résistance que l'on touche aux éléments les plus novateurs de cet essai.
Ces actes de résistance qui se sont réalisées dans la plus grande discrétion sont peut-être les plus éloquents, et les plus émouvants.
Je pense à ce policier, "voyant une petite fille isolée, la porte sur le trottoir à une femme qui assistait à la rafle et lui dit d'un air faussement fâché Madame pourriez tout de même vous occuper de votre enfant". "Une telle insoumission soudaine est heureusement pas exceptionnelle".
Ça me plaît beaucoup de penser que pour être un héros, ou réaliser un acte de résistance, il faut de l'intelligence, de la lucidité et de l'humilité.
Un livre à saisir, aux exemples saisissants.
A nous d'être guidé par cette vigilance.
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Filox
  16 septembre 2016
Voici un ouvrage qui m'a beaucoup donné à réfléchir. A la fois, parce qu'il apporte des connaissances, notamment en provenance des neurosciences, qu'il les éclaire, et parce qu'il propose des approches multiples, nuancées, structurées autour de la figure du « héros » et que, progressivement il nous amène à des pistes de solutions sur des questions d'actualité où des « réponses réflexes », irrationnelles et convaincantes pourraient nous conduire à ne pas surpasser la barbarie version XXI ème siècle qui s'installe à visage ouvert ou masqué.
Ce que j'ai repéré de fondamental, à cette première lecture, car je pense qu'il faut lire plusieurs fois cet ouvrage, plus ardu qu'il n'y paraît peut se synthétiser ainsi :
- Pour un individu, la construction du sens naît de la relation des premiers semaines , un nourisson soigné et nourri par sa maman, lorqu'il la voit, et c'est une acquisition, par anticipation avant tout acte concret ressentira du bonheur. A contrario s'il est maltraité, et même s'il a affaire à un référent bienveillant, lorsqu'il le verra s'attendra à recevoir une maltraitance. La réponse réflexe positive dans le premier cas donne accès au sens, dans le deuxième cas, ce n'est pas irréversible mais il faudra du temps et des actions pointues pour inhiber la réponse réflexe négative.
- Autre manière de comprendre, physiquement, ce phénomène : la capacité neurologique à différer une réponse motrice provient de l'existence du lien entre des neurones du lobe préfrontral vers le système lymbique, et pour avoir cette capacité, il faut avoir été élevé sans carence affective. Si le cerveau n'a pas été correctement façonné, il ne pourra répondre qu'aux stimulations de contexte, et en gros n'accédera qu'à deux modes : se taire ou exploser, ou encore il ne saura pas associer le passé avec l'avenir (la vue de "maman " puis autrui m'annonce de bonnes choses ce qu'il n'a pas vécu et pas pu construire ) et il ne pourra donner sens à ce qu'il perçoit.
Cyrulnik décrit le test célèbre du marshmallow, qui démontre que des enfants qui ont été capables d'inhiber le passage à l'acte et de différer le plaisir sont 20 ans plus tard les plus épanouis et ont mieux réussi que les enfants qui en ont été incapables.
- Sur le thème du héros, deux grands aspects selon que le héros soit icône ou idole : nous avons besoin d'icônes héroïques pour nous réparer, mais si le héros devient idole, seule la passion fonctionne, plus de pensées, et donc plus de doutes , et c'est là que se noue le drame : il y a du bonheur dans la soumission ….
De cela découle, la fabrique du totalitarisme, la compréhension du pouvoir du héros, qui s'autoproclame ainsi et comme l'adoration d'un même héros qui unit le groupe, ce qui est de plus infiniment agréable ….D'où la naissance des rédempteurs à partir de récits, dans lesquels malheureusement des peuples bafoués peuvent avoir tendance à se reconnaître facilement.
Je n'irai pas plus loin dans cette critique, cet ouvrage donne ainsi des clés, à l'échelle personnelle et à l'échelle des nations. En soulignant le piège du bonheur d'avoir une doxa, de ne pas subir l'épreuve angoissante de la liberté de penser, de se retrancher derrière l'obligation d'obéir, B Cyrulnik nous interroge sur les contours de notre « zone de confort » et fournit les conditions nécessaires de « resocialisation » de ceux qui n'ont pas eu la chance de bénéficier d'un bon départ dans la vie. Comprendre n'est pas agir, mais ne pas comprendre, conduit à agir n'importe comment.
Bonne lecture !
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CharlesEdouard
  27 février 2018
Je n'ai pas de suite compris le titre mais c'est à la fin que Boris Cyrulnik explique que nous sommes tous à la recherche d'un héros, celui qui nous montrera LE chemin, mais que ce héros devra passer par le martyr, la souffrance, mainte épreuves qui le feront accepter dans notre imaginaire collectif. Ainsi, nous sommes rassurés face aux épreuves.
Aujourd'hui ce ne sont plus les mêmes héros, ce sont des vedettes de cinéma, des footballeurs, etc... "Ivres paradis"...
Une explication est donné concernant ceux qui deviennent extrémistes.
Les thèmes de la résilience et de la Shoah reviennent souvent (comme dans la plupart de ses livres ("Les vilains petits canards").
Ce qui est intéressant, c'est que M. Cyrulnik explique qu'il avait besoin de héros quand il était jeune; personnages tel que Tarzan, Oliver Twist, L'enfant (Jules Vales), Rémi sans famille auxquels il s'identifiait par rapport à leurs faiblesses et leur force cachées.
Rappelons qu'il a survécu à la Shoah tandis que ses parents, non ("Je me souviens")
Quelques anecdotes intéressante, dont une sur une femme qui hébergeait des juifs pendant qu'elle invite juste dans la pièce à côté des Nazis.. Ils ne se sont doutés de rien, cela m'a fait sourire.
L'auteur parle même d'anthropophagie..
Livre intéressant à lire pour apprendre à analyser les comportements sociaux.
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Matatoune
  09 juillet 2016
Comme toujours, un souci de rendre claire, accessible et argumentée une notion complexe......Que du bonheur! Merci ! Et chapeau bas pour cette vulgarisation qui nous permet de comprendre par la raison plutôt que de réagir par l'affect aux événements tragiques que nous vivons et qui pourraient nous faire basculer dans la barbarie........
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
KittiwakeKittiwake   05 avril 2017
Quelques phrases bien tournées suffisent pour toucher le lecteur ou enflammer l'auditeur. Quand un auteur possède ce talent, ses mots gouvernent l'âme de ses lecteurs. C'est pour cette raison que les dictateurs courtisent les écrivains. Ceux qui acceptent de mettre leur talent au service du chef seront bichonnés. Ceux qui s'y opposent seront censurés, emprisonnés ou même assassinés.
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KittiwakeKittiwake   21 janvier 2017
Pas d’existence sans épreuves, pas d’affection sans abandon, pas de lien sans déchirure, pas de société sans solitude, la vie est un champ de bataille où naissent les héros qui meurent pour que l’on vive.
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KittiwakeKittiwake   08 mars 2017
Toute littérature totalitaire vise à émouvoir, non pas à développer le sens critique. Il faut galvaniser, enthousiasmer les foules pour les faire marcher comme un seul homme. Quand la raison les amène à douter, le feu intérieur les fait marcher et l'indignation désigne l'ennemi.
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MatatouneMatatoune   05 juin 2016
Quand un mi!ieu se désorganisé,les représentations culturelles ne sont plus partagées et les individus qui vivent dans ce groupe incohérent ne savent plus a quel saint se vouer. C'est alors que surgit un sauveur qui dit "Je sais d'où vient le mal, et je vais vous dire ce qu'il faut faire pour que le bien revienne." C'est donc au nom de la morale et pour sauver son groupe qu'un prophète de bonheur apporte le malheur.
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rbreizhrbreizh   21 mai 2016
Les mots écrits ne sont pas la traduction des mots parlés. Les verbes qui vont à la main ne sont pas ceux qui viennent dans la bouche. Ils donnent forme à deux mondes différents. Un objet parlé n'a pas la même existence que le même objet quand il est écrit. Les paroles s'envolent, alors que les écrits donnent une impression de vérité matérielle. C'est pourquoi les romanciers sont plus porteurs d'idéologie que ce qu'ils veulent nous faire croire. "C'est un roman, c'est une fiction, j'écris ce que je veux." Ne savent-ils pas qu'en créant un monde de mots, ils plantent un sentiment dans l'âme du lecteur? Cette émotion provoquée par une représentation verbale est authentiquement ressentie., au fond même de leur corps. Ils se sentent légers à l'idée d'être sauvés par un héros qu'ils aiment et qui les aime. Ils sont dégoûtés quand une mise en scène verbale leur présente un ennemi fourbe et visqueux prêt à polluer leur belle culture. Quelques phrases bien tournées suffisent pour toucher le lecteur ou enflammer l'auditeur. Quand un auteur possède ce talent, ses mots gouvernent l'âme de ses lecteurs. C'est pour cette raison que les dictateurs courtisent les écrivains.
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Vidéo de Boris Cyrulnik
Rien n'est plus complexe que la vie à deux. Beaucoup pensent que l'amour est plus fort que les difficultés. Mais l'augmentation des divorces et des séparations montre qu'au delà des problèmes individuels se joue une importante dissymétrie entre les sexes. Avec l'avènement de la famille nucléaire, le couple moderne devient le lieu d'affrontement des différences originelles. Fort de sa double expérience d'anthropologue et de thérapeute de couple, Philippe Brenot dans "Pourquoi c'est si compliqué l'amour ?" donne les clés pour comprendre l'autre et le décoder. Avec Boris Cyrulnik, ils discutent de ce nouveau mode d'emploi de la vie à deux. Une rencontre animée par Catherine Meyer, éditrice. C'était le 25 mai 2019, dans les locaux des éditions les Arènes.
http://www.arenes.fr/livre/pourquoi-cest-si-complique-lamour/
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